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Diab
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Mur de commentaires

Lucifer-flame
Le temps… Ce mot facétieux, ce mot trompeur, ce mot que l’on croit pouvoir nommer, saisir, enfermer. Le temps qu’il définit, le temps qu’il englobe, et pourtant il demeure, immuable dans son déplacement, présent même lorsqu’il se vide, ce temps. On pense l’avoir. On pense le tenir. On pense le maîtriser. Et puis il se déforme. Il s’alourdit. Il insiste. Il nous absorbe, nous illusionne, nous précède. Il nous laisse derrière, suspendus à quelque chose qui manque, sans jamais le dire, ce temps. On dit qu’il passe. Mais parfois il ne passe pas. Il s’étire. Il s’attarde. Il s’accroche. Il s’installe dans les silences, entre deux respirations, dans les gestes devenus inutiles. Chaque seconde attend. Chaque minute répète. Le temps ne referme rien, il souligne, il creuse, il approfondit l’absence qu’il transporte, ce temps. On le définit extérieur. Le temps qu’il fait. Comme s’il n’était qu’un décor. Mais il s’insinue. Il s’imprime. Il se grave. Il marque les corps, modifie les nuits, alourdit les réveils. Il avance et impose des limites nouvelles, éloigne ce qui était proche, rend présent ce qui n’est plus là, ce temps. J’ai toujours cru que j’avais le temps. Le temps de plus tard. Le temps d’après. Le temps que l’on remet sans crainte. J’ai cru pouvoir le prendre, le devancer, vivre en avance sur lui. J’ai cru que certaines présences étaient acquises. J’ai cru que rien ne pressait. Et pourtant il m’échappe, il me fuit, et dans sa fuite silencieuse il fissure ce que je croyais immuable, ce temps. Alors que faire. Il me reste du temps. Encore du temps. Un temps vide. Un temps que j’use à écrire, à constater, à mesurer l’espace laissé entre hier et maintenant. J’avance avec retard, toujours en retard, ne prenant plus le temps de réfléchir, saisissant seulement des fragments, des miettes de ce temps pour continuer, pour recomposer ce qui s’est défait — non pas ce que le temps a détruit, mais ce que j’ai laissé se perdre en croyant, encore une fois, que j’avais le temps. Le temps ne change pas. Il revient. Il insiste. Il répète. Et ce qu’il contenait, lui, ne revient pas. #textepersos
6 personnes aiment ça.
masque_gris
Le temps est un fluide que jamais on ne saura canaliser... On ne peut que le voir passer...
J'aime 21/01/26
Asdepik
"Le temps est un enfoiré qui courra toujours plus vite que toi."
J'aime 21/01/26