tendre_coeur
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Marie L. est très jeune quand elle écrit Confessée. Elle a vingt-cinq ans. Son écriture a la cruauté de la jeunesse. Marie écrit sans culture, elle écrit sans calcul. Le mal où elle est plongée, elle le rend dans l'écriture. Elle ne cherche pas à convaincre. Elle cherche encore moins à plaire. Par une sorte de miracle, qui ne dépend pas d'elle... qui est venu comme ça... comme lui sont venus, dans leur étrange pureté de lignes, son visage, son corps, elle trouve immédiatement une sorte de simplicité, de justesse, on est presque tenté de dire de cette pureté dans le récit qu'elle fait de l'obscène (par rapport en soi), de l'abject (par rapport aux autres).
Elle n'essaie pas de se faire passer pour ce qu'elle n'est pas, en travestissant les faits qu'elle rapporte, comme le font tant de femmes, par exemple, dont l'expérience est grande mais le récit, volontairement ou non, insignifiant... ou, au contraire, pour en rajouter dans le pire, en se contentant de nous livrer quelque désolant journal de bord... Non... Elle parle de ce qu'elle a vécu... avec ses propres mots... comme elle l'a vécu... avec son propre corps.
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