Noéline
le 23/08/26
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Petit coup de gueule ...
Le titre ne fait pas le Maître
Il y a des mots qu’on devrait apprendre à mériter avant de les porter.
Et celui de Maître en fait partie.
Depuis quelque temps, je vois fleurir sur les profils des “Doms” à peine sortis de l’adolescence, bardés de certitudes et d’ego, distribuant des leçons de vie à des personnes qui ont parfois derrière elles des décennies de pratique et d'expérience.
Alors, soyons clairs.
Je crois qu’il est temps de remettre un peu d’ordre dans les mots.
À tous ces “Doms”, “Maîtres” ou “Alphas” fraîchement sortis de l’adolescence, qui, à 25 ans, s’autoproclament guides spirituels du BDSM : redescendez deux minutes.
Dominer, ce n’est pas porter un pseudo pompeux, balancer trois ordres et recopier des phrases lues sur Fet ou TikTok.
Ce n’est pas non plus donner des leçons de vie à ceux qui pratiquent depuis parfois plusieurs décennies et qui ont connu le BDSM bien avant que vous sachiez l’écrire correctement.
L’expérience, ce n’est pas une posture.
C’est le fruit du temps, des doutes, des erreurs, des silences et du respect acquis à force d’écoute.
La maturité, ce n’est pas d’imposer, c’est de comprendre.
Et la domination, la vraie, commence là : quand on cesse de jouer au Maître pour devenir un homme capable de tenir parole, d’assumer et d’élever.
Ce monde n’a pas besoin de plus de domination, il a besoin de plus de justesse.
Alors, à tous ces pseudo-dominants qui pensent réinventer la roue :
*Avant de vouloir “dresser”, apprenez à vous tenir.
*Avant d’exiger le respect, commencez par en être dignes.
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LordKen
Des maîtres auto proclamés ont toujours existé, des jeunots, des frustrés et des fantasmeurs (cela comprend aussi des femmes dom) c'est pourquoi les soumis/es ne doivent pas se précipiter pour accepter la soumission...
J'aime 23/08/26
Noéline
Balthazar Claës : C'est effectivement peut-être la personne qui se soumet à quelqu'un, qui vit réellement cette relation avec lui, qui est la plus à même de savoir si elle le reconnaît comme son Maître. Un titre que l'on s'attribue soi-même ne suffit pas forcément à créer cette reconnaissance chez l'autre.
J'aime 23/08/26
Noéline
LordKen : C'est justement aussi ce que je voulais souligner dans mon texte. Les personnes qui s'autoproclament Maître ou Dominant ont toujours existé et existeront certainement toujours. D'où l'importance, pour une personne soumise, de prendre son temps, d'observer et de ne pas se laisser séduire uniquement par un titre ou de belles paroles. C'est avec le temps et les actes que l'on découvre réellement la personne qui se trouve derrière le pseudo.
J'aime 23/08/26
Menu
Peut-être est-il aussi parfois question d'interaction autant que de crédibilité intrinsèque. Tel qui paraîtra abuser d'un titre au jugement de certains, pour d'autres l'incarnera avec charme et charisme. Le cœur a ses raisons… "Le charme est au soumis comme au poisson l'appas. Rien ne sert d'exiger, au dominant sincère, Le respect ni l'égard qui ne s'imposent pas, Ou bien l'autorité s'il ne l'inspire guère."
J'aime 23/08/26 Edité
Noéline
Menu : Je suis assez d’accord avec vous sur cette notion d’interaction. Ce qui peut sembler totalement usurpé à quelqu’un pourra effectivement être parfaitement assumé et reconnu par une autre personne. C’est justement pour cela que je pense que le titre, à lui seul, ne signifie finalement pas grand-chose. Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce que la personne dégage, ce qu’elle inspire et surtout ce qu’elle démontre dans ses actes. On peut écrire « Maître » sur son profil, mais si personne ne ressent cette autorité, cette confiance ou cette légitimité à son contact, le mot reste simplement un mot. Et j’aime beaucoup votre conclusion : l’autorité qui doit être constamment exigée est peut-être justement celle qui n’est pas naturellement inspirée. Rire.
