par Abyme
le 17/02/15
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Après le feu
cratère
lunaire
dont la béance
indécente
pulse encore
Et tu dors
sous mon toit
sous toi le lit
sous le lit le sol
sous le sol
la terre
et le feu
Cratère
lunaire
je t'aime indécente
je te veux
encore
mais tu dors
Sur toi
je m'immisce
je survole
je m'envole
dans l'éther
je brûle
Cratère
cratère
lunaire
dont la béance
indécente
pulse encore
Et tu dors
sous mon toit
sous toi le lit
sous le lit le sol
sous le sol
la terre
et le feu
Cratère
lunaire
je t'aime indécente
je te veux
encore
mais tu dors
Sur toi
je m'immisce
je survole
je m'envole
dans l'éther
je brûle
Cratère
Posté dans: Art/Dessin/Poésie/Musique
Suggestion
Par : LeoOhOh
Mes doigts glissent le long de ta peau.
Tes poils s'hérissent, ta nuque se relève
Ton dos se courbe et un souffle éclot
Mes doigts descendent
De tes cheveux à ton cou
Le serre, l'enserre et le déserre
Ils descendent sur tes seins
Les caresse doucement
Tes liens se tendent, ton corps se tord
Tes yeux s'envolent et des papillons se posent
Mes doigts descendent encore
Et après avoir pincé tes tétons
S'attaquent à ton clito
Tu cries, tu te tords
Ton corps se sent enfermé et les papillons se posent
Mes mains passent entre tes cuisses
Et dansent à l'intérieur
Elles jouent s'amusent
Sur ta peau c'est la guerre
Et les soldats se lèvent, et les soldats tombent
Un million de cicatrice sur tes fesses
Mais aucune ne rougit
Elles sont là, se rappelent
Et comme des cheffes de guerre
Te remémorent les batailles
Et les papillons se rassemblent
Mes doigts pénètrent ton corps
Et en ressortent
Tu en demandes encore et te fais taire
Remplie ta bouche pour ne plus entendre
Mais ressentir les vents qui parcourent ton corps
Mes doigts s'amusent à l'intérieur
Et tu ne peux rien y faire
Rien ne sort de toi, pas même un cri
Pour protester contre la torture sur ton lit
Tu m'appartiens sans concession
Tu es mienne, sans plus aucune discussion
Et les papillons s'élancent
J'accélère
Te détache
T'utilise
Te punis
Exécute ma sentence
T'agenouille
Te remplis
T'humilie
Tu te sens mienne
Tu es mienne
Les papillons s'envolent
Et dans leur vol au desuss du champ de bataille
Partent en courte balade
Pour revenir
Mes doigts glissent le long de ta peau.
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Par : Abyme
Une danseuse
en tutu
joue l'allumeuse
et moi le bourru
elle me chauffe
et j'halète
je l'apostrophe
pour qu'elle m'allaite
elle mate
ma braguette
puis me flatte
la baguette
je lui susurre
du chaud pain
une ouverture
sans baratin
alors elle m'offre
sa gorge déployée
la belle a du coffre!
me voilà augmenté
la vorace
m'astique
pourvu, de grâce!
qu'elle ne mastique
lorsque irrépressible
se met en branle
la montée indicible
j'en tremble
mais la gloutonne
n'en a cure
elle me ramone
me transfigure
alors j'expectore
mon désaveu
et elle pérore
d'un sourire baveux
673 vues
Par : Abyme
une nuit d'amour
un jour d'ennui
juste une étreinte
un peu éteinte
le méat coule pas
mea culpa
froissé, son visage
se perd dans ses mains
malgré le froid présage
elle l'espère demain
Pour qu'Il la fascine
pour qu'il la façonne
puis la renie
puis la renomme
Mauvais coup
mauvais sang
sans à-coup
renaissant
494 vues
Par : KAPA🅒•••🔺rt
Le projet Vistul Art, est une initiative de Dariusz Plutecki et Dagmara Świrska, deux artistes de Varsovie. Ce projet d'art contemporain donne à voir des création très originales en art du fil. Une partie des oeuvres de Dariusz et Dagmara est à orientation fetish et plus précisément shibari. Le concept n'en est que plus original : la corde s'en trouve représenté ... au fil !
Artistes autodidactes, unis par leur passion pour l'art et l'innovation, à l'atelier comme à la ville, a su transformer leur technique en un moyen d'expression unique.
