15/11/2017 par
Le lundi matin, j’arrivais au bureau saluant la pléthore de collègues lézardant devant la machine à café. Grand rituel de toute société qui se respecte. Ils discutaient de la soirée de vendredi en rigolant et se remémorant quelques moments cocasses.
Mon arrivée provoqua un silence éloquent. L’un de mes collègues prit la parole comme pour briser toutes les questions en suspend.
– Alors ? La discussion avec Marine vendredi soir ?
– Ta question n’est pas complète. Que veux-tu que je réponde à ça ?
– Je veux dire…Vous avez bien accroché non ?
J’oubliais de préciser que le fait de ne pas parler ouvertement de sa sexualité en milieu professionnel en laissant les gens supposer, imaginer et finalement faire des conclusions sans rien savoir, donne lieu à beaucoup de suppositions, d’enquêtes de leur part et encore aujourd’hui, je les intrigue.
– Nous avons fait connaissance oui. Je ne la connaissais que de vue du coup, ce fut l’occasion de la découvrir.
Je compris à leurs regards qu’ils attendaient que j’en dise plus. Ma réponse « bateau » sembla plus leur donner matière à réflexion encore…Ce qui sembla irriter une collègue toujours aux allures de directrice dominatrice. Il va falloir que moi-même je me renseigne d’ailleurs, car, en plus de marine, cette collègue suscite beaucoup d’intérêts auprès de la gente masculine de ces locaux. Bref.
Alors que l’un des mâles ici présents s’apprêtait à me demander ouvertement jusqu’où nous étions allés Marine et moi, son attitude trépignante l’avait déjà trahie, il se stoppa net quand le bruit et les portes de l’ascenseur retentirent derrière moi. Je compris que Marine venait d’arriver. L’ouverture des portes avait diffusé son parfum. Je la sentait et la ressentait…
– Bonjour tout le monde ! Dit-elle.
Déjà les yeux de ces messieurs débordaient de désirs salaces tandis que ceux des femmes devaient jalouser ou convoiter, ne sait-on jamais, les formes qu’elles avaient mises en valeur dans ce tailleur très chic au décolleté invitant à mille plaisirs. Elle avait coupé ses cheveux au carré avec un dégradé montant sur l’arrière. Ça lui donnait des allures de pin-up des années soixante et mettait sa nuque en valeur. Elle ne laissait rien transparaître de notre conversation du vendredi soir. Peut-être en avais-je trop dit.
– Vous êtes bien rentré vendredi ? Me demanda t’elle soudainement.
Elle me vouvoie contrairement à vendredi.
– Oui bien merci. Un peu fatigué et abasourdi par la musique. Et vous ? Bien rentrée ?
– Oui. Fatiguée et pourtant j’ai eu du mal à trouver le sommeil.
– Oh ? C’est pénible ça. Il y a des astuces pour trouver le sommeil plus facilement pourtant.
Il nous fallut à tous les deux quelques instants pour réaliser que les autres autour étaient figés. Ils et elles ne disaient plus rien. Serions-nous en phase de séduction devant tout le monde ?
– Excusez-moi. Elle attrapa son téléphone portable dans son sac et se mit à pianoter sans le mettre à l’oreille.
Lire la suite : http://www.comte2noirceuil.com/soumise-dun-soir-pa...
Publié dans: Lexique
Top