

Scatologie sexuelle, entre tabou et pouvoirPlongée dans une pratique qui dérange, fascine, et interroge profondément nos limites Mis à jour le 7 avril 2026 Là où ça gratte un peu .........Je vais être franche, la première fois que j’ai entendu quelqu’un évoquer la scatologie dans un contexte érotique, j’ai eu un mouvement de recul presque physique. Pas moral, non, corporel. Une crispation dans le ventre, un pli du nez. Et en même temps… une curiosité qui ne m’a plus quittée. Parce que dans le BDSM, il y a cette règle tacite, on ne rejette pas trop vite ce qui nous dérange. On regarde, on décortique, on questionne. La scatologie sexuelle, souvent appelée 'scat' dans les milieux anglo-saxons, est l’un de ces territoires extrêmes. Peu pratiquée, rarement assumée publiquement, mais bien réelle. Et surtout, profondément révélatrice. Ce n’est pas tant une pratique que je vais vous raconter ici, mais un paysage. Un rapport au corps, au pouvoir, à l’intime, à l’abject. Définir la scatologie sans (se) figerLa scatologie sexuelle désigne l’intégration des matières fécales dans un cadre érotique ou BDSM. Dit comme ça, c’est brut, presque clinique. Et c’est volontaire. Mais derrière cette définition, il y a une pluralité de vécus :
On est loin du cliché simpliste du 'dégoût transformé en plaisir'. C’est plus trouble que ça. Plus ambivalent. Et parfois, plus symbolique que réellement physique. Le corps comme frontière mouvanteDans nos pratiques BDSM, on joue souvent avec les limites. La douleur, l’humiliation, la contrainte… mais toujours dans un cadre négocié, construit. Avec la scatologie, la frontière se déplace encore. Elle touche à quelque chose de fondamental : le rejet. Ce que le corps expulse. Ce qu’on nous apprend à cacher, à nier, à rendre invisible. Et là, tout à coup, ce rejet devient central. Je me souviens d’une discussion avec une dominatrice berlinoise, elle m’avait dit, presque en chuchotant : Et je crois qu’elle avait raison. Humiliation, pouvoir et consentementDans beaucoup de scénarios BDSM incluant la scatologie, la dynamique d’humiliation est centrale. Mais attention, pas une humiliation gratuite ou destructrice. On est dans une humiliation ritualisée, choisie, encadrée. Quelques dynamiques fréquentes :
Ce qui me frappe, c’est à quel point ces scènes demandent une confiance extrême. On parle souvent de cordes, de fouets, de contraintes physiques… mais ici, la vulnérabilité est d’un autre ordre. Elle est sociale, psychique, identitaire. Et ça, ça ne s’improvise pas. Tabou social, excitation psychiqueLa scatologie est l’un des derniers grands tabous sexuels occidentaux. Peut-être même le dernier bastion. Et comme souvent, le tabou nourrit le fantasme. Mais réduire cette pratique à une simple excitation par transgression serait trop facile. Ce que j’observe, chez les personnes concernées, c’est plutôt une relation complexe à :
Il y a quelque chose de presque philosophique, oui, j’ose le mot. Explorer ce que la société considère comme 'abject', c’est aussi questionner la construction même du dégoût. Pourquoi ça, et pas autre chose ? Pourquoi certaines fluides sont érotisés, et d’autres bannis ? On touche ici à une anthropologie du désir. Une pratique marginale, mais pas inexistanteSoyons clairs, la scatologie reste extrêmement marginale, même dans les milieux BDSM. Elle est rarement évoquée dans les munchs, peu présente dans les clubs, et souvent reléguée à des sphères privées, voire clandestines. Pourquoi ?
Et pourtant… elle existe. Discrètement, mais durablement. Ce que ça dit de nousC’est peut-être la partie qui m’intéresse le plus. Pourquoi certaines personnes ressentent le besoin d’aller là ? Pourquoi cette intensité, cette radicalité ? Je n’ai pas de réponse unique. Mais quelques pistes : 1. Chercher une intensité maximaleQuand les pratiques 'classiques' ne suffisent plus, certain·es vont plus loin. Non pas par escalade vide, mais par quête de sensation totale. 2. Se confronter à la honteTransformer ce qui est honteux en terrain de jeu, c’est aussi reprendre du pouvoir. 3. Dissoudre l’egoDans certaines dynamiques de soumission, il y a un désir de disparition de soi. La scatologie peut devenir un outil extrême de cette dissolution. 4. Explorer l’interdit purPas pour choquer, mais pour comprendre. Pour ressentir ce qui se passe quand on franchit une ligne qu’on pensait infranchissable. Mon regard, entre distance et respectJe ne pratique pas la scatologie. Je ne suis pas attirée par elle. Mon corps dit non, clairement. Mais je refuse de la réduire à une aberration ou à une pathologie. Parce que dans le BDSM, j’ai appris une chose essentielle : ce qui compte, ce n’est pas ce qui nous excite, mais comment et pourquoi. Et dans les témoignages que j’ai recueillis, je n’ai pas vu de folie. J’ai vu des gens lucides, souvent très réfléchis, parfois même plus que la moyenne sur leurs pratiques. Ça mérite au moins d’être entendu. Bloc synthétique, comprendre en un coup d’œil
Alors restons curieux sans nous perdre..........Il y a des pratiques qui nous attirent, d’autres qui nous repoussent. Et entre les deux, un espace étrange, inconfortable, fertile. La scatologie sexuelle appartient clairement à cet espace. Je ne vous dirai pas de l’essayer. Ce serait absurde. Mais peut-être de ne pas détourner le regard trop vite. De vous demander ce que votre réaction dit de vous, de vos limites, de votre construction. Parce que le BDSM, au fond, ce n’est pas seulement ce qu’on fait. C’est ce qu’on comprend de soi en regardant ce qu’on pourrait faire… ou pas. Et parfois, ça commence par un léger frisson de dégoût. Ou de curiosité. Ou les deux, mélangés, indissociables… |
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