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Christopher
#20
Lors d'une discussion avec une amie, je lui ai demandé ce qui lui était le plus difficile dans la vie. Elle m'a répondu spontanément "être moi même ! " ..."il faut être toujours au top...au moindre faux pas, on te tacle...etc...etc..."moi je voudrais que l'on ne me juge pas parce que j'ai mis mon pantalon deux jours de suite ou que j'ai pris du cul et du bide  ces derniers temps ! ...depuis mon adolescence je me conforme à être comme les autres veulent ! ...Aujourd'hui je me demande si un jour j'ai vraiment été moi, à tel point que je ne suis même pas certaine de savoir qui je suis !...on me classe dans la catégorie "mère et épouse parfaite et au boulot on m'apprécie pour mon taf " je vais  avoir bientôt 45 ans et je trouve ma vie surperficielle ..." Je lui alors parlé de façon plus ou moins détournée du BDSM, de cet univers qui permet de révéler des choses "étonnantes " sur soi. Elle a eu un instant un regard "interrogateur" , puis a éclaté de rire en me disant : " c'est un truc pour dégénérés ça !! "
Bon , bin ...je ne suis pas certain qu'un jour elle me demande de plus amples explications sur cet univers , mais sait on jamais, suite à cette conversation, quelque chose aura peut être germé dans son esprit...  
  Je vais être honnête : ce qui me frappe dans ton récit, ce n’est pas la réaction de ton amie, c’est la tienne. Tu demandes à une femme ce qui est le plus difficile dans sa vie. Elle te répond qu’elle ne sait plus qui elle est, qu’elle subit le regard permanent des autres, qu’elle doit être toujours au top, qu’elle se conforme depuis l’adolescence, qu’on la classe comme mère, épouse et employée parfaite, et qu’elle trouve sa vie superficielle. Elle te parle d’identité, d’injonctions, de liberté intérieure et d’existence. Et toi, tu lui réponds BDSM. Je ne dis pas que le BDSM ne peut rien apprendre sur soi. Il peut parfois révéler certaines facettes du rapport au désir, au pouvoir, aux limites et à l’authenticité. Ce que je trouve regrettable, c’est que tu sembles avoir entendu un problème individuel là où elle décrivait surtout un problème social. Quand une femme explique qu’elle passe sa vie à être évaluée, jugée, classée et enfermée dans des rôles, la première question qui me vient n’est pas : « As-tu exploré ton identité sexuelle ? » La première question qui me vient est : « Qui t’impose tout cela ? » Parce que le problème n’est peut-être pas qu’elle ne se connaît pas assez. Le problème est peut-être qu’on lui a appris depuis l’enfance à exister davantage pour répondre aux attentes des autres que pour répondre aux siennes. Ce qui me gêne aussi, c’est ta conclusion : « quelque chose aura peut-être germé dans son esprit ». Pourquoi partir du principe que c’est elle qui avait quelque chose à apprendre de cette conversation ? En te lisant, je me demande plutôt si quelque chose a germé dans le tien. Une femme qui dit « je ne sais plus qui je suis », ce n’est pas forcément une invitation à lui parler BDSM. C’est peut-être simplement une invitation à écouter. Vraiment écouter. 
Dernière modification le 24/06/2026 01:24:42 par Christopher.
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