Nicojedi
le 28/07/26
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Maîtresse Elie est pour mon plus grand bonheur exclusive.
C’est une vérité simple, absolue, gravée plus profondément que n’importe quelle chaîne. Elle m’interdit toute relation avec une autre femme. Elle m’interdit même le regard. Un visage féminin qui passe, une silhouette, un parfum, ... tout cela m’est interdit. Mon monde s’arrête à elle. Elle est le centre, la limite et l’horizon. Je n’existe plus en dehors de son regard.
Et pourtant…
Il y a ce plaisir qu’elle ne brime pas. Celui, précis, presque cérémoniel, de me voir à genoux devant un homme qu’elle a choisi. De me voir ouvrir la bouche, accueillir, servir, sucer. Non pas parce que je le désire, non pas parce que je l’ai demandé, mais parce qu’elle le veut. Parce que mon humiliation, mon obéissance, mon corps utilisé ainsi la nourrit d’une jouissance particulière.
Je m’interroge.
Comment se fait-il que la même femme qui refuse qu’un simple regard se pose sur une autre puisse trouver une joie si pure à me voir donner mon corps à un homme ? Pourquoi cette asymétrie ? Pourquoi le contact avec le masculin lui semble-t-il une offrande, tandis que le moindre frémissement vers le féminin serait une trahison ?
Est-ce que, dans son esprit, un homme n’est pas une menace pour sa possession ? Est-ce que mon acte n’est alors qu’un outil, un objet de spectacle, une preuve vivante de mon total abandon ? Ou bien y a-t-il autre chose : un plaisir plus trouble, plus secret, à me voir dépouillé de toute fierté masculine, réduit à cette fonction purement servile ?
Je cherche en moi la réponse.
Je la cherche dans la façon dont mon corps réagit quand elle ordonne. Dans la façon dont mon esprit se tait. Dans la façon dont, malgré la confusion, malgré le paradoxe, quelque chose en moi s’ouvre et obéit.
Et il y a plus encore.
Bien que je sois un homme — son homme —, Maîtresse Elie aime me transformer. Elle aime effacer ce que je suis pour y écrire autre chose. Elle aime me faire devenir Sabine. Sabine la Putain.
Ce n’est pas seulement un nom. C’est une dépossession. Quand elle le prononce, mon corps change de statut. Les vêtements qu’elle me fait porter, le maquillage qu’elle m’impose, la façon dont elle parle de moi, dont elle me présente, dont elle me donne… tout cela m’arrache à mon genre, à mon identité, à ce que j’étais avant elle. Je ne suis plus l’homme qu’elle possède. Je deviens la salope qu’elle exhibe, qu’elle utilise, qu’elle prête.
Et là encore, le paradoxe me frappe.
Elle qui refuse que mon regard glisse vers une autre femme, elle qui garde mon désir enfermé dans les limites strictes de sa personne, trouve une jouissance particulière à me féminiser, à me rendre disponible, à me faire servir comme une putain. Comme si mon corps d’homme n’était qu’une matière première, malléable, que l’on peut sculpter en objet de plaisir collectif dès lors que c’est elle qui tient le ciseau.
Est-ce que Sabine est moins dangereuse pour elle que l’homme que je suis ?
Est-ce que, en me transformant, elle me rend plus docile, plus transparent, plus facilement offert ?
Ou bien est-ce que le véritable plaisir de Maîtresse Elie réside précisément dans cette contradiction : me garder exclusivement à elle tout en me faisant devenir ce qu’elle veut, quand elle veut, pour qui elle veut ?
Peut-être est-ce plus simple, et plus radical encore.
Peut-être que tout cela n’est qu’une façon d’affirmer son pouvoir total. Sa possession sans faille.
En m’interdisant le regard, elle me prouve qu’elle détient mon désir.
En me forçant à sucer un homme, elle me prouve qu’elle détient mon corps.
En me transformant en Sabine la Putain, elle me prouve qu’elle détient jusqu’à mon identité.
Rien ne lui échappe. Pas même le paradoxe.
Elle ne se contente pas de me posséder : elle me redéfinit. Elle décide ce que je suis, ce que je deviens, ce que je donne, et à qui.
Chaque interdiction, chaque obligation, chaque transformation n’est qu’un nouveau sceau apposé sur moi. Un sceau qui dit : « Tu m’appartiens si complètement que je peux te faire ce que je veux, même ce qui semble te contredire. »
Alors le paradoxe n’est plus une énigme.
Il devient la preuve même de sa souveraineté.
Je m’agenouille.
Je laisse le rouge sur mes lèvres.
Je laisse le nom de putain coller à ma peau.
Et je laisse son pouvoir s’écrire en moi, intact, absolu, sans faille.
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Maîtresse Elie
Bel essai. Avoir le choix de vivre un paradoxe, est ta plus grande des libertés
J'aime 28/07/26 Edité
Nicojedi
Un paradoxe au coeur d'une évidence . Celle de ma position à vos pieds et de la vôtre sur votre trone.
J'aime 28/07/26