Noéline
#0

Peut-on être un bon Dominant quand on ne sait pas accepter qu'une soumise ne soit pas d'accord avec soi ?

Une relation D/s implique, par définition, une dynamique de pouvoir consentie entre deux personnes. Mais cette dynamique signifie-t-elle pour autant que le Dominant doit toujours avoir le dernier mot, y compris lorsqu'il s'agit d'un simple désaccord entre deux adultes ? Une soumise peut respecter son Dominant, reconnaître son autorité dans le cadre qu'ils ont choisi ensemble et pourtant ne pas partager son opinion, son interprétation d'une situation ou sa façon de voir les choses. Alors que se passe-t-il lorsque les deux restent en désaccord ? Le Dominant doit-il accepter que sa soumise puisse lui dire : « Non, je ne suis pas d'accord avec toi » sans y voir une remise en cause de sa position ? À l'inverse, la soumise doit-elle parfois cesser de défendre son point de vue simplement parce qu'elle est soumise ? Et surtout, où se situe la frontière entre l'autorité du Dominant et la volonté d'avoir raison ? Je serais curieuse d'avoir l'avis des deux côtés : Dominants comme soumis(es). Pour vous, savoir accepter le désaccord fait-il partie des qualités nécessaires a un bon Dominant ? Petit ajout : j'ai volontairement bloqué la personne dont l'intervention ne répondait pas au sujet proposé et faisait référence à des éléments relevant de ma vie privée et d'échanges personnels. Je souhaite que cette discussion reste centrée sur la question posée et non qu'elle devienne le lieu d'un règlement de comptes personnel. Merci donc de rester dans le thème du sujet.
Dernière modification le 03/08/2026 23:11:58 par Noéline.
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Monsieur F
#1
Pour moi, un bon Dominant n'est pas celui qui a toujours raison. C'est celui qui sait faire la différence entre son autorité et son ego.
Une soumise n'abandonne pas son intelligence en se soumettant. Elle reste une femme avec ses opinions, son vécu, son analyse et sa sensibilité. Si elle n'est pas d'accord sur un sujet et qu'elle l'exprime avec respect, je n'y vois pas une remise en cause de mon autorité.
Au contraire, je préfère une soumise qui ose me dire ce qu'elle pense plutôt qu'une soumise qui me donne systématiquement raison par peur de me déplaire. Une relation D/s repose sur la confiance, et la confiance implique une communication sincère.
En revanche, il faut aussi distinguer une discussion entre deux adultes et une décision relevant du cadre D/s. Si un protocole a été accepté ou qu'une décision entre dans le cadre de la relation que nous avons construit ensemble, il est normal que mon autorité s'exerce. Mais cela n'empêche pas qu'après coup nous en discutions, que chacun exprime son ressenti et que nous ajustions certaines choses si cela est nécessaire.
À mes yeux, un Dominant qui ne supporte jamais la contradiction risque de confondre autorité et besoin d'avoir raison. Ce sont pourtant deux choses très différentes.
Je pense même qu'accepter le désaccord fait partie des qualités d'un bon Dominant. Écouter ne diminue pas son autorité ; au contraire, cela renforce souvent le respect que sa soumise lui porte, parce qu'elle sait que sa parole est entendue, même lorsque leurs avis divergent.
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Noéline
#2
Pour moi, un bon Dominant n'est pas celui qui a toujours raison. C'est celui qui sait faire la différence entre son autorité et son ego. Une soumise n'abandonne pas son intelligence en se soumettant. Elle reste une femme avec ses opinions, son vécu, son analyse et sa sensibilité. Si elle n'est pas d'accord sur un sujet et qu'elle l'exprime avec respect, je n'y vois pas une remise en cause de mon autorité. Au contraire, je préfère une soumise qui ose me dire ce qu'elle pense plutôt qu'une soumise qui me donne systématiquement raison par peur de me déplaire. Une relation D/s repose sur la confiance, et la confiance implique une communication sincère. En revanche, il faut aussi distinguer une discussion entre deux adultes et une décision relevant du cadre D/s. Si un protocole a été accepté ou qu'une décision entre dans le cadre de la relation que nous avons construit ensemble, il est normal que mon autorité s'exerce. Mais cela n'empêche pas qu'après coup nous en discutions, que chacun exprime son ressenti et que nous ajustions certaines choses si cela est nécessaire. À mes yeux, un Dominant qui ne supporte jamais la contradiction risque de confondre autorité et besoin d'avoir raison. Ce sont pourtant deux choses très différentes. Je pense même qu'accepter le désaccord fait partie des qualités d'un bon Dominant. Écouter ne diminue pas son autorité ; au contraire, cela renforce souvent le respect que sa soumise lui porte, parce qu'elle sait que sa parole est entendue, même lorsque leurs avis divergent.
Merci Monsieur F pour votre réponse. Je vous rejoins particulièrement sur la distinction que vous faites entre l'autorité et l'ego, mais également entre un désaccord entre deux adultes et une décision qui relève réellement du cadre D/s établi ensemble. C'est justement la que se situe, a mon sens, une nuance essentielle : être soumise ne signifie pas renoncer a son jugement ni a sa capacité de dire « je ne suis pas d'accord ». Et entendre ce désaccord ne retire rien a l'autorité du Dominant. J'aime beaucoup votre phrase : « Une soumise n'abandonne pas son intelligence en se soumettant. » Elle résume finalement assez bien ma réflexion en lançant ce sujet. Et je pense comme vous que le respect peut même être renforcé lorsque la soumise sait qu'elle peut exprimer un désaccord sans que celui-ci soit automatiquement considéré comme une remise en cause de la position de son Dominant.
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Iceman
#3
Bonsoir,

