19/06/2017 par
Récit fantasmé d'un fantasme dévoilé
J’ai la tête qui tourne, il fait chaud et humide, mon corps me semble lourd même dans mon sommeil.
Il me paraît impossible d’ouvrir les yeux, et ce demi-sommeil qui me déstabilise.
Je ne sais plus quel jour nous sommes, je tente de me souvenir de la soirée de la veille, mais tout se trouble.
Il y avait ce bar, un peu à l’écart, dans une petite ruelle. Le nom me revient en mémoire, l’alambic. Je m’y étais arrêtée avant d’aller retrouver Marion pour la dernière séance de cinéma de la journée. La semaine venait de se terminer.
Peu de monde présent, en tout cas dans mon souvenir. Le barman et un homme d’une quarantaine d’années accoudé au bar qui discutaient, un couple, les deux le nez collé à leur smartphone, saleté de technologie qui nous désocialise, et un gars seul au fond du bar en train de lire son journal.
Je crois que c’est tout, en tout cas c’est tout ce dont je me souviens.
J’ai commandé un coca zéro au comptoir avant d’aller m’asseoir moi aussi et j'avais plongé mon nez dans mon bouquin pour faire passer le temps.
Étrangement c’est le client que j’avais vu accoudé au bar qui m’a apporté ma boisson. Après tout, pourquoi pas…
Je ne me souviens pas avoir fini mon verre … je ne sais plus. Tout se fait de plus en plus flou dans mon esprit, serais-je en train de perdre la tête ?
J’ai froid soudainement, je cherche à tâtons mon drap pour m’en recouvrir mais ne le trouve pas. À la place je ne sens que la dureté de la pierre …
Que c’est-il passé hier soir pour que je me retrouve endormie là-dessus ?
Cette question tourne en boucle dans ma tête et je finis par me réveiller réellement avec la sensation de sortir d’un étrange cauchemar.
J’ouvre les yeux mais rien ne ressemble à ma chambre dans mon appartement sous les toits.
Il fait sombre mais pas totalement noir et je me rends compte que je dors à même le sol de ce qui semble être une cave, totalement dénudée, les chevilles entravées dans d’épaisses attaches d’acier reliées au mur de pierre par une courte chaîne aux épais maillons de fer …
Me voilà brutalement et totalement réveillée. Que se passe-t-il ? Pourquoi suis-je ici dans cette tenue et attachée ? Qu’est-ce que c’est que ce foutoir ?
Je tente, consciemment cette fois, de me souvenir de ma dernière soirée, mais rien de plus que tout à l’heure.
Le bar avant d’aller au cinéma, les rares clients, l’homme accoudé au bar qui m’amène mon coca, quelques mots échangés, le livre que je lis, puis plus rien, le trou noir. Et ce mal de tête qui ne me quitte pas.
Je tente d’analyser la situation mais tout est tellement dingue, qu’hormis la peur et l’incompréhension je ne ressens rien d’autre. Je n’arrive pas à réfléchir.
Je passe mes bras autour de mes genoux pour essayer de me réchauffer, de me protéger aussi, mais de quoi, de qui ? Je ne le sais même pas…
Soudain j’entends du bruit derrière moi. Cela vient du fond de la pièce et avec l’obscurité ambiante je n’ai rien pu distinguer dans ce coin.
Bruits de clés, de serrure, une porte qui s’ouvre.
J’ai envie de regarder, de savoir qui m’impose tout cela et en même temps j’ai peur de lever les yeux. Je préfère garder la tête repliée sur mes genoux, les bras toujours serrés autour de mes jambes.
Peut-être que si je ne le regarde pas tout ça va disparaître, peut-être que je suis encore en train de rêver … enfin de cauchemarder surtout …
Garder les yeux fermés ne semble avoir aucune influence sur les événements.
Des pas se rapprochent, je suis toujours assise repliée sur ce sol froid en pierre et je suis toujours attachée au mur par cette lourde chaîne.