Ils se définissent comme des "peintres de fil", une technique où des kilomètres de fil (le même que pour les machines à coudre) sont utilisés pour créer des images complexes et expressives. Ce qui rend leur travail si particulier, c'est leur exploration des thèmes du shibari, utilisant cette technique unique pour capturer la complexité et l'intimité de ces sujets.
Leur intérêt pour ces thèmes a émergé pendant la période de la pandémie, où le confinement leur a permis de plonger plus profondément dans des sujets peu explorés dans l'art du fil. Dariusz a développé des techniques spécifiques pour mieux capturer l'essence du shibar, mettant en lumière la beauté, la force et la vulnérabilité inhérentes au bondage.
Leurs œuvres ne se limitent pas à reproduire des images mais cherchent à communiquer les émotions et les histoires liées à l'encordeur et à son modèle. Leur approche artistique est une quête constante de sujets inédits, les amenant à représenter des scènes délicates et puissantes, où les cordes et les nœuds ne sont pas seulement des éléments visuels, mais aussi des symboles de connexion et de confiance.
Vistul Art continue de développer de nouvelles collaborations et de préparer d'autres expositions, espérant que leur art du fil inspiré par le shibari permettra au public de réfléchir sur la complexité des relations humaines et les multiples facettes de l'expression artistique.
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Ashi :
Futomomo III :
Indigo Shinju :
Matanawa :
Backside :
Hands :
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Par : Abyme
Suite au bon accueil de mon article l'automne dernier proposant des traductions de chansons de Pink Floyd : http://www.bdsm.fr/blog/2449/traduction-de-chansons-de-pink-floyd-du-sens-et-de-la-po%C3%A9sie j'ai décidé de continuer en passant à LED ZEPPELIN qui profite bien aussi de la plume talentueuse du chanteur Robert Plant. Voici quatre chansons, dont la première est emblématique pour tout le monde. En connaissiez-vous les paroles ?
STAIRWAY TO HEAVEN
https://www.youtube.com/watch?v=oW_7XBrDBAA
UN ESCALIER VERS LE PARADIS
Il est une Princesse qui est certaine
que tout ce qui brille est d'or.
Et elle s'offre un escalier jusqu'au paradis.
Et lorsqu'elle l'atteint, elle sait
que même si tous les guichets sont fermés,
Un mot suffit pour obtenir ce qu'elle est venue y chercher.
Il y a un signe sur le mur,
mais elle veut être sûre
Car vous savez, les mots ont parfois un double sens.
Dans un arbre, près du ruisseau,
il y a un oiseau qui chante.
Parfois toutes nos pensées sont remplies de doutes.
Je suis ému lorsque je regarde vers l'ouest
Et mon esprit cherche désespérément à s'évader.
Dans mes songes j'ai vu
des volutes de fumée à travers les arbres,
Et les voix de ceux qui restent là à regarder.
Et on murmure que bientôt,
si nous chantons tous le même air,
Alors le joueur de flûte nous guidera vers la raison,
Et une nouvelle aube se lèvera pour ceux qui ont tenu,
Et les forêts résonneront à nouveau d'éclats de rire.
Et je me demande...
Si ton jardin est chamboulé, ne t'affole pas,
Ce n'est que le nettoyage de printemps pour la Reine de Mai.
Oui il y a deux chemins possibles, mais en fin de compte,
Il est toujours temps de changer de route.
Ta tête bourdonne et ça ne cessera pas, au cas où tu l'ignorerais.
Le joueur de flûte t'invite à le rejoindre.
Chère Princesse peux-tu entendre le vent qui souffle,
et le savais-tu,
Ton escalier repose sur les murmures du vent.
Et alors que nous serpentons la route,
Nos ombres plus grandes que notre âme,
Y marche une Princesse que nous connaissons tous,
Qui brille d'une lumière blanche et qui veut montrer
Comment tout se transforme toujours en or.
Et si tu écoutes très attentivement,
Finalement l'air te parviendra,
Quand tous ne feront qu'un et qu'un sera tous,
Pour être un roc et ne pas rouler.
Et elle s'offre un escalier jusqu'au paradis.
THE BATTLE OF EVERMORE
https://www.youtube.com/watch?v=DJik3FPyoQE
LA BATAILLE DE L'ÉTERNITÉ
La Reine de la Lumière prit son arc, puis se retourna pour partir.
Le Prince de la Paix embrassa les ténèbres, et marcha seul dans la nuit.
Dansez dans la pénombre de la nuit, chantez jusqu'à l'aube.
Le Seigneur Ténébreux chevauche en force cette nuit, et le temps nous dira tout.