J'aurais du mal à faire mieux que mon prédécesseur dans le discours. Tout est juste, tout est vrai (en tous cas, selon moi).

Bien que la relation D/s soit une relation consentie où il y a un(e) Maître(sse) et un(e) soumis(e), il n'en demeure pas moins que nous restons des êtres humains, avec nos propres idées, nos convictions. A titre personnel, la relation D/s est avant tout une relation cérébrale et j'ai toujours encouragé les soumises que j'ai eues au dialogue, à la discussion. Nous pouvons ne pas être d'accord. En ce cas, on en discute.

Alors, certes, le Respect se doit d'être présent (encore une fois, cela est mon point de vue), mais toutes les choses sont bonnes à dire, toutes les questions peuvent être posées.

Et actuellement, c'est plutôt en cela que le bas blesse. Lors du vetting, là encore, j'encourage l'éventuelle soumise à m'interroger, encore et encore... tout comme je la questionne. Et je réponds toujours très volontiers quand une question est posée. Cela permet de vraiment découvrir la personne. Cependant, force est de constater que les questions ne plevuent pas. Et je prends cela, au final, pour un manque certain d'intérêt. Être toujours dans "l'obligation" de relancer la conversation, d'aller chercher des sujets devient lassant.

Peut-être qu'au final, je dois faire peur ? Mais en tout état de cause, je n'en voudrais jamais à une soumise de poser des questions, de ne pas être d'accord, si cela est fait avec Respect. Je n'ai certainement pas fait avancer le dialogue, mais cela m'a au moins permis d'exprimer ma pensée sur le sujet.  
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Quelle honte d'en arriver là ?  La soumise n'est pas un vulgaire objet qui doit tout accepter et se taire quoi qu'il arrive. Tu sais parfaitement que notre discussion avait une autre portée. Peu importe, je sais que tu finiras par dévoiler ma vie privée ici ou ailleurs... Si, tu faisais un post sur ce que tu as vécu au lieu d'en faire un sur un désaccord pour me discrediter de façon vicieuse. Si, j'allais faire moi aussi un post très précis sur une partie d'un sujet nous concernant et de sorte que je sois celui qui a le "bon" rôle et tu me diras par la suite, si, ce post ne te concerne pas. Je te le redis cesse ce type d'acte, c'est malsain et détruit toute confiance et crée une peur sur le fait d'avoir dévoiler des choses privées qui vont finir par être écrite ici ou dévoiler ailleurs... Tu fais genre de ne pas comprendre, vraiement, je ne sais pas qui tu es en tant que soumise mais tu fais très peur. La Femme c'est autre que la soumise, je ne la juge pas au contraire, tu connais le lien dont nous avons parlé et qui nous rassemble.
Dernière modification le 03/08/2026 23:16:57 par Rien.
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Noéline
#5
Bonsoir,

J'aurais du mal à faire mieux que mon prédécesseur dans le discours. Tout est juste, tout est vrai (en tous cas, selon moi).

