Le service du matin...
Le jour n’a pas encore percé l’obscurité lorsque j’ouvre les yeux. Mon réveil intérieur est plus fiable que n’importe quelle horloge, il sait que je dois me lever avant Elle. Toujours avant Elle.
Je reste quelques secondes immobile, conscient du privilège qui m’est accordé. Partager la couche cette nuit de ma Reine est un honneur immense, même si la distance imposée entre nos corps nourrit une frustration douce et brûlante. Je sens sa présence à quelques centimètres de moi. Sa respiration lente et régulière, impose le rythme du monde. Je n’ai pas le droit de la toucher. Alors je contemple et je ressens pleinement la présence de ma cage.
Dans la pénombre, ses traits semblent irréels. Ses courbes délicates dessinent une silhouette presque sacrée. Je laisse mon regard glisser avec respect, comme une prière silencieuse. Ce moment suspendu est un rituel en soi ; l’adoration muette avant l’action et la gratitude avant le service.
Je me lève sans bruit, des étoiles plein les yeux.
La maison m’attend. Elle doit être prête avant son éveil, comme un temple préparé pour accueillir sa divinité. J’ouvre les volets avec précaution pour laisser entrer une lumière douce sans la réveiller. Je vérifie la température de la salle de bain et ajuste légèrement le thermostat pour qu’elle soit parfaite, enveloppante sans être étouffante. Les serviettes sont disposées avec précision et le peignoir posé exactement à l’endroit où sa main le trouvera naturellement.
Dans la cuisine, chaque geste est mesuré. Son petit-déjeuner n’est pas qu’un repas, c’est une offrande. Le café doit être à la bonne intensité, ni trop corsé ni trop léger. Les fruits sont découpés avec soin et présentés harmonieusement. Rien n’est laissé au hasard. Je goûte, j’ajuste et je recommence si nécessaire. La perfection n’est pas une exigence qu’Elle formule mais une exigence que je m’impose.
Une fois la maison prête, je me prépare à mon tour.
La rigueur s’applique aussi à mon corps, peut-être encore plus ce matin où j'espère susciter en Elle le désir et l'envie. Épilation précise, peau soignée, hydratée et parfumée d’une note discrète mais choisie pour Lui plaire. Je me regarde dans le miroir non par vanité mais par devoir. Être digne de La servir implique d’être irréprochable. Chaque détail compte.
Quand tout est prêt, je retourne dans la chambre.
Elle dort encore. La lumière effleure son visage. Je ressens cette montée familière, ce mélange de vénération et de désir retenu. Elle est l’astre autour duquel gravite ma vie. La contempler suffit à faire naître une tension profonde, presque douloureuse mais délicieuse dans sa retenue.
Je m’agenouille près du lit.
Mon collier entre mes mains, je le fixe autour de mon cou avec lenteur. Ce geste marque le passage du simple réveil au service conscient. Lorsque ses paupières frémissent enfin, je suis déjà à ma place. Droit, silencieux et offert.
Son regard se pose sur moi.
Il ne faut qu’une seconde pour qu’Elle lise en moi comme dans un livre ouvert. Mon application, ma préparation… et ce désir contenu qui cherche à exister sans jamais s’imposer, enserré dans son carcan d'acier. Un léger sourire étire ses lèvres. Presque imperceptible. Mais suffisant pour électriser l’air.
Elle ne dit rien au début. Elle sait.
Chaque mot qu’Elle prononce ensuite est mesuré. Chaque demande est simple, presque banale ; ajuster un coussin, apporter son café, fermer un bouton oublié, ... Pourtant, sous cette normalité apparente, je sens le jeu subtil qu’Elle instaure. Son regard s’attarde un peu plus longtemps. Sa voix se fait plus douce, puis plus ferme. Elle frôle parfois ma main en prenant une tasse, effleurement accidentel… ou parfaitement calculé.
Elle entretient la braise sans jamais souffler dessus.
Le temps s’étire. Je reste attentif, concentré, droit dans mon rôle. La tension grandit en silence, nourrie par la proximité et l’interdit. Elle circule entre nous comme un courant invisible. Mais Elle ne m’accorde rien de plus qu’un regard, qu’un sourire énigmatique ou qu’un ordre prononcé avec lenteur.
Et c’est précisément cela qui me comble.
Quand l’heure de partir travailler approche, Elle ajuste elle-même mon collier d’un geste calme. Ses doigts s’attardent une seconde de trop. Juste assez pour rappeler qui décide. Juste assez pour laisser la tension intacte.
Je quitte la maison avec cette énergie vibrante sous la peau, porté par la fierté d’avoir servi et par le désir laissé en suspens.
Le service du matin est achevé.
Le reste de la journée ne sera qu’attente et espérance.
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1200 x 1200
Taille:
108.79 Kb
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Angèle62
Merci Nicojedi pour ce joli partage.
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2
11/02/26

Nicojedi
Avec plaisir Angèle62
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1
11/02/26

Misti13000
Très beau récit merci beaucoup
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1
11/02/26
tarnecta
tarnec
jolie impression intérieure
un récit tricoté d’amour , de respect et d’envies
une frustration exaltante où le désir est ´ humilité ‘ et espérance….
très belle confession
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2
11/02/26

Maîtresse Elie
Un soumis pareil, c’est divin 

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3
11/02/26
