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		<title>Derniers messages dans: Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
		<link>https://www.bdsm.fr/forum/rss/?thread=4828</link>
		<description>Derniers messages de forum sur: BDSM</description>
		<item>
			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=95709</link>
			<description><![CDATA[Je relaie, avec l&#39;accord de NortherSnake ( profil fet:https://fetlife.com/users/159400 ), cet article qui selon moi ouvre des pistes de r&eacute;flexions propres &agrave; nourir la d&eacute;marche de ceux qui veulent faire des cordes

&nbsp;

<h1>Le shibari n&#39;est pas un (fucking) art</h1>

<blockquote>
Sans doute qu&rsquo;une bonne partie des personnes qui auront cliqu&eacute; pour savoir ce que je raconte ici ne sont a priori pas d&rsquo;accord avec cette affirmation. En vrai, qu&rsquo;on soit d&rsquo;accord ou non, je m&rsquo;en fous un peu.<br />
D&rsquo;abord parce que je ne suis pas la police de la pens&eacute;e - vous pouvez bien penser ce que vous voulez du shibari et de l&rsquo;art.<br />
Ensuite parce que ce dont j&rsquo;ai envie de parler ici ce n&rsquo;est pas du probl&egrave;me soulev&eacute; par le fait de <em>penser</em> que le shibari est un art, mais de tout ce qu&rsquo;implique le fait de le <em>dire</em> ou de l&rsquo;&eacute;crire, de v&eacute;hiculer cette id&eacute;e.

Pour situer mon point de vue - qui n&rsquo;est bien s&ucirc;r pas neutre, je suis un mec occidental qui pratique les cordes depuis pas mal de temps (pour ainsi dire en tant que passionn&eacute;&hellip;), et qui suit les &ldquo;actualit&eacute;s&rdquo; du milieu (entre autres les accidents, abus etc&hellip;) de mani&egrave;re assez assidue, en &eacute;tant expos&eacute; &agrave; tous les biais qui vont avec le fait d&#39;&eacute;voluer dans ce coin du monde. En tant qu&rsquo;organisateur d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements et avec plein de personnes auxquelles je tiens qui pratiquent autour de moi, j&rsquo;ai &agrave; c&oelig;ur de m&rsquo;exprimer sur des sujets que je pense importants. En somme j&rsquo;assume le c&ocirc;t&eacute; politique de ce que j&rsquo;&eacute;cris, ce writing fait partie de mes tentatives d&rsquo;influencer en toute humilit&eacute; les personnes qui le liront, parce que je pense que &ccedil;a va dans une direction positive pour la communaut&eacute; et pour les individus (en bon utilitariste).<br />
Je vais supposer que toi qui me lis est assez mature et intelligent-e pour &eacute;valuer la qualit&eacute; de mon propos &agrave; travers mes arguments et en tenant compte de ma posture (c&rsquo;est l&rsquo;objet du point de vue situ&eacute;) mais sans avoir &agrave; user d&rsquo;une rh&eacute;torique en carton pour disqualifier arbitrairement les id&eacute;es. Sous-titre pour les personnes assises au fond: les commentaires sont les bienvenus pour &eacute;changer dans le calme sur le sujet, pr&eacute;senter vos opinions et surtout vos arguments (vous le croirez ou non mais j&rsquo;adore changer d&rsquo;avis !). Je n&rsquo;ai pas pour habitude de censurer des propos et je d&eacute;testerai avoir &agrave; le faire parce que &ccedil;a ne respecte pas les r&egrave;gles de Fetlife ou parce que je trouve que &ccedil;a va trop loin. Si on s&rsquo;engueule joyeusement et respectueusement en d&eacute;battant, j&rsquo;esp&egrave;re que &ccedil;a aidera les autres &agrave; se construire une vision plus &eacute;clair&eacute;e, mais je n&rsquo;h&eacute;siterai pas &agrave; mod&eacute;rer si besoin..

Depuis que j&rsquo;ai compris qu&rsquo;une part &eacute;norme des contenus qui concernent le shibari ont envahi les r&eacute;seaux sociaux vanille, Instagram et Tiktok en premier lieu (alors qu&rsquo;avant le plus gros &eacute;tait sur Fetlife et autres r&eacute;seaux kinky, puis sur Facebook), je m&rsquo;inqui&egrave;te du nombre croissant de publications o&ugrave; on voit des personnes utiliser des cordes pour faire du macram&eacute; sur leurs corps en appelant &ccedil;a shibari et en esp&eacute;rant para&icirc;tre originales (et bien s&ucirc;r en ignorant totalement que des artistes comme Fred Kyrel ou Hikari Kesho font &ccedil;a depuis des d&eacute;cennies).<br />
Le probl&egrave;me n&rsquo;est pas ici le fait que les r&eacute;seaux sociaux ont cette tendance &agrave; mobiliser notre narcisse interne - il y a un tas d&rsquo;autres pratiques qui se retrouvent dans la m&ecirc;me situation que les cordes &agrave; cause de &ccedil;a - mais le fait que c&rsquo;est une tendance qui va n&eacute;cessairement affecter les imaginaires collectifs et les connaissances les plus r&eacute;pandues dans le groupe des pratiquant-es du shibari autour de nous.<br />
Je ne suis pas sociologue donc je parle ici d&rsquo;hypoth&egrave;ses bas&eacute;es sur des impressions en tant qu&rsquo;observateur attentif, mais il me semble que les personnes qui ont r&eacute;cemment commenc&eacute; &agrave; pratiquer le shibari ont une trajectoire assez diff&eacute;rente de celles qui arrivaient il y a quelques ann&eacute;es via les munchs, Fetlife et/ou les jams. Leurs envies et leurs attentes ne sont pas tout &agrave; fait les m&ecirc;mes (pr&eacute;dominance des photos et culture du like bien install&eacute;e, &ccedil;a existait d&eacute;j&agrave; sur Fetlife mais c&rsquo;est exacerb&eacute;), leur rapport &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience est diff&eacute;rent (soci&eacute;t&eacute; plus ouverte &agrave; la diversit&eacute; donc chaque pratique qui sort du lot para&icirc;t moins sp&eacute;ciale, on comprends moins l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du c&ocirc;t&eacute; historiquement &ldquo;cach&eacute;&rdquo; du BDSM), et le rapport &agrave; la notion de risque est lui aussi compl&egrave;tement chamboul&eacute; (per&ccedil;u et assum&eacute; comme tr&egrave;s personnel, chacun-e fait bien ce qu&rsquo;ielle veut de son corps - ce qui est vrai sur le fond mais n&rsquo;efface pas l&rsquo;impact qu&rsquo;on a sur les autres, or c&rsquo;est de &ccedil;a que je parle).<br />
Un exemple tr&egrave;s concret et r&eacute;cent de ces changements est la mani&egrave;re dont les personnes utilisant Instagram se sont habitu&eacute;es &agrave; l&rsquo;algorithme de censure et qui mettent des petits smileys mignons ou des &eacute;toiles roses sur les t&eacute;tons, acceptant de jouer le jeu d&rsquo;une censure conservatrice et difficilement conciliable avec la dimension transgressive du shibari (et du kink au sens large). Et le probl&egrave;me c&rsquo;est que &ccedil;a d&eacute;borde, puisque ces m&ecirc;mes photos censur&eacute;es se retrouvent parfois sur Fetlife ou d&rsquo;autres plate-formes qui sont pourtant plus permissives. Sur ce point sp&eacute;cifique on voit tout de suite l&rsquo;aspect politique du probl&egrave;me, o&ugrave; &ccedil;a peut mener en termes d&rsquo;impact sur nos habitudes quotidiennes d&rsquo;exposition &agrave; des images&hellip;