Bien que la relation D/s soit une relation consentie où il y a un(e) Maître(sse) et un(e) soumis(e), il n'en demeure pas moins que nous restons des êtres humains, avec nos propres idées, nos convictions. A titre personnel, la relation D/s est avant tout une relation cérébrale et j'ai toujours encouragé les soumises que j'ai eues au dialogue, à la discussion. Nous pouvons ne pas être d'accord. En ce cas, on en discute.

Alors, certes, le Respect se doit d'être présent (encore une fois, cela est mon point de vue), mais toutes les choses sont bonnes à dire, toutes les questions peuvent être posées.

Et actuellement, c'est plutôt en cela que le bas blesse. Lors du vetting, là encore, j'encourage l'éventuelle soumise à m'interroger, encore et encore... tout comme je la questionne. Et je réponds toujours très volontiers quand une question est posée. Cela permet de vraiment découvrir la personne. Cependant, force est de constater que les questions ne plevuent pas. Et je prends cela, au final, pour un manque certain d'intérêt. Être toujours dans "l'obligation" de relancer la conversation, d'aller chercher des sujets devient lassant.

Peut-être qu'au final, je dois faire peur ? Mais en tout état de cause, je n'en voudrais jamais à une soumise de poser des questions, de ne pas être d'accord, si cela est fait avec Respect. Je n'ai certainement pas fait avancer le dialogue, mais cela m'a au moins permis d'exprimer ma pensée sur le sujet.  
Merci pour votre réponse. Vous faites justement avancer le dialogue, puisque vous soulevez un point qui me paraît essentiel : être soumise ne signifie pas cesser d'avoir ses propres idées, ses convictions ou son esprit critique. Je vous rejoins également sur le respect. Un désaccord peut parfaitement être exprimé avec respect, tout comme un Dominant peut maintenir son point de vue sans chercher pour autant à imposer qu'il soit partagé. A mes yeux, c'est même la capacité des deux à discuter lorsqu'ils ne sont pas d'accord qui permet de découvrir réellement la personne derrière le rôle. Votre remarque concernant le vetting m'interpelle également. Je comprends que devoir constamment relancer une conversation ou être le seul à poser des questions puisse finir par donner l'impression d'un manque d'intérêt. Peut-être certaines soumises hésitent-elles justement à trop questionner un Dominant par crainte de paraître indiscrètes, trop insistantes, voire insuffisamment "soumises" ? Et pourtant, comment savoir a qui l'on envisage de se confier si l'on n'ose pas poser de questions ? 😊 Quant a savoir si vous faites peur… je vais éviter de me prononcer, je ne voudrais pas déclencher un nouveau sujet. 😂
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Neilerio
#6

Peut-on être un bon Dominant quand on ne sait pas accepter qu'une soumise ne soit pas d'accord avec soi ? 

Non puisque la clé de voute du BDSM est le consentement et son respect.
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ZarathoustraDom
#7
"- Règle n°1 : le Dom a toujours raison.
 - Règle n°2 : quand le Dom a tort, se référer à la règle n°1."
Cette blague fait florès dans les milieux BDSM... mais il faut la prendre pour ce qu'elle est : une simple blague !
Il est en effet évident, pour ma part, que quelqu'un qui ne tolère pas la contradiction, et dont l'ego est trop surdimensionné pour être capable d'admettre la moindre erreur, relève davantage de soins psychiatriques que du qualificatif de "Dom" !
Mais évidemment, ce commentaire ne s'applique pas à des situations de "jeux" où, pendant une période limitée et dans des rôles précis, le non-respect de la règle n°1 sera le prétexte idéal pour des "punitions" sensuellement perverses ! ahhaha
Dernière modification le 04/08/2026 11:56:15 par ZarathoustraDom.
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Mortya
#8

Peut-on être un bon Dominant quand on ne sait pas accepter qu'une soumise ne soit pas d'accord avec soi ? 