Quelque chose s’est manifestement passé hier soir … mais je suis incapable de m’en souvenir.
Les pas se rapprochent, l’homme ne dit pas un mot.
Enfin j’imagine que c’est un homme, mais je ne veux surtout pas regarder.
Sa respiration, calme, semble avoir envahi tout l’espace.
Je sens qu’il repose une couverture ou un plaid sur mes épaules et qu’il dépose quelque chose au sol près de moi.
Une voix masculine, grave et chaude à la fois, une voix de mâle sûr de sa puissance m’enveloppe.
Il me semble la connaître, mais je n’en suis pas certaine.
“Mange quelque chose tu en as besoin, je t’ai fait un café au lait, tu m’avais dit un jour que tu en prenais chaque matin. Tu as aussi des tartines et un verre d’eau fraîche.“
J’ai toujours la tête appuyée sur mes genoux, les yeux fermés, mais j’ai envie de bondir, envie de savoir … cette voix, mais surtout cette phrase “tu m’avais dit” … c’est donc bien quelqu’un que je connais…
Mais la peur me paralyse toujours et je suis incapable de relever la tête.
J’entends ses pas s’éloigner, j’attends avec impatience d’entendre la porte se refermer pour pouvoir relâcher mes muscles et recommencer à respirer.
À la place je l’entends revenir vers moi … mon sang se glace à nouveau.
Je l’entends poser un objet métallique proche de moi, probablement une chaise, et il recommence à me parler.
“J’ai bien vu hier soir que tu ne m’avais pas reconnu.
Moi je t’ai reconnu à l’instant où tu as franchi la porte du bar, j’ai immédiatement su que c’était toi, Hamadryade, cette femme avec qui j’ai discuté si longtemps."
"Tu as le même visage et surtout ces mêmes yeux verts que sur les photos que tu m’avais envoyées. Déjà sur ces photos ton regard m’avait donné envie de toi, mais hier soir, alors que tu me regardais sans me voir en commandant ton coca, j’ai su que je te voulais vraiment. Que je te voulais pour moi seul !“
QUOI ??? Hamadryade ?!!! Pour lui seul ?? Mes photos ?!!!
Mon cerveau tourne à toute vitesse. Saleté d’internet, saleté de sites de rencontres !
Mes photos ? Mais quelles photos ? Et pourquoi d’ailleurs est-ce que j’envoyais des photos à des inconnus ?
Mes fantasmes m’ont amené à fréquenter des sites prônant une sexualité alternative, faite de violence acceptée, de coups espérés, de possession, de soumission, de pulsions si souvent inavouables.
On y croise toute sorte de personnages.
Des romantiques espérant pouvoir y rencontrer l’homme ou la femme de leur vie avec qui tout partager et qui multiplient à l’infini des histoires dont la fin est connue avant même d’avoir commencée.
Des masochistes à la recherche de leurs doses vitales de souffrance transfusées dans un corps qui n’exulte que dans la douleur et les cris.
Des sadiques leurs dealant cette souffrance jouissive avec la délectation de ceux qui peuvent enfin laisser s’exprimer la bête sauvage qui attend tapie au fond d’eux-mêmes.
Des freak-controls, des libertins, des fétichistes, des aventuriers, des solitaires en manque de contact humain, et tant d’autres encore.
Des âmes souvent blessées, parfois blessantes.
Ni lie de l’humanité, ni dieux vivants, juste des humains exposants avec plus ou moins de discernement et de discrétion leur refus de la solitude et leur besoin d’échanger avec leurs semblables. Des humains fait de défauts et qualités, tout simplement.
Milieu interlope, communauté, où la reconnaissance ne se base pas sur le milieu social ou le fait d’être supporteur d’un club de sport, mais où la position se reconnaît au choix d’une sexualité non conventionnelle. Chacun se définissant en tant que Top, bottom, versatile… parfois même tout à la fois, parfois encore rien de tout cela.
