Mur de commentaires

Yasmina
Léna se regarda dans le miroir de la salle de bain. Elle appliqua son mascara. Deux couches. Ses mains tremblaient un peu et elle dut s'y reprendre à deux fois pour que tout soit nickel.
Elle portait une robe noire toute simple. Facile à retirer. En dessous, lingerie neuve, dentelle noire, achetée la veille. C'était absurde quand on y pensait : choisir de la lingerie sexy pour un autre homme que son mari.
Dans la chambre à côté, elle entendait Julien faire les cent pas. Le parquet craquait sous ses pieds. Aller, retour, aller, retour. Il était aussi nerveux qu'elle.
Elle ouvrit la porte.
Julien se retourna immédiatement. La regarda de haut en bas.
-- Tu es magnifique.
-- Merci.
Silence.
-- Tu es sûr?
Julien s'approcha. Prit ses mains dans les siennes. Ses paumes étaient moites.
-- Oui. Je suis sûr. Toi?
-- J'ai peur. De ce que ça va changer entre nous.
-- Peut-être que ça va changer. Mais peut-être en mieux.
-- Ou en pire.
-- Ou en pire. Oui, c'est possible.
Ils avaient trouvé Aymeric sur un site spécialisé. Son message était court, poli, respectueux. Trente-six ans, divorcé, expérimenté avec les couples. Patient. Il avait proposé de se retrouver dans un hôtel. Neutre. Discret.
Et maintenant, c'était ce soir.
-- Non, dit Léna. On y va.
* * *
L'Hôtel Particulier Montmartre. Discret. Chic. Julien avait réservé une suite.
La chambre était belle. Grand lit king size avec des draps blancs immaculés. Fauteuil près de la fenêtre donnant sur les toits de Montmartre.
Léna s'approcha du lit. Passa sa main sur les draps.
C'est ici. C'est sur ce lit que ça va se passer.
Julien sortit une bouteille du minibar. Chablis Premier Cru. Il remplit deux verres. Ses mains tremblaient légèrement.
Léna but. Trop vite.
Le téléphone vibra.
Message d'Aymeric : Je suis en bas. Je monte?
Elle montra l'écran à Julien.
-- Il est en avance.
Leurs regards se croisèrent. Dernière chance de dire non. De fuir.
Léna tapa la réponse : Oui. Suite 512.
On frappa à la porte. Trois coups. Nets. Précis.
Julien ouvrit.
Aymeric était exactement comme sur les photos. Grand. Facilement 1m85. Carrure athlétique. Costume sombre bien coupé. Regard gris-bleu, assuré mais pas arrogant.
Il entra. Se servit un verre de vin. Le but lentement.
Puis il se tourna vers eux.
-- Avant qu'on aille plus loin, je veux être sûr. Vous êtes tous les deux d'accord? Vraiment d'accord?
Léna regarda Julien. Julien regarda Léna.
-- Oui, dirent-ils en même temps.
-- Vous pouvez dire stop à tout moment. Préservatif obligatoire. C'est clair?
-- Clair.
Aymeric finit son verre. Le reposa avec un petit clic.
Puis il s'approcha de Léna. Lentement.
-- Je peux?
Elle regarda Julien une dernière fois. Il hocha la tête.
-- Oui.
* * *
Ses lèvres se posèrent sur les siennes. Douces au début, puis plus fermes. Sa langue vint chercher la sienne.
C'était différent. Pas comme Julien. Plus assuré, plus direct.
Un frisson descendit le long de sa nuque.
La main d'Aymeric glissa dans ses cheveux et tira doucement. Sa tête bascula en arrière, exposant sa gorge. Elle gémit malgré elle.
Elle chercha Julien du regard. Il était dans le fauteuil, immobile, respirant fort, la bouche entrouverte.
Aymeric embrassa son cou. Ses lèvres étaient chaudes, sa langue traça la ligne de sa jugulaire. Ses genoux faillirent céder.
-- Je te tiens.
Un murmure contre sa peau.
Sa main remonta et son pouce frôla son sein par-dessus la robe. Léna cambra son dos.