Non puisque la clé de voute du BDSM est le consentement et son respect.
Pas mieux, toujours le mot juste Neilerio
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Noéline
#9

Peut-on être un bon Dominant quand on ne sait pas accepter qu'une soumise ne soit pas d'accord avec soi ? 

Non puisque la clé de voute du BDSM est le consentement et son respect.
Merci pour votre réponse. Je vous rejoins évidemment sur le consentement, mais ma question allait justement un peu au-dela. Le consentement permet d'établir la dynamique D/s et d'en définir le cadre. Mais une fois ce cadre posé et accepté, deux adultes restent deux individus capables de penser différemment. Ce qui m'interroge, c'est donc moins le droit de dire « non » que le droit de dire « je ne suis pas d'accord avec vous ». A mes yeux, accepter l'autorité d'un Dominant ne signifie pas lui abandonner son jugement ni considérer qu'il a nécessairement raison. C'est précisément la que je me demande si une autre qualité essentielle du Dominant n'est pas sa capacité a entendre la contradiction sans la confondre avec de l'insoumission.
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Noéline
#10
"- Règle n°1 : le Dom a toujours raison.
 - Règle n°2 : quand le Dom a tort, se référer à la règle n°1."
Cette blague fait florès dans les milieux BDSM... mais il faut la prendre pour ce qu'elle est : une simple blague !
Il est en effet évident, pour ma part, que quelqu'un qui ne tolère pas la contradiction, et dont l'ego est trop surdimensionné pour être capable d'admettre la moindre erreur, relève davantage de soins psychiatriques que du qualificatif de "Dom" !
Mais évidemment, ce commentaire ne s'applique pas à des situations de "jeux" où, pendant une période limitée et dans des rôles précis, le non-respect de la règle n°1 sera le prétexte idéal pour des "punitions" sensuellement perverses ! ahhaha
Merci, c'est précisément cette distinction qui m'intéressait en posant la question. La fameuse « règle n°1 » me fait sourire tant qu'elle reste effectivement une blague ou qu'elle appartient a un jeu dont les deux connaissent parfaitement les règles. La ou cela devient beaucoup moins drôle a mes yeux, c'est lorsque cette règle semble déborder du jeu pour s'appliquer a n'importe quel échange : le Dominant aurait raison non pas parce que ses arguments sont meilleurs, mais simplement parce qu'il est le Dominant. Je pense au contraire qu'être capable d'entendre « je ne suis pas d'accord avec vous », d'argumenter, voire de reconnaître « sur ce point, j'avais tort », ne retire rien à l'autorité d'un Dominant. J'aurais même tendance a penser que cela la renforce. Après tout, avoir le dernier mot et avoir raison sont deux choses très différentes. 😉
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Noéline
#11
Pas mieux, toujours le mot juste Neilerio
Justement, je nuancerais. 🙂 Comme je l'ai répondu plus haut à Neilerio, le consentement est évidemment la clé de voûte du BDSM, mais ce n'était pas tout a fait le cœur de ma question. On peut parfaitement être dans une relation consentie et respectueuse du cadre établi, tout en ayant face a soi un Dominant qui supporte très mal qu'on ne partage pas son avis. Consentir a une dynamique D/s ne signifie pas consentir a abandonner son esprit critique. C'est précisément cette distinction que je souhaitais interroger ici.
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Neilerio
#12
Merci pour votre réponse. Je vous rejoins évidemment sur le consentement, mais ma question allait justement un peu au-dela. Le consentement permet d'établir la dynamique D/s et d'en définir le cadre. Mais une fois ce cadre posé et accepté, deux adultes restent deux individus capables de penser différemment. Ce qui m'interroge, c'est donc moins le droit de dire « non » que le droit de dire « je ne suis pas d'accord avec vous ». A mes yeux, accepter l'autorité d'un Dominant ne signifie pas lui abandonner son jugement ni considérer qu'il a nécessairement raison. C'est précisément la que je me demande si une autre qualité essentielle du Dominant n'est pas sa capacité a entendre la contradiction sans la confondre avec de l'insoumission.
Je vais me faire l'avocat du diable. L'abandon du jugement sur le papier  ça fait parti du cadre dans une relation TPE donc c'est consenti, dans ce cas là remettre en cause les choix du Dominant revient à faire de l'insoumission et remettre en cause la relation. TPE = total power exchange  
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Noéline
#13
Je vais me faire l'avocat du diable. L'abandon du jugement sur le papier  ça fait parti du cadre dans une relation TPE donc c'est consenti, dans ce cas là remettre en cause les choix du Dominant revient à faire de l'insoumission et remettre en cause la relation. TPE = total power exchange  