L&rsquo;un des principaux responsables de ce changement est le suspect qu&rsquo;on retrouve sur toutes les sc&egrave;nes de crime social: le langage. Les mots ont leur importance, &ccedil;a va faire marrer les personnes qui me connaissent bien et me voient ressasser cet exemple depuis des ann&eacute;es mais je le trouve particuli&egrave;rement pertinent: Franck Lepage le d&eacute;montre habilement dans une de ses conf&eacute;rences gesticul&eacute;es. Il explique qu&rsquo;&agrave; une &eacute;poque pas si lointaine on parlait de la classe ouvri&egrave;re comme compos&eacute;e de personnes qui sont <em>exploit&eacute;es</em> dans l&rsquo;organisation du travail, or qui dit &ldquo;exploit&eacute;&rdquo; dit &ldquo;exploitant&rdquo;. L&rsquo;exploitation est un processus, notre cerveau a donc envie d&rsquo;identifier ce qu&rsquo;il y a &agrave; l&rsquo;origine pour comprendre comment on en est arriv&eacute;s l&agrave; - les cocos du XXe si&egrave;cle r&eacute;pondront que c&rsquo;est la faute des patrons &eacute;videmment. Mais depuis quelques d&eacute;cennies les &eacute;l&eacute;ments de langage ont chang&eacute; et on ne parle plus d&rsquo;&rdquo;exploit&eacute;s&rdquo;, on appelle les populations qui ont des boulots de merde et sont pay&eacute;es une mis&egrave;re des personnes &ldquo;d&eacute;favoris&eacute;es&rdquo; (et de plus en plus on glisse vers &ldquo;fain&eacute;antes&rdquo;, mais c&rsquo;est un aure sujet). Et l&agrave; plus question de processus, on a pas trop l&rsquo;habitude de raisonner en termes de &ldquo;d&eacute;favorisateur-ice&rdquo;, donc le premier r&eacute;flexe de notre petit cerveau muscl&eacute; c&rsquo;est de se dire &ldquo;ah merde, pas de bol&rdquo;. Cet exemple illustre l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle utiliser un terme ou un autre pour d&eacute;crire un truc dans la soci&eacute;t&eacute; peut mine de rien avoir beaucoup d&rsquo;incidence sur la mani&egrave;re dont les gens vont r&eacute;fl&eacute;chir ou non &agrave; ce truc, et se sentir en capacit&eacute; d&rsquo;agir et de militer pour le changer.

A mon sens le fait de parler d&rsquo;&rdquo;art des cordes&rdquo; quand on &eacute;voque le shibari soul&egrave;ve &eacute;galement ce probl&egrave;me. Le terme &ldquo;art&rdquo; est connot&eacute;, il a un sens charg&eacute; dans le langage courant. Personnellement quand je discute avec des personnes qui d&eacute;butent et ne bitent rien au shibari je viens tr&egrave;s vite vers cette id&eacute;e qu&rsquo;il ne faut pas consid&eacute;rer le shibari comme un &ldquo;art ancestral&rdquo; mais comme &ldquo;une foutue technique de torture militaire japonaise d&eacute;tourn&eacute;e apr&egrave;s la guerre pour faire du fric en violant des prostitu&eacute;es devant -entre autres- des occidentaux, puis en devenant une sorte de comp&eacute;tence d&rsquo;&eacute;lite pour le porno underground &agrave; Tokyo&rdquo; (je me cite moi-m&ecirc;me sans aucune humilit&eacute;, mais sentez-vous libre de r&eacute;utiliser ma d&eacute;finition :-*).<br />
En faisant cette distinction &agrave; travers une d&eacute;finition - certes un peu outranci&egrave;re - j&rsquo;explique que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t est pour les d&eacute;butant-es (mode paternaliste ON) de maintenir leurs radars &agrave; red flags en alerte: c&rsquo;est plus facile de faire gaffe au consentement si on se dit qu&rsquo;on va tenter un truc foutrement dangereux et ouvertement kinky que si on imagine une s&eacute;ance de massage m&eacute;lang&eacute; &agrave; de l&rsquo;escalade.<br />
En voyant se d&eacute;mocratiser l&rsquo;expression &ldquo;art des cordes&rdquo; j&rsquo;ai r&eacute;fl&eacute;chi &agrave; ce qui existe comme alternative langagi&egrave;re, et je suis tomb&eacute; sur la notion d&rsquo;artisanat.

Mais l&agrave; attention, cette partie de ma d&eacute;monstration a le pied gauche pos&eacute; de justesse &agrave; quelques centim&egrave;tres du bousin laiss&eacute; par Moufle, le caniche du voisin, sur le trottoir pr&egrave;s de la porte (j&rsquo;ai rien contre les caniches ou les voisins, nos amies les b&ecirc;tes auront je l&rsquo;esp&egrave;re un jour droit &agrave; autant de consid&eacute;ration sur le consentement que mes homologues sapiens). Je dis &ccedil;a parce qu&rsquo;on est sur internet, et que j&rsquo;ai l&rsquo;odorat fin pour les sujets pol&eacute;miques. Petite parenth&egrave;se d&eacute;finition:<br />
Selon Wikipedia l&rsquo;art se d&eacute;finit par une activit&eacute; ou un truc qu&rsquo;on fait (au sens produire) avec cette activit&eacute; et qui a un lien avec les sens, les &eacute;motions. Il est ici mis en opposition &agrave; la nature (les trucs qui se font sans nous) et la science (conna&icirc;tre des trucs sans forc&eacute;ment faire des choses avec).<br />
Dans le CNRTL on parle d&rsquo;&ldquo;ensemble de moyens, de proc&eacute;d&eacute;s conscients par lesquels l&#39;homme tend &agrave; une certaine fin, cherche &agrave; atteindre un certain r&eacute;sultat &ldquo;, on y ajoute donc l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;il y a un but, une intention (on passera sur l&rsquo;androcentrisme de la d&eacute;finition).<br />
Re-selon Wikipedia, l&rsquo;artisanat c&rsquo;est en gros faire des produits ou des services gr&acirc;ce &agrave; un savoir-faire et quand le proc&eacute;d&eacute; n&rsquo;est pas encore massifi&eacute; ou industrialis&eacute;.<br />
Et selon la rouquine, l&rsquo;artisan est la personne qui pratique un m&eacute;tier manuel selon des normes traditionnelles.<br />
Pas tr&egrave;s clair tout &ccedil;a&hellip; M&rsquo;&eacute;tonne pas que chacun-e y aille de sa propre d&eacute;finition, on est pas loin du &ldquo;art is free&rdquo;.

Beaucoup de tentatives de d&eacute;finitions s&rsquo;accordent tout de m&ecirc;me pour dire que l&rsquo;art est plus libre, plus li&eacute; &agrave; la cr&eacute;ativit&eacute;, &agrave; l&rsquo;imaginaire, il se sert lui-m&ecirc;me, l&#39;&oelig;uvre et sa r&eacute;alisation sont la finalit&eacute;. C&rsquo;est ce qui explique qu&rsquo;on peut faire de l&rsquo;art sans savoir &ldquo;o&ugrave; on va&rdquo; - c&rsquo;est alors le &ldquo;message&rdquo; de l&rsquo;artiste qui pr&eacute;vaut, il exprime quelque chose et raconte une histoire (Pierre Soulages disait, y para&icirc;t, &laquo; l&rsquo;artisan sait toujours o&ugrave; il va, l&rsquo;artiste, pas forc&eacute;ment &raquo;).<br />
Dans l&rsquo;artisanat, la cr&eacute;ation est cadr&eacute;e, souvent r&eacute;mun&eacute;r&eacute;e en amont par un-e commanditaire, et sa finalit&eacute; est l&rsquo;utilisation qui sera faite de l&#39;&oelig;uvre une fois produite (ou du service une fois rendu), finalit&eacute; qu&rsquo;on avait anticip&eacute;e et qui n&rsquo;a pas n&eacute;cessairement de rapport avec une expression purement personnelle de l&rsquo;artisan. Dans ce cas, c&rsquo;est plus une expression dirig&eacute;e vers un but non choisi, une interpr&eacute;tation avec un savoir-faire technique et/ou esth&eacute;tique ; l&rsquo;artisan s&rsquo;exprime mais raconte l&rsquo;histoire que lea commanditaire veut entendre.

En tant que photographe, je rel&egrave;ve aussi cette distinction dans ma pratique.<br />
Quand je fais le reportage photo d&rsquo;un mariage ou de la repr&eacute;sentation d&rsquo;un bin&ocirc;me d&rsquo;acrobates, je documente leur vie, je saisis des instants avec ma fa&ccedil;on &agrave; moi de les voir, de les regarder, de figer des instants. Les photos vont raconter leur histoire de mon point de vue, avec ma technique et ma sensibilit&eacute;. Je me consid&egrave;re comme artisan.<br />
Quand je recherche des mod&egrave;les pour collaborer sur un shooting &agrave; mon initiative, c&rsquo;est que j&rsquo;ai envie d&rsquo;exprimer quelque chose, je veux que la photo raconte l&rsquo;histoire que j&rsquo;ai choisie. Les personnes qui collaborent, mod&egrave;les, make-up artists etc&hellip; sont les artisans et moi je suis &agrave; la fois &eacute;galement un artisan et le commanditaire, et au final je peux me consid&eacute;rer comme artiste.<br />
Dans l&rsquo;art il y a en g&eacute;n&eacute;ral un message, une intention. Un-e chor&eacute;graphe qui veut raconter une histoire &agrave; son public gr&acirc;ce aux mouvements qui accompagnent la musique, un-e danseur-euse qui veut faire passer une &eacute;motion en interpr&eacute;tant un personnage ou en incarnant litt&eacute;ralement la composition musicale (dans la danse contemporaine c&#39;est particuli&egrave;rement saillant), un-e cr&eacute;ateur-ice de mode qui cherche &agrave; influencer l&rsquo;esth&eacute;tique de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; travers le travail des tissus etc&hellip; Le but n&rsquo;est pas juste de faire du beau, on cherche &agrave; provoquer plus que &ccedil;a dans la t&ecirc;te du public.

