17/11/2017 12:30:00 - 13:30
T204 (salle des thèses) Université Villetaneuse, France
Thèse de psychologie sociale, présentée par Nathalie LUGAND
JURY
Madame Pascale MOLINIER, professeure de psychologie sociale, Université Paris 13 SPC, directrice.
Madame Milena CHIMIENTI, professeure de sociologie, Haute école de travail social, Genève, rapporteuse.
Madame Gail PHETERSON, mai?tre de conférences HDR en sociologie, Université Picardie Jules Vernes, chercheuse a? l'Université Paris 8 Vincennes, rapporteuse.
Monsieur Olivier OUVRY, mai?tre de conférences HDR en psychologie, Université Paris 13 SPC, examinateur.
Madame Estelle FERRARÈSE, professeure de philosophie, Université Picardie Jules Vernes, examinatrice.
Résumé
La domination féminine caractérise un ensemble de relations BDSM hétérosexuelles où les femmes sont responsables du déroulement des pratiques sexuelles. Les relations BDSM où les femmes dominent partagent plusieurs caractéristiques avec celles où les hommes dominent : Elles partagent la même éthique, ainsi qu'une variété de pratiques et techniques de domination.
Quelles sont les difficultés rencontrées par les femmes qui veulent s'imposer comme dominatrices ? Quelle est la place de la domination vénale dans les communautés BDSM ? Comment les dominatrices parviennent à surmonter l'homologie couramment faite entre passivité et féminité ? Parviennent-elles à exprimer leur désir ? Si non qu'est-ce qui les en empêche ?
Cette thèse essaye de répondre à ces questions en partant d'une approche comparative entre la France et l'Allemagne. Ce travail repose sur une étude des représentations de la domination féminine dans la culture savante et populaire, ainsi que sur des enquêtes de terrains. 14 entretiens ont été réalisés avec des participant.e.s BDSM où les femmes dominent, complétés par une immersion de 3 mois dans des salons de domination professionnelle, ainsi qu'une observation participante en ligne. Après avoir montré le rôle du système patriarcal et du capitalisme dans la construction des représentations de la domination féminine, cette thèse étudie les interactions entre les participant.e.s de ces pratiques sexuelles et rend compte du contexte médical, social, scientifique, économique, culturel, politique, ainsi que du système de genre dans lequel les fantasmes et pratiques des interviewé-e-s sont apparus et sont interdépendants. Cette approche interdisciplinaire permettra de rendre compte, de manière circonstanciée, des mécanismes de pouvoir en jeu dans ces relations. De plus l'approche comparative mettra en valeur le lien entre le développement de la marchandisation et l'utilisation intensive de l'internet avec l'érotisation du genre, de la race et des inégalités sociales.
Si une partie des dominatrices parviennent à vivre une sexualité dans laquelle elles s'épanouissent, le clivage et la conception d'une sexualité féminine envisagée en termes de service tiennent une place primordiale dans le maintien et la dynamisation de ces rapports de pouvoir. De même pour les femmes poursuivant des activités de dominatrices et qui vivent de ces activités, la domination ne se limite pas à l'expression d'un désir mais elle inclut la fourniture d'un service à destination d'un public masculin. Cela signifie l'acceptation d'une vie différente modifiée par le poids du stigmate de la prostituée.
Mots clefs : BDSM, soumission, domination, masochisme, stigmate de la prostituée, genre, care, résistances, France, Allemagne, désir, système économico-sexuel, système de parenté, capitalisme.
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eneidem
Bonjour, où est-il possible de lire cette thèse ?
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