Après nous être retirés, je porte son corps inerte jusqu’à la salle de bain de nos appartement privés. Elle est bien consciente, les yeux grands ouverts mais comme Violette(2) elle a décidé de garder le silence pour échapper aux douleurs du corps et de l’âme.
L'eau quasi bouillante échoue à purifier ce qui vient de se passer.
La descente est brutale et le verdict sévère.
Je suis mort,du moins celui que j’avais mis tant de soin et d’années à créer a disparu ce soir et ce qu’il reste de moi aimerait être enseveli.
J'espère qu'elle comprend, j'espère qu'elle ressent les choses, je la serre plus fort que d'habitude, différemment. Cette étreinte, probablement la dernière, est chargée de sens.
Un mot glissé à son oreille comme pour lui faire comprendre que c'est moi qui ai fléchit, moi qui ai craqué, moi qui n'en peux plus.
J'espère qu'elle comprendra…
J'espère que les larmes séchées et les coulées de mascara nettoyées, elle verra dans son miroir la beauté et la préciosité de ce que j’ai perdu ce soir et qu’elle comprendra mon choix, j’ai tout perdu et mon univers tout entier s’est écroulé, absorbé dans un trou noir.
J'ai perdu mes repères, le confort simple de mes certitudes, ce rôle assumé, ce personnage que personne ne questionnait jamais et qui devait simplement rester consistant vient de mourir.
J’espère qu’elle finira par trouver sa place : elle mérite un trône ou dans un cage ouverte, et je ne puis lui offrir ni l’un, ni l’autre. “Pardonne-moi”.
J'ai failli à tous mes devoirs, outrepassé tous mes droits...J'ai mélangé les genres, les sentiments, les sensations ... J’ai perdu le contrôle.
J’espère que les ailes qui protégeaient sa proie pourront se déployeront à nouveau, d’une blanc immaculé et qu’elles lui serviront à s’épanouir à nouveau entourée de gens qui l’aiment et la respectent pour ce qu’elle est.
La sensation étrange d'être perdu au beau milieu d’une nuit qui plus jamais ne se terminera est pesante. Mon armure est au sol, je suis nu comme un vers face à mes démons; mon propre reflet, mon identité intrinsèque.
J’espère qu’elle retrouvera sa voix et cessera de chercher des réponses à des questions stériles.
J’espère que son rire contagieux et ses yeux pétillants seront bientôt la raison de vivre d’un autre que moi, et, j’en implore les cieux, qu’il comprendra sa chance plus rapidement que je ne l’ai fait.
Autour de moi, l'obscurité et le silence, je n'ai qu'à fermer les yeux pour me fondre au décor et disparaître, m'apaiser l'esprit en cessant d'exister…. Un temps. Renaître ailleurs… plus tard…
J'espère qu'elle comprendra…
Allusion à la chanson “Violet’s Tale” par Ren
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“Puisqu’elle veut jouer, on va jouer”, j’ouvre mon sac et en sort une laisse, “sa” laisse et m’approche d’elle. Je lis la peur dans ses yeux, elle recule comme un animal traqué. Cette peur est différente, elle n'est pas ludique, pas lubrique. Elle est réelle.
Je passe la laisse autour de son cou, tant pis pour les quelques cheveux sacrifiés, je n’ai pas envie d’être délicat. Ainsi attachée, elle devrait vite retrouver ses esprits … Je tire la laisse d'un coup sec, j'entends des craquements puis une déglutition difficile ... “Je vais trop loin” me dis-je tandis que j’essaie de me rappeler d’où m’est venu ce mouvement que je n’ai déjà plus le souvenir d’avoir commandé.
Je me balade dans la pièce pour me calmer mais aussi tenter de donner le change, comme si tout était "normal", comme si j’avais foutre idée de ce que je suis en train de faire. Je suis sensé être son maître putain … maitrise … maitriser … se maitriser… Elle, au bout de sa laisse, suit docilement le corps tremblant... Instinctivement, je m'arrête devant "son cadeau", celui-là même qu'elle avait malmené et qu'elle contemplait avec fierté il y a quelques minutes à peine.