Jetez vos charrues et fourches, n'ayez de cesse afin de ne pas verrouiller vos maisons.
Côte à côte nous attendons de pied ferme la puissance du plus Sombre d'entre tous.
J'entends le fracas des chevaux dans la vallée en contre-bas.
J'attends les anges d'Avalon, j'attends la lueur à l'est.
Les pommes de la vallée recèlent les germes du bonheur,
Le sol est riche de soins délicats, rendez grâce, n'oubliez pas, non.
Dansez dans la pénombre de la nuit, chantez jusqu'à l'aube.
Les pommes deviennent brunes et noires, le visage du tyran est rouge.
La guerre est une banale plainte, prenez vos épées et volez.
Le ciel est rempli du Bien et du Mal, tels que les mortels n'ont jamais connu.
Oui, la nuit est longue, les grains du temps s'écoulent lentement.
Les yeux fatigués sur le lever du soleil, attendant la lueur à l'est.
La souffrance de la guerre ne peut excéder le malheur des séquelles.
Les tambours secoueront le mur du château, les Esprits Servants de l'Anneau chevauchent en noir.
Chantez en levant vos arcs, tirez plus juste que jamais.
Sans réconfort est le feu dans la nuit, éclairant le visage froid ô combien.
Dansez dans la pénombre de la nuit, chantez jusqu'à l'aube.
Les runes magiques sont écrites d'or pour rétablir l'équilibre. Rétablissez-le!
Le soleil brille enfin, les nuages chagrins sont chassés.
Avec les flammes du dragon des ténèbres, l'éclat du soleil aveugle ses yeux..
THE RAIN SONG
https://www.youtube.com/watch?v=zDVnjCwCYCs
LA CHANSON DE LA PLUIE
Voici donc le printemps de mon amour
la deuxième saison que je connaisse.
Tu es le soleil de ma croissance
une chaleur telle que ne n'en ai ressenti.
Comme je me sens aisément rougir
j'observais le feu qui montait, si lent.
Voici l'été de mes sourires
éloignez-vous de moi, Gardiens des Ténèbres.
Parle-moi seulement avec tes yeux.
C'est à toi que je dédie cet air.
Pas si dur de s'en rendre compte
ces choses sont claires pour tous depuis la nuit des temps.
Parle, parle moi!
j'ai senti la froidure de mon hiver.
Jamais je n'ai pensé que ça finirait un jour.
J'ai maudit l'obscurité qui s'était jetée sur nous.
Mais je sais que je t'aime, tant...
Ce sont les saisons de l'émotion et
comme les vents elles se lèvent puis retombent.
C'est la merveille du dévouement
Voici le flambeau que nous devons tous porter.
C'est le mystère du quotient
une petite pluie doit tomber sur nous.
Juste une petite pluie...
ALL MY LOVE
https://www.youtube.com/watch?v=YMPU52txRIQ
TOUT MON AMOUR
Devrais-je me laisser tomber du haut de cet amour,
ma flamme dans la lumière
Pour chasser une plume dans le vent,
Dans la lueur qui tisse les manteaux de plaisir
Tressaille encore un fil sans fin.
Pour toutes ces heures et ces jours qui passent bientôt
Le cours du temps a fait s’estomper la flamme
Finalement le bras est droit, la main sur le manche
Est-ce pour en finir ou à peine pour entreprendre ?
Tout mon amour, tout mon amour pour toi
La tasse est levée, le toast est déjà prêt
Une voix claire s’élève au dessus du vacarme
Fier aryen, un mot, ma volonté pour supporter
Pour moi, le drap à enrouler encore une fois
Tout mon amour, tout mon amour pour toi
Le drap est tien, mienne est la main qui coud le temps
Sienne est la force qui se trouve à l’intérieur
Nôtre est le feu, toute la chaleur que nous trouverons.
Il est une plume dans le vent
Textes par Robert Plant
Traduction Filo
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Par : ChatMOnYou
(Réédition du 31/01/2016 -> 23/03/2024 - 754 Vues)
.
La raison du plus fort sur le plus faible..
Cette défloration de l'esprit.
Cette douleur qui peut me faire oublier qui je suis, et quel âge j'ai.
Ce plaisir à hurler et ne pas en mourir.
Ce premier choix que je réalise et qui m'incombe.
Que vais-je faire ?
Me rebeller ?
Capituler ?
ou ressentir cet abandon ?
Cette main levée, ce coup asséné.. qui me décolle l'âme de la tête.