J'aime 23/08/26
Beyourself
Bonjour j'entends et comprends bien vos mots sur ce que j'appellerai la bêtise ou l'incomprehension du bdsm chez certaines jeunes personnes n'ayant pas le recul ou la sagesse que requièrent les experiences . Cependant ceux ci sont si je puis dire " à moindre mal" puisqu'ils sont faciles à détecter. En effet pour moi il y a aussi un grand nombre de personnes plus mûres qui ont la même puérilité. Les plus dangereux, ( y compris les plus seniors) sont les "toxiques", ceux qui souvent maîtrisent la réthorique et, ou, une grande culture masquant la menace d'une relation qui peut s'avérer destructrice. Merci pour votre post qui donne à réflechir sur les titres glorieux ou moins croisés ici et là.
J'aime 23/08/26 Edité
Je lis de plus en plus ce genre de coups de gueule, y a-t-il autant de pseudoms? Y’en a-t-il encore plus qu’avant? J’avoue ne pas forcément m’en rendre compte & je ne peux que conseiller à toutes les soumises & soumis d’être vigilants. Rien ne doit être fait à la légère. Beaucoup de personnes réagissent/agissent comme dans les jeux, genre "c’est pas grave si j’perds 1 vie, il me reste plein". Certes, il est possible d’avoir plusieurs vies dans 1 vie mais certaines blessures ou agissements se répercutent dans toutes nos vies. Cela est valable pour toutes & tous. Soyez prudent & conscient.
J'aime 23/08/26
HCL
Ah les titres de "no blesse"... vous avez oubliez : "Sir", "Mister", "Master", j'adore aussi ceux qui vive dans une pseudo littérature, et la vive comme une bible telle que l'univers goréen (là je vais me faire plein de copains...) ou alors histoire d'O ou bien encore l'oeuvre de Sade juste pour un recueille de perversions diverses mais étant aveugle à la philosophie que le divin marquis à cacher derrière.... Il faut bien avoir un manuel quand son propre imaginaire est défaillant. Puis, bon faut les comprendre sortir de la puberté, y avoir survécu, avoir trois poil et se prendre pour un ours, c'est toujours grisant, même si en pressant un peu leur nez, quelques goutes de lait pourrait encore sortir...
J'aime 23/08/26
très beaux échanges plein de vérité.
J'aime 23/08/26
tokala
Personnellement, je fais partie d’une génération qui considère que le respect n’est pas lié à un statut, mais bien quelque chose qui se gagne. Il est dès lors très valorisant de recevoir le titre de Maître, pas seulement dans le bdsm, mais dans la vie professionnelle également… On ne s’autoproclame pas Maître, on est élu Maître pour les qualités dont on fait preuve… Un Maître ne commande pas, il élève la personne qui s’en remet à lui, afin de la faire progresser vers ses objectifs et lui offrir la possibilité de se dépasser… Tout ceci nécessite une bonne expérience de la Vie et une excellente connaissance du sujet de la maîtrise… Difficile à imaginer ces acquis chez un tout jeune adulte… Étant également d’une génération qui a connu le service militaire obligatoire, j’ai appris à obéir à des petits cons, jeunes ou vieux, mais ce n’est pas pour autant que je leur ai offert mon respect. J’obéissais à ces imbéciles uniquement pour pouvoir rentrer chez moi le week-end ou éviter de devoir laver les chiottes… Mais peut être qu’obéir à des petits cons est le fantasme de certains, ce qui en soit ce respecte… Attention toutefois, un petit con qui domine peut représenter un certain danger par manque d’expérience ou de formation…
J'aime 23/08/26
Noéline
Beyourself : Bonjour. Mon texte visait surtout une certaine posture que je constate parfois chez de très jeunes personnes, mais l'âge n'est évidemment pas une garantie de maturité, ni de bienveillance. Vous avez raison également concernant les personnes toxiques. Elles peuvent être bien plus difficiles à détecter, justement parce qu'elles savent parfois parfaitement manier les mots, la rhétorique et donner l'impression d'avoir toutes les qualités que l'on recherche. Et c'est probablement là que le danger est le plus grand. Merci pour votre retour, qui apporte justement une nuance importante à mon coup de gueule.