Mon pied s'écrase sur son dos et la plaque au sol dans un bruit sourd. Ici aussi, je ne me souviens même pas d'avoir pensé à ce geste ... “Qu’est-ce que je suis en train de faire?”
Elle se débat, elle résiste encore ... la dynamique a changé... je dois donner le change, encore, toujours,, faire comme si de rien n'était alors que l’univers tout entier me tombe sur la gueule.. « Peut-être est-ce moi qui analyse mal ce qui se passe… » pense-je. Mais lorsque mon regard croise le sien, je n’ai plus aucun doute sur le fait que sa soumise ne tient plus qu’à un cheveu.
Je m’enflamme intérieurement, mon sang bout, je suis Néron et elle est mon colisée, et puisque je ne suis parvenu ni à la maintenir, ni à la remettre à sa place … je dois tenter une autre approche, la reprendre comme une reprend un animal têtu. Recommencer plus bas que son niveau de départ, redescendre chaque marche de ce que nous avions gravi quitte à la pousser en bas de cet escalier… tant pis pour les hématomes, la douleur, les blessures. Tant pis. Je n’ai pas le choix, il en va de ma survie.
Son regard a une nouvelle avoir attisé ma part sombre et puisqu'être mon jouet semble lui déplaire a présent, elle va devenir le jouet de son jouet… Une sorte de mannequin d'entraînement sans valeur. Je défais ma ceinture et sous les yeux de ce qui jadis était son cadeau et décide lui faire comprendre par la douleur la gravité de notre situation. Avec assurance et d’un ton presque enjoué, j’explique au bonbon comment se manie la ceinture … Elle cligne des yeux et fait une moue bestiale, ma soudaine bienveillance et cette supposée complicité avec une autre la fait souffrir “Aurais-je trouvé la faille?” Je scrute son visage et tente de déceler la moindre réaction à tout ce qui nous entoure…
Plus rien. Elle est à nouveau dans sa coquille…
Ce qui ne devait être qu’un simple exemple pour le bonbon devient un dialogue stérile et douloureux ; mon premier coup de ceinturon est d’une violence inouïe, sans la moindre retenue. Je le regrette instantanément. Elle gueule, enfin. Les 4 coups suivants sont sérieux mais nettement moins flamboyants que le premier; son cri m’a apaisé, enfin nous communiquons à nouveau … Rapidement la tension et une nervosité reprennent le dessus et je comprends que si elle le pouvait elle me sauterait au visage
Qu’à cela ne tienne, désolation pour désolation, je tends la ceinture au bonbon qui se contente de 5 petites caresses décevantes qui ne provoquent pas la moindre réaction… Jusqu’à ce qu’un sourire viennent tout perturber… Heureuse d’avoir ainsi été promue, ravie d’avoir inversé les rôles, fière d’avoir gravi les échelons aussi rapidement; le bonbon se permets un sourire qui change tout.
Son corps lâche, la raideur et la tension disparaissent pour laisser place à une déception palpable, une désillusion déchirante physiquement lisible.
J’insiste.
Je lui attache les mains dans le dos et fais l’amour à son bonbon sous ses yeux. Je suis un père qui offre un cadeau de noël à son enfant et qui finit par le piétiner devant ses yeux lui brisant le cœur en mille morceaux qui ne se rassembleront plus jamais.
Fin cruelle; je jouis et tandis que quelques gouttes amères de sens viennent s’écraser au sol, d’un mouvement de poignet sur la laisse, je lui intime l’ordre d’aller les lecher. Ce qu’elle fait. En silence.
Ces dernières 30 secondes m’ont paru interminables.
J’ai observé la scène depuis le plafond.
J’ai vécu cette scène au ralenti.
J’ai vu le silence.
Entendu la peine.
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