Donc &agrave; mon sens la principale diff&eacute;rence entre l&rsquo;art et l&rsquo;artisanat vient de l&rsquo;intention de raconter quelque chose, du fait que soit on travaille pour soi, soit on travaille pour l&rsquo;autre. On peut bien s&ucirc;r pr&eacute;tendre travailler pour l&rsquo;autre et raconter une histoire qui ne concerne que nous, ou au contraire se dire qu&rsquo;on fait de l&rsquo;art en pr&eacute;tendant raconter quelque chose alors qu&rsquo;en r&eacute;alit&eacute; tout l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;image vient de l&rsquo;expression du message de la personne qu&rsquo;on prends en photo (c&rsquo;est souvent cette situation que je constate sur Insta) ; et dans ce cas il y a un probl&egrave;me d&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle, les choses n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; correctement pos&eacute;es d&egrave;s le d&eacute;but&hellip;<br />
Cette grille de lecture peut tout &agrave; fait s&rsquo;appliquer au shibari.

Si on regarde les choses par ce biais-l&agrave;, il y a finalement assez peu d&rsquo;artistes. Dans certaines situations, je pense que Hajime Kinoko se raconte une histoire &agrave; lui-m&ecirc;me en attachant des arbres, des rochers, des motos, il s&rsquo;exprime et am&egrave;ne avec lui les photographes et personnes qui regardent (ou alors il est simplement en train de faire une prestation). Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;Akechi Kanna ou Naka Akira essayent parfois de raconter des histoires dont ielles tirent les ficelles &agrave; leurs partenaires, ou au public pr&eacute;sent dans la salle. C&rsquo;est un shibari que j&rsquo;aime &eacute;norm&eacute;ment, et je sais qu&rsquo;il a une place particuli&egrave;re dans le milieu kinky Japonais, certaines personnes en parlent d&rsquo;ailleurs bien mieux que moi (d&#39;o&ugrave; les &quot;peut-&ecirc;tre&rdquo;, je reste humble quand &agrave; ma connaissance du sujet).<br />
Dans d&rsquo;autres situations, les m&ecirc;mes bakushis vont suivre un sc&eacute;nario &eacute;crit pour &ecirc;tre film&eacute; devant la cam&eacute;ra avant d&rsquo;int&eacute;grer les catalogues du porno industriel. Sur le tournage, il y a peut-&ecirc;tre encore un peu de l&rsquo;artiste, mais il y a sans doute aussi beaucoup de l&rsquo;artisan-e.<br />
Et dans l&rsquo;intimit&eacute;, on ne sait pas, mais il y a sans doute beaucoup plus &agrave; dire encore&hellip; En tout cas les deux approches, artistique et artisanale, peuvent se c&ocirc;toyer, se fr&ocirc;ler, et &ccedil;a n&rsquo;en est que plus int&eacute;ressant.

Mais l&agrave; on parle des professionnel-les du kinbaku, je pense que la majorit&eacute; des personnes qui font des cordes ne veulent pas &ecirc;tre des artistes.<br />
Moi, je ne veux pas souvent &ecirc;tre un artiste. Ce que j&rsquo;aime dans les cordes c&rsquo;est que &ccedil;a m&rsquo;excite de voir une personne solidement attach&eacute;e g&eacute;mir dans ses liens, de prendre le contr&ocirc;le et de chercher comment je peux aller provoquer ces g&eacute;missements qui m&rsquo;int&eacute;ressent et me titillent.<br />
Si je veux trouver mon plaisir, je dois passer par l&rsquo;&eacute;tape qui vise &agrave; satisfaire l&rsquo;autre, je dois me centrer sur ce qu&rsquo;ielle aime, d&eacute;teste, savoir ce qui est dans et hors limite. Je suis un artisan de son plaisir qui accepte une commande au moment o&ugrave; ielle sollicite une session, versus je suis le commanditaire d&rsquo;une s&eacute;ance dont j&rsquo;entend tirer du plaisir mais qui m&rsquo;obligera pour y parvenir &agrave; travailler pour et sur la personne attach&eacute;e (on ne peut pas y couper, sinon &ccedil;a s&rsquo;appelle un viol).<br />
Cette fa&ccedil;on d&rsquo;attacher en &eacute;tant centr&eacute; sur l&rsquo;univers kinky de l&rsquo;autre, l&rsquo;eros comme d&rsquo;aucuns l&rsquo;appelleraient et dont il est souvent question dans les &eacute;mouvants r&eacute;cits des sessions de Yukimura Haruki, c&rsquo;est de loin ce que je pr&eacute;f&egrave;re. Et c&rsquo;est surtout ce qui me para&icirc;t l&rsquo;&eacute;tape pr&eacute;liminaire &agrave; explorer avant de devenir capable d&rsquo;exprimer par les cordes un truc digne d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, de s&rsquo;exprimer en tant qu&rsquo;<em>artiste</em>. Il faut beaucoup de travail et de savoir-faire pour &ecirc;tre capable d&rsquo;int&eacute;grer l&rsquo;histoire que saon partenaire <strong>se</strong> raconte dans une histoire qu&rsquo;on va se raconter <strong>&agrave; soi</strong>, ou la raconter &agrave; un public. Et c&rsquo;est encore plus dur de capturer cette histoire pour l&rsquo;&eacute;laborer et la raconter en retour &agrave; saon partenaire. Une sorte de meta-mise en abyme c&eacute;r&eacute;brale&hellip;

On peut regarder aux jeux olympiques un bin&ocirc;me qui danse sur la glace en r&eacute;alisant des figures incroyablement difficiles, dans ce cas on mettra les lunettes de cellui qui cherche du spectaculaire, du sensationnel, et applaudira la performance. Mais on peut aussi, lors d&rsquo;une rencontre d&rsquo;amateur-ices &eacute;clair&eacute;-es qui dansent le tango, observer du coin de l&rsquo;oeil un couple qui fusionne sur le parquet et vient nous arracher des larmes ; on aura ici chauss&eacute; les lunettes de l&rsquo;&eacute;motion, de la sinc&eacute;rit&eacute;, de l&rsquo;authenticit&eacute;.<br />
J&rsquo;aime la technique, et j&rsquo;aime les performances circassiennes millim&eacute;tr&eacute;es des &ldquo;shibaristes&rdquo; en Europe ou aux USA qui performent dans des bars ou des clubs libertins. Mais ce que je pr&eacute;f&egrave;re de loin c&rsquo;est l&rsquo;intimit&eacute; de deux personnes br&ucirc;lant de d&eacute;sir gr&acirc;ce &agrave; la corde qui caresse et qui emp&ecirc;che simultan&eacute;ment la caresse en retour, ce jeu de frustration et d&rsquo;excitation qui peut parfois pointer le bout de son nez &agrave; des moments inattendus. Je suis mille fois plus heureux de payer pour voir &ccedil;a que pour du shibari acrobatique.M&ecirc;me s&rsquo;il y a parfois de l&rsquo;&eacute;motion sur sc&egrave;ne, je pense que c&rsquo;est important de bien dissocier les deux approches, parce qu&rsquo;elles ont des contextes et des objectifs diff&eacute;rents.<br />
Dans ma pratique j&rsquo;ai v&eacute;cu la majorit&eacute; de ces moments de connexion avec la partenaire pour qui j&rsquo;ai des sentiments et une relation tr&egrave;s intense (ti adoro &lt;3) , mais c&rsquo;est aussi arriv&eacute; sans pr&eacute;venir avec ce gars qui a bratt&eacute; comme si sa vie en d&eacute;pendait et a fini avec huit m&egrave;tres de cordes autour du cou, ou avec cette jeune femme primale qui m&rsquo;a presque transform&eacute; en animal sauvage il y a si longtemps lors d&rsquo;une session o&ugrave; j&rsquo;ai d&eacute;couvert ce qu&rsquo;est la primalit&eacute;.<br />
En tant que spectateur, les fois o&ugrave; je vais avoir la larme &agrave; l&#39;&oelig;il sont plus fr&eacute;quentes en jam qu&rsquo;en performance, et rares (tr&egrave;s rares) sont les photos ou les vid&eacute;os qui vont vraiment susciter mon int&eacute;r&ecirc;t. Celles o&ugrave; je vais penser &ldquo;c&rsquo;est &ccedil;a le shibari que j&rsquo;aime vraiment&rdquo;.

