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		<title>Derniers messages dans: De la légalité du BDSM</title>
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		<description>Derniers messages de forum sur: BDSM</description>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44470</link>
			<description><![CDATA[C&#039;est tout &#224; fait &#231;a Leather, et la lecture de votre post me rem&#233;more la raison de mes recherches &#224; ce propos. <br />Un accident entrainant la mort, en Italie, avait fait pas mal de bruit, &#224; l&#039;&#233;poque, et sur Fet Life, les langues ont commenc&#233;es &#224; se d&#233;lier. Les diff&#233;rentes discussions sont tr&#232;s vite arriv&#233;es sur les responsabilit&#233;s de chacun. Particuli&#232;rement dans le bondage.]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44470</guid>
			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Nanook</dc:creator>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44465</link>
			<description><![CDATA[[quote=11700] La lettre c&#39;est bien en droit, mais il y a l&#39;esprit aussi<a href="https://www.bdsm.fr/blog/5537/Mon-contrat-de-soumission/">...</a> Pour se retrouver devant un tribunal il faut une plainte. Si tu t&#39;entends bien avec bobonne, personne ne va porter plainte pour ce que tu lui fais le samedi soir. Ensuite, m&ecirc;me en cas de plainte, pour &ecirc;tre condamn&eacute;, il faut un juge qui condamne. Et aucun juge ne condamnera des pratiques sexuelles entre adultes libres et consentants. Je comprends pas vraiment ce questionnement sur la l&eacute;galit&eacute; des pratiques, tant que tout le monde est d&#39;accord, il n&#39;y aura aucun probl&egrave;me l&eacute;gal. Si jamais tu te retrouves chez les flics avec une partenaire qui a d&eacute;cid&eacute; de te pourrir la vie suite &agrave; un truc pour lequel vous &eacute;tiez d&#39;accord tous les deux, ton probl&egrave;me c&#39;est pas tant la loi que la personne en face qui veut te pourrir. Et si jamais tu te retrouves chez les flics parce qu&#39;une partenaire porte plainte parce que tu l&#39;as forc&eacute;e &agrave; faire un truc qu&#39;elle voulait pas, tu m&eacute;rites bel et bien de te retrouver en prison. [/quote] Je souhaite qu&#39;il ne vous arrive jamais, ou occasionnez, d&#39;accident grave... Ca arrive m&ecirc;me aux meilleurs....]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44465</guid>
			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Nanook</dc:creator>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44464</link>
			<description><![CDATA[@All : Je vous remercie de me pr&#234;ter d&#039;&#234;tre l&#039;auteur de ce texte, mais je ne le suis pas. Cette analyse a &#233;t&#233; &#233;crite par <u>Azim Akbaraly</u>.<br />Ce texte, m&#234;me une partie, si je me souviens bien, je faisais des recherches sur la loi et le BDSM, &#224; l&#039;&#233;poque. Tout comme vous, j&#039;ai trouv&#233; cette analyse tr&#232;s int&#233;ressante, et me suis permis de la post&#233; ici. <br />N&#039;&#233;tant pas juriste, je ne peux malheureusement d&#233;velopper et r&#233;pondre correctement &#224; vos questions.]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44464</guid>
			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Nanook</dc:creator>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44458</link>
