Alexios
par le Il y a 15 heure(s)
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Ils roulèrent d'abord en silence.

La route 12 s'étirait vers l'ouest, entre des champs pâles et des haies mal taillées. Le soleil était haut. La poussière montait derrière la charrette et retombait lentement sur les cages. Sous la bâche, cinq corps nus, masqués, bâillonnés, tressautaient au rythme des cahots. Ils ne voyaient rien. Ils entendaient tout : le claquement des sabots, le grincement des essieux, le vent dans la toile.

Devant, la calèche ouvrait la route.

Shepard tenait les rênes. Elle avait le dos droit, les épaules larges, le chapeau baissé sur les yeux. Le cuir de son pantalon ouvert craquait à chaque mouvement du siège. Elle ne parlait pas. Elle conduisait.

À côté d'elle, Madame Vyc était assise dans le velours. Sa robe tombait sur ses bottes. Sa fourrure reposait sur ses épaules malgré la chaleur. Elle regardait l'horizon, tranquille, comme une femme qui a tout son temps.

Sous ses pieds, Élouan. Le dos arqué, les yeux fermés, le souffle court. Le talon de Madame Vyc reposait sur ses reins, léger, presque négligent. Il ne bougeait pas. Il savait ce qu'elle avait dit : si tu me déranges, je te mets dans une cage.

Derrière, Épervier conduisait la charrette. Même siège, même dispositif. Il avait le visage fermé, les mâchoires serrées. Chaque cahot lui rappelait sa place. Il ne s'en plaignait pas. Il n'avait jamais été du genre à se plaindre.

La route était mauvaise. Des ornières, des pierres, des racines. Chaque cahot soulevait la calèche et la charrette, et à chaque cahot, les sièges à godes s'enfonçaient un peu plus profondément dans les corps des conducteurs. Shepard serrait les dents. Épervier serrait les rênes. Ni l'un ni l'autre ne disait un mot.

Ils roulèrent ainsi pendant une heure.

Puis Madame Vyc eut chaud.

Elle défit la fourrure de ses épaules et la posa sur le velours, à côté d'elle. La robe restait, mais l'air pouvait circuler. Elle soupira, soulagée.

Élouan, sous la banquette, leva les yeux. Il vit la fourrure posée, la robe, la peau de Madame Vyc qui apparaissait à la naissance du cou. Il ne dit rien.

— Tu as chaud aussi ? demanda-t-elle.

— Oui, Madame.

— Alors aide-moi.

Il comprit. Il se glissa hors de sous la banquette, se releva avec peine, et s'approcha d'elle. Ses doigts tremblaient un peu. Il défit les attaches de la robe, lentement, une par une. La robe s'ouvrit. Madame Vyc la laissa glisser sur ses épaules, puis sur ses bras. Elle ne portait rien dessous.

Élouan s'exécuta avec une dévotion presque religieuse. Ses doigts, rugueux et tremblants, contrastaient violemment avec la soie et le velours de la robe. À chaque bouton qu'il défit, un nouveau fragment de peau pâle était dévoilé, comme une promesse interdite. Le tissu glissa lentement, un murmure de tissu contre la peau, avant de s'effondrer autour des chevilles de Madame Vyc dans un froissement sourd.

Elle se tint là, immobile, offerte à son regard mais inaccessible. Elle ne portait rien sous la robe, laissant la brise légère de la route caresser la courbe de ses hanches et la cambrure de son dos. L'air semblait s'épaissir, chargé d'une tension presque palpable. Élouan, le souffle court, ramassa le vêtement avec un soin infini, pliant le velours sombre comme s'il s'agissait d'une relique sacrée, avant de le déposer délicatement sur le siège.

— La fourrure aussi, dit-elle d'une voix basse, un léger frisson parcourant ses épaules. Pose-la derrière.

Il s'approcha pour saisir la pièce de fourrure. En le faisant, il dut passer si près d'elle qu'il put sentir la chaleur irradiant de son corps et le parfum entêtant de sa peau. Il ne la toucha pas — il n'osait même pas respirer — mais la proximité était telle qu'il pouvait percevoir le battement rapide de son propre cœur résonner dans le silence de la calèche.

