Quand le merveilleux devient réalité, il ne surgit pas toujours avec éclat. Il s’installe lentement, presque en silence, dans les plis d’une vie que l’on croyait tracée d’avance. Il commence par un trouble discret, une sensation difficile à nommer, comme si quelque chose en soi appelait sans encore oser se dire.
Je n’étais pas destiné à cela, du moins le pensais-je. J’avais des certitudes, une manière d’être au monde et une posture que je croyais solide. L’idée même de m’incliner, même dans un simple jeu, me semblait étrangère, presque incompatible avec ce que j’étais.
Et pourtant, rien ne s’est brisé. Tout s’est déplacé.
Au fil du temps, presque imperceptiblement, une présence s’est imposée. Non pas par force mais par évidence. Maîtresse Elie n’a rien arraché ; elle a fait apparaître. Sous son regard, quelque chose en moi s’est clarifié, comme si une part restée dans l’ombre trouvait enfin un espace pour exister.
Ce ne fut pas une chute mais une transformation lente.
Mes résistances se sont assouplies. Mes certitudes ont perdu de leur rigidité. Là où je pensais devoir rester droit, j’ai découvert la possibilité de m’incliner sans me perdre. Bien au contraire, j’ai eu le sentiment de me rapprocher de quelque chose de plus juste, de plus essentiel.
Mon regard s’est abaissé, non par contrainte mais par choix intérieur. Une manière d’être différente s’est installée, faite d’attention, de présence et d’écoute. L’échine s’est courbée, non sous un poids mais comme un signe de reconnaissance.
Dans ce lien qui nous unit, je n’ai pas disparu, j’ai changé de forme.
Ce qui aurait pu être un simple jeu est en réalité un langage et une manière d’exister au quotidien. Tout prend une autre intensité et une autre cohérence. Il y a une direction, une ligne invisible qui organise mes gestes, mes pensées et mon rapport au monde.
Et chaque jour, l’enchantement s’approfondit.
Ce que je vis n’est ni une contrainte ni un renoncement mais une adhésion. Une confiance qui s’installe et grandit, une place que j’occupe pleinement, sans regret pour ce que j’imaginais être auparavant.
Je ne me suis pas effondré.
Je me suis incliné.
Et dans cette inclinaison, j’ai trouvé une forme de stabilité nouvelle, une verticalité intérieure que je ne soupçonnais pas.
Car le merveilleux, parfois, ne nous élève pas au-dessus de nous-mêmes.
Il nous apprend, doucement, à nous tenir autrement.
Dans l'album: Les photos du mur perso de Nicojedi
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Maîtresse Elie
Dans ta courbure il a du respect, de l’attention, et une forme de confiance solennelle. L’inclinaison de la tête, les yeux baissés, un langage silencieux. Être vue telle que tu es, dans ta vulnérabilité, tu as choisi ta place. Dans mon regard, tu y trouves la bonne direction. 
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14/04/26