			<description><![CDATA[Juste un mot : BRAVO pour cette analyse pertinente.<br />M&#234;me si tous les aspects n&#039;ont p&#251; &#234;tre &#233;voqu&#233;s dans ce long texte, je pense que cela r&#233;pond &#224; la pr&#233;ocupation de la grande majorit&#233; des membres.<br /><br />Ange & Bob<br /><br />[quote=4943]<br />"Une analyse juridique du Sadomasochisme : Aux limites des libert&#233;s individuelles - par Azim Akbaraly. <br /><br />&#42;&#42;&#42;<br /><br />Pour conclure, le sadomasochisme, et plus largement les pratiques sexuelles ne sont pas des sujets que le droit rejette au loin, sous pr&#233;texte de morale ou de pudeur. Si l&#8217;on comprend ais&#233;ment les raisons qui font que le droit des contrats ne l&#8217;accepte pas, c&#8217;est en revanche &#224; bras le corps que la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme a pris ce sujet, d&#233;couvrant comme dans un jeu de poup&#233;es russes, tour &#224; tour les principes de droit &#224; la vie priv&#233;e, d&#8217;autonomie personnelle, de droit de disposer de son corps, et de droit d&#8217;entretenir des relations sexuelles, touchant ainsi au c&#339;ur du droit des libert&#233;s publiques. M&#234;me s&#8217;il lui reste &#224; d&#233;finir les limites de la volont&#233; individuelle &#8211; et donc &#224; trancher entre la conception lib&#233;rale et celle pr&#244;nant le respect de la dignit&#233; de la personne humaine, y compris contre la volont&#233; de la personne, la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme a permis des &#233;volutions majeures sur le sujet, et a consacr&#233; le droit de pratiquer le sadomasochisme dans le respect de la volont&#233; de chacun.<br /><br />Notes<br />/quote]]]></description>
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			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator>CorpsaCoeur</dc:creator>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44456</link>
			<description><![CDATA[Merci Nanook pour cette intervention riche, claire et pr&#233;cise, tr&#232;s bien document&#233;e.<br /><br />Une question me vient pourtant sur la partie contractuelle que tu traites au d&#233;but. En particulier sur le crit&#232;re de cause licite.<br />&#192; la lecture de l&#039;argumentation visant &#224; montrer en quoi la cause d&#039;un contrat BDSM est, au nom des respect et int&#233;grit&#233; du corps, est illicite, je ne vois pas quel type de cause licite est &#233;crite dans un contrat entre un boxeur et son entra&#238;neur ou un boxeur et son agent.<br />Peux-tu s&#039;il te pla&#238;t m&#039;&#233;clairer ?]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44456</guid>
			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[Ma&#238;tre des Lys]]></dc:creator>
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			<title>De la légalité du BDSM</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/expression-libre-19/de-la-l-233galit-233-du-bdsm/?post=44454</link>
			<description><![CDATA["Une analyse juridique du Sadomasochisme : Aux limites des libert&#233;s individuelles - par Azim Akbaraly. <br /><br />....<br />La d&#233;finition &#171; contractuelle &#187; du sadomasochisme nous permet &#8211; fort &#224; propos &#8211; de faire un parall&#232;le avec le droit, en ce que cette pratique implique un consentement mutuel des parties, et donc en quelque sorte un v&#233;ritable contrat, au sens juridique du terme, pass&#233; entre le ma&#238;tre et l&#8217;esclave. Ne reste plus qu&#8217;&#224; savoir quelle validit&#233; peut avoir ce consentement, ce contrat, au regard du droit.<br /><br />Les contrats entre ma&#238;tre et esclave<br /><br />On peut s&#8217;interroger sur la validit&#233; de l&#8217;expression directe de ce sadomasochisme contractuel, &#224; savoir la conclusion d&#8217;un contrat entre un &#171; maitre &#187; et un &#171; esclave &#187;, au regard du droit des contrats lui-m&#234;me. Premi&#232;rement, il faut revenir &#224; la d&#233;finition m&#234;me du contrat. En droit fran&#231;ais, il s&#8217;agit d&#8217;&#171; une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s&#8217;obligent, envers une ou plusieurs autres, &#224; donner, &#224; faire ou &#224; ne pas faire quelque