 Il déposa la fourrure derrière lui, restant alors immobile, les yeux baissés, dans une posture d'attente absolue, conscient que le moindre geste non autorisé serait un crime

Il ne se remit pas sous la banquette. Il s'agenouilla à côté d'elle, sur le velours, les mains posées sur ses cuisses. Elle ne dit rien. Elle le laissa faire.

Devant elle, sur le tableau de bord de la calèche, il y avait un panneau de bois poli, incrusté de cuivre. Des molettes, des boutons, de petits leviers. Un tableau de commande artisanal, fait main, relié par des fils discrets aux sièges des conducteurs et aux cages de la charrette. Madame Vyc posa la main dessus.

Elle tourna une molette.

Puis Shepard sentit.

Une vibration. Discrète au début, comme un frémissement. Puis plus nette, plus profonde. Le silicone logé en elle se mit à vibrer, à l'intérieur, contre ses parois. Une onde lente, régulière, qui montait et descendait au rythme de la molette.

Shepard serra les rênes. Ses doigts blanchirent. Elle ne dit rien. Elle garda les yeux sur la route. Mais son dos se raidit, et un souffle lent s'échappa de ses lèvres.

La route était mauvaise. Chaque cahot soulevait la calèche, et à chaque cahot, le gode du siège s'enfonçait plus profondément en elle. La vibration amplifiait tout. La pénétration était constante, répétée, accentuée par les ornières. Son intimité, ouverte par le cuir du pantalon, frottait contre le velours du siège. Elle était mouillée. Le velours absorbait, mais le contact restait. Chaque mouvement de la calèche la faisait glisser, la faisait gémir.

Madame Vyc regardait la route. Elle ne regardait pas Shepard. C'était pire.

— Continue de conduire, dit-elle simplement.

— Oui, Madame.

La vibration changea. Plus rapide. Plus insistante. Shepard sentit ses hanches se contracter malgré elle. Le cuir de son pantalon ouvert frottait contre sa peau. Le siège la maintenait en place, empalée, incapable de fuir. Chaque cahot amplifiait la sensation. Chaque pierre, chaque ornière, chaque virage.

Un gémissement lui échappa.

Il fut court, à peine audible. Mais Madame Vyc l'entendit. Elle tourna la tête, regarda Shepard, et sourit.

— C'est mieux, dit-elle.

Derrière, dans la charrette, Épervier sentit à son tour.

La vibration monta dans son siège, dans son corps, contre ses parois internes. Il eut un hoquet, serra les rênes, et faillit faire dévier les chevaux. Il se reprit. Il redressa la tête. Il fixa l'horizon.

Mais son souffle était plus court. Et ses mains tremblaient.

La route était mauvaise pour lui aussi. Chaque cahot enfonçait le gode plus profondément. Chaque vibration le faisait tressaillir. Il ne gémissait pas. Pas encore. Mais ses mâchoires étaient serrées, et son dos se raidissait à chaque secousse.

Sous la bâche, les cinq cages vibrèrent aussi.

Les plugs logés dans les cinq corps se mirent à vibrer en même temps. Un bourdonnement doux, régulier, qui monta dans la pénombre de la charrette. Les cinq candidats, nus, masqués, bâillonnés, tressaillirent ensemble.

Kadabra se cambra. Alexios serra les mâchoires. Lilith gémit dans son bâillon. Naya ferma les yeux. Sabine trembla.

Les gémissements étaient étouffés, mais ils étaient là. Un chœur sourd, continu, qui se mêlait au bruit des sabots et des essieux.

Madame Vyc, dans la calèche, entendait tout.

Elle tourna une autre molette.

Les vibrations s'intensifièrent. Shepard poussa un gémissement plus long, plus profond, qu'elle ne put retenir. Ses hanches bougeaient malgré elle. Le cuir du siège craquait. Les chevaux, habitués, ne bronchèrent pas. Ils connaissaient la route. Ils connaissaient leur conductrice.

Derrière, Épervier laissa échapper un souffle rauque. Il ne gémit pas. Pas encore. Mais ses doigts serraient les rênes comme s'il se retenait à quelque chose.

Sous la bâche, le chœur des cages montait.

Madame Vyc écoutait. Elle ne regardait pas. Elle écoutait. Les gémissements visibles des conducteurs. Les gémissements étouffés des cages. Les deux ensemble. Une symphonie.

