31/08/2018 par
Lune Déchirée -
Ça brûle là, et là aussi, partout où ses mains se sont posées, partout, et même où il ne m’a pas touchée. J’entends son souffle dans mon sommeil, je me réveille en sursaut. Je vois ses yeux, ses sombres yeux qui me fixent toujours, je vois son corps contre le mien, j’entends sa voix qui me poursuit, et son visage contre le mien. Jamais je ne t’oublierai… Et de nouveau ce cri, ce hurlement qui transperce mes tempes, mon hurlement de souffrance.
Je l’entends toujours qui respire fort dans mon cou, qui me crie des menaces. Je sens ses mains qui tirent mes cheveux, son corps qui écrase le mien, son odeur d’animal en rut. Et ce cri qui me brise. Je vais sous la douche, de l’eau claire, me laver. Je sens la crasse qui vient en moi, cette saleté qui remonte, il faut que je me lave, je suis si sale, impure, sale, sale, sale…
Je le sens qui pénètre en moi de nouveau, à chaque seconde qui passe. Il est toujours là dans mon ventre, comme une tumeur incurable. Je continue à brûler de l’intérieur, de tous ces cris que personne n’a entendus. Je suis sale et c’est ma faute. Du noir qui vient en moi, autour de moi et dans mes yeux, toujours cette nuit qui m’a vue mourir. Comme une plaie qui ne se refermera jamais.
Je suis sale. Sale de sa crasse et sale de ma honte. Je suis honteuse que personne n’ait écouté mes cris de douleur. Je suis honteuse d’avoir laissé quelqu’un voler ce que j’avais de plus précieux, mes rêves. C’est ma faute, il faut que je me cache, je ne veux pas qu’on voit mon visage. J’ai trop honte. Je ne suis plus qu’une marionnette brisée, souillée par ses mains, ses yeux et son corps en entier. Il a cassé le seul fil d’espoir qui me retenait à la vie, et la marionnette est tombée de haut. Il a pénétré de force dans la seule grotte qui me protégeait. Je me déteste, je n’ai pas hurlé assez fort.
Je ne sais pas si je suis victime ou coupable, je n’ai plus que cette honte en moi, et je ne crois plus en rien. Et d’ailleurs en quoi pourrais-je croire après qu’il m’ait fait m’asseoir sur ces chiottes immondes, qu’il m’ait ordonné d’ouvrir la bouche, qu’il n’ait rien écouté, ni les larmes ni les supplications. J’ai honte d’être comme lui, un être humain. J’ai honte d’être encore en vie.
Ce soir j’irai sur la plage. Je trouverai une grotte, qui cette fois me protégera peut-être. J’attendrai que la nuit vienne, et j’oublierai peut-être ces cris dans le silence de la Lune pleine et de la mer. Et si cette honte reste en moi je me réfugierai, nue, au creux d’une vague de cristal à laquelle j’offrirai mon dernier souffle en échange de la pureté retrouvée.
- fin -
Publié dans: Pratiques BDSM
3 ont aimé
Cara
Merci beaucoup^^
ZarathoustraDom
Très beau texte pour une très moche histoire... Assurément, vous avez été victime, et sûrement pas coupable...
Ce n'est pas vous qui devez avoir honte, mais lui...
La résilience est un long chemin, mais nécessaire, non pas pour oublier, mais pour continuer de vivre, et d'avancer...
Bon courage à vous...En lire plus
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