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-- Hier je me suis tu --
J’ai lu hier un sujet de débat qui m’interpella
J’eus envie de partager mon avis, évoquer mon cas
Et là, las des dégâts dont j’entends encore le fracas
J’effaçai mon avis écrit qui me sembla plat de surcroît.
A qui appartiennent mes mots exprimés ? A ces acronymes,
Ces barbarismes : GAFAM, RGPD, tous devenus des synonymes
De défense ou d’entravement, de la liberté de parler.
Évoquer mon passé récent, si c’est pour être encore diffamé...
Me donna pas la nausée, mais me fit gerber de tant d'humanité,
Encensée, puis dévorée et pétrifiée en statue sous l’ire déchaînée
D’une Nymphe devenue Gorgone, sans jamais oser s'expliquer
Seulement d'un venin d’une sacrée acidité qui ne m’a pas effleuré.
Pour toucher une personne, il faut la connaître, pour faire mouche !
Sinon, tous les propos aussi infectes qui sortiront de sa bouche
Ne sonneront que faux en résonance avec leur consistance,
Fausse elle aussi... Et pour quoi ? Quelle importance ?
Dans le silence, mes mots, phrases, paragraphes se sont effacés.
Sans regrets, préférant rester loin des versatilités enragées oubliées
Sans aucune amertume mais un simple constat de bienveillance
N’y ayant point vu malveillance malgré outrances des inconvenances
Ne pas vivre dans le passé, il est écrit et figé, juste bon pour en tirer
Quelques leçons pour les appliquer dans le présent pour le vivre avec intensité
Libéré du futur jamais écrit, qui sera ce que nos actes en feront
Alors, j’ai préféré effacer totalement hier à son débat ma contribution.
L’art de suggérer des débats qui élèvent l’âme et ouvrent l’esprit
N’est pas permis à tous, avec ou sans IA, ni duperies ou connerie,
Sans rire d’autrui, mais savoir soulever un thème qui vous parlera,
Qui saura faire réagir avec éclats, brailler dans un vivant brouhaha.
Si dans cet univers, je décide de disparaître, tout disparaît avec moi ?
Là était une question pleine de sens selon moi, car certaines fois
J’ai aimé lire les textes, aurais aimé pouvoir les relire encore une fois
La loi ne reste pas sans voix devant ça, dans pareille cas, y a pas plusieurs choix.
En tout cas encore un peu par ci et par là, sur quelques contrées
Certes desséchées par la diversité piétinée et dans une surdité décuplée
Toutes ces insanités dans l’intolérance généralisée au nom de la liberté
Avec cet écho : ma liberté prévaut sur la tienne car je veux être respecté...
Liberté, un mot qui a tellement été déformé, sali et souillé, pour trop souvent
Chercher à se l’accaparer, me donne des envies de cris stridents vociférant
Hier j’ai effacé après avoir pris plaisir à écrire et structurer ma pensée.
Pas me censurer. Jamais capituler ! Mais fatigué, épuisé des éternels procès.
Un être, ou plutôt un esprit et ses mots, ses pensées qui ont pu éclairer
Charmer, faire douter, parfois rêver ou même fantasmer à les relire excité
Compréhension et même sensation de parfois cette réelle frustration
D’un départ qui plonge dans le noir frisson de cette triste l’amputation.
C’est ainsi, une liberté nommée propriété intellectuelle, c’est officiel.
Liberté et propriété m’interpellent dans une telle association factuelle
Mais le grand soir est mort depuis longtemps sous les démagogies et utopies
Des tueries aux noms des grandes idéologies qui reviennent pourtant à grands cris.
Mon admiration pour celle qui ose, amazone des débats houleux mais savoureux
Jusqu’aux cris, invectives et trolls bouseux, mais n’est-ce pas merveilleux ?
Pouvoir s’exprimer ? Exprimer sa pensée, sans risquer encore d’être déporté ou fusillé
De pouvoir décider de soi-même de sa propre destinée et choisir de s’effacer ?
Hier je me suis tu. Je n’ai pas souffert. Sans cri aigu, tout fut disparu, aux ordures !
Était-ce une perte, une censure, une préservation, une lassitude ? Que de conjectures !
La vie n’est que passagère et ce sont les mots qui résonnent dans l’éternité
Mais le choix de s’éloigner, de ne rien laisser de soi, est ma liberté dont je veux disposer.
On perd les mots, on finit par oublier, ces phrases qui nous ont touchés, retournés
Mais cette mortalité des mots déposés, leur donne cette fragilité qui les fait vibrer
Les fait résonner alors dans l’âme qui sait les apprécier et les savourer avec intensité
Sachant que rien n’est figé, rien n’est éternel et qu’il faut juste en profiter, savoir apprécier.
Et certains, les garder gravés, ne jamais les oublier, jusqu'à même se les tatouer...
Sanaephis
#texteperso
#poesiesansia
Directement évidemment inspiré par le sujet déposé par @Sylvie35 :
https://www.bdsm.fr/forum/thread/11272/Disparition-des-discussions-du-forum/
Disparition des discussions du forum
Disparition des discussions du forum - Vie du site BDSM - Bonjour,En l
6 personnes aiment ça.

sylvie35
Je comprends maintenant pourquoi j'ai eu une notification qui ne pointait sur rien... J'ai cru que j'avais fait une bêtise et peut être même effacé votre contribution par erreur.
Merci beaucoup pour ce joli texte.
Sachez en tout cas que même si vous avez préféré faire disparaître votre contribution hier, ce texte-ci offre une bien belle respiration philosophique, et personnellement me touche.
Ce que vous décrivez résume très bien toute la difficulté de la démarche : dès que l'on prend la plume pour exprimer une pensée sincère, on s'expose. C'est un exercice d'équilibriste permanent. S'ouvrir authentiquement dans un débat, c'est accepter de se mettre dans une position de vulnérabilité face à la possible brutalité (volontaire ou involontaire) des réactions.
Mais c'est aussi toute la beauté de l'aventure : malgré la lassitude causée par les trolls et les personnalités difficiles, il suffit souvent d'un commentaire sympathique pour se dire que ça en valait la peine.
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3
22/10/26

Carl
Ça m’évoque ce que vie ma mère mais je risque de faire du hors piste mais les mots font les souvenirs quand on oublie les mots on s’exprime avec les mains et elle montre encore la direction j’avais écris une chanson mais je sais pas si je dois la partager ici certains mots résonne d’autre s’efface
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1
22/10/26
Edité
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