L'avocat du diable soulève justement un point intéressant. 😉 Même dans une relation TPE, je me demande s'il ne faut pas distinguer l'abandon du pouvoir de décision de l'abandon du jugement lui-même. Une soumise peut avoir consenti a ce que son Dominant prenne la décision finale et accepter de s'y conformer, tout en continuant intérieurement a penser : « Je ne suis pas d'accord avec cette décision. » À mes yeux, exprimer ce désaccord ne constitue pas nécessairement une insoumission. L'insoumission commencerait plutôt lorsqu'elle refuse d'appliquer une décision qui entre pourtant dans le cadre auquel elle a consenti. Sinon, cela voudrait dire qu'en TPE le Dominant ne reçoit pas seulement le pouvoir de décider, mais également celui de déterminer ce que sa soumise doit penser. Et la, j'avoue que je m'interroge : peut-on réellement consentir a ne plus avoir de jugement personnel ? Finalement, même en TPE, obéir et être d'accord restent peut-être deux choses différentes.
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sylvie35
#14
On touche là à la liberté de conscience. Lorsque pendant l'été 2021 j'ai demandé à mon Maître la permission d'aller manifester, pour la première fois de ma vie, en réaction à un discours et des décisions qui m'ont profondément choquée, il m'a non seulement encouragée à défendre mes convictions mais a également fait le choix de m'y accompagner. Mais cela m'a amenée à réfléchir à ce qu'aurait été ma réaction dans le cas d'un refus clair et net. J'aurais obéi, j'en suis sure, j'aurais ravalé mes convictions, et bien d'autres par la suite, cela ne fait pour moi aucun doute (car je tenais énormément à cette relation,  qui n'en était qu'à ses debuts, mais dans laquelle je me sentais heureuse comme je ne l'avais jamais été). Mais jusqu'à quel point? Si on me retire ma liberté de penser, d'avoir mes opinions, à la fin je me suis plus moi mais une poupée décérébrée, donc il y a un moment où il y aurait eu rupture car tout cela n'aurait plus aucun sens - ça aussi j'en suis sûre.   
Dernière modification le 04/08/2026 18:29:12 par sylvie35.
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Noéline
#15
On touche là à la liberté de conscience. Lorsque pendant l'été 2021 j'ai demandé à mon Maître la permission d'aller manifester, pour la première fois de ma vie, en réaction à un discours et des décisions qui m'ont profondément choquée, il m'a non seulement encouragée à défendre mes convictions mais a également fait le choix de m'y accompagner. Mais cela m'a amenée à réfléchir à ce qu'aurait été ma réaction dans le cas d'un refus clair et net. J'aurais obéi, j'en suis sure, j'aurais ravalé mes convictions, et bien d'autres par la suite, cela ne fait pour moi aucun doute (car je tenais énormément à cette relation,  qui n'en était qu'à ses debuts, mais dans laquelle je me sentais heureuse comme je ne l'avais jamais été). Mais jusqu'à quel point? Si on me retire ma liberté de penser, d'avoir mes opinions, à la fin je me suis plus moi mais une poupée décérébrée, donc il y a un moment où il y aurait eu rupture car tout cela n'aurait plus aucun sens - ça aussi j'en suis sûre.   
Merci Sylvie, votre témoignage illustre très bien la distinction que j'essayais justement de faire. Vous auriez accepté un refus et vous auriez obéi, alors même que votre conviction personnelle serait restée intacte. Cela montre bien, a mes yeux, qu'obéir a une décision et être d'accord avec cette décision sont deux choses différentes. Et votre dernière remarque me paraît essentielle : si la soumission exige progressivement de renoncer a ses opinions, a ses convictions et finalement a sa liberté de conscience, que reste-t-il de la personne qui avait choisi de se soumettre ? Je trouve d'ailleurs très parlant que votre Maître ait choisi non seulement de respecter votre conviction, mais de vous accompagner. Il disposait de l'autorité que vous lui aviez reconnue sans éprouver le besoin de l'utiliser pour faire taire ce qui vous appartenait. C'est peut-être justement la que je situerais une partie de la qualité d'un Dominant : avoir du pouvoir sur l'autre sans avoir besoin de posséder sa pensée. Parce que, comme vous le dites très justement, si l'on finit par fabriquer une « poupée décérébrée », la relation perd aussi ce qui faisait la valeur de la soumission : la personne qui avait librement choisi de l'offrir.
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Tindalos
#16
En préambule, je dirais qu'il faut arrêter de se cacher derrière une fausse modestie. Une personne dominante est une créature d'égo, vouloir imposer sa volonté dans une dynamique relationnelle asymétrique, ça demande un melon de première catégorie. 
 
