Je t'écris ces mots, à toi qui n'est jamais venue, toi qui me manque à ne plus pouvoir trouver les mots. J'ai passé tant d'années à attendre patiemment cet instant, où tu serais entrée dans ma vie. J'ai tant rêvé à nous, à cette histoire, notre histoire, où tout n'aurait été que partage, confiance, complicité... Bref, l'idée de cette totale fusion qui était ma raison d'être.Jamais personne ne pourra imaginer à quel point j'ai pu rêver de toi, qui aurait su me prendre entre tes mains, prendre le contrôle, et ainsi combler tout ce qui manquait à ma vie, pendant que ma raison d'être aurait été de combler ce qui manquait à la tienne.J'ai si souvent rêvé secrètement à ton sourire en me voyant m'abandonner, à ton regard ravi en me regardant tenter de me débattre entre tes entraves, à ces morsures lorsque j'aurais commis une erreur, au contact sur ma peau alors que tu m'aurais privé de mes yeux et la parole, et à ces instants de paix entre tes bras à simplement écouter ton coeur battre lentement pour ne plus penser à rien.Je le sais, je m'adresse à toi de manière quelque peu familière. J'en suis conscient, tu aurais été en droit de corriger cela. Mais je ne t'apprends rien en disant que lorsqu'on évolue seul dans son coin, sans repère concret, les mauvaises habitudes s'installent vite.A ma décharge, je tiens à te dire que j'ai fait au mieux, j'ai tenu le coup autant que possible. Mais les années ont passé, l'une après l'autre, sans que tu ne fasses cette apparition tant espérée. Je n'attendais pas que tu sois parfaite. Ca m'aurait fait me sentir coupable, au fond.Aujourd'hui, je t'écris ces mots pour te dire que j'ai passé trop de nuits à pleurer ton absence, cherchant ta main dans mon sommeil troublé, et je n'en ai plus la force. Probable qu'ils avaient tous raison à me dire que je n'en valais pas la peine, à me trouver tous les défauts possibles. Pour être honnête, je suis même le premier à le penser, à présent.J'en suis à ne plus croire en rien, ni en personne. Je ne peux me laisser approcher sans me demander à quel moment je vais me faire planter dans le dos. Comment pourrais-je encore croire en cette humanité qui m'a si souvent détruit à la perspective du moindre gain, et dont on m'a si souvent exclu ?Peut-être que tu liras cela, un jour, si tant est que tu ais un jour existé. Sache simplement que j'ai passé une vie entière à t'attendre, mais sans doute était-ce attendre un train déjà parti depuis longtemps. Je ne saurais jamais si tu étais là et que je t'ai vu partir sans le savoir. J'ignore si tu es toujours de ce monde tout comme j'ignore si tu y as été un jour. C'est un fait, je ne le saurai jamais. Pour tout te dire, je ne suis moi-même pas certain d'être encore en vie depuis bien longtemps. Du moins, je sais que je ne connaitrai jamais cette paix, et que cela les indiffère tous.C'est la mort dans l'âme que je le dis, mais il est temps pour moi de bruler ces rêves et espoirs, consacrer le reste de mes jours à me défaire de ces penchants qui ne m'ont apporter que solitude, et finalement couper ce dernier lien qui n'a jamais été qu'une illusion dans laquelle je me suis moi-même autrefois piégé. Et lorsque ce sera enfin fait, te laisser t'en aller et, peut-être, pouvoir faire le deuil de ce qui n'a jamais été...
Dans l'album: Les photos du mur perso de Yelyms
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