Nicojedi
le 01/09/26
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Amour, délice et orgue...
Il est des mots qui semblent avoir une âme plus joueuse que les autres.
"Délice" et "orgue" appartiennent à cette étrange famille de mots qui se promènent entre le masculin et le féminin. Au singulier, on les dit généralement masculins ; au pluriel, ils peuvent devenir féminins. Comme si le nombre, en français, ne se contentait pas de compter, il change aussi parfois la nature des choses.
Et puis il y a "amour".
Amour, surtout, semble avoir décidé de ne jamais choisir.
Il est masculin lorsqu’il est seul, et peut devenir féminin lorsqu’ils sont plusieurs. Comme si l’amour, dans sa singularité, portait une force, une verticalité et une évidence ; mais que lorsqu’il se multiplie, lorsqu’il devient "les amours", il se faisait plus tendre, plus délicat et plus nuancé.
Quelle merveilleuse facétie de notre langue.
Car après tout, n’est-ce pas une belle métaphore de l’existence ? Nous passons notre vie à croire que les choses doivent être définies, classées et rangées dans une case. Masculin ou féminin, singulier ou pluriel, ceci ou cela. Et voilà que trois petits mots viennent nous rappeler que la langue, comme la vie, aime les frontières poreuses.
L’amour, lui, conjugue les contraires.
Il peut être force et fragilité, élan et abandon, certitude et vertige. Il peut se dire au masculin et se vivre au féminin, se faire singulier dans le cœur et pluriel dans les souvenirs. Il peut être un amour, puis devenir des amours ; et dans ce passage, quelque chose change, quelque chose s’élargit.
Quant au délice, il nous rappelle que le plaisir n’a pas besoin d’être raisonnable pour être vrai.
Et l’orgue, avec ses voix multiples qui se répondent et s’accordent, semble presque avoir été inventé pour illustrer cette étrange grammaire ; plusieurs voix, plusieurs souffles, plusieurs nuances et pourtant une seule harmonie.
Peut-être est-ce cela, au fond, que nous enseigne la langue française. Nous ne sommes pas toujours obligés de choisir.
Il existe des mots qui acceptent l’ambivalence, des êtres qui portent plusieurs vérités et des sentiments qui échappent aux définitions. Il existe des choses qui sont belles précisément parce qu’elles ne se laissent pas enfermer.
Alors, la prochaine fois que nous dirons "amour", pensons à cette petite malice grammaticale.
Et sourions.
Car même dans ses règles, le français sait nous rappeler que le cœur, lui, n’en connaît aucune.
Il aime au singulier, il aime au pluriel.
Et parfois, il aime même au féminin et au masculin à la fois.
La langue française est facétieuse.
L’amour, lui, est plus facétieux encore.
Le mien est entièrement tourné vers qui a transformé ma masculinité en féminité.
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Maîtresse Elie
Mes règles grammaticales ne connaissant pas les codes. Une liberté que je croque à pleines dents. J’aime mon homme au féminin. Magnifique texte Sabine 2665.png
J'aime 01/09/26
Nicojedi
Une métaphore de nos amours, des délices que nous composons sur le grand orgue de notre vie
J'aime 02/09/26
fmr21
L'amour au féminin sous une main de maître-sse ! Cage, pinces en plus ,quels délices. !!! .. l une belle grammaire. 🪶....!!
J'aime Hier, 08:12:50 Edité
fessee21
Des mots qui changent de genre selon qu'ils soient singulier ou pluriel, ce sont des mots transgenres en quelque sorte. Peu importe en fait, ce que vous préférez ce sont les maux.
J'aime Hier, 09:17:50
Nicojedi
Pire fessee21, ce que je préfère ce sont les jeux...
J'aime Hier, 13:23:18
Nicojedi
Merci fmr21 les mots et les maux de la langue française réunis
J'aime Hier, 13:24:25
VelvetLeach
Tu es très chanceux !!!!
J'aime Hier, 13:45:13
exitations...
J'aime Hier, 17:51:43