Personnellement, j'ai toujours raison dans notre relation. Dans l'éventualité où j'aurais tort, c'est bien évidemment le fait de ma soumoureuse qui sera corrigée en conséquence. Non mais.
 
Notre TPE est "avec délégation", déjà parce que je n'éprouve pas l'envie de gérer certains aspects du quotidien (je préfère avoir une bonne petite secrétaire ) et qu'il y a pour moi des sujets hors-périmètre. Et puis on ne peut pas être un dictateur toute la journée. C'est fatiguant. 
 
Quant à la personne que vous avez bloquée, c'est malheureusement quelqu'un de persistant. Il risque de revenir sous l'un ou l'autre avatar. N'hésitez pas à me contacter si vous voulez des informations sur les façons de l'identifier 
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Neilerio
#17
L'avocat du diable soulève justement un point intéressant. 😉 Même dans une relation TPE, je me demande s'il ne faut pas distinguer l'abandon du pouvoir de décision de l'abandon du jugement lui-même. Une soumise peut avoir consenti a ce que son Dominant prenne la décision finale et accepter de s'y conformer, tout en continuant intérieurement a penser : « Je ne suis pas d'accord avec cette décision. » À mes yeux, exprimer ce désaccord ne constitue pas nécessairement une insoumission. L'insoumission commencerait plutôt lorsqu'elle refuse d'appliquer une décision qui entre pourtant dans le cadre auquel elle a consenti. Sinon, cela voudrait dire qu'en TPE le Dominant ne reçoit pas seulement le pouvoir de décider, mais également celui de déterminer ce que sa soumise doit penser. Et la, j'avoue que je m'interroge : peut-on réellement consentir a ne plus avoir de jugement personnel ? Finalement, même en TPE, obéir et être d'accord restent peut-être deux choses différentes.
Je vais continuer dans la posture de l'avocat du diable ne plus penser n'est ce pas ça le but ultime de l'esclave ? J'ai déjà entenu ce type de discours sous couvert d'oter la charge mentale par exemple. Je sors de la posture d'avocat du diable, je pense personnellement qu'un bon Dom doit être un bon humain et un bon humain doit être en capacité de gérer les désaccord sans que ça devienne un problème d'égo.
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Noéline
#18
Je vais continuer dans la posture de l'avocat du diable ne plus penser n'est ce pas ça le but ultime de l'esclave ? J'ai déjà entenu ce type de discours sous couvert d'oter la charge mentale par exemple. Je sors de la posture d'avocat du diable, je pense personnellement qu'un bon Dom doit être un bon humain et un bon humain doit être en capacité de gérer les désaccord sans que ça devienne un problème d'égo.
Ah, Maître l'avocat du diable, vous venez tout de même de changer discrètement mon dossier en cours de plaidoirie. 😂 Je parlais d'une soumise, vous voilà maintenant avec une esclave ! Or, sauf erreur de ma part, les deux notions ne sont pas synonymes et n'impliquent pas nécessairement le même degré d'abandon du pouvoir. Mais puisque vous m'emmenez sur ce terrain, même l'idée de « ne plus penser » pour oter la charge mentale m'interpelle. Ne plus avoir a décider et ne plus avoir à penser me semblent être deux choses très différentes. On peut trouver du soulagement a confier les décisions a quelqu'un sans pour autant lui confier sa conscience, ses opinions ou son jugement. Et puis une esclave qui ne pense réellement plus… comment pourrait-elle encore mesurer ce qu'elle vit, faire évoluer son consentement ou même percevoir qu'une situation ne lui convient plus ? En revanche, lorsque vous quittez votre robe d'avocat du diable, nous nous retrouvons. 😉 Pour moi aussi, la capacité a gérer un désaccord sans en faire une blessure d'ego relève d'abord de la qualité humaine, avant même de relever de la qualité du Dominant.
Soyez la première personne à aimer.
Agathe
#19
De base, une personne qui n'accepte pas le désaccord est une personne relou et surtout toxique. Disons le. Dans une relation D/s et bien c'est pareil, même pire je dirais car utiliser le prêtexte d'être Dom pour assoir le fait que le ou la soumise doit être d'accord, c'est malsain et à mon avis etre totalement à coté de la plaque de ce que Dominer exige dans le cadre du BDSM. Ne pas accueilir le désaccord de son ou sa soumise c'est pas dominer, c'est abuser.
Soyez la première personne à aimer.
Agathe
#20
Perso, depuis mon expérience de soumission, si quelqu'un ne sait pas être serein si je ne suis pas d'accord, elle ou il peux aller se faire cuire un oeuf avec sa cravache. Cela ne créer pas du tout l'absolu nécessité d'être en confiance et d'etre totalement soi et à l'écoute de soi dans lien D/s...
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Noéline
#21
