Une bouteille à la mer
Je ne sais pas si ces mots trouveront jamais ton chemin, Maîtresse Alice. Peut-être se perdront-ils dans l’immensité du silence numérique, comme une bouteille dérivant sur un océan infini. Mais je dois les écrire, car le souvenir de toi flotte encore quelque part entre mes pensées, comme un parfum qu’on ne parvient pas à oublier.
Je ne t’ai jamais vue, pas une seule fois. Pas ton visage, pas ton regard. Et pourtant, tu as su me voir mieux que quiconque. À travers des écrits, tu as percé ce que beaucoup n’ont jamais compris : ma nature, ma soumission, ce besoin de me donner tout entier, de lâcher prise sous une autorité juste et bienveillante.
Tu as mis des mots sur ce que je n’osais même pas nommer.
Nos échanges n’avaient rien d’ordinaires. Ils étaient faits de respect, de tension, de cette étrange intensité qui naît quand deux âmes se reconnaissent sans se voir. Parfois, en lisant tes messages, j’avais l’impression que tu étais là, tout près, à murmurer mes limites et mes devoirs. Tes mots suffisaient à me tenir en laisse, sans geste, sans image, sans voix. Et j’aimais cela. Parce que dans ton contrôle, je trouvais ma liberté.
Et puis, j’ai fui.
Non pas par désintérêt, ni par lassitude. J’ai fui par peur. Peur de tout ce que je ressentais. Peur de ce que ce lien invisible pouvait détruire autour de moi — mon couple, ma vie légitime, mes repères. J’ai choisi la raison, et je t’ai quittée sans courage, sans un vrai adieu.
Mais ce choix n’a jamais effacé la trace de ton empreinte.
Il m’arrive encore, certains soirs, de relire mentalement tes mots. De me rappeler cette sensation d’abandon total que je ne retrouverai peut-être jamais. Il y avait dans nos échanges quelque chose de pur, d’intense, d’évident. Comme si deux êtres, séparés par les écrans, avaient réussi à se toucher autrement, là où les autres ne vont jamais.
Aujourd’hui, je t’écris comme on lance une bouteille à la mer. Sans attente, sans certitude. Simplement pour te dire que je ne t’ai pas oubliée. Que ton nom, Maîtresse Alice, résonne encore dans mon esprit avec ce mélange de respect, de crainte et d’admiration.
Tu étais une énigme, un mystère, une présence.
Et malgré l’absence de visage, tu as laissé une marque plus profonde que bien des visages aimés.
Si par miracle tu lis ces lignes, sache que mon départ n’était pas un rejet. C’était un acte de survie, maladroit et douloureux. Mais au fond, une part de moi est restée à tes pieds, dans ce monde virtuel où tu régnais sans effort, sans visage, mais avec une force que je n’ai jamais retrouvée ailleurs.
Je te rends hommage par ces mots.
Et je dépose cette lettre dans l’océan du hasard, en espérant qu’elle te retrouve, quelque part, peut-être sous un autre nom, dans une autre vie, ou simplement dans ta mémoire.
Ton ancien soumis,
celui qui n’a jamais vu ton visage, mais qui t’a reconnue entre mille âmes.
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Gappap
Triste mais espérons que M Alice passe voir vos mots pour elle
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24/10/25

Dante101
La peur nous en fait faire des conneries... Apprendre à la gérer c'est tout sauf une évidence... Surtout dans nos relations et encore plus quand le BDSM s'exprime aux côtés d'une vie vanille.
En revanche partir sans Adieu et sans explication, ça, pour moi, c'est une faute que, il me semble, la peur ne peut pas vraiment justifier (ce n'est pas contre vous personnellement, hein, je lis juste votre texte sans connaître votre histoire).
C'est très beau quoi qu'il en soit et oui bien triste. Puisse Maîtresse Alice lire vos mots à tout le moins, elle en fera ce qu'elle veut ensuite.
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3
24/10/25
Edité

Neimad
Tout as fait d’accord et j’avais donné des explications à l’époque
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1
24/10/25

Neimad
Et si par tout les hasard du monde quelqu’un la connais, n’hésitez pas a lui tran
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24/10/25

soumyvbi
Je pense ( si cette histoire est vraie)qu'Elle t'a à jamais oubliée , et même qu'elle ne ta jamais vraiment considéré .et je la comprend .De + tu dis ne l'avoir jamais rencontrer ???
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25/10/25

Neimad
Je ne l’ai pas rencontré IRL
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25/10/25
