J’ai passé une soirée remarquable … peut-être l’une des meilleures depuis 5 ans. Elle n’avait pourtant rien de spéciale … non mais moi je l’étais ! Je suis arrivée avec une robe serré qui dévoilait des bas et des porte-jarretelles, un soutien gorge clouté … une queue de cheval hautaine et tirée, des talons de 15 cm à plate-forme cloutées aussi et je suis arrivée enchainée.
Enchaînée à mon désir de devenir une soumise et une esclave et au bout de la laisse … un Maitre … pas n’importe quel Maitre … MON Maître … celui à qui mon corps obéit. Qui sait quand je vais bien, quand je vais mal. Un Maitre qui a scellé autour de mon cou un collier. Pas n’importe quel collier … un collier de métal qui m’apaise, m’ancre. Il est relié aux fers de mes poignets par une chaîne. Un Maître qui m’a appris ce que signifiait « se sentir appartenir à » … alors que j’ai été en couple vanille 29 ans. Un Maître à qui j’appartiens par choix. À cet instant, mon sort est scellé … quoi qu’il se passe son empreinte restera sur mon corps et mon esprit comme un tatouage invisible. C’est le prix à payer d’une telle relation, surtout quand le lien est fort et presque évident. Mais je parle pour moi … je n’engage que moi dans ses paroles car ma dévotion est immense, je ne sais pas faire autrement. Mon ex mari en a profité et l’a prise pour acquis … grave erreur ! Une dévotion se nourrit, sinon elle meurt. Mon Maître lui a eu d’autres soumises et esclaves … il est plus détaché, a plus l’habitude, s’engage moins … moi je n’arrive pas à faire ça 😅 mon sort est donc scellé … et j’accepte les conséquences pleinement. Je prendrai mes responsabilités si il faut … je les prends déjà. 😉
Quand j’entre dans ce club, je reconnais certaines personnes, elles me sourient, je réponds. Je me sens immédiatement bien. Je ne quitte pas mon Maître d’abord parce-que je suis enchaînée à lui et ensuite car c’est ce que je désire. Pour moi, c’est l’instant de vérité … est-ce que j’appartiens à ce monde ?
Humm … je me suis souvent posé la question. Quand on découvre sur le tard qu’on est une soumise … on se dit qu’on fait une crise de la quarantaine, que c’est un caprice ou l’ivresse des sensations, presque une bourgeoisie. Tout se passe pourtant à merveille, je me sens bien, je me sens moi. Je ne joue aucun rôle … je profite de l’instant. Je profite des brides de conversations, de sa main qui effleure ma cuisse, de son pouce qui s’enfonce dans ma bouche, de lui. Je reste pourtant à ma place naturellement. Ce n’est pas mon petit ami … quel affront … quelle réduction … c’est mon Maitre. Il ordonne, j’obéis … pas par peur ou faiblesse parce-que j’en ai envie.
Il m’attache sur une toile d’araignée en chaîne. Hummm le contact du métal est exquis, le fouet claque, il se fracasse sur ma peau. Il m’a préparé avant, il m’a chauffé avec d’autres instruments. Il est devenu un technicien hors pair de mon corps … sous sa domination, je peux me laisser complètement aller. J’ai une confiance immense en lui … et je m’abandonne à sa volonté. Il frappe plusieurs fois puis il vient régulièrement savoir où j’en suis … comment je me sens. Entre impact et caresses, mon esprit lâche, je suis à sa merci, livrée à lui. Mais il ne va en profiter pour faire n’importe quoi … même si parfois il me pousse de ma zone de confort, il me pousse dans mes retranchements, il sent la limite … comme un super-pouvoir que je lui aurais octroyé, offert.
Je m’offre à lui sous le regard des autres. Le lieu, l’espace et le temps disparaissent. Je pourrai mourir là pétrifiée et partir complètement satisfaite de cette vie car j’aurai vécu cette expérience qui va me nourrir longtemps. Parce-que je suis pleinement alignée avec moi-m’aime, parce-que à cet instant je ressens l’instant 0 … cet instant où vous êtes pleinement vous, alignée, sereine dans une paix intérieure incroyable connectée à votre essence et à votre joie fondamentale, un pur moment d’extase. Pas de questions, pas de doutes, pas de soucis. Juste une plénitude rare.