Elle tourna la molette encore.

Shepard gémit. Plus fort. Plus long. Sa tête bascula en arrière, un instant, avant qu'elle ne se reprenne. Elle fixa la route. Elle conduisait. Mais son corps n'était plus à elle. Le velours sous elle était trempé. Sa nudité frottait, glissait, s'ouvrait à chaque cahot. La vibration ne s'arrêtait pas. La pénétration ne s'arrêtait pas. Elle conduisait, empalée, vibrante, mouillée.

Épervier, derrière, laissa enfin échapper un gémissement. Court. Rauque. Il ne le répéta pas.

Madame Vyc ferma les yeux.

Elle prenait son plaisir là. Pas dans son corps. Dans le leur. Dans les gémissements. Dans les corps qui se tendaient, qui se contractaient, qui tressautaient sous l'effet des vibrations et des cahots. Dans les conducteurs qui tenaient leur rôle malgré tout. Dans les cages qui chantaient.

Puis elle s'adressa à Élouan.

— Toi, dit-elle. Tu vas me servir autrement.

Il releva la tête. Il était toujours agenouillé près d'elle, les mains sur ses cuisses.

— Oui, Madame.

— Tu vas me caresser. Et parfois, tu me feras mal. Aux seins. Doucement. Puis plus fort. Comme je te le dirai.

— Oui, Madame.

Il tendit les mains. Il caressa d'abord sa taille, ses hanches, son ventre. Puis ses seins. Ses doigts trouvèrent les tétons, les firent rouler, les pincèrent. Madame Vyc ferma les yeux.

— Plus fort, dit-elle.

Il obéit. Elle gémit. Pas à cause de lui. À cause d'eux tous. Shepard devant. Épervier derrière. Les cages. Et lui, sous ses mains, qui la faisait mal juste ce qu'il fallait.

Il s'exécuta, ses doigts devenant les instruments d'une partition dictée par Madame Vyc. Il commença par des effleurements presque timides, remontant lentement le long de son ventre pour atteindre la courbe de ses seins. Sous ses caresses, la peau de Vyc frissonna. Puis, suivant ses ordres, il resserra sa prise. Ses doigts s'enroulèrent autour des tétons, les pinçant, les malmenant avec une précision cruelle et délicieuse.

Madame Vyc bascula la tête en arrière et ferma les yeux. Elle ne ressentait pas seulement la pression des doigts d'Élouan sur sa chair ; elle absorbait l'air saturé d'électricité qui vibrait dans la calèche.

Elle écoutait. Elle s'abreuvait du chœur invisible : le gémissement étouffé de Shepard à l'avant, la respiration saccadée d'Épervier derrière elle, et le fracas rythmique des cages où les corps s'entrechoquaient. Chaque secousse du véhicule, chaque plainte provenant des masques de cuir, agissait comme un stimulant décuplant la sensation sur ses propres seins.

L'extase de Madame Vyc n'était pas un acte solitaire, c'était une capture. Elle puisait son plaisir dans la tension des muscles contractés, dans le souffle court des soumis et dans cette douleur précise, presque chirurgicale, qu’Élouan lui infligeait. Elle n'était plus seulement une femme abandonnée à un plaisir physique, elle était le centre d'un vortex de soumission, savourant l'orchestration parfaite de leur détresse et de son pouvoir.

Shepard gémit encore. Plus fort. Le velours était trempé. Ses cuisses glissaient. Le gode la remplissait, la faisait vibrer de l'intérieur. Elle conduisait. Elle ne pouvait pas s'arrêter. La route était droite, heureusement. Les chevaux connaissaient le chemin.

Derrière, Épervier serrait les rênes. Il ne gémissait plus. Il tenait. Mais son dos était raide, et son souffle court.

Sous la bâche, les cinq corps se tordaient. Les plugs vibraient sans relâche. Les gémissements étouffés montaient, redescendaient, remontaient. Un chœur continu.

Madame Vyc tourna une dernière molette.

Un long gémissement collectif monta de la calèche et de la charrette. Shepard. Épervier. Les cages. Et sous ce concert, un autre gémissement, plus discret, plus profond. Celui de Madame Vyc elle-même.

