Nicolas Edme Restif de La Bretonne (1743 - 1806)
Restif de La Bretonne est une des personnalités les plus attachantes du XVIIIe siècle. Berger, typographe, écrivain, réformateur, philosophe, libertin, visionnaire, il fut tout cela à la fois, ce qui explique les opinions contradictoires portées dès son vivant sur l'homme et sur son œuvre.
Nicolas Edme Restif (ou Rétif) est né à Sacy, en basse Bourgogne. Il y passa son enfance, au milieu d'une famille très nombreuse et mènera jusqu'à douze ans la vie d'un petit paysan. Des dons précoces pour les lettres, une sensibilité portée en même temps vers la rêverie et la réflexion inciteront sa famille à le diriger vers d'autres destinées qu'une vie campagnarde. À dix-sept ans, il part pour Auxerre où il reste quatre ans apprenti puis compagnon typographe. Ce métier lui assurera plus tard son gagne-pain et lui permettra de composer lui-même une partie de ses livres. À vingt et un ans, il arrive à Paris où il vivra jusqu'à la fin de sa vie.
Paysan devenu citadin, Restif gardera sa vie durant cette double empreinte. Ses œuvres portent la nostalgie de son enfance paysanne et l'illumination équivoque de sa rencontre avec Paris. La capitale sera pour lui le lieu de perversion de l'innocence paysanne en même temps qu'un creuset idéal pour les passions. Ces passions, très tôt révélées chez Restif, seront celle des femmes et celle de l'écriture. Il aura plus d'une centaine de maîtresses et écrira 194 volumes totalisant près de 10.000 pages.
Restif a mis un acharnement tout aussi grand à se décrire qu'à réformer la société.
Tous ses livres racontent la même histoire : celle de sa vie. Et il a mis dans ces ouvrages un point d'honneur à ne cacher aucun détail de ses rêves et de ses obsessions. Son fétichisme sexuel (l'amour immodéré des petits pieds) ses tendances incestueuses (il croyait voir en chaque jeune maîtresse l'une de ses filles naturelles) ses amours quadragénaires et quinquagénaires, ses démêlés conjugaux…
Une chaussure à talons hauts laissant apparaître une fine cheville de femme, et Rétif s'embrase. « Le pied de Fanchette » (1769) célèbre le fantasme majeur de l'écrivain et les représentations qui en dérivent, mais il rassemble aussi toutes les obsessions d'une époque qui n'a cessé de célébrer le pied féminin comme objet érotique privilégié. Le désir individuel ne peut donc être dissocié de l'imaginaire collectif.
Fanchette possède un pied si séduisant qu'il rend les hommes fous de désir : des jeunes gens de la bourgeoisie commerçante parisienne se disputent sa main, ainsi qu'un jeune peintre revenant d'un séjour à Rome ; des aristocrates corrompus veulent la séduire ; plusieurs vieillards lubriques cherchent aussi à lui arracher ses faveurs. Après force enlèvements et séquestrations, la jeune orpheline, fille de commerçants ruinés, échappera de justesse à des tentatives de viol, pour finalement trouver un bon mari. Tout rentrera donc dans l'ordre, après les multiples violences que déclenche l'attrait irrésistible d'un pied mignon...
Dans l'album: Les photos du mur perso de CoupleBDSM
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CoupleBDSM
Avec les compliments de CoupleBDSM
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29/05/23