Mais que ce passe-t-il quand les lumières des lieux se rallume, quand la musique s’éteint, quand les chaînes ne tintent plus … quand aucun outil se fracasse sur ma peau, quand la dynamique est mise entre parenthèse car on doit bosser, quand on s’éloigne physiquement car on a chacun une vie. Quand nos vies pro se croisent sans é toucher.
Quand je remets des vêtements de moldus et que je retourne à ma vie vanille sans sa présence, sans ses mains chaudes qui me touchent, me rassurent, quand je n’entends plus sa voix et ses ordres. Quand son absence se fait sentir.
Le vide est immense .., à tel point que ça me donne le vertige …
Le silence … les minutes s’égrainent comme des heures …
le silence …
plus rien n’est intense. La vie paraît fade. Je me sens inutile … ma servitude auprès de mon Maître est bien loin physiquement.
Le silence … aucun ordre, aucun contact, aucun intérêt.
Le silence … aucune saveur et aucune excitation.
Le manque … la redescente, le blues puis les doutes.
Alors je m’accroche à ce que je peux : mon boulot que j’adore, mon appart’ à moi et ma cuisine où je fais des recettes . J’avance … vraiment ! … non je comble !
Mon soleil s’affaiblit et j’ai froid. Je ressens un vide que rien ne peut combler … le silence … le blues.
Je suis incapable de lui en parler … j’ai trop peur des conséquences !
Je reviens alors à mes rituels, mais c’est insuffisant. Je porte mon collier de substitution chez moi et là je me sens à nouveau en lien.
Je soigne le blues par ce que je dois faire pour ma vie pro. Je profite de cet éloignement pour avancer sur le pragmatique de la vie et être complètement dispo quand il sera là. Je m’organise. Mais j’ai le blues. J’aimerai vivre tout le temps près de mon Maître sans nuire à ma vie pro et vanille et je crois que c’est possible avec une bonne organisation.
J’attends avec impatience la prochaine séance … et en attendant j’essaie de survivre dans ce monde moldus vanille fait d’intolérance et de jugements. Je me soigne … je me dis que j’ai la chance de voir la différence et de gérer les 2 avec intelligence.
Je me soigne … je soigne ce blues qui n’est ni grave, ni anodin ! J’apprends à composer avec … à l’accueillir pour être toujours alignée avec ce que je ressens et je suis bienveillante envers moi-même.
Un message de lui arrive et j’ai une respiration, un sourire … je lui appartiens.
Je me soigne … j’accueille ce qui est et j’ai foi en ce qui sera.
Je crois que j’ai ma réponse … j’appartiens à ce monde fait de chaînes, de cuir, d’impact, de bondage, de domination, de soumission et de masochisme. J’accepte d’être une petite maso … cela me rend heureuse, épanouie et belle. J’accepte d’entrer dans une relation hiérarchisée qui m’apaise, m’ancre.
J’accepte que mon corps appartienne à quelqu’un, et que mon esprit soit sien.
Je lui offre ma soumission et ma dévotion.
Je ressens ce blues comme une preuve flagrante que oui … ce monde est le mien.
Épilogue :
Quand le blues de fait intense, voire mordant … je me rappelle que je suis suffisante … que mon soleil ne dépend que de moi et même si quand mon Maître n’est pas là, il brille moins intensément, il existe par lui-même. Je suis une soumise avec ou sans lui … cela fait partie de moi. Et personne ne peut m’enlever ni mon feu intérieur, ni ma joie. Je suis SAINE et même si je vis des moments intenses agréables ou pas … j’existe par moi-m’aime.
J’ai la chance d’avoir un Maître qui m’aide à construire ça pour ma propre santé mentale … j’ai la chance d’en être consciente et j’ai énormément de gratitude vis à vis de son attitude responsable. Certains … se délecteraient et accentuerait une dépendance pareil à leur propre fin … lui pas … il est très responsable dans sa domination. Il me construit solide et puissante.
Ma sécurité ne dépend que de moi et mon bonheur aussi. Alors je traverse ce blues comme on traverse un épais brouillard confiante en la femme que je suis. 😉
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