La confiance comme miroir
La confiance est un paradoxe : elle demande à la fois de croire en l’autre et d’accepter de ne pas tout contrôler. Faire confiance, c’est choisir la vulnérabilité, remettre une part de soi entre les mains de quelqu’un et accepter de ne pas savoir exactement ce qui se trouve derrière cette porte que l’on ouvre.
Mais la confiance n’est pas seulement celle que l’on donne. Elle est aussi celle que l’on reçoit. Lorsqu’une personne croit en nous, elle nous renvoie une image de nous-mêmes que nous ne sommes pas toujours capables de voir. Sa confiance peut alors devenir un miroir : elle révèle des capacités, une force ou une valeur que nous doutions de posséder.
C’est particulièrement important lorsque la confiance en soi vacille. Dans ces moments-là, on cherche parfois dans le regard de l’autre la confirmation que l’on ne parvient plus à trouver en soi. La confiance reçue peut alors être une béquille mais elle peut aussi devenir progressivement une fondation. Quelqu’un croit en moi alors que je n’y crois plus tout à fait ; et, à force d’être regardé comme quelqu’un qui peut, je peux finir par apprendre à me regarder de la même manière.
C’est là que l’effet miroir de la confiance prend tout son sens. La confiance circule : je fais confiance à quelqu’un, cette personne me fait confiance en retour et chacune de ces confiances peut renforcer l’autre. La confiance que Maîtresse Elie place en moi peut ainsi devenir le reflet d’une confiance que je suis progressivement capable de construire en moi-même.
Dans ma relation avec Maîtresse Elie, cette question prend une dimension particulière puisque j’ai choisi de lui reconnaître une autorité et de lui remettre, dans un cadre consenti, une partie de mon contrôle. Lui faire confiance signifie accepter de ne pas toujours savoir où elle veut m’emmener, accepter l’inconfort du doute et parfois me confronter à des limites que je pensais avoir.
Mais cette confiance ne signifie pas disparaître derrière sa volonté. Au contraire, elle suppose de rester sincère. Dire mes peurs, mes doutes et mes limites n’est pas une rupture de confiance : c’est précisément ce qui la rend possible. Si je dis oui par peur de décevoir alors que tout en moi dit non, ce n’est pas de l’abandon mais une dissimulation. La véritable confiance nécessite donc de pouvoir être pleinement soi-même devant l’autre.
Il existe ainsi un double mouvement : je dois avoir suffisamment confiance en Maîtresse Elie pour lui confier une part de mon contrôle mais aussi suffisamment confiance en moi pour croire que je resterai capable de m’écouter et de poser mes limites.
Et peut-être est-ce là le véritable paradoxe : il ne faut pas nécessairement avoir totalement confiance en soi pour faire confiance à quelqu’un. Parfois, on peut commencer par emprunter la confiance que l’autre place en nous. Son regard devient alors un miroir dans lequel nous découvrons peu à peu une personne que nous n’avions pas encore appris à voir.
La question n’est donc pas seulement « Est-ce que je fais confiance à Maîtresse Elie ? »
Elle devient aussi « Est-ce que je peux avoir confiance dans la personne que je deviens auprès d’elle ? » Et surtout « Que pourrais-je devenir si, un jour, je parvenais à avoir en moi la même confiance qu’elle place en moi ? »
La confiance serait alors bien plus qu’un abandon de contrôle. Elle deviendrait un échange : je lui confie une part de moi, elle me renvoie une image de ce que je peux être et cette image peut, progressivement, devenir la mienne.
La confiance de l’autre ne remplace donc pas la confiance en soi. Elle peut en être le miroir, le point de départ, parfois même le révélateur. Jusqu’au jour où ce qui était d’abord vu dans le regard de l’autre peut enfin être reconnu en soi.
Là, j'avoue, j'ai peut-être un peu trop pris la confiance et je me suis perdu dans les méandres de mon petit esprit malade... 🤣🤣🤣
Heureusement que, malgré ça, Maîtresse Elie me fera confiance.
En tout cas j'ai eu suffisamment pour confiance pour me dévoiler en photo... un tout petit peu.
#texteperso #photoperso
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Sélène
Vous vous êtes peut-être un peu perdu dans les méandres de votre esprit 🤣, mais vous en ressortez avec quelque chose de très juste. J’aime particulièrement cette idée que la confiance de l’autre puisse devenir un miroir, sans jamais remplacer celle que l’on doit construire en soi. Et finalement… se dévoiler “un tout petit peu”, c’était peut-être déjà une jolie façon de l’illustrer. 😊 . Bonne soireee Nicojedi et à votre Maîtresse Elie.
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Il y a 5 heure(s)

