Noéline
le Il y a 5 heure(s)
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Quand j’entends certains Doms parler de déshumanisation, de dégradation ou d’humiliation des soumises, tout en revendiquant des années de pratique, il y a de quoi se poser de vraies questions.
Depuis quand un Dom ou un Maître aurait-il besoin de déshumaniser une soumise pour asseoir sa domination ?
Depuis quand la dégradation ou l’humiliation seraient-elles des passages obligés, et non des choix spécifiques, clairement consentis et surtout non universels ?
Dans quel monde vit-on aujourd’hui, pour en arriver à confondre le BDSM avec la destruction des soumises ?
La domination n’est pas, à mes yeux, un écrasement.
Elle est un cadre, une guidance, une responsabilité.
On n’abîme pas une soumise : on l’élève, on la construit, on la fait grandir si tant est que telle soit la dynamique choisie.
Le BDSM n’est pas un défouloir pour des pulsions mal maîtrisées.
C’est une relation, avec des limites claires, un consentement réel et une humanité intacte.
L’humiliation peut faire partie d’une relation BDSM uniquement si elle est pleinement consentie par les deux parties.
En dehors de ce cadre, elle devient un abus de pouvoir, destiné à détruire l’autre, et non à construire une dynamique.
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Noéline
MisterTaurus916 : Exactement. La construction n’exclut ni la fermeté ni l’intensité, mais elle suppose de rester du côté de l’humain. Détruire, ce n’est pas dominer.
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MarqueDeposee
Amen 😍
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Monsieur-Mushu
Vous avez raison!!!
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Badbubby
bonsoir Noélie et je tiens à m'excuser pour ma fainéantise. J'ai commencé à vous lire plus tôt et me suis arrêté à votre première phrase car elle contredisait mon crédo. J'ai cru à tord que vous dénigriez l'humiliation ou quelques pratiques sm... J'aurais dû tout vous lire car effectivement beaucoup de doms confondent une pratique ou un besoin spécifique avec ce qu'est réellement le BDSM. Ce n'est ni une seule pratique, ni un seul fantasme qui définit la relation entre deux personnes, BDSM ou non, c'est l'écoute et l'amour de faire évoluer l'autre vers quoi elle tend...
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Noéline
Badbubby : Bonsoir, Merci pour votre message et pour votre honnêteté. Je ne dénigre aucune pratique en soi, tant qu’elle est consciente, consentie et inscrite dans un cadre clair. Ce que vous soulignez est important : ce n’est ni un fantasme ni une pratique isolée qui définit une relation, mais la qualité de l’écoute, du lien et de l’attention portée à l’autre. Lire jusqu’au bout permet parfois de dépasser les premières projections… et l’échange n’en est que plus juste.
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Silla
Effectivement certains doms imposent l'humiliation et la dégradation "parce que cela fait partie du bdsm", sans s'assurer qu'il y a une envie de la soumise d'explorer ces pratiques. A titre personnel je pense qu'il faut beaucoup de complicité entre les 2 protagonistes pour explorer ces facettes sans détruire réellement.
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Noéline
Silla : Je vous rejoins sur le fait que certaines pratiques sont trop souvent imposées sous couvert de “ça fait partie du BDSM”, sans vérifier le désir réel de la soumise. En revanche, j’ai plus de réserves sur la notion de dégradation : pour moi, dès qu’il y a dégradation réelle, on sort de la complicité pour entrer dans quelque chose de destructeur. Explorer des zones intenses, oui, mais uniquement quand cela nourrit la relation et la personne, pas quand cela l’abîme. La frontière est fine, et elle ne tient que par l’écoute, la conscience… et le respect de l’intégrité de l’autre.
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MisterTaurus916
Je dirais même que deconstuire peut aider, si vraiment le besoin se fait sentir. Tout s'apprend ainsi 😈
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MisterTaurus916
Ou l'art de la frontière entre soft et HARD, un peu tout de même... L'humain n'a rien de simple, une question de curseur et/ou de volonté, non ?
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Noéline
MisterTaurus916 : Je ne suis pas certaine que “déconstruire” soit le bon mot. Apprendre, évoluer, déplacer un curseur, oui. Mais déconstruire quelqu’un suppose déjà qu’on se place au-dessus de lui, avec l’idée qu’il faudrait le remodeler. Pour moi, la frontière entre soft et hard ne se joue pas sur l’intensité, mais sur l’effet produit : est-ce que ça construit la personne, ou est-ce que ça la fragilise ? Le curseur n’a de sens que s’il est choisi, jamais imposé même subtilement.
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Novicetimide
Sauf que l'humiliation ça veut rien comme ça, c'est qu'est ce que l'autre va trouver humiliant. De mon côté une simple révérence façon protocolaire je trouve ça humiliant. Me faire insulter pas forcément. Une pratique comme l'uro est souvent considérée comme humiliante pourtant on voit plein de personnes la réclamer avec enthousiasme et délectation j'appelle pas ça de l'humiliation. Ensuite c'est aux deux parties de se responsabiliser, c'est pas les pauvres petites soumises contre les grands méchants doms. Je pense aussi que chacun et chacune devraient prendre le temps de définir sa recherche et ses besoins là dedans. Et d'aller vers ... munchs, sorties etc quand on débute ça évite bien des déboires. En fait on pourrait mettre n'importe quelles pratiques à la place d'humiliation et dégradation, les poncifs que tout le monde forcément validera. Et que les concernés ne verront pas.
