marina001
#0
Bonjour les gens. Une chose m'intrigue. De ci de là je lis souvent que beaucoup de dominatrices se plaignent que les "soumis" ne fassent qu'imiter (en virtuel) les codes verbaux et comportementaux de la soumission dans l'espoir d'attirer l'attention d'une dominatrice. Puis, en réel, d'utiliser cette dominatrice comme simple pourvoyeuse de pratiques sexuelles au fond très classique (sodomies, etc). Bref, ils seraient en définitive de simples consommateurs, bien plus que des soumis.
Réalité ou exagération? Épiphénomène ou tendance de fond? Je ne sais qu'en penser. D'avance merci pour vos témoignages et ressentis.
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#1
Bonjour tout le monde !

Mon avis (sans doute un peu cynique et trop dépourvu d'illusions ?) est que nous sommes tous mus par la recherche de notre plaisir personnel, quand bien même ce dernier prend-il la forme d'une recherche de souffrance ou d'humiliations apparentes.

Peut-être me trompé-je, mais j'ai tendance à croire que la prise en compte des attentes du partenaire, de ses désirs et de ses plaisirs viennent (plus ou moins rapidement) dans un second temps, une fois approfondis la connaissance, l'attachement et la complicité mutuelles. Initialement nous sommes tous des inconnus les uns pour les autres. Dans le cadre du vaste jeu dont l'objectif est la satisfaction de son propre désir, je ne vois donc pas de contradiction fondamentale entre des attitudes de soumission et de "consommation".

Mais après tout, peut-être une relation de simple "consommation" est-elle pleinement satisfaisante dans certains cas ? Si l'on ne s'en contente pas, alors je ne vois pas d'autre solution que de prendre le temps de se connaître toujours davantage, non seulement avant, mais également pendant la relation. Car, je ne vois pas non plus de contre-indication à ce qu'une relation de "consommation" évolue progressivement vers davantage d'empathie.
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marina001
#2
Merci pour ces deux premières interventions. C'est un sujet complexe parce qu'il sort du cliché "dans le bdsm on est vachement plus mieux bien que les vanilles". Erreur fondamentale a mon sens. Toute relation humaine (non virtuelle) obéit à des lois aussi vieilles que l'humanité. Ce qui m'intéresse c'est qu'en tant que bdsm'ers beaucoup de gens croient en une vertu intrinsèque au bdsm, qui subrogerait l'aspect radicalement humain de celui-ci.
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#3
Bonjour Alex msda,

Alex msda a dit...

il en va de même, souvent pour des demandes de jeunes gens, qui se disent soumis bien que trop jeune pour avoir déjà exploré leur propre sexualité.


Je trouve intéressante la réflexion que vous énoncez. Manquant moi-même totalement du recul nécessaire, je m'interroge à ce sujet. De quelle manière serait-il selon vous nécessaire d'avoir exploré sa sexualité avant de "se dire soumis" ? Pensiez-vous par exemple à l'importance d'une première expérience "vanille" (c'est ce qui me vient à l'esprit) ?

Lorsqu'on ressent certains fantasmes de soumission et l'envie de les réaliser, n'est-il pas d'ores et déjà adéquat d'utiliser cette étiquette, quitte à ce que l'expérience modifie par la suite le regard que l'on porte sur ses propres désirs ?
Dernière modification le 07/01/2017 16:29:10 par Goepin.
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marina001
#4
C'est je crois un des noeuds du problème: l'étiquette. Est-ce que les soumis, même expérimentés, n'adoptent pas un "code" comportemental fait de clichés a la fois par facilité et parce qu'ils imaginent que les dominatrices ne les prendront pas au sérieux s'ils se contentent d'être eux-mêmes?
En d'autres termes, je me demande si le désir d'appartenance a une dominatrice ne conduit pas a l'adoption d'un comportement qui est jugé (a tort) payant dans le seul but "tactique" de conquérir une dom.
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#5
Bonjour à tous, bonjour Marina001,

marina001 a dit...