chose. &#187; (Article 1101 du Code civil). Cette &#171; loi des parties &#187; est un accord de volont&#233;s qui doit r&#233;unir quatre conditions pour &#234;tre valable : le consentement des parties, leur capacit&#233; &#224; contracter (c&#8217;est-&#224;-dire qu&#8217;elles doivent &#234;tre majeures ou &#233;mancip&#233;es), un objet certain (l&#8217;objet sur lequel porte le contrat doit exister) et une cause licite. C&#8217;est pr&#233;cis&#233;ment ce dernier point qui pose probl&#232;me dans les contrats pass&#233;s entre ma&#238;tres et esclaves dans le cadre de pratiques SM.<br /><br />La cause peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la raison du contrat. Si elle est illicite &#8211; vente de drogue, par exemple, cela entra&#238;ne la nullit&#233; du contrat. Or, en France, le corps humain n&#8217;est pas une chose que l&#8217;on peut vendre &#8211; raison de l&#8217;interdiction des m&#232;res porteuses notamment. On peut donc se demander si, bien qu&#8217;il n&#8217;y ait dans les contrats ma&#238;tre/esclave aucune vente &#224; proprement parler, ce type de transaction n&#8217;est pas ill&#233;gal. De plus, les articles 16-1 et 16-3 du Code Civil stipulent que &#171; chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable &#187; et qu&#8217;&#171; il ne peut &#234;tre port&#233; atteinte &#224; l&#8217;int&#233;grit&#233; du corps humain qu&#8217;en cas de n&#233;cessit&#233; m&#233;dicale pour la personne ou &#224; titre exceptionnel dans l&#8217;int&#233;r&#234;t th&#233;rapeutique d&#8217;autrui. &#187; Ainsi, m&#234;me entre adultes consentants, les violences administr&#233;es &#224; autrui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme contraires &#224; la loi fran&#231;aise. En outre, les articles 3 et 4 de la Convention Europ&#233;enne des Droits de l&#8217;Homme interdisent respectivement la torture et l&#8217;esclavage. C&#8217;est donc du fait du caract&#232;re illicite de leur cause que ces contrats n&#8217;ont aucune valeur juridique.<br /><br />Les pratiques sadomasochistes et le droit<br /><br />Mais le sadomasochisme ne se limite pas &#224; l&#8217;&#233;criture de contrats de soumission/domination, mais plut&#244;t, et surtout, il s&#8217;illustre par des pratiques : infliction de coups et maltraitances physiques et morales. Hors de la sph&#232;re des pratiques sexuelles, il n&#8217;y aurait (presque) aucune ambig&#252;it&#233; &#224; justifier la qualification de ces faits comme des infractions au Code p&#233;nal fran&#231;ais, et comme contraires &#224; l&#8217;ordre public &#8211; on pourra ainsi citer de tr&#232;s nombreux articles dans nos codes qui sont pertinents en la mati&#232;re : art. 222-1 (tortures et actes de barbarie), 222-19 (atteinte &#224; l&#8217;int&#233;grit&#233; de la personne) et 222-7 &#224; 222-9 (violences) du Code p&#233;nal ; art. 16 et s. du Code civil (respect du corps humain).<br /><br />Cependant, c&#8217;est pr&#233;cis&#233;ment parce qu&#8217;elles touchent aux libert&#233;s individuelles, et qu&#8217;elles impliquent la notion de consentement, que ces pratiques mettent &#224; l&#8217;&#233;preuve le droit. Celui-ci a donc us&#233; de concepts tels que le &#171; droit &#224; la vie priv&#233;e &#187;, l&#8217; &#171; autonomie personnelle &#187;, le &#171; droit &#224; disposer de son corps &#187; et la &#171; libert&#233; sexuelle &#187;. C&#8217;est &#224; la lumi&#232;re de ces concepts qu&#8217;il nous faudra analyser ces pratiques.