09/01/2017 par
(J'inaugure un espace libre de découvertes autour de l'art, en lien avec nos pratiques, qui creusent les fondements qui les accompagnent. En espérant que cela développe des initiatives semblables et nourrissent ceux qui salivent à cette évocation)




Jean-Luc Verna est un artiste comptemporain complet, qui sait utiliser la vidéo, le dessin, la photographie, les installations, les performances et principalement son corps. La chair, le métal et le cuir ne font qu'un.

D'un être en métamorphose permanente, il a fait de son corps une oeuvre, qui contient autant de rudesse que d'ambiguité. Devenant inquiétant, attirant les curieux qui s'agglomèrent lors d'un lèche vitrine, il désire qu'on se trouble. A chaque instant, il lutte contre l'ambuiguité qui l'a fait naître d'un seul sexe, et fait exploser la rudesse qu'on lui impose.

Ce qui laisse de sa féminité est adopté comme rejeté. Un sensibilité dissimulée qu'il exprime par technique du transfert sur papier, par un trait sensible qu'il frotte et réhausse d'un peu de maquillage. Il y a aucun hasard. Il va juste qu'à idôlatrer cette part, comme les visages qu'il dessine comme des icônes, une vénération de ce qu'il ne sera jamais.

"Je ne conçois pas mon corps comme une œuvre d’art. Je me rends possible pour les différentes activités de performer. D’un point de vue éthique, je me refuse d’ailleurs à développer le physique imposé par une idéologie gay qui est devenue aussi rigide que celle des gens qui les ostracisaient. Je ne suis pas un vrai sportif, je m’entretiens mais ne cherche pas à faire plus jeune. J’ai un peu de gras, des vergetures, j’en joue. J’ai déjà fait des photos nu avec dix kilos de trop, je m’en servais parce que j’avais un corps gynoïde qui me permettait des postures plus maternelles. Je mets un point d’honneur à dessiner autant d’hommes que de femmes, de bébés que de vieux, de gros que de maigres, de beaux que d’étranges, d’handicapés que de chimères. Je me situe au milieu de la société. Je ne fais partie d’aucune nomenclature. »

Pour ceux que cela intéresse : Retrospective Jean-Luc Verna, au Centre d'Art Contemporain du Val-de-Marne (Mac Val) jusqu'au 26 février 2017
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emoisdelle
Merci pour votre initiative et pour la découverte
emoisdelle
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