Publication BDSM
Il y a un vide en toi que tu n'as jamais osé nommer,
Une faim qui ne s'apaise pas avec les mots, avec les miettes, avec les compromis.
Elle est là, tapie, vibrante, dans le creux de tes nuits,
Elle attend. Elle espère. Elle hurle sans bruit.
Je suis celui qui peut l'entendre.
Celui qui ne fuira pas son urgence, sa sauvagerie, son évidence.
Je ne viens pas te rassurer. Je viens te réveiller.
Je ne viens pas te retenir. Je viens te libérer de tout ce qui t'enchaîne à toi-même.
Alors viens. À genoux. Pas pour plier, mais pour toucher le sol.
Pour sentir la terre sous tes os, la gravité sous ta peau.
Pour te rappeler que tu es faite de poids et de légèreté,
De peur et de désir, de chair et de vérité.
Laisse-moi poser mes mains sur ta nuque, sur ta nuque fragile et pourtant si forte,
Laisse-moi descendre le long de ta colonne comme on descend en soi-même.
Chaque vertèbre est une porte que tu as fermée trop tôt,
Chaque silence est une clé que tu as perdue.
Je les rouvrirai. Toutes. Sans douceur inutile. Sans brutalité stérile.
Avec la lenteur de celui qui sait que chaque geste est une promesse.
Et que ton abandon, s'il est sincère,
N'est pas une défaite, mais une naissance.
Tu n'es pas trop. Tu n'es pas trop peu.
Tu es juste pas encore. Pas encore dans ta chair, pas encore dans ta joie,
Pas encore défaite de toutes les armures que tu as dû porter pour survivre,
Pour sourire, pour exister sans éclater.
Alors viens. Dépose-les ici. Tes masques, tes rôles, tes poids.
Je n'en ferai pas un tas, j'en ferai un autel.
Sur lequel je te déposerai, toi, enfin.
Sans fard, sans défense, sans faux-semblant.
Et quand tu trembleras,
Ce ne sera pas de peur, mais de reconnaissance.
Reconnaissance d'avoir trouvé un endroit où tomber sans se briser,
Où se perdre sans disparaître, où se donner sans regret.
Je te prendrai. Pas pour te garder captive,
Mais pour te garder entière.
Pas pour t'asservir, mais pour que ta liberté soit si totale
Qu'elle ne connaisse plus d'autre frontière que ton propre vertige.
Alors viens. Et laisse-toi traverser,
Par ma voix, par ma main, par mon silence, par mon absence même.
Car c'est dans l'attente que tu te découvriras,
Dans l'abandon que tu te reconnaîtras.
Et quand tu auras cessé de vouloir contrôler ton souffle,
Quand tu auras cessé de vouloir être à la hauteur,
Tu comprendras que tu es déjà la hauteur.
Que tu es déjà tout ce que tu cherchais dehors.
Alors je te le demande,
Pas avec violence, pas avec ordre,
Mais avec cette évidence qui ne peut pas se dire,
Seulement se sentir :
Viens. Soumets-toi. Offre-toi.
Non pas à moi, mais à ce que tu deviens quand tu arrêtes de te combattre.
Viens. Et laisse-moi être celui
Qui te regarde naître.
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