Bonjour à vous,et avant tout, bravo pour avoir écrit ce pavé, pour avoir eu le courage de reconnaître vos torts et de venir ici avec humilité pour demander conseils. 99% des hommes se diraient "Je l'ai fais !!! Na na na nère" et n'en n'aurait rien à foutre des conséquences, au pire n'ayant pas le choix que de subir la perte de le relation avec leur soumise. Mais vous, vous semblez avoir (certaines) valeurs malgré tout, quoique disent les autres.
On ne va pas épiloguer sur le fait que vous avez fait une ENORME bourde. C'est fait, on ne pourra de toute façon pas remonter le temps, voyons plutôt comme en tirer partie au lieu que la communauté vous enfonce ou vous lapide.
D'abord vous n'est pas le seul responsable et j'insiste. Pour moi, vous êtes tous les DEUX coupables. Vous on sait. En revanche, elle, le fait qu'elle accepte de vous pardonner est une super méga grosse bêtise de sa part. Tout être humain et tout animal éduqué fonctionne par le pur principe de récompense et de punition, c'est ainsi que fonctionne tout cerveau et même les neurones d'une intelligence artificielle. Si on veut qu'un chien s'assoit quand on dit "assis", on lui donne de le nourriture quand il s'assit et il apprend (récompense). A l'inverse, le jour où il ne s'assied pas, * pan * , on le gronde. C'est même ainsi qu'on éduque des soumis.es. Vous, vous faites une bêtise ... et elle, elle répond: "c'est pas grave, je te pardonne" ?!? En disant cela, elle ouvre la voie à la légalisation de l'acception "normale" de ses propres limites et toutes les soumises qui liront votre post auront encore moins foi envers les hommes. Là, elle aurait dû vous punir très durement : soit en arrêtant la relation soit en vous dénonçant à la police. Et si elle l'avait fait, votre cerveau se dirait "bon, euh, la prochaine fois, on RESPECTE les limites. Parce que 20 ans de prison, la vache, c'était long et que je n'ai aucune envie de revivre ça." Vous êtes paradoxalement très chanceux qu'elle n'ait rien fait et à la fois pas chanceux de n'avoir pas été puni. Du coup, inconsciemment, votre cerveau se dit probablement "bon, on a pris le risque et ya rien eu. On pourrait pas continuer avec notre fantasme Y ?". Le risque, il est là.
Ensuite, retracer son cheminement pour comprendre son erreur est un très bon état d'esprit. Je vais un peu spoiler, moi qui suis passée d'homme à femme et ait bien ressenti la différence. Les hommes, vous avez de la testostérone et donc vos envies de sexe sont généralement très fortes, récurrentes et nombreuses. C'est un des effets indéniable de la testostérone. Les femmes qui ont des oestrogènes, en général, ont des envies de sexe bien moins fréquentes que les hommes mais bien plus intenses et de manière très différente. La testostérone est à mon avis une des raisons principale (et non une excuse) de votre comportement. Et puis, je pense qu'il y a une autre raison : vous avez un âge où vous savez qu'il sera de plus en plus difficile de trouver une soumise et que déjà, avoir une soumise en tant qu'homme hétéro, c'est une IMMENSE chance (exagéré, on est sur du 0.01% ?). Donc vous vous êtes probablement dit "ça fait X années que je veux réussir ce fantasme, j'ai galéré à obtenir cette soumise mais elle ne veut pas le réaliser. Ben tant pis, je me lancecar je ne pourrais probablement jamais le faire sinon". Me tromperais-je ? Mais si votre cerveau a pris la décision de le faire, c'est qu'il a inconsciemment mûrement réfléchi au risque, croyez-moi. Il a listé tous les "contre" et les "pour" et ce dernier l'a emporté.
Je sais que vous avez ici l'habitude de trangresser, de jouer avec les limites, alors comment vous faites pour que vos partenaires acceptent vos sorties de routes ?