Je suis assez perplexe face aux personnes qui se consid&egrave;rent comme artistes parce qu&rsquo;elles attachent un-e bottom en se focalisant sur l&rsquo;esth&eacute;tique (et en se contentant d&rsquo;essayer de &ldquo;rester safe&rdquo; dans les interactions avec lea bottom parce que c&rsquo;est politiquement correct aujourd&rsquo;hui) et pour qui la photo est prise juste parce que plein de gens trouvent &ccedil;a &ldquo;beau&rdquo; ou acrobatique (par anticipation le plus souvent, parce qu&rsquo;on copie les autres et qu&rsquo;on court derri&egrave;re les likes).<br />
S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de message, pas d&rsquo;intention visible, qu&rsquo;on se contente de &ldquo;waouh, la pose est trop belle&rdquo;, est-ce que &ccedil;a ne manque pas cruellement d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t ?<br />
Pas que je sois oppos&eacute; &agrave; l&rsquo;approche esth&eacute;tique par principe, mais juste&hellip; Je ne crois pas que le shibari se r&eacute;sume &agrave; &ccedil;a, et &ccedil;a me para&icirc;t tellement dommage que le pr&eacute;texte de populariser la pratique m&egrave;ne surtout &agrave; la ringardiser, parce que les photos qui racontent de chouettes histoires sont perdues au milieu d&rsquo;un oc&eacute;an de clich&eacute;s uniquement con&ccedil;us pour &ecirc;tre instagrammables et trouver sa dose de dopamine, pour activer les leviers de l&rsquo;ego et du positionnement social. Ce qui me d&eacute;range c&rsquo;est que ces personnes pr&eacute;tendent faire de l&rsquo;art, et faire du shibari, alors que dans ma vision des choses ce n&rsquo;est ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre.

En esp&eacute;rant vous avoir convaincu de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de cette vision binaire art versus artisanat, je peux revenir au sujet de base: pourquoi c&rsquo;est un probl&egrave;me plus large de pr&eacute;senter le shibari comme un art ?

D&eacute;j&agrave; je prends acte que &ccedil;a peut se comprendre. Pour le shibari on a plut&ocirc;t envie de parler d&rsquo;art car il est associ&eacute; &agrave; une certaine id&eacute;e de noblesse, un travail sur des mat&eacute;riaux pr&eacute;cieux qui r&eacute;v&egrave;lent leur potentiel en &eacute;tant transform&eacute;s par une personne qui cherche &agrave; exprimer quelque chose. Quand on pense &agrave; &ldquo;artiste&rdquo;, l&rsquo;imaginaire collectif occidental va convoquer une personne en train de peindre, de sculpter, de composer de la musique, un vieil homme qui peint ou une femme qui danse (clich&eacute;s, clich&eacute;s, clich&eacute;s)...<br />
Si on parle d&rsquo;&rdquo;artisan-e&rdquo;, on va plus facilement avoir en t&ecirc;te lea forcen&eacute;-e qui se l&egrave;ve hyper t&ocirc;t pour pr&eacute;parer le pain, pour assembler les parpaings ou pour r&eacute;parer la fuite d&rsquo;eau. L&rsquo;artisan-e a une aura bien moins sexy, m&ecirc;me si tout le monde respecte la comp&eacute;tence technique et la finesse du geste &ccedil;a n&rsquo;a pas la m&ecirc;me place que celle des artistes dans nos sph&egrave;res sociales.

Petit apart&eacute;, artiste et artisan sont aujourd&rsquo;hui associ&eacute;s &agrave; des statuts juridiques diff&eacute;rents, l&rsquo;artiste est libre et sa r&eacute;ussite est conditionn&eacute;e &agrave; un m&eacute;lange de talent et de chance pour percer et devenir c&eacute;l&egrave;bre, alors que l&rsquo;artisan sera d&rsquo;autant plus riche qu&rsquo;ielle travaillera dur, obtenant ses gains &agrave; la sueur de son front. Autant dire qu&rsquo;&agrave; moins d&rsquo;adorer bosser dur (les masos capitalistes du fond, je vous ai vus, arr&ecirc;tez de tr&eacute;pigner) c&rsquo;est le premier point de vue qui remporte la plupart des mises, on r&ecirc;ve d&rsquo;&ecirc;tre artiste parce que &ccedil;a para&icirc;t plus facile, et on sait que pour devenir artisan il faudra travailler dur (en tout cas le rapport &agrave; l&#39;effort et &agrave; la r&eacute;mun&eacute;ration esp&eacute;r&eacute;e va dans ce sens).

Le shibari est une pratique &agrave; connotation sexuelle de par son histoire et par la biologie (comme toutes les pratiques impliquant de la proximit&eacute; des corps). Or vous ne diriez sans doute pas de la fellation, du cunnilingus ou de la golden shower que c&rsquo;est un art ? Ou alors en parlant d&rsquo;&rdquo;art&rdquo; vous pensez en r&eacute;alit&eacute; &agrave; autre chose (j&rsquo;imagine tout &agrave; fait le genre de contexte dans lequel on peut parler d&rsquo;&rdquo;art de la fellation&rdquo;) de plus proche de l&rsquo;artisanat justement, et &ccedil;a ne vous viendrait pas n&eacute;cessairement &agrave; l&rsquo;esprit que ces &ldquo;arts&rdquo; occupent la m&ecirc;me place dans la soci&eacute;t&eacute; que les arts au sens strict, ceux qu&rsquo;on trouve dans les mus&eacute;es. Quand vous parlez d&rsquo;&rdquo;art du cunni&rdquo;, c&rsquo;est dans une conversation au ton paillard, et o&ugrave; vous sentez rapidement s&rsquo;il y a des personnes qui sont mal &agrave; l&rsquo;aise. Le recours &agrave; l&rsquo;humour sert souvent de carapace pour contrer le sentiment malaisant d&rsquo;une conversation qui parle de nos intimit&eacute;s (et l&agrave; on commence &agrave; toucher du doigt pourquoi c&rsquo;est tellement compliqu&eacute;).<br />
Quand vous dites &ldquo;art&rdquo; dans ce contexte vous voulez sans doute faire r&eacute;f&eacute;rence &agrave; toute la technicit&eacute; que peut n&eacute;cessiter un rendez-vous intime avec Main Droite, au fait que &ccedil;a demande un savoir-faire tout &agrave; fait comparable &agrave; celui qu&rsquo;on obtient en ma&icirc;trisant une discipline comme le font les artistes et les artisan-es. C&rsquo;est une situation o&ugrave; le terme joue le r&ocirc;le de facteur de confusion, son usage classique admet la largesse de la d&eacute;finition. Mais &ccedil;a pose probl&egrave;me quand on vient &agrave; parler d&rsquo;une pratique aussi risqu&eacute;e que le shibari, parce que les trucs &agrave; la fois charg&eacute;s sexuellement et risqu&eacute;s sur plus d&rsquo;un point n&rsquo;admettent pas une telle largesse, il en va de la s&eacute;curit&eacute; des gens qui pratiquent.

Petite exp&eacute;rience de pens&eacute;e, en particulier pour les personnes qui ont d&eacute;barqu&eacute; dans les 2-3 derni&egrave;res ann&eacute;es. J&rsquo;ignore si toi qui me lis tu avais cet arri&egrave;re-plan sexualis&eacute; d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent au d&eacute;part de ta pratique des cordes, si tu l&rsquo;as toujours aujourd&rsquo;hui - cach&eacute; ou non -, ou s&rsquo;il n&rsquo;existe simplement pas chez toi. Essaye d&rsquo;imaginer ce qu&rsquo;il se serait pass&eacute; si on t&rsquo;avait parl&eacute; du shibari non pas comme d&rsquo;un art styl&eacute; dont on fait des super photos sur Insta et des clips de musique, mais d&rsquo;un genre de pratique extr&ecirc;me vachement dangereuse et potentiellement douloureuse, du bon gros BDSM pratiqu&eacute; par une communaut&eacute; sexuellement tr&egrave;s lib&eacute;r&eacute;e ? Est-ce que tu serais all&eacute;-e en jam ou faire ton premier shooting avec le m&ecirc;me &eacute;tat d&rsquo;esprit ?<br />
Honn&ecirc;tement je ne crois pas. Je pense que la mani&egrave;re de pr&eacute;senter les choses a son importance, et qu&rsquo;elle influence &eacute;norm&eacute;ment les trajectoires des personnes qui viennent creuser leur sillon dans le monde des cordes.

