Lorsqu'il s'agit de bondage, il n'est pas incongru de se questionner s'il est normal, voir même souhaité par l'encordeur/encordeuse que le/la modèle éprouve les liens et de tenter de se détacher par tous les moyens. Ce questionnement, qui touche à la fois aux aspects psychologiques et pratiques de la pratique BDSM, mérite une réflexion approfondie, en explorant à la fois les arguments en faveur et contre cette démarche.

D'un côté, il semble tout à fait normal et même instinctif de vouloir tester les liens lorsqu'on se trouve dans une situation de contrainte. Le désir d'éprouver les nœuds peut naître d'une volonté de vérifier la sécurité de la situation, et la capacité qu'on pourrait avoir à "se sauver" si les choses tournent mal. Cette réaction découle d'un besoin naturel de s'assurer que, même dans un état de vulnérabilité, l'individu conserve une certaine forme de contrôle. Essayer de se détacher peut donc être perçu comme une manière de maintenir une connexion avec la réalité, de s'assurer que l'on reste en sécurité et que les limites personnelles ne sont pas franchies. Pour certains, cet acte de résistance fait même partie intégrante du jeu de pouvoir, ajoutant une dimension supplémentaire d'excitation et de plaisir dans la lutte pour la liberté, qui est en réalité symbolique, puisque le véritable plaisir réside dans la soumission et la contrainte.

D'un autre côté, il est possible de considérer que tenter de se détacher pourrait nuire à l'expérience du bondage, tant pour la personne attachée que pour le dominant. Le bondage, par nature, repose sur la confiance et la soumission volontaire. Essayer de se libérer pourrait être interprété comme un manque de confiance envers son partenaire ou une incapacité à lâcher prise. Cette attitude pourrait perturber la dynamique du jeu, voire casser l'ambiance et l'intensité de la scène en cours. De plus, forcer les liens peut augmenter les risques de blessures, en particulier si les nœuds sont testés de manière excessive ou brutale. Dans cette perspective, l'abandon total à la contrainte est souvent considéré comme le but ultime, où le plaisir réside dans l'acceptation de la soumission et la confiance absolue envers son partenaire.

Face à ces deux approches, la synthèse réside dans la reconnaissance que chaque expérience de bondage est unique et doit être adaptée aux besoins, désirs, et limites de chaque individu. Il n'existe pas de réponse universelle à la question de savoir s'il est "normal" ou non d'essayer de se libérer des liens, car cela dépend de la dynamique spécifique de chaque couple ou groupe. Pour certains, tester les liens et essayer de se détacher peut être une part cruciale du plaisir et de l'excitation du bondage, apportant une couche supplémentaire à l'expérience. Pour d'autres, l'acceptation passive et totale de la contrainte est l'essence même du plaisir.

L'essentiel est que cette question soit abordée de manière ouverte et honnête entre partenaires avant toute séance de bondage. Discuter des attentes, des limites, et des réactions possibles permet de s'assurer que l'expérience est agréable et sécurisée pour tous. Que l'on choisisse de tester les liens ou de se laisser complètement aller, l'important est que cela soit fait dans un cadre de consentement mutuel et de respect des désirs de chacun. Le bondage, en tant que pratique BDSM, est une exploration de l'intime où chaque détail compte, et où chaque réaction, qu'elle soit instinctive ou réfléchie, contribue à créer une expérience unique et partagée.


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Tamanra7
21/08/24
84 votes 377 vues

En cas de bondage trouvez-vous normal de pouvoir éprouver les liens et d'essayer de vous détacher par tous les moyens ? Moi, oui

L'obéissance est une chose, mais une personne dominante ne serait-elle pas qu'une petite créature bien peu sûre d'elle-même si elle attendait de sa/son soumis(e), voire lui demandait, de ne pas essayer de se libérer ?

