Fusion
Il y a dans la fusion quelque chose qui ressemble à l’effusion quand deux êtres se rapprochent jusqu’à ne plus savoir où finit l’un, où commence l’autre.
Mais la confusion n’est jamais très loin.
Car fusionner, est-ce vraiment se fondre ?
Ou bien apprendre à demeurer deux dans un même élan ?
Il y a la profusion des gestes, des silences, des regards et la diffusion lente de l’un dans le monde de l’autre, jusqu’à ce que chacun porte en soi un peu de l’autre.
Et pourtant, la fusion n’est pas l’effacement.
Elle n’est pas l’abolition des frontières mais leur déplacement.
Se transfuser l’un dans l’autre, ce n’est pas perdre son sang, c’est accepter qu’il circule autrement.
Alors peut-être que la véritable fusion n’est ni confusion ni possession.
Elle est cette étrange infusion de deux présences
qui demeurent distinctes tout en partageant désormais une même lumière.
Fusionner, finalement, ce serait pouvoir dire "Je ne suis plus tout à fait le même depuis Vous,
mais je ne suis pas devenu Vous."
Et dans cet espace fragile entre deux âmes, quelque chose existe, qui n’appartient ni à l’un, ni à l’autre, mais qui n’aurait jamais pu naître sans la rencontre des deux.
Et peut-être est-ce là que la fusion trouve son sens le plus profond. Tout du moins est-ce le sens que j'y trouve auprès de Maîtresse Elie.
Avec Maîtresse Elie, notre couple gynarchique n’est pas la disparition de l’un dans l’autre mais l’acceptation volontaire d’un ordre qui nous relie. Elle occupe une place qui est la sienne, j’occupe celle qui est la mienne et c’est, précisément, parce que nous ne cherchons pas à abolir cette différence qu’elle peut devenir un lien.
Car se donner à l’autre, ce n’est pas cesser d’exister.
C’est choisir la manière dont son existence entre en résonance avec la nôtre.
Dans notre couple, la fusion n’est donc ni confusion, ni effacement, ni possession. Elle est une transfusion. Quelque chose d'elle circule en moi, quelque chose de moi demeure auprès d'elle. Elle est une diffusion lente de nos présences, une effusion de confiance, une infusion quotidienne de l’un dans la vie de l’autre.
Et peut-être que notre gynarchie est finalement simplement cela ; non pas être deux moitiés qui cherchent à devenir une seule mais deux êtres qui ont choisi de construire un même monde, en acceptant que ce monde porte la direction choisie par Maîtresse Elie, avec sa présence et son empreinte.
Je ne me perds pas en
Maîtresse Elie
Je me transforme auprès d'elle.
Et si notre fusion a une vérité, elle est peut-être là. Celle de demeurer deux, de nous appartenir sans nous posséder alors que je lui appartiens, nous transformer sans nous effacer et faire de nos différences non pas une distance mais la matière même de notre union.
#texteperso #photoperso