Non non, enfin je n'espère surtout pas que les gens aient pris l'habitude. Pour ma part, qui suis riggeuse, ça m'est arrivé: j'ai eu 2 cas; l'un où j'ai transgressé une limite sans faire exprès (j'ai oublié que la personne avait cette limite, qui plus est était médicale...) et d'une autre je voulais absolument réussir qu'une personne accepte de faire un "truc" (appellons ça ainsi, inutile d'épiloguer sur ce que c'était). Ce truc ne lui faisait pas peur, juste il ne voulait pas. D'un autre côté, mon cerveau voulait vraiment réussir à le faire pour que je filme la performance et ait une vidéo bdsm porno "qui sorte vraiment de l'ordinaire". Alors je me suis mise en quête de le "manipuler" pour qu'il accepte de lui-même. Et ça a ... à moitié marché. J'ai, sur un autre réseau social (bdsmlr) dont mon partenaire suivait mon compte, j'ai posté bien plus fréquemment (mais pas trop) des photos du "truc" avec des personnes heureuses en arrière plan ou du "truc" était incroyable en le voyant à l'image. Au bout de 1 an et demi, ça a marché. Il en venu me voir de lui-même en disant qu'il aimerait bien essayer une partie du "truc" mais que si condition 1 + condition 2 + condition X Y, Z ET j'ai vraiment respecté ces limites tout en le mettant en grande confiance. Car si je réussissais et que je respectai cette limite, alors je savais que je ne pouvais que gagner encore plus sa confiance pour essayer de m'approcher du truc final . On a fait 4 séances sur le "truc", il y avait une légère progression et donc je n'ai donc pas réussir à "vraiment" réaliser mon "truc" MAIS je m'en suis fortement approché et c'était déjà incroyable. Il aurait voulu continuer mais c'est à ce moment-là que lui a dû déménager pous suivre sa voie professionnelle et ne l'ai plus jamais revu. Pour autant, nous nous sommes arrêté en super bons termes. Tout ça pour dire que si vous voulez faire changer d'avis quelqu'un, j'ai utilisé un truc aussi vieux que le monde exploité en masse par les médias : la publicité. C'est pas des plus reluisant, j'en conviens, mais ça a réussi. En revanche, ça demande une IMMENSE patience. Quand on voit une pub pour une barre chocolaté la première fois, on se dit "dégage je ne veux même pas voir ta pub". Mais quand on regarde plusieurs pubs différentes, sur 5 ans étalées, d'un même produit, les chances qu'on finisse par le vouloir son très importante. Principe de base exploité par les publicistes et marketeurs. C'est un investissement sur le très long terme. Malheureusement, les dominateurs et "hommes apha" ont très rarement cette qualité (et c'est logique d'ailleurs).
à quel moment on peut sentir qu'un non outrepassé pourrait être quand même excitant pour la personne qui avait à priori refusé ?
J'ai été soumise des années. La réponse ? JAMAIS. Généralement à cause de la peur, de la répugnance ou de la valeur que ça nous donnerait. J'ai quitté mon second Maître à cause de cela pour info. Quand il a voulu essayé un autre "truc", j'ai fait un non avec la tête (j'avais un baillon) et j'étais paniqué quand j'ai vu qu'il avait bien vu que j'avais dit non mais qu'il continuait. J'ai paniqué. Je m'en souviendrais toujours. Je me suis dit "putain il va aller à quel point ? Il va faire quoi après ? Bordel on avait dit non quoi !!". Et j'ai pleuré (pas certaine qu'il s'en est rendu compte d'ailleurs). C'est là ou la confiance est tombée à zéro. J'ai eu de la chance car le "truc" ça n'a pas "beaucoup" impacté mon corps. Lorsque la séance était fini, je n'ai plus rien dit, je suis partie et ait mis sur liste noire son téléphone, email et contact sur les réseaux sociaux et j'ai fait un post sur FetLife expliquant pourquoi j'arrêtai avec mon Maître (et heureusement j'ai eu du soutien).
à quel moment ça devient de l'agression ?
Dépend du contexte. Légalement, c'est déjà de l'agression (sexuel ou non). D'un point de vu BDSM, ça l'est du moment où vous franchissez la limite. C'est ça que j'ai ressenti avec mon second Maître.
et comment vous faites pour vous regarder dans le miroir quand vous vous plantez malgré tout, que votre partenaire soit prêt(e) à vous pardonner ou pas ?
On se fout du mirroir. Vraiment. L'important c'est l'AVENIR, LA PROGRESSION. L'important, c'est que, quand on revient dormir au lit, on ne soit pas gêné par cette pensée qui nous hante et qu'un arrive pas à dormir avant 2 ou 3 heure du matin. C'est VOUS qui façonnez votre avenir. Soit vous prenez le taurreau par les cornes, vous comprenez vos erreurs (ce que vous avez très bien fait) et ne les répétez plus, soit vous vivez avec ça ; malheureux, toute votre vie (plus grand stress, risque alcool, drogue et parfois pire). Vous avez l'IMMENSE chance qu'elle vous redonne une seconde chance: saississez-là ! Pleureez autant que nésséaire (rien de mal à cela), essayez de vous excusez, de réfléchier à comment lui demander réparation, de regagner sa confiance, potentiellement de mettre en place des outils ou d'autres systèmes pour prévenir de cette possible rechute et de réussir à revenir sur une relation BDSM épanouie avec elle. Maintenant que vous avez "réussi" votre fantasme, ça sera déjà beaucoup plus facile de vous contrôler, non ? Par exemple, vous pourriez lui proposer ne plus dormir dans le même lit. Ou de vous mettre une cage de chasteté la nuit (aussi une bonne punition). Ou de faire poser la menace d'un dépôt de plainte. A vous de voir mais je suis certaine que vous pouvez trouver des moyens pour éviter que ça se reproduise.
Conclusion : vous êtes un HUMAIN. Et tout humain, animal ou être vivant fait des ERREURS. C'est la nature (humaine). Même les machines finissent par faire des erreurs. Se flageller des années pour une seule erreur et/ou détruire sa vie à cause de ça, ça c'est de la SURCONNERIE. Les erreurs, on en a fait et on en fera d'autres. Vous, moi, l'admin, TOUS. Arrêtez de vous lamenter sur vous-même. Reconquérissez votre soumise ou prenez-en une autre et soyez meilleur. Et si vous ne vous sentez pas capable de re-contrôler votre pulsion, arrêtez TOUT et consultez un psychiatre ou un psychologue - il n'y a rien de mal à cela.