Un autre probl&egrave;me avec le fait de parler d&rsquo;&rdquo;art du shibari&rdquo;, c&rsquo;est le fait que &ccedil;a pr&eacute;pare le terrain pour des abuseur-euses de tous poils.<br />
Si je parle de &ccedil;a ce n&rsquo;est pas seulement une essentialisation des mecs h&eacute;t&eacute;ros qui vont utiliser le combo shibari / shooting et donc corde et appareil photo comme des cannes &agrave; p&ecirc;ches et des nanas qui c&egrave;dent &agrave; l&rsquo;injonction de sortir socialement du lot sur les r&eacute;seaux, c&rsquo;est aussi parce que je l&rsquo;ai v&eacute;cu.<br />
J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; ce d&eacute;butant maladroit qui se la p&eacute;tait avec ses potes les plus proches en leur parlant de cet &ldquo;art ancestral japonais que peu de gens pratiquent&rdquo;. Celui qui a voulu initier des mod&egrave;les parce qu&rsquo;il avait trop peur de l&rsquo;erreur et du regard d&rsquo;une bottom exp&eacute;riment&eacute;e qui aurait vu en deux secondes les tensions approximatives et l&rsquo;absence d&rsquo;intention claire - alors que paradoxalement c&rsquo;est la bottom avec moult exp&eacute;rience qui m&rsquo;aurait le plus aid&eacute; &agrave; progresser.<br />
Avec le recul que j&rsquo;ai aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;aurais aim&eacute; qu&rsquo;on me pr&eacute;sente les choses autrement, qu&rsquo;on soit un peu plus ferme et pr&eacute;cis dans la mani&egrave;re de m&rsquo;accompagner dans mes gammes. J&rsquo;ai eu de super profs, mais la dissonance cognitive &eacute;tait trop forte et mes ins&eacute;curit&eacute;s de l&rsquo;&eacute;poque trop puissantes pour m&rsquo;emp&ecirc;cher d&rsquo;aller chercher ce shoot &eacute;ph&eacute;m&egrave;re de confiance en moi en biaisant ma perception des moments de pratique au lieu de me focaliser sur le fond.<br />
Quand j&rsquo;ai assist&eacute; pour la premi&egrave;re fois &agrave; une jam, je sortais d&rsquo;une p&eacute;riode o&ugrave; j&rsquo;avais d&eacute;cid&eacute; de revendiquer une vision compl&egrave;tement d&eacute;sexualis&eacute;e du bondage &ldquo;western&rdquo;. Je pensais sinc&egrave;rement &ecirc;tre capable d&rsquo;attacher une personne sans forc&eacute;ment qu&rsquo;il y ait de connotation sexuelle, et c&rsquo;&eacute;tait vrai dans certaines situations. Mais d&eacute;j&agrave; je n&rsquo;&eacute;tais plus honn&ecirc;te avec moi-m&ecirc;me quand il s&rsquo;agissait d&rsquo;attacher des personnes qui me plaisaient, surtout physiquement. L&agrave; j&rsquo;avais le cerveau en &eacute;bullition, et pas que le cerveau, m&ecirc;me si je faisais tout pour me convaincre du contraire.<br />
Et surtout le moteur de ma pratique, ce qui me faisait d&eacute;penser toute cette &eacute;nergie pour organiser de petits ateliers, &eacute;crire des histoires, des tutos&hellip; C&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;envie de rencontrer une partenaire avec qui je pourrais clairement passer la seconde, la fille que je pourrais baiser attach&eacute;e (ou qui m&rsquo;attacherait pour me baiser) avec son consentement, et qui en redemanderait derri&egrave;re. Clairement, la partie &eacute;tait truqu&eacute;e d&rsquo;avance. Il m&rsquo;a fallu des ann&eacute;es, et travailler sur moi et sur une compr&eacute;hension plus &eacute;clair&eacute;e de la soci&eacute;t&eacute; et du fonctionnement des tabous pour me sentir plus &agrave; l&rsquo;aise avec &ccedil;a. Aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;ai plus peur de dire que je peux facilement bander dans les cordes, que ma bite reste dans mon pantalon si c&rsquo;est convenu comme &ccedil;a, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raison que &ccedil;a soit un probl&egrave;me tant que c&rsquo;est consenti et pas cach&eacute;. J&rsquo;ai le sentiment d&rsquo;avoir r&eacute;concili&eacute; ce que je ressens avec ce que je d&eacute;fends &eacute;thiquement et politiquement. Et spoiler, &ccedil;a fait du bien&hellip; Je me rends compte aujourd&rsquo;hui &agrave; quel point j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; vuln&eacute;rable &agrave; la tentation d&rsquo;utiliser cet ascendant de &ldquo;sachant&rdquo; pour abuser de mes partenaires. C&rsquo;est pour &ccedil;a que j&rsquo;aimerais l&rsquo;&eacute;viter aux autres, en leur sugg&eacute;rant de commencer par se mettre au clair avec leurs envies.

Une autre raison qui pousse selon moi les d&eacute;butant-es &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer &ldquo;se mettre &agrave; l&rsquo;art des cordes&rdquo; plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; la &ldquo;technique artisanale du shibari&rdquo; ou &agrave; &ldquo;une pratique BDSM japonaise&rdquo; est la dimension pr&eacute;servative de l&rsquo;ego. Quand on d&eacute;bute une nouvelle pratique, on est souvent tent&eacute;-es de se rapprocher des personnes qui d&eacute;butent comme nous et moins enclin-es &agrave; &eacute;changer librement avec des personnes expertes (ou alors dans un cadre bien contr&ocirc;l&eacute;), au risque de dire un truc faux au milieu de la conversation et de passer pour une quiche. En jam on est plus timides avec les grosses pointures qu&rsquo;avec les personnes qui ont l&rsquo;air de faire les m&ecirc;mes bourdes que nous.<br />
C&rsquo;est aussi par facilit&eacute; et pour flatter notre ego qu&rsquo;on va mettre beaucoup d&rsquo;&eacute;nergie pour parler de notre nouvelle passion &agrave; des potes ou des proches qui n&rsquo;y connaissent sans doute rien, le shibari venant tout juste de sortir des sous-sols humides du BDSM et donc pas encore tr&egrave;s connu. Qu&rsquo;il est plaisant d&rsquo;expliquer le sens du terme &ldquo;semenawa&rdquo;, la diff&eacute;rence entre &quot;shibari&quot; et &quot;kinbaku&quot; et de montrer le noeud de base &agrave; des gens qui vont nous voir comme un esprit libre et progressiste, n&rsquo;est-ce pas ? Et ce qui est trop cool, c&rsquo;est qu&rsquo;on peut le faire m&ecirc;me quand on a tr&egrave;s peu d&rsquo;exp&eacute;rience ! <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Dunning-Kruger" target="_blank">Dunning-Kruger</a>, ou plut&ocirc;t sa version simplifi&eacute;e &agrave; outrance, passe par l&agrave;&hellip;

Dans ces situations utiliser le terme &ldquo;art&rdquo; est une sorte de bouclier protecteur, le m&ecirc;me qui fait que quand Tata Ginette tombe sur une photo de vous &agrave; poil sur Insta &ccedil;a peut virer au drame familial jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle voit que le post en question est celui d&rsquo;un photographe sp&eacute;cialis&eacute; en &ldquo;nu artistique&rdquo; ; et l&agrave; boum ! &Ccedil;a passe magiquement (enfin presque, &ccedil;a reste choquant, mais &ccedil;a passe clairement mieux).<br />
Gr&acirc;ce &agrave; cette entourloupe de vocabulaire, on catalogue d&rsquo;entr&eacute;e le shibari comme un truc symbole de libert&eacute;, o&ugrave; c&rsquo;est l&rsquo;esth&eacute;tique qui compte et que tout le monde peut interpr&eacute;ter &agrave; sa sauce en slalomant entre les tabous (transfert de pouvoir, dimension &eacute;rotique, sadisme/masochisme et jeux de douleurs, sexualisation des corps&hellip;). Sauf que &ccedil;a a des cons&eacute;quences, c&rsquo;est comme &ccedil;a qu&rsquo;on en vient &agrave; trouver des tutos compl&egrave;tement p&eacute;t&eacute;s r&eacute;alis&eacute;s par des gens qui ont trois mois de pratique et qui font des milliers de vues, merci les algorithmes.<br />
Utiliser les codes d&rsquo;Instagram ou de Tiktok en faisant des photos de shibari esth&eacute;tique avec des cordes color&eacute;es au soleil couchant sur une plage n&rsquo;est pas anodin, &ccedil;a v&eacute;hicule une vision du shibari dans laquelle le risque et le sexe paraissent absents. On ne voit ni l&rsquo;attache qui a pris du temps, ni les heures de travail pour acqu&eacute;rir le geste et le pattern, ni les fois o&ugrave; on est pas pass&eacute;-es loin d&rsquo;un radial qui aurait valu des semaines de soin et d&rsquo;arr&ecirc;t de travail. Les erreurs, le travail, l&rsquo;intention qui n&eacute;cessite un vrai investissement sont invisibilis&eacute;s dans une bobine &ldquo;reel&rdquo; de 12 secondes. C&rsquo;est pour cette raison que toutes les vid&eacute;os de Shibari Study commencent par un avertissement de s&eacute;curit&eacute;, ce qu&rsquo;on ne retrouve pas sur Insta.<br />
Sur ce sujet, je suis tomb&eacute; r&eacute;cemment sur un post qui l&rsquo;explicite bien mieux que moi, et dont je vous livre (avec consentement de l&#39;autrice) un extrait traduit:

