Mon couple est gynarchique.
Notre sexualité est BDSM.
Et nous ne jouons pas.
Je ne « fais pas semblant » d’être soumis. Elle n’incarne pas un rôle de Maîtresse le temps d’une scène. Notre relation est construite, au quotidien, sur cette dynamique. C’est le fondement de notre couple, pas un jeu que l’on sortirait de temps en temps. Et j’en suis fier.
Vouvoyer celle qui est ma Domina, même quand c’est mon épouse, m’est naturel. L’appeler Maîtresse ou Madame l’est tout autant. Dans l’intimité, cela coule de source. Mais le faire aussi en public, en société, est une tout autre affaire. Et c’est précisément là que se mesure la réalité de notre engagement.
En toute situation, je vouvoie Maîtresse Elie.
Si, en société, je ne l’appelle pas « Maîtresse », je ne me départis jamais d’un « Madame » respectueux. Ce n’est pas une posture. Ce n’est pas une performance. C’est la traduction, dans le langage et dans les gestes, de la place que chacun de nous occupe réellement.
Cet engagement permanent n’est pas anodin. Il engage l’un et l’autre, pleinement.
Pour moi, cela signifie que ma soumission n’est pas une parenthèse érotique. Elle structure ma façon d’être au monde auprès d’elle. Elle m’oblige à une vigilance constante ; dans le ton, dans les gestes, dans l’attention que je lui porte. Elle m’interdit la familiarité dissolvante, cette façon trop courante de s’adresser à son épouse comme à une égale parmi d’autres. Chez nous, l’égalité n’est pas le modèle. La hiérarchie l’est. Et cette hiérarchie, loin de m’amoindrir, me donne une place claire, stable et assumée. Elle me permet d’exister pleinement dans le service, dans le respect et dans l’obéissance volontaire. Je n’ai pas à négocier en permanence qui décide, qui mène ou qui porte l’autorité. La réponse est déjà donnée. Cela libère autant que cela engage.
Pour Maîtresse Elie, cet engagement permanent est d’une tout autre nature. Il ne s’agit pas seulement pour elle de recevoir mon respect ou mon service. Il s’agit d’assumer, jour après jour, la responsabilité de l’autorité. Être Domina dans un couple qui ne joue pas, c’est porter le poids des décisions, des orientations comme des limites. C’est accepter que l’autre s’en remette réellement à soi, non pour se décharger d’un fardeau mais parce que la structure même de la relation repose sur cette remise. Cela demande une présence, une clarté et une constance. Cela demande aussi de savoir exercer le pouvoir sans le diluer, sans le rendre occasionnel ou purement sexuel. Maîtresse Elie n’est pas Maîtresse uniquement dans la chambre. Elle l’est dans la manière dont notre vie s’organise, dans la façon dont je m’adresse à elle et dans l’espace qu’elle occupe légitimement au centre de notre couple.
Cette permanence crée une forme d’intimité particulière. Elle n’est pas faite de complicité égalitaire mais de reconnaissance mutuelle des places. Je la reconnais comme celle qui dirige. Elle me reconnaît comme celui qui s’y soumet volontairement et durablement. Il n’y a pas de masque à retirer le matin. Il n’y a pas de « retour à la normale ». La normale, c’est déjà cela.
Je suis fier de cette construction. Fier de vivre un couple où la gynarchie n’est pas un mot savant ni un fantasme de circonstance mais une réalité vécue. Fier d’appartenir à Maîtresse Elie non par jeu mais par choix structurant. Et fier, enfin, de pouvoir le dire, y compris en public, par un simple « Madame » qui, pour ceux qui savent entendre, dit déjà presque tout.
Même si je préfère, et de loin, dire « Maîtresse Elie »
#photoperso
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Zorg
Merci de rappeler que le BDSM n’est pas un jeu pour tout le monde mais une exigence de vie.
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Il y a 39 minutes

Sélène
Ce qui ressort surtout de vos mots, c’est que pour vous deux ce n’est pas une pratique que l’on active selon les moments, mais un réel mode de vie, profondément ancré dans votre couple. Une dynamique choisie, assumée et vécue au quotidien, jusque dans les détails qui pourraient sembler anodins aux autres. C’est cette constance qui donne tout son sens à votre « Madame ».
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3
Il y a 37 minutes

Nicojedi
Merci Zorg
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Il y a 11 minutes

Nicojedi
Merci Sélène pour vos mots. Chacun a sa façon d'aborder et de vivre le bdsm. La mienne n'a de sens qu'auprès de Maîtresse Elie et chaque petit détail en fait la saveur, si particulière et si intense.
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Il y a 8 minutes