Et donc oui, j’ai moi aussi, évolué discrètement dans ce milieu presque sous-terrain, tout du moins peu connu encore du grand public.
Et donc oui, j’ai moi aussi, parfois, lorsque une discussion semblait plus profonde, plus franche, plus … excitante, envoyé une ou deux photos de moi.
Oh pas souvent, non par pudibonderie, mais parce que je n’en avais que rarement éprouvé l’envie, tout simplement.
Et subitement, dans la froideur humide de cette cave, attachée au mur telle une esclave, je me suis souvenue de l’un d’entre eux.
Nos échanges épistolaires avaient été assez loin, séduction virtuelle, où l’écran et le clavier font une bien meilleure protection que tous les préservatifs possibles.
Ordres donnés, ordres reçus, obéissance immédiate, excitation à son paroxysme, encore décuplée par la frustration et la protection qu’offrait ce champ de bataille virtuel dans chacune des situations mises en scène.
Vît qui se gonfle de désir, con qui mouille d’excitation, mots crus échangés au téléphone, positions imposées, douleurs déléguées, sa voix si chaude, si envoûtante.
L’envie d’obéir, d’être chienne docile.
Et toujours ce sentiment de sécurité que procure ce clavier et cet écran toujours présent entre nous.
Nous avions eu l’envie de nous rencontrer, mais la distance, la vie professionnelle, sa femme aussi … puisqu’il était en couple, enfin la vie tout simplement avait fait que notre rencontre n’avait jamais eu lieu.
Nos échanges s’étaient espacés, je ne sais plus si c’est lui ou moi, mais l’un de nous deux avait fini par envoyé le dernier message resté sans réponse de l’autre.
Et là, au fond de cette cave où je suis maintenue prisonnière, tous les souvenirs de ces échanges envoûtants et excitants se bousculent dans mon cerveau.
Je l’entends alors me dire :
“Tu aurais du manger quand je t’en ai donné l’autorisation, il est trop tard maintenant."
Toujours prostrée, n’osant pas relever la tête, un mot s’échappe alors de ma gorge nouée.
“Hrod ?”
Aucune réponse …
Je l’entends se lever de sa chaise, il attrape brutalement mes poignets toujours resserrés autour de mes jambes, et me ramène les bras dans le dos.
Des liens viennent remplacer ses mains chaudes qui me maintenaient fermement, emprisonnant mes poignets.
Il attrape alors mes cheveux, me forçant à relever la tête en les tirant violemment en arrière, et profite de mon cri pour envahir ma bouche d’un bâillon de cuir qu’il referme prestement sur ma nuque.
Il est derrière moi et je ne peux le voir, je ne peux être certaine que c’est bien lui.
Et au moment où je me décide enfin à essayer de le regarder, il glisse un bandeau sur mes yeux …
Je ne peux plus ni voir, ni parler et mes gestes sont fortement limités par les entraves de mes chevilles et mes poignets maintenus dans mon dos.
Je suis prisonnière d’un homme que je ne suis pas certaine de connaître et qui me “veut pour lui seul” …
Des sentiments de terreur mais aussi d’excitation se déchaînent en moi.
Je le sens se positionner devant moi, ses mains courent sur ma peau, depuis qu’il a attrapé mes poignets, il a maintenu ce contact si étrange.
Alors que je devrais être de plus en plus paniquée, la force tintée de douceur qu’il met dans ses gestes provoquent de toutes autres sensations en moi.
Il glisse alors ses mains sous mes aisselles et me met à genoux face à lui. Je n’arrive pas à résister à ses gestes, je ne sais déjà plus si j’en ai envie.
Que m’arrive-t-il ? Je ne me reconnais plus …
Il est à nouveau derrière moi, il relâche le nœud qui maintenait mes poignets liés, croise mes bras dans mon dos, et resserre à nouveau le lien. La corde court sur ma peau, toujours accompagnée par la chaleur de ses mains.