Puis elle appuya sur un bouton.

Les vibrations s'arrêtèrent.

Shepard respirait vite. Ses mains tremblaient sur les rênes. Elle n'avait pas lâché la route. Le velours sous elle était trempé. Ses cuisses glissaient. Mais elle tenait.

Derrière, Épervier avait les yeux fermés. Il respirait lentement. Il tenait aussi.

Sous la bâche, les cinq corps retombèrent. Les gémissements s'éteignirent. Le silence revint.

Madame Vyc rouvrit les yeux. Elle baissa le regard vers Élouan, toujours agenouillé près d'elle, les mains encore posées sur sa poitrine.

— C'était bien, dit-elle. Tu peux te retirer.

Il obéit. Il recula, s'assit sur ses talons, et baissa la tête.

— Reste près de moi.

— Oui, Madame.

Il resta à côté d'elle, sur le velours. Il ne retourna pas sous la banquette.

Madame Vyc se cala contre le velours. Elle regarda l'horizon.

— Bien, dit-elle. Très bien.

Ils roulèrent encore quatre heures.

Le soleil descendait. La route 12 s'ouvrait sur une prairie. De l'herbe haute, grasse, verte, qui ondulait sous la brise. Un ruisseau la traversait, clair, bordé de saules. Au loin, une ligne de collines rousses. Le ciel était vaste, sans nuages.

Madame Vyc posa la main sur le bras de Shepard.

— Arrête-toi, dit-elle.

Shepard tira doucement les rênes. La calèche ralentit, puis s'arrêta. Derrière, Épervier fit de même. Les chevaux baissèrent la tête, flairant l'herbe.

Madame Vyc regarda la prairie. Longuement. Elle respira. L'air sentait l'herbe chaude et l'eau claire.

— C'est beau, dit-elle.

Shepard se tourna à demi. Elle regarda la prairie, le ruisseau, les saules, les collines.

— C'est un bon endroit pour monter le camp, dit-elle. De l'eau. De l'herbe. De la place. Les chevaux seront bien.

— Tu connais la région ?

— Non. Mais je connais les chevaux. Et je connais les campements. Celui-ci est bon.

Madame Vyc acquiesça lentement. Elle regarda Shepard. Puis la prairie. Puis le ciel.

— Alors on campe ici, dit-elle. Pour la nuit.

Elle se leva. Elle avait toujours sa robe ouverte. Elle la referma, sans se presser. Élouan se leva à son tour.

— Tout le monde descend. On s'installe.

Shepard rangea la calèche le long du ruisseau. Épervier rangea la charrette derrière, à l'ombre des saules. Les chevaux furent dessellés, menés à l'eau, puis attachés à des piquets dans l'herbe haute.

Avant de descendre, Shepard et Épervier retirèrent les godes de leurs sièges. Ils les sortirent de leur corps, lentement, et les nettoyèrent. Avec leurs doigts d'abord. Puis avec leur bouche.

Le silence retomba dans la calèche, seulement troublé par le bruit métallique des godes que l'on retire lentement, un glissement humide et libérateur. Sans un mot, sans même un regard l'un vers l'autre, Shepard et Épervier s'attelèrent à la tâche avec une rigueur machinale.

Leurs gestes étaient précis, dénués de toute pudeur, car la pudeur n'a pas sa place dans le service. Ils utilisèrent d'abord leurs doigts pour essuyer le silicone, effaçant les traces de leur propre corps. Puis, dans un mouvement synchronisé, ils portèrent les objets à leurs lèvres. Le nettoyage devint un acte de dévotion, une succion méthodique et profonde, où chaque mouvement de langue visait la perfection de la propreté. Ce n'était pas un acte de plaisir, mais une extension de leur devoir : rendre l'outil aussi immaculé qu'au premier jour.

Une fois le rituel achevé, ils reposèrent les godes dans le coffret de cuir à l'arrière de la calèche, refermant le loquet avec un clic sec. Ils descendirent chacun de leur véhicule, redevenant les gardiens silencieux et impassibles de Madame Vyc.

Élouan sortit de la calèche. Il se releva avec peine, s'étira, et alla aider Épervier à monter le camp. Il ne parlait pas. Il faisait ce qu'on lui disait.

