Dernière question, ceux qui ne ressentent pas le besoin de ce mélange SM et sexe seraient ils choqués, gênés que d'autres ne se modèrent pas sur ce sujet en leur présence ?
Je ne désire pas de sexe, au sens de pénétration orale-génitale-anale, dans les soirées bdsm que je fréquente.
Premièrement, je n'en ai pas envie pour moi : il se trouve que mes fantasmes, exclusivement axés sur le SM, n'incluent pas du tout de pénétration (sauf si je suis love love, mais ça ne se fera pas dans ce cadre public - il s'agit d'ailleurs plutôt d'un fantasme de soumission et de disponibilité sexuelles, que d'une stricte attirance pour la pénétration).
Et... c'est en vérité très classique chez les masos, les sadiques, etc., c'est même un des éléments de diagnostic des "perversions" (dans le référentiel théorique de la métapsychologie freudienne par exemple) (nota bene : rien à voir avec l'acception commune du terme).
Deuxièmement, je n'ai pas envie non plus d'en voir, car ça me refroidit totalement.
J'aime ces espaces différents - purement bdsm sans sexe donc -, si peu nombreux (pitié ne nous les enlevez pas !) où la sexualité peut se vivre sur ce mode atypique qui m'est cher. J'aime la retenue, la maîtrise, la frustration très certainement (quoi que je ne me sente jamais frustrée en soirée), les beaux vêtements fetish, la lingerie. A ce propos je suis totalement déstabilisée par l'esthétique du peignoir et du paréo qui fait fureur dans les clubs libertins, mais vraiment gravement. Je me sens au-delà de la perplexité : ahurie !
Bref :
j'apprécie de ressentir une profonde communauté de fantasmes avec d'autres personnes qui comme moi n'ont pas atteint le stade génital dans leur développement psycho-affectif. (On s'amuse bien quand même.

)
Je ne suis pas contre le fait qu'il existe des espaces intermédiaires, bien au contraire, avec une formule sexe + bdsm pour ceux que ça tente, puisqu'il semble y avoir une demande. C'est d'ailleurs une tendance actuelle : de plus en plus de clubs libertins proposent une soirée mensuelle "SM" ou "fetish", tout en restant ouverts à leur clientèle habituelle.
Mais je ne suis pas tentée de les fréquenter personnellement, sauf à la rigueur - mais c'est vraiment trop triste - pour cause de famine extrême, faute d'autre chose qui me convienne davantage... Euh... hum. Ou alors pour provoquer et choquer les libertins classiques

, ça ça peut me motiver.

(exhibition jouissive du masochisme) (plaisir à générer de la consternation).
Il existe aussi des lieux bdsm réputés pour leur orientation plus marquée vers la domination sexuelle (chez Charon par exemple, sans vouloir m'attirer ses foudres pour info erronée), et des temps de "public disgrace" chez des tenants du no-sex. Mais on est loin de l'esprit du libertinage et de l'échangisme (l'humiliation étant centrale).
Ce n'est pas en ce qui me concerne une posture, pas même un choix, c'est simplement dû au fait que les fantasmes qui s'imposent à moi ne correspondent pas à ce mix, aussi incompréhensible que cela soit pour certains.