En un instant je me retrouve le buste immobilisé dans un takate kote, la poitrine exposée entre ces cordes qui l’emprisonne, le buste redressé, les bras bloqués dans le dos.
Tout comme son calme, son souffle mais aussi la chaleur de sa peau, la douceur de ses gestes, ces cordes dont il emprisonne mon corps finissent par m’apaiser au lieu de faire monter mon angoisse.
Je me sens à mon tour étrangement calme, comme si je voyais enfin se réaliser un de mes fantasmes les plus fous et les plus dangereux.
Prisonnière
Kidnappée
Attachée
Sans défense
À la merci d’un inconnu
Je devrais vouloir hurler et tenter de m’enfuir mais bien au contraire, j’ai envie de plus, j’ai envie de souffrir et de jouir, j’ai envie de n’être plus que sa chose.
Je suis toujours à genoux devant lui, je sens la chaleur de son corps si proche du mien.
Soudain une douleur me transperce, il vient de saisir mes seins à pleine main et il y plante ses doigts sans ménagement. Il les y enfonce et les torture. Il attrape mes tétons les pince, les tire, les tord, puis à nouveau ses doigts reviennent se planter dans la chair de mes seins.
Je crie dans mon bâillon mais cela ne change rien, il continue, jouant de ma souffrance, de mon corps qui se tord de douleur mais qui aussi se tend, venant au plus près de lui, espérant que cette sensation ne s’arrête pas.
Tirant à nouveau mes cheveux vers l’arrière, il plante ses crocs dans mon cou, me mord, descend jusqu’à mes seins, et mord à nouveau à pleines dents.
Je hurle maintenant sans discontinuer, ayant du mal à reprendre mon souffle, mais mes cris de douleurs ont laissé la place aux cris de plaisir.
J’aimerais pouvoir l’implorer de mordre encore, de mordre plus fort.
Et soudain il s’arrête, je suis pantelante, mon souffle est saccadé, je bascule ma tête en arrière, lui offrant ma gorge, voulant lui redonner l’envie de torturer mes seins, je gémis dans mon bâillon, mes genoux s’écartent d’eux même l’un de l’autre, mon bassin bascule vers l’avant le plus possible.
J’ai déjà perdu toute dignité, toute trace d’éducation, je ne suis plus qu’une femelle en chaleur, excitée, frustrée, dégoulinante.
Et alors je l’entends rire avec bienveillance.
“Je savais que tu allais aimer ça ma petite chienne, je savais que tu n’aurais pas peur bien longtemps, et que très vite tu me laisserais voir et jouir de cette soumise nymphomane que tu as laissé dormir bien trop longtemps.”"Ma belle petite chienne au bois dormant, je vais te donner tout ce que tu mérites, tu es à moi pour tout un week-end, j’ai prévenu ta copine avec ton téléphone, elle pense que tu es au lit avec une bonne grippe. 'Tu' lui as même dit que 'tu' voulais rester au calme jusqu’à lundi, te reposer, ne voir personne."“Tu ne peux pas t’échapper, mais je vois que même si tu le pouvais tu ne le ferais pas, tu as rêvé de ça si souvent n’est-ce pas ? Et aujourd’hui ce fantasme se réalise.
Tu vas être mon esclave pour les prochaines 48 heures, je vais me servir de toi, je vais jouir de toi, et tu vas découvrir la limite de toutes tes jouissances, de toutes tes souffrances.
Tu es mienne et je veux que tu en gardes à jamais le souvenir.”
“Mais tu as bien deviné, je suis celui que tu imagines, celui à qui tu sais que tu peux faire confiance, celui qui a si souvent voulu te faire connaître ses délicieux tourments.”
Et c’est ainsi que commença pour moi les 48 heures les plus extra-ordinaires de toute mon existence.