(poser la question c'est y répondre... mais je laisse juge les membres de ce site)

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Tamanra7
Ah ah ! il y a débat pour l'instant 1f92a.png on était à du 50/50 avant que je ne vote ! est-ce que ceux qui ont voté contre ne sont pas des petits bras ?
J'aime 21/08/24
soumisSM62
Bonjour etant un peu rebelle et maso je ferais tout pour essayer de me liberer sans l accord du dom meme si la punition sera plus severe bonne journee
J'aime 19/09/24
ymerwhite
Bonjour. Bondage, lien, obéissance, droit. Des mots qui peuvent aller ensemble, mais qui, selon moi, ne sont pas de même nature. Le bondage : Pratique sexuelle BDSM qui est élevé au rang d’art en Asie dans laquelle un des partenaires est attaché. (Allégorie de l'Amour et de la Sagesse, Isidoro Bianchi.) Le lien est une allégorie. il peut être matériel évidemment, mais représente dans le monde DS l’attache entre deux partenaires d’une relation. L’obéissance la notion principale émanant de la confiance du Soumis (e) à son Dom. Le droit : ensemble des règles, directives, formalisations qui dans une relation déterminés BDSM, règlent le statut des personnes et régit le quotidien de la relation. S’agit t’il dans votre question d’une vraie démarche de bondage. C’est dire de rendre l’immobilisation artistique. Ou s’agit il d’une immobilisation de ficelage pour profiter pleinement du soumis (e) par jeu pour le dresser, pour le punir, etc..? Dans le premier cas ; le soumis(e) a fait vœux d’obéissance et de soumission. Il doit avoir la compréhension de la démarche artistique pour ne pas bouger et ne cherchera pas a se libérer. Mais dans le second cas, le soumis quel que soit son degré d’engagement et de soumission, même un ( e ) esclave qui est le plus haut degré d’appartenance, tentera de vérifier la qualité de l’ouvrage. Eventuellement tenter de s’en échapper. Et le maitre n’attend que cela, pour mesurer sa soumission et le respect au règles. On pourrait presque dire que cela fait parti du droit. Ce n’est pas formalisé ainsi évidemment. Donc oui le ou la soumise a le droit de vérifier la qualité de ses liens. Et même est presque invité (e) à le faire, la réaction de son Dominant n’aura que plus de saveur.
J'aime 04/10/24
Tamanra7
Merci pour le commentaire. En ce qui me concerne, je suis dans le deuxième cas de figure. Ce qui n'empêche pas de rendre le bondage artistique, en même temps qu'effectif.
J'aime 05/10/24
ymerwhite
Je comprends ce que vous vous voulez dire Tamara7. Mais on doit pouvoir discerner le bondage en tant matière artistique et l'action de supprimer la liberté de mouvement. Mettre des menottes ou autre n'est pas une matière artistique. Pas plus d'attacher son/sa protège (e) à un piquet. Il s'agit de liens. Pas plus . Je parle pour moi ...
J'aime 05/10/24
Tamanra7
Bon, je ne suis pas vraiment d'accord avec vous. Mais peut être que le problème de départ vient du terme artistique. Je reformulerai peut-être mon intervention précédente en parlant d'esthétique. Par ailleurs, il me semble premièrement que l'on peut très bien développer un bondage "artistique" ou dirons-nous plutôt esthétique (pour éviter de galvauder le terme artistique qui finalement est un peu crétin dans ce contexte*) tout en étant extrèmement efficace, voire imparable et sans pour autant recourir à des menottes ou l'attache à un piquet, ce qui me semble aussi être une vision très étriquée du champ des possibles. (*) je conçois que le bondage et notamment l'usage des cordes, en live, en photo, ou représenté puisse avoir un côté artistique (par exemple les oeuvres de Araki), mais il faut déjà avoir un beau niveau de maîtrise. Enfin, soit, je pense que ça ne sert pas à grand chose de gloser sur ce sujet. Ce qui me rassure en lisant votre profil, c'est que vous n'avez pas une vision dogmatique ni ne prétendez être un théoricien du bdsm. ;-)
J'aime 05/10/24 Edité
gerard51
Le soumis peut tenter de se soustraire de ses liens, ça peut être considéré comme une défiance nécessitant une punition. De son côté, la personne Dominatrice se doit de tout faire pour que l'immobilisation soit parfaite. C'est ce que j'adore dans la momification, l'évasion est quasi impossible
J'aime 13/04/25