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		<title><![CDATA[Derniers messages dans: De la bisexualité à l&#039;acceptation de soi : vingt ans pour devenir entier]]></title>
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		<description>Derniers messages de forum sur: BDSM</description>
		<item>
			<title><![CDATA[De la bisexualité à l&#039;acceptation de soi : vingt ans pour devenir entier]]></title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/pr-233sentez-vous-16/de-la-bisexualit-233-224-l-acceptation-de-soi-vingt-ans-pour-devenir-entier/?post=121494</link>
			<description><![CDATA[<h1>Je suis un homme qui aura bient&ocirc;t 47 ans, et j&#39;ai travers&eacute; pas mal de remises en question pour arriver aujourd&#39;hui &agrave; vraiment savoir o&ugrave; je me situe sur cet immense &eacute;chiquier qu&#39;est la sexualit&eacute; humaine.</h1>

<p>Quand on &eacute;tait un jeune bisexuel dans les ann&eacute;es 90, ce n&#39;&eacute;tait pas simple. Le concept &eacute;tait encore flou dans l&#39;esprit de beaucoup de gens. Les h&eacute;t&eacute;ros comme les homos te sortaient r&eacute;guli&egrave;rement la m&ecirc;me rengaine : &laquo; Bi ? Non, tu es gay, mais tu ne le sais pas encore ! &raquo;</p>

<p>Et quand on est jeune, on se laisse facilement influencer par ce genre de remarques, surtout lorsqu&#39;elles reviennent sans cesse. &Agrave; force de les entendre, on finit par douter de ce que l&#39;on ressent soi-m&ecirc;me. Comme si les autres savaient mieux que nous ce que nous &eacute;tions.</p>

<p>Pourtant, j&#39;ai eu davantage d&#39;aventures avec des femmes qu&#39;avec des hommes, jusqu&#39;au jour o&ugrave; j&#39;ai rencontr&eacute; celle qui allait partager ma vie. Je lui ai avou&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t ma bisexualit&eacute;, et elle l&#39;a accept&eacute;e sans aucun probl&egrave;me.</p>

<p>Mais, influenc&eacute; par la mentalit&eacute; de nos a&icirc;n&eacute;s et les pr&eacute;jug&eacute;s avec lesquels j&#39;avais grandi, je ne lui ai jamais vraiment laiss&eacute; acc&egrave;s &agrave; cette partie de ma sexualit&eacute;. Bien s&ucirc;r, on a jou&eacute; avec &ccedil;a, on a explor&eacute; certaines choses, mais au fond, je n&#39;&eacute;tais jamais totalement &agrave; l&#39;aise.</p>

<p>Et le pire, c&#39;est que pendant plus de vingt ans, j&#39;ai cru que c&#39;&eacute;tait elle qui ne voulait pas, ou qui n&#39;assumait pas cette facette de moi.</p>

<p>Jusqu&#39;au jour o&ugrave; j&#39;ai compris que le probl&egrave;me venait de moi.</p>

<p><strong>C&#39;&eacute;tait moi qui n&#39;assumais pas pleinement ma bisexualit&eacute;.</strong></p>

<p>En m&ecirc;me temps, comment s&#39;en &eacute;tonner ? J&#39;ai grandi &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; des insultes comme &laquo; p&eacute;dale &raquo;, &laquo; PD &raquo; et bien d&#39;autres &eacute;taient monnaie courante. Des mots qui m&#39;ont longtemps terroris&eacute; et qui ont profond&eacute;ment marqu&eacute; ma mani&egrave;re de vivre et de percevoir ma propre sexualit&eacute;.</p>

<p>Je crois que c&#39;est l&agrave; que se trouve l&#39;origine de mon malaise.</p>

<p>Avec le recul, je r&eacute;alise que j&#39;ai perdu au moins vingt ans d&#39;exploration sexuelle avec ma femme, simplement parce que je n&#39;arrivais pas &agrave; accepter cette partie de moi, une partie profond&eacute;ment soumise.</p>

<p>Car oui, avec les hommes, je suis plut&ocirc;t passif qu&#39;actif. Et pour moi, cette passivit&eacute; est intimement li&eacute;e &agrave; la soumission. Attention, je ne dis pas qu&#39;&ecirc;tre passif signifie forc&eacute;ment &ecirc;tre soumis. Chacun vit sa sexualit&eacute; &agrave; sa mani&egrave;re. Mais dans mon cas, c&#39;est ainsi que je le ressens.</p>

<p>Pour &ecirc;tre cru, donner son cul &agrave; un autre homme, lui laisser prendre le contr&ocirc;le et en faire ce qu&#39;il veut, dans les limites que je lui accorde, c&#39;est pour moi une v&eacute;ritable forme de soumission.</p>

