Ligne de démarcation
Entre ceux qui sont en vie
Et ceux qui les envient,
Frontière mince et impalpable
Séparant les beaux des vilains,
Vitre à l’épreuve des balles et des bombes,
Qui contient toute la colère du monde :
Le mur est fin,
Mais il tient.
Il est upgradé au digital dopé à l’IA
Il est plus grand et plus puissant que jamais
Et même s’il est si fin qu’on entend
Ce qui se passe à côté
Comme si on y était :
On n’y est pas.
Il isole, rend fou,
Autant qu’il laisse passer l’espoir.
Il se resserre au fil du temps
Ce qui nous pousse à manquer d’air.
J’ai beau le bombarder de notes,
J’ai beau le percuter de rythmes,
J’ai beau y jeter des rêves crus,
Des mirages de gloires inutiles,
J’ai beau le peindre de mes tripes
Ce mur affreux reste immobile.
Il me reste la solitude
Comme un substitut de plénitude.
Mes doigts sur le manche
Libres de divaguer
Quand l’esprit navigue
Entre les rochers
Déposés par les démons
Qui dévorent mes entrailles.
Liquide ou solide
Ou vaporeux,
Le poison infiltre l’échine
Jusqu’à la moelle.
Et quand je suis sur le point
De pousser un soupir
D’agonie,
Je les vois, les entends
Ces gens qui rient
Tout le temps.
Je vous aime
Je vous hais,
Je veux être des vôtres
Et vous laisser tomber.
Je veux briller,
vous éblouir
Comme une étoile filante,
Un caillou insignifiant
Qui vole la vedette aux autres
L’espace d’un instant.
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Cette question, je me la suis posée mille fois, dans des contextes divers et variés. Mais c’est important de revenir à elle régulièrement, pour savoir si on est à notre place.
Qu’est-ce que je fous là, dans le dos de mon amoureuse, alors qu’on est heureux affectivement et sexuellement ; vaguement exhibitionniste derrière mon écran de lâcheté, à montrer ma queue à qui veut la voir et à regarder les bites et les culs de ceux (et parfois celles) qui sont (au moins) aussi dépravé(e)s que moi ? Je fais quoi là, à toucher vaguement du bout des doigt des fantasmes homosexuels qui se dissipent une fois déconnecté, à rêver vaguement tantôt de devenir la pute d’un mâle alpha ou d’une femme perverse, tantôt de fourrer ma queue au fond de la gorge d’une salope que j’insulterais copieusement avant de la baiser, peu importe son genre ?
Si tout ça disparaît quand l’ordinateur s’éteint, si j’en reste à baiser la même femme avec une passion animale, sans avoir besoin de cordes ou de fouet ou d’insultes ; si je lui laisse parfois titiller ma prostate et contrôler mes orgasmes sans chercher à devenir sa chienne émasculée : qu’est-ce que je fous là ?
Je ne serais qu’un fantasmeur, un branleur, un moins que rien qui mériterait d’être banni une fois de plus de ce site, parce qu’il est atteint de la maladie contagieuse et endémique du moment : la virtualité.
Ou alors peut-être que j’ai l’impression d’avoir vaguement trouvé ma place au sein de cette communauté de gens aux besoins clairement hors normes, même si les miens sont justes à la marge de la normalité. Je sais que ça peut être mal interprété, mais je m’en fous, je l’écris comme je le pense : je me sens plus à ma place au milieu des dépravés, des chiennes, des exhibs et des masos que dans la vie de tous les jours. Et pourtant ma vie est belle, mes enfants sont formidables, ma chérie est une perle, mon travail me plait ; mais le monde, la société est malade, alors je préfère traîner avec ceux qu’elle considère comme malades. Et même si je ne suis pas vraiment l’un des vôtre, j’admire votre audace, votre courage et votre folie et souhaite m’en inspirer pour repousser (un peu) les limites de mon plaisir et de mon bien-être.