<br /><br />Le droit a longtemps &#233;t&#233; empreint de morale chr&#233;tienne en mati&#232;re de sexualit&#233;, en associant la sexualit&#233; &#224; la conjugalit&#233; et &#224; la reproduction. C&#8217;est cette conception qui a pr&#233;valu pendant tr&#232;s longtemps dans le droit, trouvant ses sources d&#232;s le IIIe si&#232;cle et se poursuivant, en France, jusque dans les ann&#233;es 1970. A partir de cette date, on assiste &#224; l&#8217;&#233;mergence d&#8217;une distinction entre reproduction d&#8217;une part, et vie sexuelle de l&#8217;autre. La vie sexuelle en tant que telle rel&#232;ve d&#233;sormais du &#171; droit &#224; la vie priv&#233;e &#187;, et de l&#8217; &#171; autonomie personnelle &#187;.<br /><br />En ce qui concerne le droit &#224; la vie priv&#233;e, celui-ci a &#233;t&#233; affirm&#233; &#224; plusieurs reprises. Ainsi, la D&#233;claration universelle des droits de l&#8217;Homme de 1948 proclame, dans son article 12, que &#171; Nul ne sera l&#8217;objet d&#8217;immixtions arbitraires dans sa vie priv&#233;e [&#8230;]. Toute personne a droit &#224; la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. &#187; De m&#234;me, la Convention europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme de 1950 mentionne, dans son article 8, un &#171; droit &#224; la vie priv&#233;e et familiale &#187; qui ne peut souffrir d&#8217;ing&#233;rence par les pouvoirs publics que si elle est pr&#233;vue par la loi et est &#171; n&#233;cessaire [&#8230;] &#224; la d&#233;fense de l&#8217;ordre et &#224; la pr&#233;vention des infractions p&#233;nales, &#224; la protection de la sant&#233; ou de la morale, ou &#224; la protection des droits et libert&#233;s d&#8217;autrui &#187;. Finalement, le code civil se dotera en 1970 d&#8217;un article 9 qui dispose que &#171; Chacun a droit au respect de sa vie priv&#233;e &#187;.<br /><br />La Convention de Sauvegarde des Droits de l&#8217;Homme et des Libert&#233;s Fondamentales (Convention Europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme)<br /><br />Cependant, la reconnaissance de ce droit &#224; la vie priv&#233;e suffit-elle, seule, &#224; justifier la l&#233;galit&#233; des pratique soda-masochistes ? Selon Jean-Manuel Larralde, &#171; la religion, la morale continuent &#224; r&#233;prouver certaines pratiques, mais le droit positif n&#8217;a normalement plus &#224; s&#8217;aventurer sur ce terrain. [Cependant] le droit reste toujours pr&#233;sent, encadrant la sexualit&#233; des individus [&#8230;] On peut dire qu&#8217;il existe aujourd&#8217;hui une relative indiff&#233;rence du droit &#224; l&#8217;&#233;gard des pratiques sexuelles &#187;. C&#8217;est la jurisprudence, et en particulier la jurisprudence de la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme (CEDH) [1], qui viendra pr&#233;ciser cet encadrement du droit &#224; la vie priv&#233;e.<br /><br />Comme cela a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233; auparavant, le droit &#224; la vie priv&#233;e garanti &#224; l&#8217;article 8 de la Convention n&#8217;est pas absolu. Il peut, en principe, se voir soumis par les autorit&#233;s publiques &#224; certaines ing&#233;rences. C&#8217;est gr&#226;ce au concept de &#171; libert&#233; sexuelle &#187;, d&#233;velopp&#233; au fur et &#224; mesure dans le droit, que l&#8217;on peut appr&#233;hender les limites de ces ing&#233;rences. Ainsi, la jurisprudence a &#233;tabli un crit&#232;re sine qua non en mati&#232;re sexuelle : le consentement. Cela a permis notamment le renforcement de la jurisprudence contre les actes sexuels non-consentis : l&#8217;inceste, la p&#233;dophilie, le viol entre &#233;poux &#8211; reconnu comme une infraction par la Cour de Cassation en 1990 et inscrit dans le Code p&#233;nal en 2006 &#224; l&#8217;article 222-22 al-2 &#8211; ou m&#234;me la zoophilie &#8211; condamnation confirm&#233;e par la Cour de Cassation en 2007 notamment pour ce motif, et en application de l&#8217;art. 521-1 du Code p&#233;nal, modifi&#233; en 2004. Inversement, on a constat&#233; un adoucissement des peines pour les pratiques