Gappap
le Hier, 16:58:42
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Elle était une enfant des rues, née de nulle part, sans nom et sans lignée. Sa vie n’était qu’une suite de batailles silencieuses contre le froid, la faim et l'indifférence du monde.
C’est alors que je l’ai recueillie. Je l’ai arrachée l'infamie avec une bienveillance infinie, lui offrant l'asile d'un toit, la certitude de la nourriture et une affection que j'espère salvatrice.
Pourtant, le temps a passé, et l'ingratitude a fleuri. Je t'ai observée, jour après jour, parader dans mon espace avec une fierté insolente, un mépris à peine voilé dans le regard. Tu as pris tes quartiers ici, colonisant chaque pièce, t'appropriant les lieux comme s'ils avaient toujours été tiens. Tu en as oublié d'où tu venais. Tu as oublié qui j'étais, et ce que tu me devais.
Et nous voilà aujourd'hui, figés dans ce lit. L'atmosphère est pesante. Mes mains se sont refermées sur ta gorge et ton visage, immobilisant ton élan.
Un geste de plus, une pression supplémentaire, et je t'ôtais le souffle.
Tu as tenté de te débattre, bien sûr. Tu as sorti tes griffes, cherché à mordre, luttant de toutes tes forces sauvages contre l'inévitable.
Mais l'effort était vain. En un instant, la réalité t'a frappée : ta vie entière tenait entre mes mains.
Pendant deux longues minutes, nos regards se sont croisés, un duel sans mots où tu as enfin compris que toute issue t'était fermée.
C'est alors que je t'ai parlé. D'une voix basse, je t'ai rappelé le néant dont je t'avais tirée. Sans moi, tu ne serais rien, qu'une ombre de plus crevant de faim et de gel dans cette rue sans nom.
Une minute s'est encore écoulée, suspendue dans le temps, avant que je ne desserre ma prise. La réaction ne s'est pas fait attendre.
Privée de ta superbe, tu es venue naturellement te blottir contre mon flanc. Le silence a fait place à un ronronnement vibrant, à des caresses désespérées. Tu es allée jusqu'à me lécher le nez, avant de te tourner sur le dos, m'offrant ton ventre désarmé en signe de soumission absolue.
Le message était passé. Tu savais désormais qui commandait ici.
Le reste de l'après-midi n'a été qu'une longue amourette. Tu as passé des heures à me coller, demandant mon attention par des miaulements, recherchant mon contact comme une bouée de sauvetage.
La vérité venait de s'imposer à toi : ton existence dépend de mon bon vouloir. Tu as assimilé les règles de ce rapport de force.
Si je t'accorde mon affection, tu me dois en retour un amour inconditionnel et sans faille.
Tant que je serai le garant de ta sécurité, de ta couche financière, tant que je maintiendrai l'équilibre fragile entre ta liberté et ta fidélité, tu devras plier. Tant que je te dorloterai, que je panserai tes plaies et que j'éloignerai les dangers du monde extérieur, j'exigerai ta tendresse.
Je prends soin de toi, et malgré la terreur de l'instant, tu aimes te réfugier dans mes bras. La vie est une affaire de compromis cruels, mais c'est ainsi que le monde tourne.
Saloperie de chatte.
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