Je subis ses envies, ses désirs, ses fantasmes, sa violence, sa douceur, sa puissance tout au long de ces moments d’éternité.
Mon corps est resté prisonnier de cette cave et de cet homme aussi longtemps qu’il le désira et mon esprit se libéra, mes limites s’effondrèrent, le plaisir ravagea mon corps et mon âme.
Et lorsqu'arriva le dimanche soir, après m’avoir baignée, après m’avoir nourrie, après m’avoir bercée, après m’avoir transformée, il me ramena chez moi, veilla à ce que tout soit en ordre et me laissa m’endormir dans ses bras.
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Shere-Kahn
superbe récit... votre imagination est intéressante... laissez lui libre cours...
Hamadryade
Merci Monsieur, je ne la maîtrise pas malheureusement, mais lorsque l'idée est présente je tente dorénavant de laisser courir les mots sur l'écran
Salomé
Etrange comme votre article me rappelle mes premiers fantasmes bdsm. Je devais avoir une quinzaine d'années lorsque ces fantasmes sont apparus. Je ne savais pas encore qu'ils pouvaient être en lien avec le bdsm. Je m'en cachais, honteuse que j'étais d'éprouver de l'excitation à ce type de scénario....En lire plus
Hamadryade
Je n'ai aucun souvenir de mes fantasmes d'adolescente, peut-être parce qu'à cet âge, enfin un tout petit peu plus jeune je découvrais la "littérature" dans les brigades mondaines et les sas de mon père...
Mais je crois que ce fantasme du kidnapping est commun à beaucoup de personnes soumises.
Peut-êt...En lire plus
Salomé
oui cela pourrait être un sujet intéressant sur le forum.
Et effectivement, je pense que le non choix et la contrainte étaient ce qui m'excitait le plus.
Hamadryade
Forum posté ;)
Hamadryade
Concernant le non choix et la contrainte j'ai longtemps eu une image qui hantait mes désirs.
Bon après j'ai découvert les risques liés aux suspensions et la raison a eu raison ^^ de mon délire.
Je m'imaginais les poignets reliés aux chevilles et suspendue ainsi par ce lien.
Donc pieds et poings liés ...En lire plus
Salomé
la prise de conscience des risques pris est primordiale même si éprouver et s'éprouver est certainement ce qui nous motive dans ce milieu. Sortir de sa zone de confort oui, mais pas au point de prendre des risques inconsidérés entrainant parfois des lésions irréversibles.
Hamadryade
Oui là il n'était finalement pas vraiment question de confort ;)
Merci pour ce récit fantasmé, burlesque et énorme, la vraisemblance non plus que la psychologie n'ont droit de cité. Ce qui compte, c'est le lacher prise une sorte d'épanouissement des loisirs imaginaires ou pas?
Hamadryade
En effet la vraisemblance n'était pas ma priorité, quand à la psychologie je n'ai aucun diplôme en la matière...
En revanche je ne comprends pas votre question sur les loisirs imaginaires.
"Récit fantasmé d'un fantasme dévoilé " là j' y vois un loisir épanouissant, distrayant pour ceux qui écrivent comme pour ceux qui les lisent. Vous écrivez très bien et mon commentaire est dithyrambique ou voulait l'être.
Hamadryade
Loisir peut-être mais bien réel et non imaginaire, ce n'est que le contenu qui est fantasmé, l'acte d'écriture lui est réel
Merci de votre appréciation
malestelle
Bonsoir Hamadryade. On retrouve , comme dans votre autre nouvelle la prime impossibilité de voir votre tourmenteur.
L'impossibilité d'échapper à son dominant, sa domina, en raison d'entraves diverses et variées est récurrent chez les adeptes de la soumission. Il y a comme un désir de perdre et confi...En lire plus
Pamphile
Un bel enlèvement opéré par un gentleman :)
Hamadryade
Merci de ton regard Pamphile
Je t'embrasse
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