<blockquote>
&ldquo;A propos de mensonge, mettons-nous d&rsquo;accord sur un fait concernant la suspension: la plupart des bottoms mentent. Rien dans tout &ccedil;a n&rsquo;est confortable. Rien dans tout &ccedil;a n&rsquo;est chill. C&rsquo;est juste qu&rsquo;on s&rsquo;y est habitu&eacute;-es. On a pass&eacute; des ann&eacute;es de nos vies &agrave; nous entra&icirc;ner &agrave; chercher comment accepter et trouver du sens dans la douleur et l&rsquo;inconfort. L&rsquo;expression que vous voyez sur nos visages n&rsquo;est pas, souvent, le bonheur du confort et de la satisfaction. C&rsquo;est de l&rsquo;acceptation, de la tol&eacute;rance, ou parfois juste le r&eacute;sultat de ce qu&rsquo;on s&rsquo;efforce de faire pour ne pas mourir&hellip;&rdquo;<br />
[...]<br />
&ldquo;Je ne suis pas du genre &agrave; bl&acirc;mer les r&eacute;seaux sociaux, je pense vraiment qu&rsquo;ils sont &agrave; leur place et j&rsquo;appr&eacute;cie de recevoir des likes, des notifications tout autant que n&rsquo;importe qui. Mais le fait que tant de contenus de cordes (une phrase qui me h&eacute;risse le poil, mais je digresse) se soient install&eacute;s sur Instagram, une plate-forme vanille et d&eacute;sexualis&eacute;e, a amen&eacute; tout un tas de gens dans les cordes qui ne sont pas int&eacute;ress&eacute;s ou conscients du BDSM. Ces personnes regardent une photo de corde et pensent sans ironie que &ccedil;a pourrait &ecirc;tre marrant et confortable. Les bottoms pensent qu&rsquo;il y a un truc qui cloche chez elleux si iel-les ressentent de la douleur ou de l&rsquo;inconfort, ou pr&eacute;f&egrave;rent ne rien dire quand elles sont bless&eacute;es.&rdquo;
</blockquote>

<a href="https://fetlife.com/hanawa">@hanawa</a><br />
Post d&rsquo;origine: <a href="https://fetlife.com/users/6733341/posts/8712245">a note on rope photo</a>

Avec ces mauvaises repr&eacute;sentations, le risque est que les mod&egrave;les se mettent du challenge, la photo finish de la suspension spectaculaire est vue comme un but et si le corps ne se plie pas de la bonne mani&egrave;re on finit d&eacute;&ccedil;u-e et on se dit qu&rsquo;on est nul-le. Alors que dans l&rsquo;image d&rsquo;origine ce qu&rsquo;on voit n&rsquo;est qu&rsquo;un tout petit bout de la r&eacute;alit&eacute;. Sans aller jusqu&rsquo;au clich&eacute; de l&rsquo;&eacute;quipe technique qui se cache derri&egrave;re le rideau pendant le shooting, toutes les personnes qui pratiquent la suspension et font des photos savent que bien souvent la pose ne tient pas aussi longtemps qu&rsquo;on pourrait l&rsquo;imaginer. Cet &eacute;cart entre ce qu&rsquo;on projette comme confort / sensations (a fortiori quand on a peu d&rsquo;exp&eacute;rience) et ce qu&rsquo;on vivra concr&egrave;tement une fois en l&rsquo;air du point de vue bottom c&rsquo;est un peu le noeud du probl&egrave;me, et c&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;il faut en parler autrement, qu&rsquo;il faut le montrer autrement.

Et puis faire une jolie photo d&rsquo;une posture spectaculaire c&rsquo;est bien, mais &ccedil;a ne me para&icirc;t pas &ecirc;tre l&rsquo;aspect le plus int&eacute;ressant du shibari. Si vous voulez faire de l&rsquo;art, pourquoi pas. Mais faites de l&rsquo;art avec l&rsquo;esth&eacute;tique de la connexion, pas avec l&rsquo;esth&eacute;tique du corps.<br />
Un t&eacute;moignage (traduit et consenti lui aussi) pour illustrer jusqu&rsquo;o&ugrave; &ccedil;a peut d&eacute;river:

<blockquote>
&ldquo;L&rsquo;une des pires exp&eacute;riences a &eacute;t&eacute; avec une personne qui m&rsquo;a fait tenir la pose, et maintenir la corde fermement derri&egrave;re mon dos pour qu&rsquo;elle ne paraisse pas l&acirc;che sur la photo, et son ego et Fetlife &eacute;taient plus importants que mon plaisir ou m&ecirc;me mon r&ocirc;le dans ce moment. Certaines personnes auraient pu aimer &ccedil;a, mais &ccedil;a n&rsquo;&eacute;tait pas mon cas, j&rsquo;aime cr&eacute;er des liens avec des gens qui me voient et appr&eacute;cient ce que j&rsquo;apporte dans mon bottoming et ce sont des personnes avec qui je passe de tr&egrave;s beaux moments, avec ou sans leurs cordes.&rdquo;
</blockquote>

<a href="https://fetlife.com/GentofChaos">@GentofChaos</a><br />
Post d&rsquo;origine: <a href="https://fetlife.com/users/8623323/posts/8589129">The problem with suspension photos on Fet</a> (lisez-le aussi, il est super int&eacute;ressant)

Je n&rsquo;ai pas de boule de cristal, mais en tant que militant &ccedil;a me para&icirc;t risqu&eacute; de laisser une grosse quantit&eacute; de ces extraits polic&eacute;s et st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;s s&rsquo;inscrire dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;j&agrave; min&eacute;e par les tabous et les incoh&eacute;rences (comme le d&eacute;bordement dont je parlais plus haut, photos censur&eacute;es fa&ccedil;on kawa&iuml; qui finissent sur Fetlife). Sans parler de toutes les pseudo-sciences ou pratiques pseudo-m&eacute;dicales ou bien-&ecirc;tre new age qui se d&eacute;clinent en produits cosm&eacute;tiques et en formations qui ruinent le portefeuille et la sant&eacute; des victimes de ce syst&egrave;me. Le shibari a aussi sa cohorte de charlatans qui pr&eacute;tendent soigner par les cordes en n&rsquo;ayant aucun bagage s&eacute;rieux derri&egrave;re (ou le plus souvent en comm et marketing), ou en faire une pratique mystique coupl&eacute;e &agrave; un tas d&rsquo;autres trucs qui peuvent causer de s&eacute;rieux ennuis aux gens qui y croient.

Comme beaucoup d&rsquo;autres personnes j&rsquo;aime m&rsquo;inspirer de photos, vid&eacute;os ou dessins pour tenter de nouvelles choses avec mes partenaires. Mais quand une &eacute;crasante majorit&eacute; des images est d&rsquo;un niveau technique tr&egrave;s bas, on risque de g&eacute;n&eacute;rer des accidents chez les personnes qui n&rsquo;ont pas encore le r&eacute;flexe d&rsquo;adapter leurs attaches.<br />
Je suis tomb&eacute; par exemple sur ces tr&egrave;s chouettes planches de <a href="https://www.facebook.com/groups/619487161872600/user/100070369605371/" target="_blank">Dame Delin</a> (sur le groupe Facebook Neurshibari) qui est une artiste dont j&rsquo;aime beaucoup le coup de crayon et l&rsquo;intention, mais dont la mani&egrave;re de repr&eacute;senter les cordes sur les poignets pose &eacute;videmment un &eacute;norme probl&egrave;me si on souhaite s&rsquo;en inspirer pour du r&eacute;el.<br />
<a href="https://drive.google.com/file/d/13v0Vp8DI3_6eTHlWpQbXinMKjLS4fWwE/view?usp=share_link" target="_blank">https://drive.google.com/file/d/13v0Vp8DI3_6eTHlWpQbXinMKjLS4fWwE/view?usp=share_link</a><br />
(Je poste ses images avec son consentement, elle a compris ma d&eacute;marche et a m&ecirc;me tr&egrave;s gentiment propos&eacute; de m&rsquo;envoyer des planches encr&eacute;es de son travail, merci &agrave; elle ! ).