C'est je crois un des noeuds du problème: l'étiquette. Est-ce que les soumis, même expérimentés, n'adoptent pas un "code" comportemental fait de clichés a la fois par facilité et parce qu'ils imaginent que les dominatrices ne les prendront pas au sérieux s'ils se contentent d'être eux-mêmes?


Oui, sans doute avez-vous raison : les clichés sont une facilité. Ils évitent certainement à s'explorer soi-même, de même que sous un angle un peu différent, se complaire dans le fantasme évite d'affronter la réalité (et là, je parle en connaissance de cause… :D).

marina001 a dit...

En d'autres termes, je me demande si le désir d'appartenance a une dominatrice ne conduit pas a l'adoption d'un comportement qui est jugé (a tort) payant dans le seul but "tactique" de conquérir une dom.


Je pense que oui, quoique ce ne soit pas toujours conscient. En ce qui me concerne, j'avais un comportement similaire au début de mon approche de la communauté BDSM. Quoique n'assaillant pas les dominatrices de demandes tous azimuts, je n'accordais aucune place à ma personnalité, devenant une sorte de bibelot d'étalage indifférencié. Or, non seulement cette attitude (non calculée) ne m'a permis de tisser aucune relation, mais en plus elle m'a profondément dévalorisé à mes propres yeux.

Quitter ce rôle représente un petit travail sur soi qui peut être difficile et demander un peu de temps. Il n'apporte pas d'ailleurs forcément davantage de succès dans les rencontres, car en redevenant soi-même on n'est certes plus le soumis-indifférentié, mais on subit toutes les ambiguïtés et les contradictions parfois irréductibles de son propre caractère (rires).

Une dernière remarque pour finir. Il est vrai que l'abondance d'hommes soumis donne une résonance particulière à la caricature suivie par de nombreuses candidatures que reçoivent les dominatrices. Mais la caricature correspondante existe aussi. À plusieurs reprises j'ai pu échanger avec des dominatrices qui enferment d'emblée leur interlocuteur dans un schéma de domination-soumission, avant même que tout échange ait pu avoir lieu entre deux êtres humains. Cela n'aide pas à s'affranchir de la caricature du soumis-bibelot.

Bref… toutes les situations existent et une description de profil ne suffit pas toujours à se connaître bien. C'est pourquoi j'aime beaucoup le forum…
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marina001
#6
Merci de cette réponse fort intéressante. J'aimerais qu'une ou des doms nous fassent part de leurs réactions.
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tendre_coeur
#7
marina001 a dit...

C'est je crois un des noeuds du problème: l'étiquette. Est-ce que les soumis, même expérimentés, n'adoptent pas un "code" comportemental fait de clichés a la fois par facilité et parce qu'ils imaginent que les dominatrices ne les prendront pas au sérieux s'ils se contentent d'être eux-mêmes?
En d'autres termes, je me demande si le désir d'appartenance a une dominatrice ne conduit pas a l'adoption d'un comportement qui est jugé (a tort) payant dans le seul but "tactique" de conquérir une dom.


Pour moi je crois que ce code est à la fois important et inutile.
Il est important car il permet de marquer un certain respect (avec une large mage d’interprétation).
Il permet aussi de faire naître un sentiment d'appartenance à une communauté.

Pourtant, il est totalement inutile et même préjudiciable pour trouver La Dame qui vous convient.
Je rejoins parfaitement l'analyse de Goepin sur l’annihilation de la personnalité à travers lui.
Je dirais même que ca rejoins le débat sur l'expérience d'un soumis. Pour ma part un soumis expérimenté ce n'est pas celui qui a vécu beaucoup de pratique mais plutôt celui qui à sonder sa propre âme.

A titre d'exemple, j'ai eu une expérience avec une Dame qui voulait être tutoyer. Ca m'a parut étrange mais au final ca nous a rapprocher en temps qu'humain et cela a permis de passer à une autre étape.
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marina001
#8
Je trouve intéressante l'idée du code comportemental "prêt à porter" qui serait a fois commode car permettant de se fondre dans le moule et dangereux car dissimulant l'homme derrière l'archétype du "soumis".
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Elle.a
#10
Temsou a dit...

Et puis si ton partenaire vient vers toi pour satisfaire telle envie, c'est plutôt flatteur qu'il vienne vers toi et pas vers un autre, non?