En préambule, je dirais qu'il faut arrêter de se cacher derrière une fausse modestie. Une personne dominante est une créature d'égo, vouloir imposer sa volonté dans une dynamique relationnelle asymétrique, ça demande un melon de première catégorie.    Personnellement, j'ai toujours raison dans notre relation. Dans l'éventualité où j'aurais tort, c'est bien évidemment le fait de ma soumoureuse qui sera corrigée en conséquence. Non mais.   Notre TPE est "avec délégation", déjà parce que je n'éprouve pas l'envie de gérer certains aspects du quotidien (je préfère avoir une bonne petite secrétaire ) et qu'il y a pour moi des sujets hors-périmètre. Et puis on ne peut pas être un dictateur toute la journée. C'est fatiguant.    Quant à la personne que vous avez bloquée, c'est malheureusement quelqu'un de persistant. Il risque de revenir sous l'un ou l'autre avatar. N'hésitez pas à me contacter si vous voulez des informations sur les façons de l'identifier 
Merci pour votre réponse, j'avoue que le « j'ai toujours raison et si j'ai tort, c'est la faute de ma soumoureuse » m'a fait rire. 😂 Plus sérieusement, votre TPE « avec délégation » illustre assez bien quelque chose qui ressort des différentes réponses : même dans une dynamique ou le transfert de pouvoir est très important, cela ne signifie pas nécessairement que le Dominant doit ou souhaite exercer son autorité sur absolument tout. J'aime bien également votre notion de « sujets hors-périmètre ». Finalement, l'étendue du pouvoir peut être considérable sans pour autant faire disparaître les domaines dans lesquels l'autre reste pleinement autonome. Et puis, effectivement, être dictateur 24 heures sur 24 doit demander une énergie considérable. 😂 Concernant la personne que j'ai bloquée, j'avais effectivement remarqué son côté particulièrement insistant. Merci pour votre proposition. Je vous contacterai avec plaisir afin de savoir comment l'identifier plus facilement s'il devait revenir sous un autre avatar. Cela m'évitera peut-être de perdre du temps avec un nouvel épisode de la même histoire. 😉
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Noéline
#22
De base, une personne qui n'accepte pas le désaccord est une personne relou et surtout toxique. Disons le. Dans une relation D/s et bien c'est pareil, même pire je dirais car utiliser le prêtexte d'être Dom pour assoir le fait que le ou la soumise doit être d'accord, c'est malsain et à mon avis etre totalement à coté de la plaque de ce que Dominer exige dans le cadre du BDSM. Ne pas accueilir le désaccord de son ou sa soumise c'est pas dominer, c'est abuser.
Je vous rejoins sur cette distinction. Utiliser sa position de Dominant pour imposer non seulement une décision, mais également l'idée que l'autre doit forcément partager son opinion, me semble effectivement être une confusion entre autorité et toute-puissance. Ce qui me paraît important dans ce débat, c'est justement de ne pas confondre « accepter l'autorité de quelqu'un » avec « considérer que cette personne a toujours raison ». Et j'aime beaucoup votre formulation : ne pas accueillir le désaccord, ce n'est pas dominer. J'ajouterais même qu'un Dominant suffisamment sur de sa position ne devrait pas avoir besoin que sa soumise pense systématiquement comme lui pour se sentir Dominant.
Soyez la première personne à aimer.
Noéline
#23
Perso, depuis mon expérience de soumission, si quelqu'un ne sait pas être serein si je ne suis pas d'accord, elle ou il peux aller se faire cuire un oeuf avec sa cravache. Cela ne créer pas du tout l'absolu nécessité d'être en confiance et d'etre totalement soi et à l'écoute de soi dans lien D/s...
L'image de la cravache et de l'œuf m'a fait rire. 😂 Mais derrière la formule, je suis assez d'accord avec vous sur quelque chose d'essentiel : comment construire une véritable confiance si l'on commence a hésiter avant d'exprimer un désaccord, simplement par crainte de la réaction de l'autre ? Pouvoir être pleinement soi dans une relation D/s implique aussi, a mes yeux, de pouvoir dire : « Je vous obéis sur cette décision parce que c'est le cadre que nous avons choisi, mais je continue a ne pas être d'accord avec vous. » Sinon, le risque est de ne plus exprimer ce que l'on pense réellement, mais uniquement ce que le Dominant souhaite entendre. Et la, je ne suis pas certaine qu'on puisse encore parler d'une confiance totale.
Soyez la première personne à aimer.
Dame_Kyria
#24
Dominant, soumis, ce sont des substantifs, donc des noms "qualificatifs"...
Il y a donc d'abord être des humains avant d'être Dominants ou soumis... 
Ça devrait suffir pour accepter que chacun puisse exprimer ses opinions.
Après tout dépend le contexte, du moment, des enjeux du désaccord. 
Si c'est la place de rangement du pain ou l'intensité d'une pratique SM, ça ne va pas être traité de la même façon... 
Ex : en séance, si mon soumis me tient tête, je considère que c'est une faute. 
S'il me demande (avec notre rituel) à s'exprimer librement, et que je lui donne la libre parole, je vais écouter avec attention son point de vue et le considérer. 
On peut être en désaccord sans vouloir absolument aboutir à un accord après discussion. 
 