Elle chercha Julien du regard. Il était penché en avant maintenant, les mains agrippées aux accoudoirs. Ses yeux brillants, rivés sur eux.
Aymeric revint à sa bouche. Cette fois le baiser fut brutal, possessif. Sa main se posa sur son sein et pressa son téton à travers le tissu.
Léna cria dans sa bouche.
Julien inspira brusquement.
-- Tu es prête pour la suite?
-- Oui.
-- Et toi? demanda Aymeric à Julien.
Julien déglutit.
-- Oui.
Aymeric hocha la tête. Sa main se posa sur le premier bouton de sa robe.
-- Alors on continue.
* * *
Les doigts d'Aymeric défaisaient les boutons un par un, avec une lenteur calculée.
La robe s'ouvrit. Il glissa ses mains à l'intérieur, directement sur sa peau nue. Elle frissonna.
Il fit glisser la robe le long de ses épaules. Le tissu tomba au sol et elle se retrouva en lingerie noire.
Les yeux d'Aymeric balayèrent son corps.
-- Tu es magnifique.
Il s'agenouilla devant elle. Embrassa son ventre. Ses mains défaisaient l'agrafe du soutien-gorge.
Le soutien-gorge tomba.
Ses lèvres trouvèrent son sein gauche. Sa langue tourna autour du téton, ses dents mordillèrent légèrement.
Léna gémit, plus fort cette fois.
Dans le fauteuil, Julien inspira brusquement.
Aymeric descendit, embrassa ses hanches. Ses doigts glissèrent sous l'élastique de sa culotte.
-- Je peux?
-- Oui.
La culotte glissa. Elle était nue maintenant.
-- Tu trembles.
-- Je sais.
-- On peut s'arrêter.
-- Non, continue.
Elle déboutonna sa chemise. Ses doigts tremblaient. La chemise tomba, révélant un torse musclé. Elle défit sa ceinture, son pantalon. Il se retrouva en boxer noir.
Son érection était visible à travers le tissu.
Elle tremblait. Vraiment tremblait. Ses mains, ses jambes, tout son corps.
Aymeric la souleva dans ses bras et la porta jusqu'au lit. L'allongea sur les draps blancs.
-- Je vais prendre soin de toi, d'accord?
Elle hocha la tête.
* * *
Ses mains explorèrent son corps. Lentement, méthodiquement. Elles trouvèrent les zones qui la faisaient frissonner -- derrière l'oreille, la base du cou, l'intérieur des poignets.
Ses lèvres suivirent. Un baiser sur sa joue, un souffle chaud le long de sa mâchoire. Sa langue traça une ligne de son oreille jusqu'à son cou.
Léna cambra son dos, ses mains agrippant le drap.
Il embrassa la vallée entre ses seins, puis chacun d'eux. Sa langue tourna autour de ses tétons durcis, ses dents mordillèrent.
Elle gémit. Un son différent de d'habitude. Plus animal, moins contrôlé.
Sa main descendit le long de son ventre, continua plus bas. Ses doigts effleurèrent l'intérieur de ses cuisses et Léna écarta les jambes.
Un doigt glissa le long de son sexe. Elle était trempée. Beaucoup plus que d'habitude.
Son doigt trouva son clitoris et commença de petits cercles précis. La sensation était différente -- plus directe, plus assurée.
Elle tourna la tête vers Julien. Il était penché en avant, des gouttes de sueur sur son front. Sa respiration haletante.
Aymeric glissa un doigt en elle. Puis deux.
Ses doigts étaient plus longs que ceux de Julien, plus épais. Ils trouvèrent un angle que Julien n'avait jamais vraiment trouvé.
-- Oh putain...
Il continua ses mouvements, alternant vas-et-viens profonds et caresses de son clitoris.
Puis il retira ses doigts. Elle gémit de frustration.
Il retira son boxer. Son sexe apparut, complètement dur. Grand, épais.
C'était plus gros que Julien. Visiblement plus gros.
Elle tourna la tête vers son mari. Son visage était un mélange d'émotions contradictoires -- excitation, peur, quelque chose d'autre.