<p>Et c&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment cette facette de moi que j&#39;ai mis plus de vingt ans &agrave; accepter pleinement.</p>

<p>Aujourd&#39;hui, les choses ont chang&eacute;.</p>

<p><strong>Je suis enfin parfaitement &agrave; l&#39;aise avec ma sexualit&eacute;. J&#39;aime les femmes, j&#39;aime les hommes, et c&#39;est parfaitement clair dans mon esprit.</strong></p>

<p>Je n&#39;ai plus besoin de me justifier, de choisir un camp ou de chercher &agrave; faire entrer mes d&eacute;sirs dans une case qui rassurerait les autres.</p>

<p>Et quel soulagement !</p>

<p>Ce sentiment d&#39;&ecirc;tre enfin entier, de ne plus avoir &agrave; lutter contre une partie de soi-m&ecirc;me, est assez unique. C&#39;est une forme de libert&eacute; int&eacute;rieure difficile &agrave; d&eacute;crire tant qu&#39;on ne l&#39;a pas v&eacute;cue.</p>

<p>Aujourd&#39;hui, je suis parfaitement &agrave; l&#39;aise avec l&#39;id&eacute;e que ma femme me prenne le cul. Je peux vivre cette soumission avec elle sans honte, sans cette petite voix int&eacute;rieure qui venait autrefois g&acirc;cher le plaisir en me rappelant ce que j&#39;&eacute;tais cens&eacute; &ecirc;tre en tant qu&#39;homme.</p>

<p>Et finalement, c&#39;est peut-&ecirc;tre l&agrave; que se trouve le c&oelig;ur de mon histoire.</p>

<p>Parce que les raisons de mon blocage &eacute;taient &agrave; la fois personnelles et culturelles.</p>

<p>Nous, les &ecirc;tres humains, avons cette f&acirc;cheuse tendance &agrave; vouloir tout simplifier. Nous classons, nous &eacute;tiquetons, nous compartimentons. Nous cherchons &agrave; faire entrer l&#39;immense complexit&eacute; du monde dans des cat&eacute;gories bien d&eacute;finies, comme si tout devait obligatoirement appartenir &agrave; un camp ou &agrave; son oppos&eacute;.</p>

<p>On est de gauche ou de droite. H&eacute;t&eacute;ro ou homo. Masculin ou f&eacute;minin. Dominant ou soumis. Fort ou faible. Rationnel ou &eacute;motionnel. Normal ou marginal.</p>

<p>Et d&egrave;s que quelqu&#39;un se situe entre deux cat&eacute;gories, ou refuse simplement de choisir, cela d&eacute;range.</p>

<p>Comme si la nuance &eacute;tait une anomalie.</p>

<p>Pourtant, la r&eacute;alit&eacute; est autrement plus complexe. On peut &ecirc;tre un homme viril et aimer se soumettre. On peut aimer les femmes et d&eacute;sirer les hommes. On peut &ecirc;tre dominant dans certains aspects de sa vie et profond&eacute;ment soumis dans son intimit&eacute;. On peut m&ecirc;me &ecirc;tre tout cela &agrave; la fois, sans qu&#39;il y ait la moindre contradiction.</p>

<p>C&#39;est justement ce qui m&#39;am&egrave;ne &agrave; une r&eacute;flexion plus philosophique.</p>

<p>Il existe un ouvrage qui s&#39;appelle <em>Le Kybalion</em>, dans lequel sont pr&eacute;sent&eacute;s sept principes herm&eacute;tiques cens&eacute;s d&eacute;crire certains m&eacute;canismes fondamentaux de l&#39;univers.</p>

<p>L&#39;un d&#39;eux est <strong>le principe de polarit&eacute;</strong>.</p>

<p>Pour r&eacute;sumer, ce principe propose que toute chose poss&egrave;de deux p&ocirc;les, deux extr&ecirc;mes d&#39;une m&ecirc;me r&eacute;alit&eacute;. Le chaud et le froid, par exemple, ne seraient pas deux choses fondamentalement diff&eacute;rentes, mais deux degr&eacute;s d&#39;un m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne.</p>

<p>Et je trouve cette id&eacute;e particuli&egrave;rement int&eacute;ressante lorsqu&#39;on l&#39;applique &agrave; l&#39;&ecirc;tre humain.</p>

<p>Nous portons tous, &agrave; des degr&eacute;s diff&eacute;rents, ce que certaines traditions appellent des &eacute;nergies masculines et f&eacute;minines. Non pas comme deux identit&eacute;s forc&eacute;ment oppos&eacute;es, mais comme des dimensions qui peuvent coexister et s&#39;exprimer diff&eacute;remment selon les individus et les situations.</p>