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Noéline
#25
Dominant, soumis, ce sont des substantifs, donc des noms "qualificatifs"... Il y a donc d'abord être des humains avant d'être Dominants ou soumis...  Ça devrait suffir pour accepter que chacun puisse exprimer ses opinions. Après tout dépend le contexte, du moment, des enjeux du désaccord.  Si c'est la place de rangement du pain ou l'intensité d'une pratique SM, ça ne va pas être traité de la même façon...  Ex : en séance, si mon soumis me tient tête, je considère que c'est une faute.  S'il me demande (avec notre rituel) à s'exprimer librement, et que je lui donne la libre parole, je vais écouter avec attention son point de vue et le considérer.  On peut être en désaccord sans vouloir absolument aboutir à un accord après discussion.   
Merci pour votre réponse. Votre distinction selon le contexte me paraît effectivement importante, et elle apporte une nuance intéressante a la question. Je comprends tout a fait qu'en séance, dans un cadre et avec des règles préalablement établies, tenir tête puisse constituer une faute puisque cela relève précisément de la dynamique a laquelle les deux ont consenti. En revanche, j'aime beaucoup votre exemple du rituel permettant a votre soumis de demander la parole librement. Il montre qu'autorité et écoute ne sont finalement pas incompatibles : vous conservez votre position de Dominante tout en lui laissant un espace dans lequel son opinion peut être exprimée, entendue et considérée. Et votre dernière phrase me paraît essentielle : deux personnes peuvent discuter, comprendre parfaitement le point de vue de l'autre… et rester malgré tout en désaccord. C'est peut-être justement là que se trouve une partie de la réponse à ma question : accepter le désaccord ne signifie pas nécessairement céder ni renoncer a son autorité. Cela signifie parfois simplement accepter que l'autre reste un individu qui ne pense pas toujours comme soi.
Soyez la première personne à aimer.