J'aime 23/08/26
Noéline
Do_ux_minateurDo : Je ne sais pas s'il y en a réellement plus qu'avant, ou si nous les voyons simplement davantage aujourd'hui, notamment avec les réseaux sociaux et certaines plateformes où tout le monde peut très facilement se créer un personnage. Mais je vous rejoins totalement sur un point : rien ne devrait être fait à la légère. Dans le BDSM, derrière les fantasmes et les jeux, il y a de vraies personnes et certaines expériences peuvent effectivement laisser des traces bien plus longtemps qu'on ne l'imagine. La prudence et la conscience de ce que l'on fait me semblent essentielles, quel que soit le rôle que l'on choisit.
J'aime 23/08/26
Noéline
HCL : Rire, vous n'avez oublié personne dans les titres de noblesse, je crois. Je vous rejoins surtout sur le fait qu'aucun manuel, aucune œuvre littéraire et aucun univers imaginaire ne remplacent l'expérience personnelle, l'écoute et la capacité à réfléchir par soi-même. S'inspirer, pourquoi pas. Mais recopier un rôle, des phrases ou un personnage sans comprendre ce qu'il y a derrière, c'est justement peut-être là que l'on tombe dans la posture que je dénonçais dans mon texte. Et pour les trois poils et l'ours... je vais éviter de commenter, rire.
J'aime 23/08/26
Noéline
plugpl : Merci à vous. Je trouve également que les échanges qui ont suivi sont particulièrement intéressants, parce qu'ils apportent justement différentes nuances à mon coup de gueule initial. Et c'était aussi le but : ouvrir la discussion et entendre d'autres regards.
J'aime 23/08/26
Noéline
tokala : Je crois que nous nous rejoignons sur beaucoup de points. Pour moi non plus, le respect ne vient pas automatiquement avec un statut ou un titre, il se gagne. Et c'est justement ce que j'essayais d'exprimer : un mot comme « Maître » ne peut pas, à lui seul, donner les qualités, l'expérience, la maturité ou la légitimité qu'il est censé représenter. J'aime beaucoup votre définition lorsqu'il s'agit d'élever la personne qui choisit de s'en remettre à lui, de l'accompagner et de l'aider à progresser plutôt que de simplement lui donner des ordres. Quant à votre expérience du service militaire... rire, je comprends parfaitement la différence que vous faites entre obéir parce qu'on y est contraint et choisir librement d'accorder sa confiance et sa soumission à quelqu'un. Et effectivement, ce n'est certainement pas la même chose.
J'aime 23/08/26
Onemoon
Un dominant dans une relation le sera moins dsns une autre oú pour une autre, c’est une histoire d’alchimie, de contexte et de justesse. Peu de choses se décrètent oú s’imposent de fait, voir s’apprécient, l’intelligence est de le reconnaître
J'aime 24/08/26
Noéline
Onemoon : C'est justement tout le sens de mon interrogation : un titre ne suffit pas a définir ce qui se crée réellement entre deux personnes. La domination, comme la soumission d'ailleurs, ne s'exprime probablement jamais tout a fait de la même manière selon la personne, l'alchimie et le contexte. L'intelligence est sans doute effectivement de savoir le reconnaître plutôt que de vouloir faire entrer chaque relation dans un modèle prédéfini.
J'aime 24/08/26
Monsieur
Cette dernière réflexion me parle... Un peu trop ! Coupable d'avoir voulu faire comme je le voulais et non comme on aimait s'accorder
J'aime 25/08/26
Noéline
Monsieur : Je crois surtout que vous venez de mettre le doigt sur une partie intéressante de la question. Faire comme on le souhaite, c'est une chose... mais lorsqu'on est deux, il faut peut-être aussi apprendre a faire une place a la façon dont l'autre fonctionne, sans pour autant disparaître soi-même dans ses attentes. Et je crois que c'est justement la que l'équilibre devient compliqué parfois. Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous dénoncer, rire. 😄
J'aime 25/08/26
Stan38
Entièrement d’accord. Les actes d’abord.
J'aime 29/08/26