Un moment suspendu. Le point de non-retour.
* * *
Aymeric se positionna entre ses jambes. Julien ouvrit le tiroir de la table de nuit et sortit un préservatif. Le tendit à Aymeric qui le déroula sur son sexe.
-- Tu es prête?
-- Oui.
Il entra d'un coup, brutal.
Léna cria. Fort.
La différence était énorme. Elle le sentait partout, remplissant chaque espace.
Julien inspira brusquement. Une larme coula sur sa joue. Mais ses yeux restaient fixes, rivés sur eux.
Aymeric commença à bouger. Coups profonds, réguliers. Puis il accéléra.
Julien respirait en rythme avec les coups d'Aymeric. Malgré lui, inconsciemment.
-- Tu vas mieux avec lui, non?
Sa voix était cassée.
Léna tourna la tête. Leurs yeux se croisèrent.
-- Oui.
Le mot sortit. Vérité brutale.
Julien gémit, un son étranglé mêlant douleur et excitation.
Aymeric accéléra encore, beaucoup plus dur. Ses mains tenaient fermement ses hanches.
-- Regarde-le. Regarde ton mari pendant que je te baise.
Léna obéit. Fixa Julien pendant qu'Aymeric la pilonnait.
Le premier orgasme explosa.
-- Oh putain... Aymeric!
Elle cria son nom. Pas celui de Julien.
Julien mordit sa main pour ne pas crier. Son autre main se crispa sur sa cuisse, mais il ne détourna pas le regard.
Aymeric ne ralentit pas. Il continua au même rythme brutal.
Le deuxième orgasme arriva presque immédiatement. Plus violent. Son corps se cambra complètement, hors de contrôle.
Des sons sortaient d'elle qu'elle ne se connaissait pas. Graves, animaux, sans retenue.
Julien s'était rapproché. Agenouillé à côté du lit. Sa main trembla puis se posa doucement sur le ventre de Léna, juste au-dessus du pubis. Là où Aymeric entrait et sortait.
-- Tu peux lui donner ce que je ne peux pas.
Un murmure rauque.
Aymeric accéléra encore, presque violent. Ses hanches claquaient contre les siennes.
* * *
-- Je vais finir bientôt.
Un troisième orgasme montait en elle.
-- À l'intérieur?
Léna tourna son regard vers Julien. Sa main était toujours sur son ventre.
-- En elle.
C'était Julien qui avait répondu. Sa voix rauque, méconnaissable.
-- Vas-y, murmura Léna.
Aymeric accéléra pour les derniers coups. Puissants, profonds, désespérés.
Le troisième orgasme explosa. Vague après vague de plaisir pur, plus intense que tout ce qu'elle avait jamais ressenti.
Elle sentit Aymeric se raidir, puis un pouls à l'intérieur. Il gémit dans son cou.
Julien observait tout, main sur le ventre de sa femme. Une larme coula.
Progressivement, le calme revint.
Puis il se retira doucement.
Silence.
Puis :
-- Merde.
Léna ouvrit les yeux.
-- Quoi?
Aymeric regardait sa main. Le préservatif pendait, déchiré net sur le côté.
-- Il a craqué.
Léna se concentra sur la sensation entre ses jambes. Une chaleur directe, différente. Plus liquide.
Elle baissa les yeux. Du liquide blanc coulait d'elle, se répandant sur les draps.
Pas dans le préservatif. En elle. Directement en elle.
Julien était figé. Il fixait l'endroit entre ses cuisses. Le sperme d'Aymeric qui coulait d'elle. Visible, blanc, épais.
Ses yeux se levèrent vers elle. Brillants, mouillés.
-- C'est vraiment arrivé.
-- Oui.
-- Tu as... son sperme en toi là, maintenant.
-- Oui.
Sa main pressa légèrement son ventre. Là où le sperme était maintenant.
-- Je devrais être furieux.
-- Tu ne l'es pas?
-- Non, je... je ne comprends pas pourquoi mais... non.