Toute la bonne volont&eacute; du monde, le fait de vouloir se faire plaisir ou faire plaisir &agrave; l&rsquo;autre n&rsquo;exclut pas qu&rsquo;il y a des risques individuels et collectifs, dont il faut &agrave; mon sens avoir conscience.<br />
Je pense qu&rsquo;il faudrait militer pour d&eacute;faire les tabous, <em>assumer le c&ocirc;t&eacute; sexuel quand il existe individuellement et &eacute;galement l&rsquo;h&eacute;ritage historique de la pratique</em>. Et aussi penser &agrave; une forme de compensation: beaucoup de riggers et mod&egrave;lent pratiquent &agrave; la fois un shibari &ldquo;artistique&rdquo; et un shibari plus kinky dans l&rsquo;intimit&eacute;, ne montrer que le premier ce n&rsquo;est pas aider la soci&eacute;t&eacute; &agrave; &ecirc;tre plus &agrave; l&rsquo;aise avec ce qui nous motive au plus profond de nous, donc il faut aussi montrer un peu l&rsquo;autre volet.<br />
Et il y a urgence, vraiment, parce qu&rsquo;on a atteint un niveau de surcouche remplie de clich&eacute;s qui multiplie les situations o&ugrave; des gens viennent &agrave; trouver &eacute;tonnant que le shibari puisse avoir une composante sexuelle. Comme <a href="https://fetlife.com/groups/51/posts/24701152?page=1#comment_199036810">cette personne</a> qui se dit qu&rsquo;en tant qu&rsquo;art elle comprends le principe, ayant d&eacute;couvert les cordes via des dessins et des photos tr&egrave;s cool, mais que pour faire du sexe (sous-entendu p&eacute;n&eacute;tratif, on voit aussi le lien avec d&rsquo;autres probl&eacute;matiques) &ccedil;a ne doit vraiment pas &ecirc;tre pratique d&rsquo;avoir un-e partenaire attach&eacute;-e avec des cordes.<br />
C&rsquo;est &agrave; mon sens un vrai souci que des personnes puissent passer par ce genre de chemin pour arriver aux cordes, ce chemin o&ugrave; il sera encore plus difficile d&rsquo;installer un cadre safe.

Je pense aussi qu&rsquo;il est n&eacute;cessaire de s&rsquo;appliquer une forme d&rsquo;&eacute;thique de l&rsquo;image. A titre personnel je ne choisis pas au hasard ce que je &ldquo;pousse&rdquo; en avant par un commentaire ou un like, je peux liker des photos des potes pour les encourager, des photos de corps diff&eacute;rents, des photos d&rsquo;hommes bottoms et de femmes riggers.. J&rsquo;h&eacute;site &agrave; liker quand j&rsquo;ai un doute sur le consentement, ou que la technique me para&icirc;t bancale. J&rsquo;ai fait ma popote interne, et vous devriez penser &agrave; faire la v&ocirc;tre si ce n&rsquo;est pas encore le cas (heureusement je sais que plein de gens ne m&rsquo;ont pas attendu pour &ccedil;a, force &agrave; elleux).<br />
Peu importe comment vous choisissez de commenter ou liker, mais faites-le en tenant compte du fait que vous avez votre part de responsabilit&eacute; en donnant &agrave; manger aux algorithmes de recommandation qui vont pousser des gens, des vrais, dans une direction ou dans une autre.

Et ce que je propose, c&rsquo;est de moins penser le shibari comme un art mais plut&ocirc;t comme une sorte de sport extr&ecirc;me. Dit de cette mani&egrave;re &ccedil;a peut para&icirc;tre con mais si on pense par exemple au hooking, cette pratique qui consiste &agrave; utiliser des crochets en m&eacute;tal ins&eacute;r&eacute;s sous la peau (et sans doute des muscles ou autre, je n&rsquo;y connais rien) pour se suspendre ensuite dans les airs, est-ce que le premier mot qui vous viendrait pour en parler serait &ldquo;art&rdquo; ? Pourtant c&rsquo;est un truc tout aussi kinky et m&ecirc;me si c&rsquo;est diff&eacute;rent le niveau de risque est tout &agrave; fait comparable au shibari. L&rsquo;esth&eacute;tique est moins &ldquo;flatteuse&rdquo; que celle des cordes mais on y retrouve aussi le besoin de pr&eacute;paration, la possibilit&eacute; de pratiquer seul ou un duo (avec ou sans transfert de pouvoir), la comp&eacute;tence technique, le subspace (hookspace ?)... J&rsquo;aime aussi beaucoup cet aspect fascination un peu trash qu&rsquo;on retrouve dans les performances de fakirs, on a toustes ce c&ocirc;t&eacute; voyeur, qu&rsquo;on ose ou pas regarder on peut kiffer cette dose de spectacle. Donc pourquoi ne pas pr&eacute;senter le shibari comme une pratique hyper chouette et fascinante mais qui reste risqu&eacute;e et ne s&#39;improvise pas ? Le fameux &ldquo;ne tentez pas de reproduire, ce num&eacute;ro est r&eacute;alis&eacute; par un-e professionnel-le&rdquo; aurait toute sa place sur Tiktok.

En pensant &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de faire de la pr&eacute;vention dans les communaut&eacute;s kinky, je vous invite &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l&rsquo;utilit&eacute; de changer de point de vue et de vocabulaire en &eacute;voquant le shibari. Si apr&egrave;s &ccedil;a vous n&rsquo;&ecirc;tes pas convaincu-e que parler de shibari comme un art d&eacute;cale la mani&egrave;re dont votre interlocuteur-ice va recevoir l&rsquo;info en la transf&eacute;rant depuis la sph&egrave;re &ldquo;tabou&rdquo; (et la prudence qui va avec) vers la sph&egrave;re &ldquo;wahou (qui donne envie d&rsquo;y aller sans trop penser aux cons&eacute;quences) et que &ccedil;a pose un probl&egrave;me, alors je suis curieux de lire vos arguments.<br />
En tout cas pour ma part j&rsquo;aimerais que les personnes qui se mettent au shibari le fassent parce qu&rsquo;elles ont envie de s&rsquo;ouvrir &agrave; de nouveaux types de sexualit&eacute;s alternatives et de sensations qui flirtent avec le kink, en ayant conscience des risques, et pas pour faire les m&ecirc;mes jolies photos des profils que ces personnes followent sur insta. Une fois que des bases prudentes sont pos&eacute;es et un peu d&rsquo;exp&eacute;rience accumul&eacute;e, on peut aller dans la direction d&rsquo;assumer un shibari d&eacute;sexualis&eacute;. J&rsquo;aimerais vraiment que &ccedil;a se passe comme &ccedil;a pour plus de personnes, et je vais continuer &agrave; militer dans ce sens, &agrave; vous de voir si vous trouvez &ccedil;a pertinent.