Qu’est-ce que je fous là ? Je sais plus très bien ce que je fous là, mais je sais que je suis bien entouré (une fois qu’un minimum de tri a été fait 😂) et que cette bulle de dépravation respectueuse me redonne foi en l’Humain. Alors merci à vous toutes et tous (les connards que je n’ai pas envie de remercier ne liront pas jusqu’au bout)
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produire, se reproduire, créer, procréer : être présent, visible, risible, scintillant ou transparent. exister, persister, résister, subsister : être contre vents et marrées, à travers champs et forêts.
vivre, survivre, poursuivre ivre un but, une lutte même si chutes et putes nous butent.
c'était sensé être un long fleuve tranquille mais c'est un torrent criminel qui brasse nos corps et broie nos os sur des roches impitoyables.
dans quel état serais-je qu'en j'en aurais fini avec la tribu ravagée qui peuple encore mon cerveau dégénéré ? serais-je un jour réellement prêt à être plutôt qu'à paraître, à briller assez pour qu'on ne voit plus les taches et les infirmités sur lesqelles reposent mes trois vies, dissociés, éclatées, délavées par le temps et la triste lumière du passé ? j'ai le sentiment d'entamer un nouveau cycle, non pas une quatrième vie mais bel et bien la dernière, celle qui ne remplace pas la précédente mais englobe toutes celles qui se sont achevées. après ça il n'y aura plus rien, alors j'avance nu face à la foule, comme si je venais de naître, encore une fois, mais avec le souvenir de toutes les autres vies qui furent miennes, et la ferme intention de m'élever par la connexion à l'essence de ce qui pourrait bien être l'individu que je suis, profondément.
se promener, la tête haute, sans rien avoir à craindre, sans chercher à se cacher ou à intimider, glisser sur le temps comme une coquille de noix vide qui se laisse porter par une rivière calme, au son des oiseaux qui célèbrent le printemps, innondé des rayons rasants du soleil généreux qui nous offre sa joie.
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Présente-toi, dis-moi ce que tu recherches
Combien ici ont fini par céder à la facilité du copier-coller d’un discours qui pue la bienveillance tiède concoctée par des communicants à deux balles, et vendu sous le manteau pour une clope de contrebande au marché aux paumés et aux déglingués de la vie ?
Comment vivre dans ce cloaque sans se laisser souiller par la médiocrité ambiante, fruit d’une époque, d’une société, d’un renoncement à s’améliorer, pour plonger vers toujours plus de confort ? Qui échappe à cet affaiblissement de l’esprit, de la volonté, de la vitalité ? Même ceux qui voient bien comment ils sont en train de se faire baiser sniffent un peu de poppers pour que ça passe mieux, c’est plus simple que de dire stop et de se retrouver mis au ban de la modernité. Et je ne fais pas exception.
Qui suis-je ? Putain, comme si ça pouvait s’écrire avec des mots… vingt six lettres de merde (je crois), on les combine comme on veut, et on associe comme on veut ces mots à la con mais ils ne diront jamais l’infinité d’émotions et les ramifications sans fins des réflexions qui ont déjà garni ma boîte crânienne. On se raconte tellement d’histoires à nous-mêmes par soucis de cohérence que je ne vous raconterai pas grand chose au niveau biographique, pas comme ça, pour faire la promo d’un produit de consommation de mes couilles.
J’ai bien envie de ne plus me raconter d’histoires, de foutre un coup de talons sur ces putains de lunettes qui déforment jusqu’à ma propre biographie, pour entrer dans une case ou une autre. Je suis unique, fragmenté, contradictoire parfois, en lutte active contre ce sommeil qui nous guette tous, celui qui nous fait oublier que nous sommes mortels et putrescibles, et qui nous détourne de la seule chose qui compte réellement : rester vivant, pour de vrai.
Ce que je recherche ? On vient d’en parler je crois, mais je ne limiterai pas à un ou deux outils pour gagner cette guerre qui fait rage quelque part entre mon coeur et mon cerveau. Et tous les alliés potentiels sont les bienvenus
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