15/06/2018 par
Une facette du Loup en moi, qui j'espère vous intéressera et éclairera quelques idées que vous vous faites de la domination.
J'ai toujours aimé jouer à la bagarre avec les gens que j'aime. Je suis si gentil, si altruiste et intello que cela choque souvent les gens. D'autant que je ne suis pas épais. Mais j'aime me battre avec avec un ami ou une amoureuse. J'aime nous découvrir dans ce rapport physique et puissant.
Je n'aime pas que nous portions de coup, j'aime lutter, j'aime que les corps s'enchevêtrent et forcent de tout leurs muscles pour mettre l'autre à terre ; J'aime l'intelligence tactique de l'instinct et la mécanique énergétique qui s'actionne entre nos membres et notre environnement. J'aime voir l'esprit s'incarner de manière fusionnelle dans la réalité instantanée. Et pourtant j'aime aussi garder le contrôle de cette tension, jouer avec la ligne du self control pour être plus fort et plus adroit que l'autre tout en veillant impérativement à ne pas lui faire mal au corps comme à l'égo, ni lui faire peur, conserver son plaisir à jouer ensemble.. J'aime voir mon cerveau calculer sans validation consciente les opportunités et les risques de chaque action à une vitesse qui n'a de limite que la réactivité de mon corps. J'aime la sensation d'être à plusieurs endroits et plusieurs moments en même temps : encore dans la dernière action, déjà dans les prochaines, sur le côté, derrière, au dessus et au dessous et au dedans puis en même temps partout autour pour conserver à l'esprit les avantages de l'environnement. J'aime sentir et voir les peau et les muscles chauffer, piquer, rougir ; j'aime les souffles incontrôlés, les cris rauques et la moiteur grasse des peaux à nues, incrustées d'herbes, de gravions ou de feuilles.
Enfin j'aime la fierté orgueilleuse et humblement contenue de la victoire, ou de l’invincibilité plus encore. Cette injure jetée à la face de l'autre : la preuve qu'il ne peut rien y faire, et que sa défaite ou son répit sont à ma merci. Et l'humilité pour rappeler à l'autre que je maîtrise ma victoire, je ne la découvre pas. Comme un prédateur jouant avec sa proie qui savourait plus la dominer que l'achever. Ce qui m'intéresse ce n'est pas forcément de gagner, c'est de ne pas perdre. Je me sens plus puissant d'être invincible que d'être vainqueur. La victoire est parfois le fait de la chance, pas l'invincibilité. J'aime combattre les plus fiers ou plus forts que moi : parvenir à leur rendre la tâche la plus ardue possible, les surprendre d'ingéniosité et d'habileté ! Avec les plus forts, je dois me dépasser, et je peux aussi forcer d'avantage sur la puissance physique, je dois être plus rapide, dans mes gestes comme dans mon esprit, me libérer un peu plus. Avec les plus faibles, je joue d'eux comme des marionnettes, orchestrant sur la scène de leur ignorance une agréable et aventureuse pièce de liberté.
J'aime dans tout les cas terminer sur un pied d'égalité, pour ne pas froisser l'autre ou l'enorgueillir, et retrouver le statut quo social d'avant combat. Je tiens à ce que ce jeu soit sans conséquence, rien qu'une jouissance de l'instant présent. Et puis les vaincus ne veulent que rarement rejouer avec les vainqueurs. Sauf moi ! Dans tout les cas, j'aime amener l'autre à se libérer, à s'améliorer, à se concentrer, à croire en lui. J'aime le confronter à lui même, à ses propres limites, à sa propre violence et son instinct, face à son orgueil et sa raison. J'aime qu'à la fin il en redemande, parce que pendant quelques minutes, il s'est senti libre, et qu'il a compris qu'au fond ça n'a pas d'importance de gagner ou perdre, c'est juste beau à vivre ! Je vis la progression de mon adversaire dans sa libération comme une jouissance personnelle, mentale et physique. Le combat est moins savoureux peu importe le vainqueur s'il n'y a pas cette évolution. Je tire principalement mon sentiment de supériorité du fait d'accompagner mon adversaire tacitement vers quelque chose que je connais déjà. La liberté. Si quelqu'un adoptait à mon égard la même démarche, je pense que je le vaincrais rapidement et clairement pour renverser la vapeur et rester maître de la situation globale. Si je n'y parvenais pas, je chercherais à le défier selon d'autres règles, pourvu que ça soient les miennes, sans chercher vraiment à l'handicaper, juste pour m'assurer que je garde le contrôle initiatique de la situation.
J'ai toujours trouvé qu'Il est important d'entretenir une bonne humeur et des échanges amusants pendant le combat. Trop de sérieux emmène parfois à libérer ce qu'on ne voulait pas libérer. Je me bats toujours avec le sourire, avec la question " est-ce que va ? " prêt à sortir, remarquant à propos les bons coup de mon adversaire, soulignant mes erreurs et si l'ambiance le permet, celles de l'adversaire. Se battre ainsi, ça rapproche : de soi et de l'autre ! Après on s'attache fortement à ces souvenirs. Je n'ai pas de plaisir à écraser mes adversaires et à tirer de ma force des avantages sociaux qui mettent mal à l'aise l'autre. Ce ne sont pas des moments "fake", ce sont des bulles de réalité l
Toute cette conscience de toutes ces choses me font dire que ces bagarres puériles sont pour moi de vrais instants de domination - et pas seulement physique et technique - car ils sont réfléchis et cadrés, suivent un objectif choisis, pour mon plaisir et épanouissement ainsi que celui de mes partenaires, veillant à la bienveillance et à la sécurité de chacun. Du début à la fin, je gère la rencontre sans que mon partenaire n'en est toujours vraiment conscience. Comme quoi, la domination ce n'est pas qu'une affaire de sexualité, une "soumise" n'est pas forcément nécessaire, et ce n'est pas non plus toujours dégradant.
5 ont aimé
ZarathoustraDom
Une soumise rebelle, qui lutte avant de succomber, est toujours une source d'excitation : celle du pouvoir physique, du rapport de force pur (même si votre texte sous-entend, il est vrai, qu'il peut y avoir une part de stratégie et d'intelligence dans le combat physique), donc de l'animalité du mâle...En lire plus
Malcost
Bonjour, je vous remercie d'avoir lu et pris le temps de commenter.
En effet, le mental est au cœur de la démarche de domination/soumission, d'ailleurs j'ai "voulu"que ce texte soit progressif : D'abord bien ancré dans le physique, je me questionne ensuite sur la cause de la satisfaction dominatrice,...En lire plus
Feuler
L'invincibilité plutôt que la victoire... J'aime beaucoup votre raisonnemment, il résonne en moi mais ce sont vos mots. Personnellement je perçois plus dans votre écrit une joute plutôt qu'une lutte... Salutations !
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