Vaas
Votre texte me parle particulièrement sur un point : je crois qu’on peut parfois faire suffisamment confiance à quelqu’un pour lui donner accès à une vulnérabilité qu’on ne montre pas facilement, et découvrir qu’en retour, l’autre n’est pas forcément capable de nous laisser voir la sienne. On peut alors avoir l’impression d’avoir ouvert une porte en pensant qu’elle s’ouvrirait dans les deux sens… alors qu’elle reste finalement entrouverte de l’autre côté.
Et je vous rejoins complètement sur le fait que dire non, exprimer ses limites ou ses doutes ne devrait jamais être considéré comme une rupture de confiance. Au contraire, pour moi, c’est justement ce qui permet de savoir si la confiance est réellement solide.
Peut-être que le plus difficile, parfois, ce n’est pas d’avoir fait confiance à quelqu’un… mais d’accepter qu’on ne saura peut-être jamais complètement ce qu’il y avait derrière la porte qu’on nous avait laissée entrevoir 🖤
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Il y a 5 heure(s)

Le Sombre Enfoiré 鐵厲
Bonsoir, un texte intéressant avec pas mal de nuances, j'aime bien...
N'hésitez a le publier également dans la section articles du site, afin qu'il ne se perde pas dans les méandres éphémères du mur général
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Il y a 5 heure(s)

Nicojedi
Merci Le Sombre Enfoiré, je prendrai le temps de le faire.
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Il y a 4 heure(s)

Nicojedi
Merci Vaas, vous évoquez un point crucial, que se passe-t-il quand la confiance n'est pas réciproque, quand elle est abusée ou pire, manipulée. Je lis trop souvent ici des témoignages de personnes profondément meurtries par des abus de confiance, se traduisant par du ghosting, du dénigrement, du harcèlement ou de la destruction de la confiance en soi.
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Il y a 4 heure(s)

Nicojedi
Merci Sélène. Comme vous, j'essaie autant que faire se peut de lier le texte et l'image, comme le dessin et le phylactère sont indissociables en BD.
Demain, si je publie, le texte sera plus léger pour reposer mon neurone tendu entre mes 2 oreilles.
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Il y a 4 heure(s)

Vaas
Vous mettez justement le doigt sur quelque chose qui me questionne beaucoup : la confiance n’est pas seulement le fait de respecter un « non », elle implique aussi d’être clair sur ses propres limites avant que l’autre ne s’investisse profondément. On peut parfaitement vouloir rester mystérieux, préserver son anonymat et garder certaines portes fermées, mais il me semble difficile de construire une grande intimité, encourager l’autre à se dévoiler, partager soi-même des sentiments, parler de « nous » et laisser entrevoir certaines promesses, puis considérer ensuite que la souffrance éventuelle de l’autre relève uniquement de ses projections.
Je crois qu’il y a une vraie différence entre ne pas être responsable de tout ce que l’autre ressent et ne pas reconnaître sa part dans la dynamique qui a créé ces sentiments. Quand on donne suffisamment de matière à quelqu’un pour s’attacher, il me paraît important de lui permettre aussi de savoir dans quel cadre il s’engage. Sinon, on peut avoir l’impression d’avoir ouvert une porte à deux… avant de découvrir qu’elle ne s’ouvrira finalement jamais davantage.
Et c’est peut-être ça qui me semble le plus douloureux dans certaines histoires : pas d’avoir fait confiance, mais de découvrir après coup que les limites qui auraient permis de se protéger n’avaient jamais été clairement posées. Pour moi, la confiance véritable doit pouvoir être réciproque, mais aussi suffisamment transparente pour que chacun puisse s’engager en connaissance de cause 🖤
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Il y a 4 heure(s)

nep
Je vais copier cette publication et son url. Elle mérite d'être conservée, et à l'occasion citée.
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Il y a 18 minutes
