Je pense que la question mérite d'être posée, et dans les deux sens.
Avec les années, j'ai constaté que beaucoup de soumises recherchent un Dominant qui corresponde à une liste très précise de critères : expérience, disponibilité, pédagogie, autorité, bienveillance, patience, stabilité, compatibilité de pratiques, etc. Pris séparément, ces critères sont parfaitement légitimes. Mais lorsqu'ils deviennent une liste de prérequis absolus, ils peuvent parfois empêcher de découvrir la personne qui se trouve réellement en face.
À l'inverse, certains Dominants recherchent eux aussi une soumise « idéale » : toujours disponible, obéissante dès le premier jour, sans difficultés personnelles, sans doutes, sans contradictions. Cette image est tout aussi irréaliste.
À mes yeux, une relation D/s ne se choisit pas sur une fiche technique. Elle se construit.
Je pense qu'avant de se demander si quelqu'un correspond à tous nos critères, il faut prendre le temps de découvrir sa personnalité, ses valeurs, sa manière de communiquer, sa capacité à écouter, à évoluer et à rester cohérent dans le temps.
La confiance ne naît pas parce que deux personnes cochent les bonnes cases sur un questionnaire. Elle naît des actes, de la régularité, de la sincérité et de la manière dont chacun réagit lorsque les premières difficultés apparaissent.
Alors oui, il faut être prudent. Oui, il faut avoir des exigences, surtout dans le BDSM où la confiance est essentielle. Mais il faut aussi accepter qu'aucun Dominant, comme aucune soumise, ne sera parfait.
À mon sens, la vraie question n'est donc pas : « Les soumises sont-elles devenues trop exigeantes ? », mais plutôt : « Prenons-nous encore le temps de découvrir réellement la personne qui est en face de nous, sans nous arrêter à une liste de critères ou à une première impression ? »
C'est souvent cette découverte progressive qui fait naître les relations les plus solides.