#
par le 29/04/19
869 vues
Frappe. Plus fort. Cesse donc de trembler, c’est moi qui dois trembler, cesse de dompter tes coups. Ne crains pas ma douleur, elle est mienne, c’est à moi seule de la craindre. De te craindre. Frappe. Frappe encore. Mieux que ça. Cesse de m’obliger ainsi à t’obliger, à te rassurer, ne vois-tu pas ce que tu fais ? Ne vois-tu pas qu’à quatre pattes et entravée je te domine encore, que je t’ordonne encore, ne sens-tu pas que ta crainte fait fuir la mienne ? Frappe. Mais frappe donc. Fais-moi taire, ou hurler. Si j’articule encore tu perds, tu me perds. Un coup, un peu plus fort. Je gémis, je te dis que j’ai mal. Enfin. Et tu retiens ton bras. Et tu te précipites. Pour cette douleur en noir et blanc qui m’éveillait à peine, tu te jettes à mes pieds. C’est encore toi qui trembles. À quoi bon s’être dit jaune, s’être dit rouge quand tu retiens ton bras, quand je sais bien que tu le retiens, quand je dois encore, moi, te diriger, t’encourager ? Quand dessous je suis encore dessus ? Quand tu pâlis au moindre cri, au moindre grondement incolore ? Tu grimes ta lâcheté en bienveillance, ta faiblesse en respect. Ta paresse en tendresse. Ta sollicitude m’écœure. Après, elle m’aurait portée. Maintenant, elle signe la mort de ton autorité factice. Tu souris. Tu es content de toi. Tu ne sens pas l’odeur de fin qui se diffuse avec les huiles. Elle m’entête. Tu m’agaces. Frappe. L’irritation prend le pas sur l’envie. Si tu glousses à nouveau, je pourrais t’arracher la gorge avec les dents. Tu as bien fait de m’attacher. Je pourrais te faire mal, moi. Tu crois que c’est un jeu. Tes ordres qui sonnent faux. Ta cravache en promo du magasin de sport. Ta corde fauchée aux machinos du théâtre avant-hier, pour me faire plaisir. Et ma faim. Et ma rage. Démesurées. Mon pauvre amour, frappe encore, frappe. Mais le cœur n’y est pas, et mon corps n’y est plus. Détache-moi, va. Rhabille-toi.
Et va-t’en.
Va-t’en.
Va-t’en.
15 personnes aiment ça.
Maître ALPHA
Bonjour Suzie Tres beau texte, je mesure combien a du être dur ta déception !.... Oui la maîtrise du bras ne s improvise pas, ce dernier n est que le prolongement de l autorité naturelle ! Autoritéqui n accepte aucune faiblesse dans cet acte ..... Pourtant chaque dominant à eu, à un moment,un doute, une interpellation a travers des cris, des pleurs de la soumise... ! La maîtrise de la progression, l écoute doivent amener le maître à interpréter le msg...... en cherchant toujours à jouer avec la limite qui, bien souvent appelle à redoubler les coups, à accentuer la douleur pour mieux la transcender en plaisir. Bonne journée à vous
J'aime 29/04/19 Edité
ERIC1133
Très beau texte Suzie K. Si réaliste. Sentir que l'autre, celui qui partage sa vie, ne comprend pas l'attente est bien la source d'une douleur bien prégnante, détestable celle-là. Mais quelque part, celui qui prendra du plaisir à vous marquer existe. Le monde n' est-il pas fait pour les rencontres ?
J'aime 30/04/19
Linsoumise
Intéressant... et ressenti plusieurs fois. Et Dieu que je deviens castratrice. Ma soumission nécessite de la domination... au moins aussi dominante que je le suis. Sinon... c’est mort. Ressentir qu’on domine même attachée ou baisée hard fait monter un désir d’humiliation: il n’est décidément pas à notre « hauteur ». «Sous le sein, la grenade » Merci pour ce texte qui sonne très vrai. A bientôt 1f609.png
J'aime 07/05/19
Linsoumise
On se comprend ...
J'aime 07/05/19
Parloire
"Mais le cœur n’y est pas, et mon corps n’y est plus. Détache-moi, va. Rhabille-toi. .. Va-t’en !! " la cage qui rend fou!
J'aime 07/05/19
Parloire
Mon insoumise ne m'offre pas son obéissance Gladiateur, elle ne se soumet pas. elle à du cocher la case "Soumise". Car la case "à Dominer" n'existait pas. Maintenant, il est certain qu'elle m'offre sa soumission.. pour l’obéissance, j'ai encore 25ans de travail ^^
J'aime 16/05/19
Parloire
En fait c’est plus complexe que ça... ????. Comment dire? ... éducation positive pendant 25 ans, en infléchissant son désir de me satisfaire par des récompenses plus que des sanction.. oui mais? C’est pas BDSM tu vas me dire! En fait si, car ce qui me satisfait c’est qu’elle se soumette à mes coups de cravache ... tout un paradoxe car alors plutôt qu’une colère à sa rébellion j’eprouve Un réel plaisir sadique à lui imprimer le cul des coups de cravaches qu’elle essaiera d’acquiescer pour moi. Et dieu sait si elle est résistante dans la colère et contrairement à son offrande ... Alors ma satisfaction est bien plus grande de la voir se dépasser pour moi que de se plier à moi. C’est bizarre dit comme ça car ça fait plus soumission de sa part que domination de la mienne .
J'aime 17/05/19
Sir LOKY
magnifique
J'aime 10/06/19
Linsoumise
Oui mais dans l’esprit vous êtes sur le même mécanisme nan? Ne parlons pas des actes mais de la dimension relationnelle: le pas assez qui vous énerve
J'aime 26/07/19 Edité
Linsoumise
Une bise au passage Suzie K. ^^
J'aime 26/07/19
Lilidoll
Ça me parle tellement...
J'aime 26/07/19
Linsoumise
Ce texte est exceptionnel^^
J'aime 27/07/19 Edité
Linsoumise
Que j’aime ce texte ... mais je l’ai déjà dit.
J'aime 02/02/20
Parloire
(Forcément je reçois une notification... ) (lecture du commentaire...) ( je relis donc ce texte. ) [...] -la cage qui rend fou! (... mais je l’ai déjà dit.)
J'aime 02/02/20 Edité
Linsoumise
Aller ce texte me manquait... un petit up pour les fans de ces maux !
J'aime 04/09/20
Lilidoll
J'aime toujours autant ce texte et qui résonnent en moi toujours autant aussi ;-) Merci pour le up
J'aime 04/09/20
FemmeFemelleEsclave
Je découvre votre texte, chère SuzieK. Et je le trouve tout simplement admirable. Et je vous rejoins pleinement lorsque vous parlez d’un «respect et d'un désir mêlés du fait d'une autorité et d'une fiabilité naturelles du dominant ». Il n’y a rien de pire qu’un Maitre qui n’est pas à la hauteur de celle qui se donne à lui.
J'aime 05/09/20