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MisterTaurus916
Oui mais tant de nuances, surtout dans les points de vue, les objectifs de chacun, les sensations, les perceptions des choses, etc... Et non, deconstruire peut s'appliquer juste à démonter des schémas conscients ou inconscients sans forcément vouloir dominer ou nuire à l'autre. Le partage de connaissances en somme ! Ma 1ere soumise m'a appris ceci, entre autres.
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Noéline
Novicetimide : Je te rejoins sur un point : l’humiliation n’est jamais absolue, elle est toujours subjective. Ce qui est humiliant pour l’un peut être neutre, voire recherché, pour l’autre. Mais c’est justement pour ça que le mot mérite d’être manié avec prudence. Quand on parle d’humiliation ou de dégradation comme d’un principe, et non comme d’un vécu choisi, on glisse vite. La responsabilisation doit être des deux côtés, évidemment. Mais encore faut-il que le cadre permette réellement à chacun de dire ce qui le touche, ce qui l’élève… ou ce qui l’abîme. Sinon, on parle beaucoup de pratiques, et pas assez de ce qu’elles produisent chez la personne.
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Noéline
MisterTaurus916 : Les nuances existent, bien sûr, et heureusement. Mais pour moi, tout se joue moins dans l’intention que dans la posture. Déconstruire peut être un partage, oui… à condition que ce ne soit jamais décidé unilatéralement, ni orienté vers ce que l’un pense être bon pour l’autre. Démonter des schémas, pourquoi pas. Encore faut-il que la personne concernée ait formulé ce besoin, et qu’elle reste libre de dire stop à tout moment, sans que cela soit interprété comme une résistance à “travailler sur soi”. Sinon, on n’est plus dans le partage de connaissances, mais dans une direction imposée même subtilement.
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Novicetimide
On peut se vouvoyer c'est cool. Mouais ça reste bien flou du coup. C'est propre à chaque dynamique. Tout le monde n'est pas non plus dans une recherche d'élévation ou de grandir. Je suis une femme adulte ma croissance est terminée depuis longtemps. Bref je comprends que cet écrit puisse vous semblez essentiel j'ai plus de mal avec les "le BDSM doit, les doms doivent être comme ci comme ça." Ça écarte trop de façon de faire et ça n'aide en rien en général les pires ont souvent les beaux discours tout propres qu'on voit si régulièrement sur tellement de posts différents. Il doit être comme on ce qu'on en fait. Une bonne soirée
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MisterTaurus916
L'humain est et restera subjectif en finalité, je le concède. Mais quoi de mieux qu'une discussion censée avec un autre adulte possédant un langage adéquat et du Respect à revendre ? Dur de ne pas emmener quelqu'un quant on partage, tout l'art du maniement des mots ? D'où le besoin d'éviter la guerre des egos, simple sur le papier je le conçois également ! Mais que serait la vie sans partage des connaissances, que des autodidactes lol
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Silla
Noéline il est possible que la dégradation fasse partie des choses qui ne vous correspondent pas, mais cela peut correspondre à d'autres. Dans des moments où mon maître joue cette partition, mon esprit vrille, je m'effondre psychologiquement, je me sens détruite intérieurement. Dans des instants fixes et définis. Et j'aime le moment où mon maître passe en mode sauveur et vient m'extirper de cette abîme. Nous avons tous des schémas différents et comme dit plus haut il n'y a pas de règle absolue. L'important est de s'écouter et de brancher son cerveau. Edit : comme une étrange sensation de déjà vu, je ne commenterai pas plus 🙄
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Noéline
Novicetimide : On peut se vouvoyer, aucun souci. Et je comprends ce que vous dites : toutes les dynamiques ne cherchent pas l’élévation ou la transformation, et chacun vit le BDSM à sa manière. De mon côté, je ne dis pas ce que le BDSM doit être, mais ce qui, pour moi, fait sens et reste viable dans le temps. Ce n’est pas une norme, c’est une ligne personnelle. Et je vous rejoins sur un point : les plus beaux discours ne sont pas toujours les plus sains. C’est justement pour ça que je parle moins de principes et plus d’effets réels sur les personnes.
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Noéline
MisterTaurus916 : Oui, l’humain est subjectif, et le dialogue est indispensable. Mais emmener quelqu’un quelque part suppose qu’il ait envie d’y aller… et surtout qu’il puisse dire non sans que ce soit vécu comme un refus du partage. Le maniement des mots est un art, c’est vrai. Encore faut-il qu’il serve l’échange, pas l’influence. Éviter la guerre des egos commence souvent par accepter que l’autre ne prenne pas le même chemin.
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Noéline
Silla : Je comprends ce que tu décris, et je n’ai jamais dit que ces schémas n’existaient pas. S’ils sont conscients, définis, assumés et qu’ils te correspondent, alors ils font sens pour toi. Ce que je questionne, ce n’est pas l’existence de ces dynamiques, mais leur généralisation. Il n’y a effectivement pas de règle absolue… seulement des lignes personnelles à ne pas franchir. Et s’écouter vraiment demande parfois plus de lucidité que de lâcher-prise.
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