Ce bleu, cette cicatrice.. Point de lancement où ma raison s'échappe.
Vais-je vaciller ?
Vais-je me perdre ?
où vont mes pensées ?
Cette poigne ferme qui me penche en arrière, m'arrachant de ma torpeur,
Signe distinctif d'un bourreau voulant m'achever,
Serait-elle prompte à ma rédemption ?
Ou à ma chute ?
Cette bouche, déversant ce lien ; Cette salive chaude au goût voluptueux,
descends comme de la lave au plus profond de mes entrailles, me brulant de l'intérieur.
Ce point culminant où je me sens plus bas que terre, et que je suis à disposition du ciel,
et de me surprendre à tourbillonner avec lui.
A la merci des éléments, mon avis n'a aucune importance, car je ne veux lui donner aucun pouvoir.
Quand la mélodie est là, les mots ne sont que de simples élastiques face à cet enchainement d'émotions.
Ce plaisir éphémère que je veux imprimer en moi.
M'appartenir est mon désir,
Prolonger ce plaisir est ma volonté.
Je le regarderais donc les yeux dans les cieux,
Voulant retenir ce Maître, apte à réinsuffler mon âme ou à la dévorer.
Article du même auteur :
https://www.bdsm.fr/blog/5742/La-chevauch%C3%A9e-fantastique/ -> La chevauchée fantastique.
https://www.bdsm.fr/blog/4723/Un-Ma%C3%AEtre,-Des-Soumises/ -> Un Maître, Des Soumises.
https://www.bdsm.fr/blog/4500/L'Amour-%22Brat%22-;-L'Amour-fendu-en-deux/ -> L'Amour "Brat", L'Amour fendu en deux.
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Par : Abyme
Une chanson que j'ai écrite d'après un air folklorique traditionnel du Rajasthan (nord-ouest de l'Inde) lorsque je vivais dans l'Uttar Pradesh, près de la frontière du Népal.
ONE
You might know we all are one
No need to struggle and fight
We all share the same light
You might know we all are one
Traditionnel du Rajasthan, arrgt par Vava
Filo : chant, cloches, claps
Vava : flûte
Assaf : tablas
Enregistré à Bénarès en Inde
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Par : Abyme
Je me pavanerai dans les lupanars morts dorés
comme on nage dans les eaux de Versailles
je planterai mon pavillon d'espérance
dans les yeux aveugles des businessmen
pour leur foutre un peu de bleu
dans leurs inconséquences
Je serai ton taxidermiste,
ta dernière chance d'éternité
sur ton autoroute à quatre voies
et quand les vautours travestis
feront actes de contrition
tu pourras marcher à nouveau
J'écouterai tes silences intérieurs
et les mille bruits de tes veines
j'agencerai ta circulation secrète
j'extirperai de tes poumons
l'air de ta pureté savamment enfouie
et de ta gorge ployée tes rires insouciants
A la sortie ouest de ta mélancolie
on te réclamera ton code
mais je t'ai promis le passe universel
il te suffit seulement d'arrêter ton lobby
ta course d'éternel outsider
vers ta vieillesse et ta mort.
Prends-moi, c'est tout.
Filo
(thème : la drogue
contrainte : à la manière de H.F. Thiéfaine)
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Par : Abyme
Petit exercice :
Comme l'habit ne fait pas le moine, les mots ne font pas le sens
Je bande mon arc
monarque
je touche la récompense
un doigt de plénitude
au cul de la bouteille
Vicieux le cercle de l'addiction
la diction
se désamarre,
elle en a marre
le noeud de ses amarres s'est défait
la bitte devait être humide
La chatte reste sereine
sa queue enlace sa culasse
lasse
elle m'enseigne
le détachement
car je mens je saigne
je fus concupiscent
j'ai vaincu, convaincu
Ma conscience
science des cons
suce ma force de vie
troue mes fondements ambitieux
pénètre mon esprit
gorgé de pulsions
et de règles
alors comme ma fidèle bête
à poils
je me délasse
Une pipe au bec
pour le look
je débite les mots
concurrents acculés
j'écarte l'animal de ma couche
je m'étale de tout mon long
je me répends
je jouis du temps
qu'il me reste
avant que la nuit
ne capote
et ne m'use, âgé.
Filo
* L'exercice consiste en un choix des mots, et à leur usage trompeur dans leur agencement.
Si on ne prend que les mots-clefs, on est sûr que le propos est sexuel ou grossier, alors qu'en fait à aucun moment il ne l'est dans le fond.
