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Diab
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Sanaephis
-- Les Shamans, les Sages et les Haruspices -- De temps en temps, dans mes tourments nocturnes, j'entrevois mon enfance. Sans vacarme, cris, révolte, juste dans un total silence. La hache du boureau le coupe en tombant sur le billot, Fait valser dans un saut l'âme du gamin, dans un seau et fin sans mots... Les grands shamans omniscients de l'esprit dont ils ont tout appris, Que je vois pour un chantier jamais fini, pour me ramener à la vie, En grands gourous de la reconstruction des ciboulots démolis, Reviennent évidemment à l'enfance, cette originelle 'insouciance bénie". Quand elle n'est que champs de bataille et champs de ruines, Les origines sont là et tambourinent illustrant leur doctrine ! Je me vois attribué de titres pathologiques glorieusement décernés comme des grades mérités, Évidemment, toujours accompagnés de ces étiquettes affublées comme des médailles dorées. Sigmund, puis sa fille Anna ; Mélanie Klein ou Françoise Dolto Le tableau est fait, les haruspices ont bien lu dans mes boyaux chauds, Lisant l'avenir, mon devenir, sans doutes, sûrs d'eux sans frémir, À avoir tellement disséquer au couteau mon cerveau... Le sang chaud me coule dans les yeux, totalement trépané, Les méninges écartelées ouvertes comme par magie. Qu'importe si on perd l'âme en route, elle est déjà damnée, Ils ont lu mon encéphale, compris mes lobes et cortex pourris. Retour vers mon futur, sans rock ni skateboard qui vole... Je vole juste dans la salle durant ces séances folles. C'est ma Grande Évasion devant la dérision de la déraison Les Prêtes de l'esprit imposent leur calque vertueux pour ma guérison... Automate cassé, présent physiquement, l'esprit absent Je les entends, mais je m'en fous vraiment complètement Je ris intérieurement : on n'offense pas ouvertement par opposition Les shamans experts en lobotomie et trépanation en pleine commission ! Ton enfance était pourrie ? C'est foutu, t'es fini ! Pourtant mon cher Sartre a pondu quelques écrits Sur l'existentialisme humaniste, j'y trouve là ma liberté, Mes choix ! Rien n'est prédestiné ! Seuls mes actes forgent mon identité. Quel danger d'oser braver les visions sacrées des haruspices : Mauvaise esquisse d'auspices, on finit vite à l'hospice. Alors, on acquiesce, baissant l'encolure sagement Évitant ainsi la boucherie chevaline se rapprochant dangereusement. Tous ces grands Sages, bien souvent pontifiants m'exaspérant Ont évidemment ma dévotion pour ce privilège conséquent, Toute ma gratitude de suppliant totalement déficient mentalement. Conscient, inconscient, subconscient, un cas pour eux effrontément désespérant. Un cobaye excitant. Les fers furent chauffés, à grands coups de cachets Pour libérer mon âme torturée par ce passé refoulé, oublié Mais bien ancré qui ferait qu'on me lit comme un botin bien organisé... Autodestructeur : lié à l'enfance, solitaire : lié à l'enfance ! Cette Vérité décrétée ! Rébellion d'un esprit jamais soumis depuis tout petit C'est ça qui m'a sauvé la vie, et les choix pris, Mes actes librement pris ont forgé qui je suis, Se cacher derrière la fatalité d'un passé gravé m'arrache des cris ! Mon enfance fut pourrie, mais loin d'un enfer maudit J'ai grandi seul, me suis construit seul, forgé seul mon esprit Des décennies plus tard, telle une prophétie on vous dit : " - Votre enfance vous a modelé en grande partie pour le reste de votre vie..." Évitons vive opposition, ne pas subir l'inquisition et ses décisions ! Devoir goûter encore aux cachets, fenêtres aux barreaux serrés... Sachons être un bon mouton, en exaltation d'admiration Pour leurs temps accordé, les décisions imposées, pour me sauver... Mon existence trouve sa consistance via mes actes dans ce monde. C'est loin d'être une pensée immonde, mais une liberté profonde ! Pourquoi ces combats acharnés métaphysiques dans mon esprit ? Ont-ils raison quand on me définit sans me connaître comme "détruit" ? Le placard montant jusqu'aux nuages ténébreux Et ses tiroirs, et ses boîtes, et ses étiquettes et ses tampons... Résumant d'un mot prodigieux, d'un classement insidieux si impérieux : L'être que l'on est ? Brisons le placard ! Cassons le ! Cramons tout ! Brûlons ! La nuit s'évanouit lentement sous les rayons filtrant à travers les persiennes Discrètement, l'aube se présentant presque timidement sur scène Déjà j'entends le chant enjoué de quelques oiseaux matinaux J'ai pas dormi, ai encore cogité sur des pensées torturées. Dans cette campagne paisible, j'entends la nuits les cris, Les explosions, les tirs, ces bruits : ces tsunami dans mon esprit Ai-je au moins un vainqueur ? Freud ? Sartre ? Klein ? J'en sais rien. Seule certitude, l'esprit est trop riche pour n'en garder qu'un. J'en sais rien. Foutrement rien. Alors pourquoi une nuit à y penser ? Argumenter, disserter avec les arcanes de mes pensées ! J'suis cinglé... Développer des idées, chercher à les confronter, avancer, étayer... Vaine quête nocturne solitaire d'une vérité qui revient chaque nuit me hanter. - Souvenirs au grand air de vacances caniculaires - Sanaephis #texteperso #poesiesansia