25/07/2018 par
Anna
Le printemps était un renouveau pour Elle, car elle avait rencontré Anna. Mais chaque saison aurait été un printemps, ou même un été flamboyant du moment qu'Elle était dans les bras d'Anna, sa Maîtresse. La rencontre avait été une évidence fulgurante, des harmonies délibérées chantonnaient dans la voix d'Anna, oiseau de paradis.
C'était un désir proche de l'écartèlement, un désir pourpre, écarquillé, comme une mélodie brumeuse à leurs cœurs palpitants. Les mots doux étaient comme feulés, susurrés sur un tempo de jazz délirant, se dansant dans leurs reins brûlants, les peaux animées se frôlant avec exaltation.
Elles bavardaient toute la nuit, cheveux épars sur l'oreiller, les doigts d'Anna repliés, entrelacés aux siens gesticulants, le martinet posé près d'elles. Anna décidait d'une pause, d'un moment de bonheur fauve, et elles prenaient leurs places respectives, la Maîtresse et sa Soumise sur un air de swing endiablé.
Les mains posées de chaque côté de ses genoux, Elle attendait patiemment les ordres et désordres d'Anna, guettant la moindre de ses attentions et de ses intentions. La Maîtresse allait et venait pendant ce temps, traitant cette fois-ci sa Soumise comme un objet de plaisir ou un objet tout court, usant de ses mains, de sa bouche sulfureuse aux accents d'Outre-Mer, de son fouet et d'autres objets de plaisir et de douleur mêlés. La vibration des lanières sur sa peau la transportait dans une sorte de transe, comme si Elle n'avait été qu'un tambour battant la mesure de ses gémissements sourds, de ses cris montant dans les aigus, de son vibrato frémissant.
Après ces séances vermeilles, une mélopée lancinante les enveloppait de son brouillard apaisant. Elle se blottissait dans les bras chauds d'Anna et douce était la main caressant l'antienne que fredonnait sa peau, à y jouer de la harpe. Comme un solfège sur la pulpe de ses doigts. C'était le temps des murmures chuchotés entre deux éclats de rire, des confidences, et parfois de la désillusion.
Anna avait plusieurs femmes, et Elle le savait dès le départ. Ce n'était pas un problème en soi, au début, mais peu à peu Elle en était venue à craindre ces femmes, mélodies obsédantes pour lesquelles elle n'avait pas de nom. Ni odeurs, ni musiques, Elle ne savait rien de ces femmes et ça devenait un problème grandissant, une amertume dans sa bouche qui ne chantait plus. Anna essayait bien de la rassurer mais...
Mais Elle se sentait abandonnée par sa Maîtresse, alors elle s'abandonna à la douleur, sans un mot, sans une note, sans une mélodie pour l'accompagner. Juste des cachets silencieux, blancs comme la mort opalescente qui l'attendait.
Publié dans: Pratiques BDSM
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Shere-Kahn
superbe..
MINETGRIS
jolie nouvelle agréablz à lire et laisse place à l'imagination
Jegesh
J'aime bien ! Une brève douce-amère, comme un éclair de chaleur :)
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