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Par : Abyme
Je livre ici un extrait de correspondance que ma soumise m'a écrit :
(je précise qu'elle est consentante à la publication de cette correspondance)
F,
J'ai besoin de t'écrire, sans comprendre à première vue la texture de mes attentes envers toi.
Il me semble que j'aime forcer mes limites, et que c'est ce lieu de dépassement qui anime mes élans à vivre. Je suis capable d'encaisser pas mal de violence, car j'y oppose une résistance acharnée, orgueilleuse, ce qui m'emmène vers des contrées où se fracture la confiance que j'ai en mes propres forces. Je me pousse à aller loin, et j'ignore souvent le moment où je ne respecte pas mes fragilités, parce qu'en vrai, je me refuse fragile. Tu l'as entrevu par toi-même lors de notre dernière discussion, en m'envoyant cette belle gifle à travers la figure, pour provoquer les larmes que je me suis une nouvelle fois évertuée à contenir : « Tu dois tout me donner, même tes larmes, surtout tes larmes », m'as-tu dis à ce moment-là. Tu me questionnes sur cette gifle : en effet, je ne l'ai pas vu venir, elle m'a pour ainsi dire assez surprise, et dans l'instant, je n'ai pas su à quoi m'en tenir. Sortais-tu de tes gonds, sérieusement ? Quoi qu'il en soit je ressens à présent qu'elle vient marquer en moi le désir qui t'anime de me voir baisser la garde jusqu'au bout, mais j'espère seulement que tu maîtrises la source et la portée de tes emportements.
Je me demande avec une certaine frayeur ce qui me grise dans l'accueil de ta main sévère, et quel rapport entretenir avec ma propre soumission pour m'aider à expurger les douleurs et les peurs en moi. D'une part j'ai besoin de subir les fantasmes masculins parce qu'ils me hantent, et que, comme beaucoup de femmes, j'ai appris le désir au travers du regard des hommes. Exister dans un rapport de pouvoir, c'est correspondre à ce que les dominants valorisent, et aussi d'ailleurs à ce qui leur permet de garder leur ascendance : une femme rendue vulnérable et dépendante permet à l'homme de se renforcer dans un rôle où il se doit d'être puissant, autant protecteur que bourreau. Je ressens la nécessité de vivre cela, et de jouir de ce qui relève quelquefois d'une brutalité vulgaire, crue, sans détour ni ambiguïté, qui ne s'embarrasse pas de dentelles.
Je cherche à affiner la compréhension que j'ai de mes propres désirs pour que les dominations auxquelles tu me confrontes continuent de me nourrir, et nous permettent de décupler la jubilation que l'on partage.
Je te rassure : je jubile déjà, si tu savais à quel point (je crois que tu le sais), tellement que ma conscience se désintègre quand je prends du recul sur tout ça et tente d'y mettre de l'ordre. Je joue à être ta soumise et ce jeu m'entraîne plus loin que ce que j'aurais imaginé, et pourtant c'est avec une pâle délectation que je me dévoile chaque fois un peu plus pour te permettre de m'appréhender au plus près de mes douces terreurs, jusqu'aux plus imperceptibles frissons.
Me voilà confinée dans le creux spiralé de ces quelques journées grises, recouvertes d'un ciel placide, lourd d'une latence qui se donne pour horizon.
Je suis alitée, la gorge nouée d'avoir tant couru, bercée par le clapotis des livres à mon chevet qui fredonnent à mi-voix quelques incantations pour me remettre sur pied. J'espère revenir d'aplomb et j'ai hâte d'entendre le bruit discret d'une clé se fermant derrière moi, je fonds à l'idée de sentir ton regard parcourir mes stupeurs, ton sourire ébaucher la fierté qui ta-bite de me sur-prendre encore, de me surpasser sur le corps dément-ibulé de toutes droitures d'esprit.
Envie d'être investie entière
enfermée vivante
et laissée là,
sur le carrelage blanc et froid
vibrante
emmurée dans un bal aux pensées
folles sans fond
d'où perce
une source
assoiffée
de se frotter,
ivre et prétentieuse,
à la ténacité de tes possessions.
Mon sexe se déploie
et prend toute la place en moi,
tant il était contenu et timoré jusque-là.
Mon dos se hérisse de ta main qui furtivement passe
et s'empare, nerveuse de ce qui crépite en sourdine
et me lézarde tant j'enrage à présent
de n'être pas déjà là,
étreinte.
Silva
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