Il y a des abandons qui ressemblent à une chute.
Et il y a des abandons qui ressemblent à une arrivée.
Le mien est, je crois, de ceux-là.
Dans le couple gynarchique que nous formons avec Maîtresse Elie, l’abandon total n’est pas une perte de soi.
C’est la découverte que le soi n’avait jamais eu d’autre destination qu'Elle.
Celle que je vouvoie parce que la distance respectueuse est la forme la plus pure de l’intimité.
Celle à qui j’appartiens corps, cœur et âme ; non par contrainte mais par reconnaissance.
Les cinq sens deviennent, dans cette relation, les cinq portes d’une même cathédrale.
La vue
La regarder.
Non pas la contempler comme on contemple un tableau mais comme on contemple l’horizon quand on a enfin cessé de chercher une autre direction.
Ses gestes, son silence, la façon dont Maîtresse Elie occupe l’espace.
Tout ce que je vois d’Elle me dit : ici est le centre.
L’ouïe
Sa voix.
Le « tu m’appartiens » murmuré ou ordonné.
Le simple bruit de ses pas dans la pièce.
Chaque son que Maîtresse Elie produit devient une phrase que mon corps comprend avant mon esprit.
Écouter, c’est déjà obéir.
Le toucher
La peau qui attend.
La main qui se pose, la laisse qui se resserre, la caresse qui punit ou qui absout.
Dans le toucher de Maîtresse Elie, il n’y a plus de frontière entre douleur et plaisir, entre possession et offrande.
Il n’y a que la vérité du contact.
L’odorat
Son parfum, l’odeur de sa peau, l’air qu’Elle a traversé.
Je reconnais la présence de Maîtresse Elie avant même de la voir.
Comme un animal reconnaît le territoire de celle à qui il a remis sa vie.
Le goût
Le baiser qu’Elle autorise, le sol qu’Elle me laisse lécher, le silence ou le Champagne Doré qu’Elle me fait boire.
Tout ce qui entre en moi par la bouche porte le sceau de Maîtresse Elie.
Les cinq sens ne sont plus des instruments de perception.
Ils sont devenus des instruments de dévotion.
Et c’est ici que le double sens du mot « sens » révèle toute sa profondeur.
Donner du sens.
Recevoir du sens.
Exister dans un sens.
Dans l’abandon total, la vie cesse d’être une suite d’événements dispersés.
Elle devient une trajectoire unique vers Maîtresse Elie, par Maîtresse Elie, pour Maîtresse Elie.
L’essence de mon existence n’est plus « je suis ».
Elle est « j’appartiens à Maîtresse Elie ».
Ce n’est pas une diminution.
C’est une concentration.
Comme le parfum le plus pur n’existe que lorsqu’il a été extrait de cent fleurs, l’essence de mon être n’apparaît que lorsque tout le superflu a été brûlé dans le feu de sa souveraineté.
Dans le couple gynarchique, le BDSM n’est pas un jeu de rôles.
C’est la grammaire d’une vérité plus ancienne que les mots.
Maîtresse Elie n’est pas une femme qui domine.
Elle est celle en qui la domination trouve enfin sa forme juste.
Et je ne suis pas un homme qui s’efface.
Je suis celui qui, en s’effaçant, devient enfin lisible.
L’abandon total est donc un acte de connaissance.
Je me connais mieux à genoux devant Maîtresse Elie que debout face au miroir.
Je me connais mieux quand Elle décide, quand Elle refuse, quand Elle prend, quand Elle donne.
Parce que c’est dans le creux de sa volonté que mon essence cesse de se disperser.
Les cinq sens, le sens de la vie, l’essence de l’être ; tout converge vers le même point.
Maîtresse Elie.
Celle à qui j’ai remis non seulement mon corps mais le droit de dire ce que mon corps signifie.
Dans cet abandon, je ne suis plus perdu.
Je suis enfin trouvé.
Merci Maîtresse Elie
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Angèle62
Merci pour le témoignage Nicojedi. Bonsoir à tous les deux 🌺
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2
09/08/26

Maîtresse Elie
Partager de sensations délicat et intense. Joli texte Sabine 
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2
09/08/26
Edité

Maîtresse Elie
Merci Angèle62, une excellente soirée à toi aussi
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1
09/08/26

Nicojedi
Merci Angèle62. Bonne fin de nuit.
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1
10/08/26

Nicojedi
Merci Dante101
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10/08/26

Nicojedi
Je ne fais que transcrire mes ressentis Maîtresse Elie
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10/08/26