Aymeric intervint :
-- J'ai mes tests, ils datent de trois semaines. Je suis clean, aucun risque.
Julien ne le regarda pas. Ses yeux restaient sur Léna.
-- Ça change tout.
-- Quoi?
-- Ce n'était plus un jeu. C'était complètement réel.
Il se pencha et embrassa son ventre. Exactement là où le sperme d'un autre homme était maintenant.
-- Je t'aime.
-- Même maintenant?
-- Surtout maintenant.
* * *
Aymeric se rhabillait. Lentement. Méthodiquement.
Léna était toujours sur le lit. Ses cheveux en désordre, son corps tremblant encore.
Julien fixait le sol, immobile.
-- Merci, dit Aymeric.
-- Merci à toi, répondit Léna, la voix rauque.
Il s'approcha de Julien.
-- Tu vas bien?
Julien hocha la tête sans lever les yeux.
-- Prends soin d'elle, dit Aymeric.
-- Toujours.
Il se dirigea vers la porte.
-- Si vous voulez recommencer un jour, vous avez mon numéro.
Puis il sortit.
Silence. Épais. Ils étaient seuls.
Un sanglot monta dans la gorge de Léna. Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait. Ce n'était pas de la tristesse. Ni de la joie. Peut-être tout ça à la fois. Trop d'émotions.
Les larmes coulèrent.
Julien se leva. Marcha jusqu'au lit. S'assit.
-- Hé...
Elle se tourna vers lui. Visage mouillé. Yeux rouges.
-- Je ne sais pas pourquoi je pleure.
-- Ce n'est pas grave. Pleure.
Il la prit dans ses bras. La serra contre lui.
Ses propres larmes coulaient aussi. Silencieuses.
Progressivement, les sanglots s'espacèrent.
Elle leva les yeux vers lui.
-- Je t'aime.
-- Moi aussi.
Elle l'embrassa. Doucement d'abord. Puis plus profondément. Plus désespérément.
Elle sentit Julien dur contre elle.
-- Tu veux...?
-- Oui. J'ai besoin de toi. Maintenant.
Ils firent l'amour. Lentement. Tendrement. Sans la brutalité d'avant. Juste de la douceur.
Julien jouit rapidement. Quelques minutes à peine.
-- Pardon...
-- Ne t'excuse jamais.
Elle le serra contre elle.
Ils restèrent enlacés. En silence.
Nous sommes toujours nous, pensa Léna. Malgré tout.
* * *
Ils étaient allongés côte à côte. Épuisés.
-- Dis-moi la vérité, demanda Julien. Comment c'était. Avec lui.
Léna hésita. Puis choisit l'honnêteté.
-- Différent. Plus physique. Plus intense. Moins émotionnel.
Silence.
-- Tu as joui plus fort qu'avec moi.
-- Oui.
Julien resta silencieux longtemps.
-- Ça devrait me détruire. Mais bizarrement... j'ai aimé te voir comme ça. Libre. Sans retenue. Juste toi. Ton plaisir.
-- Tu n'as pas eu mal?
-- Si. Terriblement. Mais c'était une belle douleur. Si ça a un sens.
Léna sourit tristement.
-- Ça n'a aucun sens logique. Et pourtant je comprends.
-- Tu veux qu'on le refasse?
-- Je ne sais pas. Peut-être. Un jour.
-- Moi non plus. On verra.
Ils rirent. Nerveusement.
-- On est complètement fous, dit Léna.
-- Complètement.
-- Mais je t'aime quand même.
-- Moi aussi. Encore plus maintenant.
Ils s'embrassèrent.
Puis s'endormirent.
Enlacés. Ensemble.
Malgré tout. Ou peut-être grâce à tout.
15 personnes aiment ça.

Cœur de fer
Très joli récit, merci
J'aime
1
19/12/25

thimie
J’adore
J'aime
1
20/12/25
Edité

maitreleon
Une situation que j'ai bien connu et aimé !
J'aime
1
19/12/25

Angagé
J'ai vécu la même chose c'est pour cela aussi que mes tests sont toujours à jour
J'aime
1
21/12/25