sexuelles r&#233;prim&#233;es lorsqu&#8217;il y avait consentement de la victime. Emmanuel Pierrat parle ainsi de l&#8217;&#233;mergence d&#8217;une &#171; th&#233;orie du consentement &#187; selon laquelle &#171; lorsque les partenaires sont consentants (&#233;changismes, amour &#224; plusieurs, sadomasochisme, etc.), la justice devient moins s&#233;v&#232;re, alors qu&#8217;auparavant la volont&#233; de la &#171; victime &#187; &#233;tait indiff&#233;rente &#224; la lourdeur de la sanction. &#187;<br /><br />En ce qui concerne plus pr&#233;cis&#233;ment le sadomasochisme, la CEDH nous offre un panel assez cons&#233;quent d&#8217;arr&#234;ts qui lui a permis de pr&#233;ciser les limites de cette tol&#233;rance. Dans un premier arr&#234;t Laskey, Jaggard et Brown c. Royaume-Uni du 19 f&#233;vrier 1997, la Cour a d&#251; statuer sur la conformit&#233; de la condamnation de plusieurs hommes homosexuels, adeptes du sadomasochisme, et dont les pratiques film&#233;es avaient &#233;t&#233; d&#233;couvertes par la police. Le minist&#232;re public avait alors inculp&#233; les principaux int&#233;ress&#233;s pour raisons de coups et blessures, et ce, sans qu&#8217;il y ait eu de d&#233;rapage particulier. C&#8217;est donc pr&#233;cis&#233;ment la part sadique du sadomasochisme qui a &#233;t&#233; vis&#233;e ici en tant qu&#8217;elle correspond &#224; des actes r&#233;prim&#233;s par le droit p&#233;nal.<br /><br />Cour Europ&#233;enne des Droits de l&#8217;Homme (CEDH) &#224; Strasbourg<br /><br />La Cour de Strasbourg a confirm&#233; la condamnation, et ce malgr&#233; l&#8217;existence du consentement des participants, l&#8217;existence et le respect d&#8217;un signal d&#8217;arr&#234;t des pratiques, et l&#8217;absence de d&#233;rapages. Elle a consid&#233;r&#233; que cette ing&#233;rence dans la vie priv&#233;e des personnes condamn&#233;es par la justice britannique &#233;tait &#171; n&#233;cessaire dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique &#224; la protection de la sant&#233; au sens de l&#8217;article 8 &#167;2 de la Convention.&#187; La jurisprudence &#233;tablie par cet arr&#234;t a cependant &#233;t&#233; abandonn&#233;e par la suite, dans la mesure o&#249; la Cour avait pr&#233;cis&#233;, assez dangereusement, que cet arr&#234;t, qui n&#8217;y faisait pas r&#233;f&#233;rence, ne remettait pas en cause le &#171; droit de l&#8217;Etat de chercher &#224; d&#233;tourner de l&#8217;accomplissement de tels actes au nom de la morale &#187;. Evoquer la morale pour un potentiel encadrement de la vie sexuelle des individus, a en effet &#233;t&#233; un choix particuli&#232;rement maladroit selon Jean-Pierre Margu&#233;naud.<br /><br />C&#8217;est ensuite avec &#171; la notion d&#8217;autonomie personnelle &#187; d&#233;couverte dans son arr&#234;t Pretty c. Royaume Uni du 29 juillet 2002 et qui d&#233;coule du droit &#224; la vie priv&#233;e, que la CEDH viendra compl&#233;ter les concepts juridiques encadrant la vie des personnes. Cette notion correspond &#224; &#171; la facult&#233; pour chacun de mener sa vie comme il l&#8217;entend [, et qui] peut &#233;galement inclure la possibilit&#233; de s&#8217;adonner &#224; des activit&#233;s per&#231;ues comme &#233;tant d&#8217;une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne &#187;. Elle est importante, dans la mesure o&#249; elle servira de base, dans un arr&#234;t visant directement des pratiques sadomasochistes, &#224; r&#233;parer les imprudences de l&#8217;arr&#234;t Laskey. La Cour a ainsi &#233;nonc&#233; dans l&#8217;arr&#234;t KA et AD c. Belgique du 17 f&#233;vrier 2005 que &#171; le droit d&#8217;entretenir des relations sexuelles d&#233;coule du droit de disposer de son corps, partie int&#233;grante de la notion d&#8217;autonomie personnelle &#187;. Exit les craintes d&#8217;une &#171; d&#233;finition de la morale sexuelle par l&#8217;Etat &#187; &#233;voqu&#233;es par Margu&#233;naud.