Pour terminer, j&rsquo;invite les personnes &agrave; d&eacute;couvrir ou re-d&eacute;couvrir <a href="https://kinbakutoday.com/why-eros-matters-keeping-shibari-dirty/" target="_blank">cet article</a> de <a href="https://fetlife.com/Zetsu">@Zetsu</a> sur Kinbaku Today (traduction dispo <a href="https://drive.google.com/file/d/1G61As5-iBSgu7L6x7MpZTDpoVkxRdBXB/view?usp=sharing" target="_blank">ici</a> pour les non anglophones, m&ecirc;me si je recommande la version originale), qui explique pourquoi retirer la composante &eacute;rotique du shibari (ce qui arrive souvent lorsqu&rsquo;on le cache derri&egrave;re le mot &ldquo;art&rdquo;) revient &agrave; faire du mal au patrimoine historique de la pratique. Si les th&egrave;mes de la lib&eacute;ration sexuelle et de la libert&eacute; vous tiennent &agrave; coeur, vous gagneriez sans doute &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; ce qu&rsquo;il explique dans l&rsquo;article.
</blockquote>

Line vers l&#39;article original sur FETLIFE https://fetlife.com/users/159400/posts

&nbsp;]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=95709</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>cruauté joyeuse</dc:creator>
		</item>
		<item>
			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=95699</link>
			<description><![CDATA[Merci bcp, je recherche &agrave; me former et je viens de Bruxelles]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=95699</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Lorelei-Febs</dc:creator>
		</item>
		<item>
			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65393</link>
			<description><![CDATA[Alors, renseignement pris auprès d'une personne digne de confiance, voici ce que j'ai glané :

Sur Bruxelles il y a Nicolas Yoroï (Yoroï Dojo) http://yoroi-dojo.org/ (le site est en anglais, mais Nicolas parle le français)

il y a Al-Walthery (profil fetlife https://fetlife.com/users/256621) qui est à Bruxelles mais il donne des cours à l'académie alternative à Liège, il est très bien (pas impossible en lui demandant qu'il donne quelques cours privés chez lui)

Puis il y a aussi Ligatio (https://fetlife.com/users/38968) et BeShibari (https://fetlife.com/users/51190) qui donnent des cours à Anvers 

Surtout pas "shibari dojo Bruxelles", d'après ma source, et il semblerait que tous les autres ne soient pas à la hauteur et soient plus intéressé par l'argent que par le shibari.]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65393</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Elle.a</dc:creator>
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			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65389</link>
			<description>Je me renseigne et je vous dis ça.</description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65389</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Elle.a</dc:creator>
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			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65152</link>
			<description><![CDATA[Je tiens à ajouter une chose : ces conseils pour "débutant-e-s", bien des "confirmé-e-s" peuvent utilement s'y reporter, aussi , et cette lecture ne sera pas du temps perdu. En tout cas cet article est une belle trouvaille, merci elle.a]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65152</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>marina001</dc:creator>
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			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65147</link>
			<description><![CDATA[Merci M'dame Elle.a de ce partage d'article fort intéressant et utile :) Quand on débute une erreur ou trop d'empressement peut occulter la prudence, il est bon de nous la rappeler ;)]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65147</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Luxurésens</dc:creator>
		</item>
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			<title>Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s</title>
			<link>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65145</link>
			<description><![CDATA[Voici un message posté sur Fetlife, par Port d’Attaches (profil https://fetlife.com/users/10420926 ), posté ici avec son accord. 

Post original ici https://fetlife.com/users/10420926/posts/5870242#comment_24784948


Commencer le shibari : quelques recommandations pour les débutant·e·s

Ces dernières années, le monde du shibari connaît une immense expansion. Le nombre de pratiquant·e·s va grandissant, de façon quasi exponentielle. Et avec le nombre de pratiquant·e·s, également le nombre d'événements, de cours, d’enseignant·e·s, d’associations, d’organisateur·ice·s. Nous considérons que c’est une bonne chose : le savoir et les lieux de pratique sont devenus accessibles, les tabous s’estompent, les curieux et les passionnés ont davantage d’options pour trouver satisfaction.

Malheureusement, cette croissance rapide n’a pas laissé le temps à la communauté, trop enthousiaste, de s’équiper convenablement contre quantité de dérives. Personnalités manipulatrices, rapports de pouvoir malsains, comportements abusifs, misogynie et culture du viol, etc. Comme partout ailleurs dans notre société. À la différence près que notre pratique est par nature génératrice de fantasmes et de désirs, qu’on y intègre fatalement des jeux de pouvoir et de contrôle, et que les dérives sociétales et systémiques donnent souvent lieu à des abus de consentements, des violences physiques ou psychologiques, des agressions sexuelles, des viols. La prise de conscience progressive de ces dérives, les vagues MeToo ou BalanceTonPorc, ont libéré certaines paroles et depuis quelques années de nombreux scandales ont éclaboussé le monde des cordes, notamment à Paris. Avec virulence.

Port d’Attaches met un point d’honneur à apprendre de ces événement, à ne pas répéter les erreurs du passé, à se protéger le mieux possible de ces dérives, à identifier les comportements malsains ou malveillants pour les corriger ou les écarter, à prévenir et communiquer avec les pratiquant·e·s et la communauté.
Aujourd’hui, le message que nous voulons faire passer est le suivant : faites attention à qui vous confiez votre corps, vos émotions, votre intimité, votre esprit.

Deux choses à retenir : renseignez-vous et allez-y progressivement.
Nouveau·elle partenaire ? Nouveau lieu de pratique ? Nouvelle association ? Nouvelle·au enseignant·e ?

Renseignez-vous sur elleux. Auprès de pratiquant·e·s que vous connaissez, auprès d’une asso reconnue, dans un munch, au sein de votre communauté, sur un groupe dédié à ce genre de demandes et annonces sur Facebook ou Fetlife. Renseignez-vous sur les règles, le cadre instauré d’un lieu de pratique avant d’y aller. Renseignez-vous sur le style, l’approche, la réputation d’un·e enseignant·e ou d’une asso proposant des cours ou des workshops. Cela peut vous éviter d’assister à des pratiques que vous ne souhaiteriez pas voir, ou de vous exposer à des influences ou des discours que vous ne souhaiteriez pas entendre.
Certaines personnes travaillent seules pour proposer des évènements (cours, démo, etc.), parfois même à leur domicile. Les raisons de vouloir se tenir à l’écart de la communauté ou d’enseigner en petit comité peuvent être variées. Mais le fait est que vous pourriez vous retrouver dans un groupe très restreint, peut-être même seul·e face à l’enseignant·e, qui sur son terrain aurait une position d’autorité plus forte, avec tous les biais et les risques que cela comporte. Soyez d’autant plus vigilant·e vis-à-vis de ces propositions.
Partenaire inconnu·e ou méconnu·e ?

De belles photos ou une longue liste d’amis ne garantissent pas la probité de votre potentiel·le partenaire, loin de là. N’hésitez pas à faire votre première rencontre dans un contexte sans cordes, pour parler de vos envies, de vos interdits, faire connaissance et surtout vous faire une première impression sur la personne, sa communication, ses motivations. Le feeling, c’est important, peut-être que même sans un “red flag”, un élément dissuasif flagrant, vous vous rendrez compte que vous n’avez pas vraiment envie de confier votre corps à cette personne. Donnez rendez-vous dans un café, un munch, un parc fréquenté et tenez-vous en là pour le moment, laissez mûrir vos impressions et décidez d’un rendez-vous cordes plus tard.
Première session ?

Favorisez un lieu public, une jam, une soirée avec des ami·e·s. Ce genre de lieu ou événement n’étant pas toujours accessible, essayez d’organiser votre propre micro événement, par exemple invitez le·la à une soirée où quelques-un·e·s de vos ami·e·s seront aussi présent, chez vous ou chez elleux. Bonus spécial, pratiquer à quatre ou six dans un espace peut être une bonne source d’inspirations sans pour autant s’imposer une ambiance de groupe parfois trop encombrante. Ou bien emmenez juste une personne de confiance avec vous, pour faire des photos par exemple.
Définissez bien votre cadre de pratique. Vos envies, vos goûts, vos autorisations, vos limites, vos interdits. Mettez l’accent sur une certaine progressivité. Limitez-vous au départ à ce que vous connaissez, à une intensité moindre que ce que pourraient être vos fantasmes. Si tout se passe bien, vous aurez tout le temps de monter en intensité plus tard, de tenter de nouvelles expériences. Le shibari est une pratique relationnelle, et une relation doit prendre le temps de se construire, d’évoluer.
Mise en perspective

En écrivant ces lignes, nous nous imaginons nous adresser à des personnes curieuses et sans expériences, car ce sont ces personnes qui sont les plus vulnérables aux abus ou aux mauvaises influences.
Bien évidemment, il n’existe pas de charte de conduite absolue adaptée à tou·te·s, encore moins qui soit sans faille. Ces recommandations sont à prendre pour ce qu’elles sont : des recommandations. Tout ceci est à mettre en perspective selon votre vécu, vos expériences, vos désirs.
Dans le BDSM, on parle de “risk awareness”, la conscience du risque, et de consentement “éclairé”, informé. Informez-vous, prenez conscience.

L’équipe de Port d’Attaches réfléchit à comment créer des espaces d’échange pour aborder tous ces sujets, et en attendant, vous pouvez nous écrire, nous questionner, demander conseil, nous interpeller durant nos événements.

Pratiquez en toute conscience, posez vous les bonnes questions, faites attention à vous.]]></description>
			<guid>https://www.bdsm.fr/forum/movies-3/commencer-le-shibari-quelques-recommandations-pour-les-d-233butant-183e-183/?post=65145</guid>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 18:10:59 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Elle.a</dc:creator>
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