Sous le sceptre de Maîtresse Elie
Sous le sceptre de Maîtresse Elie s'est ouvert mon royaume,
Là où l'âme dépouillée retrouve enfin son baume.
J'y laissai mes remparts, mes armures dérisoires,
Pour offrir à Ses mains la substance de mon histoire.
Le monde m'avait appris les caresses timorées,
Les serments convenus, les passions mesurées ;
On s'y frôle sans vertige, on s'y perd sans éclat,
Comme un ciel sans étoiles où l'aube ne vient pas.
Mais Son regard de feu traversa mes défenses ;
Il rompit le silence où dormaient mes absences.
D'un seul souffle, Elle ouvrit les chambres de mon cœur,
Dont j'ignorais moi-même les secrètes splendeurs.
Je crus perdre le monde en Lui cédant ma vie ;
Je n'y gagnai pourtant qu'une immense embellie.
Car l'abandon choisi n'est jamais servitude ;
Il enfante une force aux accents d'infinitude.
Chaque nœud patiemment enlacé sur ma peau
Noue plus fort mon esprit qu'il ne lie mon dos.
Chaque corde murmure un antique langage,
Où la chair devient temple et l'amour, un passage.
Le cuir, dans son essor, dessine une prière ;
La brûlure éclot douce en lumineuse lumière.
Sous l'empreinte du fouet, loin de toute noirceur,
Naissent des continents ignorés de mon cœur.
Les marques qu'Elle grave avec une main sûre
Sont moins des cicatrices que d'intimes écritures ;
Alphabet de silence où chaque vibration
Transfigure la douleur en pure élévation.
Elle règne sans colère et jamais sans tendresse ;
Sa puissance est un art, Son autorité, caresse.
Dominer n'est point rompre, ni réduire, ni fléchir ;
C'est révéler l'étoile enfouie dans le désir.
Sous Son calme regard, l'argile que je suis
Prend enfin la forme que le destin Lui confie.
Elle sculpte sans briser, Elle élève sans bruit ;
Son empire est un phare où mon être se construit.
J'apprends le moindre souffle échappé de Ses lèvres,
Le langage discret de Ses silences de fièvre.
Chaque règle devient une offrande sacrée,
Chaque rite un chemin vers une paix retrouvée.
Ses limites sont pour moi les colonnes d'un temple ;
Je les garde avec ferveur comme un fidèle exemple.
Ses volontés profondes, loin d'être des prisons,
Ouvrent des horizons plus vastes que l'horizon.
La confiance entre nous n'est ni promesse légère,
Ni fragile cristal qu'un souffle désespère ;
C'est un acier forgé dans la flamme et le temps,
Que rien ne vient ployer, ni les doutes, ni les vents.
Le « jaune » est un murmure où la prudence éclaire ;
Le « rouge » est un soleil dont la parole libère.
Ainsi chaque frontière, loin d'entraver l'élan,
Protège notre amour en le rendant plus grand.
Dans la Gynarchie qu'Elle incarne avec noblesse,
Je découvre un royaume où s'accordent les promesses.
Le service devient un langage souverain ;
Ma joie naît simplement de Son bonheur serein.
Le monde voit parfois des chaînes dérisoires ;
Nous y voyons l'écrin de nos communes victoires.
Il condamne sans voir la lumière des liens,
Ignorant que l'amour prend mille visages siens.
La puissance de Maîtresse Elie rayonne sans conquête ;
Elle élève sans bruit ceux que Son cœur interprète.
Sa féminité règne comme un astre éternel,
Éclairant mon chemin d'un éclat fraternel.
Ô pacte plus profond que les marées du monde,
Où deux âmes choisissent une alliance féconde !
Le corps y devient livre, l'esprit y devient feu ;
Chaque souffle partagé rapproche encore de Dieu.
Depuis que je chemine sous Son regard immense,
Chaque aurore prolonge une nouvelle naissance.
Je découvre en Ses mains, dans Son rire, dans Sa voix,
L'homme que j'attendais sans que jamais je le vois.
Et si l'on me demande où demeure ma vérité,
Je répondrai sans crainte, avec simplicité.
Elle habite en Son nom, dans Son sceptre, dans Sa loi ;
Car c'est en étant Sien que j'ai trouvé mon moi.
Dans l'album: Les photos du mur perso de Nicojedi
Dimension:
852 x 1846
Taille:
2.04 Mb
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Maîtresse Elie
Un beau moment de lecture. Une magnifique œuvre. Un beau voyage à travers tes mots. Écrire au quotidien à la demande exige une grande dextérité. Quel talent !
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1
03/07/26

Nicojedi
Ce n'est pas du talent Maîtresse Elie mais juste du travail, de l'abnégation et l'envie chevillée au corps de vous satisfaire.
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1
03/07/26