<br /><br />Dans le cas belge, il s&#8217;agissait de trois personnes majeures &#8211; deux hommes et l&#8217;&#233;pouse de l&#8217;un d&#8217;eux, h&#233;t&#233;rosexuelles, et qui s&#8217;adonnaient &#224; des pratiques sadomasochistes. Ces pratiques ayant &#233;volu&#233; de mani&#232;re crescendo, avec au d&#233;part la fr&#233;quentation d&#8217;un club SM puis, dans la mesure o&#249; certaines de leurs pratiques &#233;taient interdites par le r&#232;glement de ce club, la continuation de celles-ci dans une pi&#232;ce de leur domicile am&#233;nag&#233;e &#224; cet effet.<br /><br />En fait, c&#8217;est suite &#224; une enqu&#234;te concernant ce club, &#233;tendue &#224; leur cas pr&#233;cis, que les deux hommes ont &#233;t&#233; poursuivis devant la justice belge et condamn&#233;s en premi&#232;re instance, en appel et devant la Cour de cassation. Ils ont fait appel de leur cas devant la CEDH, arguant du fait que cette condamnation allait &#224; l&#8217;encontre notamment de l&#8217;article 8 de la Convention europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme qui garantit un droit &#224; la vie priv&#233;e et une obligation de n&#233;cessit&#233; et de l&#233;gislation en ce qui concerne les ing&#233;rences des pouvoirs publics dans celle-ci.<br /><br />Les sp&#233;cificit&#233;s de ce cas ont permis de clarifier la jurisprudence de la CEDH en mati&#232;re sexuelle. En effet, les vid&#233;os des pratiques SM analys&#233;es par l&#8217;enqu&#234;te ont permis d&#8217;identifier qu&#8217;il ne s&#8217;agissait pas de pratiques du m&#234;me ordre que celles vues dans l&#8217;arr&#234;t Laskey. Ici, les deux hommes poursuivaient les actes sadiques bien apr&#232;s que la femme e&#251;t envoy&#233; le signal d&#8217;arr&#234;t convenu &#8211;les mots &#171; piti&#233; &#187; ou &#171; stop &#187; ; il s&#8217;agissait donc ici de &#171; sadisme &#224; l&#8217;&#233;tat brut &#187; et non pas de sadomasochisme, comme nous l&#8217;avons pr&#233;cis&#233; en introduction. Partant de cette distinction, la CEDH a confirm&#233; la condamnation et a affirm&#233; que :<br /><br />Il en r&#233;sulte que le droit p&#233;nal ne peut, en principe, intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenties qui rel&#232;vent du libre arbitre des individus. Il faut d&#232;s lors qu&#8217;il existe des &#171; raisons particuli&#232;rement graves &#187; pour que soit justifi&#233;e, aux fins de l&#8217;article 8 &#167; 2 de la Convention, une ing&#233;rence des pouvoirs publics dans le domaine de la sexualit&#233;.<br /><br />Pour Jean-Pierre Margu&#233;naud, &#171;Ce que la Cour a admis, ce n&#8217;est pas le droit au sadisme mais la libert&#233; des relations sadomasochistes dans les conditions du strict respect de la volont&#233; de chacun des partenaires &#187;. Cependant, il reste selon lui une question non r&#233;gl&#233;e par la Cour. Qu&#8217;aurait-on fait si la femme en question n&#8217;avait jamais cri&#233; &#171; piti&#233; &#187; ou &#171; stop &#187; face &#224; des violences aussi extr&#234;mes ? Peut-on admettre que l&#8217;autonomie personnelle aille aussi loin, ou doit-on la limiter afin de garantir le principe g&#233;n&#233;ral de dignit&#233; de la personne humaine ? Deux conceptions s&#8217;affronteraient alors d&#8217;apr&#232;s Margu&#233;naud : &#171; une conception lib&#233;rale et individualiste des droits de l&#8217;Homme &#171; qui exprime une &#233;thique de la volont&#233; et du consentement &#187; [et une conception] fondant le lien humain sur la dignit&#233;, &#171; n&#8217;h&#233;sit[ant]pas &#171; &#224; d&#233;fendre l&#8217; &#8216;humanit&#233; de l&#8217;homme&#8217; au besoin contre lui-m&#234;me &#187;&#187;. C&#8217;est selon lui la solution lib&#233;rale qui sera privil&#233;gi&#233;e par la Cour, car elle constitue &#171; la moins dangereuse aux mains [du] pouvoir &#187;.