<p>Je ne pr&eacute;sente pas cela comme une v&eacute;rit&eacute; scientifique, mais comme une grille de lecture philosophique qui me parle &eacute;norm&eacute;ment.</p>

<p>Pourquoi faudrait-il choisir syst&eacute;matiquement un p&ocirc;le et rejeter l&#39;autre ? Pourquoi faudrait-il &ecirc;tre exclusivement ceci ou exclusivement cela ?</p>

<p>Pourquoi ne pourrions-nous pas simplement &ecirc;tre un m&eacute;lange complexe, mouvant, parfois contradictoire, mais parfaitement coh&eacute;rent &agrave; notre propre &eacute;chelle ?</p>

<p>Et cette tendance &agrave; tout opposer d&eacute;passe largement le cadre de la sexualit&eacute;.</p>

<p>Regardez notre soci&eacute;t&eacute;.</p>

<p>Tout semble organis&eacute; autour d&#39;oppositions de plus en plus rigides. La gauche contre la droite, les progressistes contre les conservateurs, les hommes contre les femmes, les uns contre les autres.</p>

<p>Je pense m&ecirc;me que cette mani&egrave;re de diviser les individus arrange particuli&egrave;rement les structures de pouvoir et les &Eacute;tats. Une population enferm&eacute;e dans des camps id&eacute;ologiques oppos&eacute;s, incapable d&#39;envisager autre chose que les r&eacute;ponses qu&#39;on lui propose, devient beaucoup plus facile &agrave; orienter.</p>

<p>On nous habitue &agrave; penser en termes de r&eacute;ponse A ou de r&eacute;ponse B, comme si aucune autre possibilit&eacute; n&#39;existait.</p>

<p>&Agrave; force, nous finissons par nous enfermer nous-m&ecirc;mes dans ces sch&eacute;mas de pens&eacute;e limit&eacute;s. Nous devenons herm&eacute;tiques aux solutions qui sortent du cadre, incapables d&#39;imaginer une troisi&egrave;me voie, ou m&ecirc;me de remettre en question la question qu&#39;on nous pose.</p>

<p>Et c&#39;est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que j&#39;ai fait avec ma propre sexualit&eacute; pendant plus de vingt ans.</p>

<p>J&#39;avais inconsciemment accept&eacute; une vision binaire des choses. &Ecirc;tre un homme, c&#39;&eacute;tait &ecirc;tre actif, p&eacute;n&eacute;trant, dominant. &Ecirc;tre passif, c&#39;&eacute;tait forc&eacute;ment renoncer &agrave; quelque chose de sa masculinit&eacute;.</p>

<p>Je savais intellectuellement que c&#39;&eacute;tait absurde, mais &eacute;motionnellement, j&#39;avais int&eacute;gr&eacute; ces codes bien plus profond&eacute;ment que je ne voulais l&#39;admettre.</p>

<p>J&#39;avais laiss&eacute; le regard des autres d&eacute;finir les limites de mon propre plaisir.</p>

<p>Et le plus ironique dans cette histoire, c&#39;est que ma femme, elle, n&#39;avait jamais eu besoin de ces limites. C&#39;&eacute;tait moi qui les avais construites, puis qui avais fini par croire qu&#39;elles venaient d&#39;elle.</p>

<p>Il m&#39;aura fallu presque un demi-si&egrave;cle pour comprendre quelque chose qui para&icirc;t pourtant assez simple :</p>

<p>Je n&#39;ai pas besoin de choisir entre ma masculinit&eacute; et ma soumission, entre mon attirance pour les femmes et celle pour les hommes, entre ce que je montre au monde et ce que je d&eacute;sire dans l&#39;intimit&eacute;.</p>

<p>Tout cela fait partie de moi, et il m&#39;a fallu beaucoup de temps pour l&#39;accepter.</p>

<p>Aujourd&#39;hui, je me sens bien plus libre de vivre mes envies sans chercher &agrave; les faire entrer dans les cases que les autres, ou moi-m&ecirc;me, avions construites.</p>

<p>Je ne pr&eacute;tends pas avoir tout compris, ni avoir termin&eacute; de me d&eacute;couvrir. Mais j&#39;ai au moins compris une chose : <strong>ce ne sont pas nos contradictions qui nous enferment, c&#39;est notre besoin de vouloir absolument les faire dispara&icirc;tre.</strong></p>

<p>Voil&agrave; qui je suis&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/pr-233sentez-vous-16/de-la-bisexualit-233-224-l-acceptation-de-soi-vingt-ans-pour-devenir-entier/?post=121494</guid>
			<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 08:53:24 +0000</pubDate>
			<dc:creator>BetaBoy</dc:creator>
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