Madame Vyc s'approcha de la charrette. Elle souleva la bâche. Les cinq candidats étaient là, nus, masqués, bâillonnés, les plugs en place. Ils étaient calmes. Épuisés. Mais calmes.

— Libérez-les, dit-elle. Ils vont se dégourdir les jambes.

Shepard et Épervier s'exécutèrent. Ils ouvrirent les cages, retirèrent les bâillons et les masques, mais laissèrent les plugs en place. Les cinq candidats sortirent un par un, les jambes raides, les corps marqués par les barreaux. Ils clignèrent des yeux dans la lumière du soir. Ils ne parlaient pas. Ils attendaient.

Madame Vyc les regarda. Elle ne dit rien. Puis elle donna les ordres.

— Certains iront chercher du bois. D'autres iront pêcher avec Épervier. Shepard ira chasser.

Elle se tourna vers Alexios. Le métis massif se tenait près de la charrette, les épaules basses, le regard au sol. Elle le détailla. Les jambes longues. Les muscles noueux. Le torse large.

— Alexios.

Il releva la tête.

— Oui, Madame.

— Tu cours vite ?

Un silence. Il ne s'attendait pas à cette question.

— Assez vite, Madame.

— Assez vite pour quoi ?

— Pour courir.

Madame Vyc sourit. Un sourire lent, qui n'était pas rassurant.

— Alors on va bien s'amuser, dit-elle.

Alexios la regarda. Il ne comprit pas tout de suite. Puis il comprit. Son visage ne changea pas. Mais quelque chose dans son dos se raidit.

— Oui, Madame.

— Shepard partira chasser le gibier. À pied. Toi, tu seras ma proie. Je chasserai à cheval. Avec un lasso. Et on verra qui est le plus rapide.

Elle fit un pas vers lui, s'arrêta tout près, et parla à voix basse, pour lui seul.

— Si tu m'échappes, tu dînes avec moi. Si je t'attrape, tu retournes dans ta cage. C'est clair ?

— Oui, Madame.

— Bien.

Elle se tourna vers les autres.

— Les autres, au travail. Du bois. De l'eau. De la pêche. On mange ce soir.

Le camp s'organisa.

Épervier prit trois candidats — Kadabra, Naya, Sabine — et les emmena vers le ruisseau avec des lignes et un filet. Ils marchaient lentement, les jambes raides, les plugs toujours en place. Personne ne se plaignait.

Lilith et Élouan restèrent au camp pour monter le feu et préparer l'emplacement des couvertures. Lilith avait retrouvé un peu de sa sensualité naturelle : elle se déplaçait sans gêne, nue, les hanches balancées, comme si la poussière et l'herbe étaient son domaine.

Shepard, elle, alla chercher son fusil dans la calèche. Une carabine à levier, courte, précise. Elle vérifia la culasse, compta les cartouches, et revint près de Madame Vyc.

— Je suis prête.

— Bien. Prends la direction des collines. Je te rejoindrai plus tard.

Shepard hocha la tête. Elle partit à pied, le fusil sur l'épaule, vers les hauteurs. Elle ne se retourna pas.

Alexios se tenait à l'écart, près de la charrette. Il regardait les collines rousses, au loin. Il savait ce qui l'attendait. Il n'avait pas peur. Il était curieux.

Madame Vyc s'approcha de lui une dernière fois.

— Tu partiras quand je te le dirai. Tu courras vers les collines. Tu ne t'arrêtes pas. Tu ne te retournes pas. Si je t'attrape, tu perds. Si tu atteins la ligne des arbres avant moi, tu gagnes.

— Et si je gagne ?

— Alors tu dînes avec moi. Ce soir. Dans la calèche.

Alexios la regarda. Il ne sourit pas. Mais quelque chose dans ses yeux s'alluma.

— Et si je perds ?

— Alors tu retournes dans ta cage. Et tu regardes les autres manger.

Un silence. Puis :

— J'ai compris.

Madame Vyc recula de quelques pas. Elle regarda la prairie, les collines, le ciel. Le crépuscule approchait.

— On va bien s'amuser, dit-elle.

Le vent se leva. L'herbe ondula. Le soleil descendit.

La chasse n'avait pas encore commencé

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Spirit-of-Shibari
jaime
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