<br /><br />&#42;&#42;&#42;<br /><br />Pour conclure, le sadomasochisme, et plus largement les pratiques sexuelles ne sont pas des sujets que le droit rejette au loin, sous pr&#233;texte de morale ou de pudeur. Si l&#8217;on comprend ais&#233;ment les raisons qui font que le droit des contrats ne l&#8217;accepte pas, c&#8217;est en revanche &#224; bras le corps que la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme a pris ce sujet, d&#233;couvrant comme dans un jeu de poup&#233;es russes, tour &#224; tour les principes de droit &#224; la vie priv&#233;e, d&#8217;autonomie personnelle, de droit de disposer de son corps, et de droit d&#8217;entretenir des relations sexuelles, touchant ainsi au c&#339;ur du droit des libert&#233;s publiques. M&#234;me s&#8217;il lui reste &#224; d&#233;finir les limites de la volont&#233; individuelle &#8211; et donc &#224; trancher entre la conception lib&#233;rale et celle pr&#244;nant le respect de la dignit&#233; de la personne humaine, y compris contre la volont&#233; de la personne, la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme a permis des &#233;volutions majeures sur le sujet, et a consacr&#233; le droit de pratiquer le sadomasochisme dans le respect de la volont&#233; de chacun.<br /><br />Notes<br /><br />[1] La Cour europ&#233;enne des Droits de l&#8217;Homme (CEDH) est l&#8217;organe juridictionnel supranational bas&#233; &#224; Strasbourg qui a pour mission de faire respecter la bonne application de la Convention europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme. Cette convention a &#233;t&#233; adopt&#233;e en 1950, mais n&#8217;a &#233;t&#233; ratifi&#233;e par la France qu&#8217;en 1974 &#8211; le droit de recours individuel devant cette cour a &#233;t&#233; reconnu lui, plus tardivement, en 1981. S&#8217;il s&#8217;agit du droit international et non du droit interne, la port&#233;e de cette convention, et surtout des arr&#234;ts de la CEDH, est tout de m&#234;me consid&#233;rable. Si un justiciable estime que, lors d&#8217;un jugement devant une juridiction nationale, ses droits garantis par la Convention ont &#233;t&#233; l&#233;s&#233;s, il peut apr&#232;s &#233;puisement des voies de recours internes saisir la CEDH contre son Etat. Les arr&#234;ts prononc&#233;s par la Cour ont une grande influence sur la jurisprudence nationale qui a tendance &#224; s&#8217;y conformer ; cela a permis &#224; la Cour europ&#233;enne des droits de l&#8217;Homme d&#8217;affirmer une vision lib&#233;rale et ambitieuse en mati&#232;re de droits de l&#8217;Homme dans les pays membres.<br /><br />Bibliographie<br /><br />Caballero F., Droit du sexe, Paris, LGDJ, 2010.<br /><br />Larralde J-M., &#171; Libre disposition de son corps et pr&#233;f&#233;rences sexuelles &#187;, in Larralde J-M. (dir.), La libre disposition de son corps : actes du colloque de Caen les 16 et 17 octobre 2008, Bruxelles, Nemesis : Bruylant, 2009.<br /><br />Margu&#233;naud J-P., &#171; Sadisme, masochisme, et autonomie personnelle &#187; in Dubos O., Margu&#233;naud J-P. (dir.), Sexe, sexualit&#233;, et droits europ&#233;ens : enjeux politiques et scientifiques des libert&#233;s individuelles, Paris, A. Pedone, 2007.<br /><br />Pin X., Le consentement en mati&#232;re p&#233;nale, Paris, LGDJ, 2002. (pp. 58-67 et 203 et s.)]]></description>
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			<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 17:18:10 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Nanook</dc:creator>
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