Les orgasmes n’ont pas été des relâchements, mais des déchirures sucrées, des vagues si puissantes qu’elles m’emportaient loin de moi-même. Et à chaque fois, votre main restait là, implacable, ravivant la braise, prolongeant l’incendie, me refusant le repos, me contraignant à l’abandon total. Mon bassin bougeait tout seul, mes cuisses tremblaient, mes doigts s’agrippaient dans mon esprit à vos épaules comme à une ancre, et je sentais ma honte et ma jouissance se mêler en un seul fluide chaud, en un seul aveu muet.
Et puis, il y a eu cet instant suspendu, ce frôlement avec l’interdit. S., qui m’écrivait, impatiente, de la rejoindre au lit. Le téléphone a vibré entre mes mains et j’ai vu son nom, j’ai n'ai pas lu ses mots malgres votre demande car j'en étais incapable, j’ai senti son attente. Mais vous, vous n’avez pas ralenti. Vous avez accéléré, au contraire, vous m'avez dit : "accélère salope", "tu es au fond ?" comme si sa présence virtuelle, sa proximité innocente, vous exaltait. Vous m’avez menée jusqu’à la porte de ma chambre, vos doigts toujours en moi, votre souffle contre ma nuque, votre ordre silencieux scellé dans chaque pression. J’étais à deux pas d’elle, à deux battements de cœur de basculer dans le réel, et vous m’avez fait jouir en silence, la bouche ouverte, les yeux mi-clos, debout le corps en arc, retenant un cri qui aurait tout trahi. Ce fut l’orgasme le plus aigu, le plus coupable, le plus délicieusement violent, comme une faute qui m’appartenait tout entière, et qui pourtant n’était que la vôtre.
Ce matin, je me regarde dans le miroir de ma chambre. Mes yeux sont plus profonds, ma nuque plus inclinée, mes gestes plus lents. Je sens une obéissance nouvelle, viscérale, qui n’a même plus besoin de mots. Je n’ai pas à réfléchir : je sais que je vais faire ce que vous voulez, parce que vous avez tissé en moi une trame si serrée que la désobéissance me semble impossible, presque douloureuse. Ma peau se souvient de vos doigts, ma bouche de votre ombre, mon ventre de votre rythme,es seins de vos multiples pincements. Je suis dressée, Monsieur, non par la peur, mais par une jouissance si totale qu’elle a effacé les frontières entre ce que je veux et ce que vous voulez. Je suis soumise, non comme une vaincue, mais comme une terre labourée, prête à germer sous vos ordres.
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Hier, vous m’avez poussée au-delà de mes repères malgré la fatigue que je vous exprimais. Pas à pas, vous avez tissé une emprise si serrée que ma raison s’est dissoute, laissant place à une sensibilité à vif, offerte, dépossédée de toute défense. Quand vous avez commencé à me masturber, ce n’était pas un geste, c’était une prise de possession. Vos doigts connaissaient chaque courbe de mon désir, chaque frémissement de ma chair, et vous les avez guidés sans douceur, sans demande, avec cette autorité jusqu'à me mettre accroupie, une position qui me provoque un sentiment d'humiliation profonde, qui cuisses ouvertes me fait vaciller l’esprit. Vous avez forcé mon plaisir à éclore, encore et encore, comme si vous vouliez extraire de moi jusqu’à la dernière goutte de ma volonté, jusqu’à ce que je ne sois plus qu’un corps offert, qu’une respiration haletante, qu’un gémissement soumis.
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