Tant qu'on garde un peu de bon sens et d'honnêteté...


Voila une phrase qui va faire sourire les dominatrices. Sourire jaune, je crois, surtout. Parce que, ne nous leurrons pas, le marché de l'offre et de la demande fait que les soumis ne sont pas regardant sur qui, quoi, et comment. Je ne compte plus les demandes d'appartenance de soumis affichant la gynarchie comme art de vivre indispensable, alors que mon profil, sur tous les sites, spécifie que je ne crois pas à cette forme de relation. Et quand je le leur fais remarqué, j'ai immanquablement ce genre de réponse "C'est pas grave, pourvu que vous me dominiez". Du coup, pour l'élection entre toutes, ça va moins le faire^^

Ce qui m'interpelle, pour ma part, c'est le nombre de soumis qui veulent une Domina, avec un grand D, une Femme, avec un grand F, avec toute la panoplie de la parfaite Divine (avec un grand D, of course). Ils la veulent sévère, sans pitié, hautaine, méprisante, sûre de sa force et de sa hauteur (j'ai pas mis les majuscules, mais vous avez saisi l'idée). Et ils veulent tout ça en 24/7. Et sans payer, bien sûr, ne soyons pas mesquines. Je veux bien que ces messieurs fantasment, et soient victimes d'une idéalisation de la domina de par l'imagerie SM du net, mais sans rire, où se placent les désirs d'une femme, là-dedans ? Et je mets le tout sans majuscules, à partir de maintenant. Parce que, bon, il faut se faire une raison, on est pas toujours habillée de cuir, de vinyle ou de latex. On ne porte pas des talons de 12 cm en permanence. On est des femmes toutes simples, et, à ce titre, nous avons besoin de tendresse, de pouvoir baisser la garde dans l'intimité. On se réveille les cheveux en l'air, comme tout le monde, et des fois, on est même malades. Si si !

Toutes mes amies dominas disent la même chose, quel espace de liberté pour exprimer notre SM, nos fantasmes, l'expression de notre domination nous reste-t-il, dans ces exigences de soumis ? Comment peut-on, nous, nous reconnaitre dans cette imagerie de domination féminine ? Quels soumis nous écoutent vraiment ?

Les demandes des soumis sont de plus en plus exigeantes, de plus en plus dirigées. Maintenant, il n'est pas rare qu'on me contacte en me disant "Bonjour, vous pratiquez telle chose ?". A ça, j'ai de plus en plus envie de répondre "Oui, ça fera 75 euros". Vénale ? On peut le devenir, quitte à être prise pour une prestataire de service, autant que ça rapporte.
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marina001
#11
De ta réponse elle.a , je déduis que -du moins localement - il y a un changement récent dans les attentes de beaucoup de soumis qui prendraient de plus en plus les dominatrices pour des sex machines , et de moins en moins pour des femmes. Ce qui au fond est cocasse vu le succès croissant, en parallèle, de la demande pour des relations gynarchiques avec une non-femme mais simple figure autoritaire dotée d'une paire de seins.
Est-ce encore une soumission à une femme, et même a la Femme? Je pose la question. Mon ressenti? Non.
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Elle.a
#12
Quand on discute un peu avec les soumis, on s'aperçoit que les plus gynarchiques, les plus accro aux codes de séance sont les débutants ou ceux qui ont très peu d'expérience. Et bien sûr ceux qui ont fait appel aux professionnelles. Comme disait Goepin, ils pensent que c'est comme ça, et s'y conforment, visiblement.

Par contre, ce que je trouve étonnant, c'est que toutes les dominas remplissent consciencieusement leurs profils, sur tous les sites. Elles y notent ce qu'elles y cherchent avec précision. Non pas dans les pratiques, mais dans l'esprit. Et nous sommes contactées par des hommes qui, visiblement, ne lisent pas ces profils ! Et quand on va voir les profils des messieurs qui nous approchent, on est toujours surprises par leur pauvreté. Ca se résume bien souvent à : Soumis bi - hétéro, cherche domina. Point barre. Avec souvent une longue liste de pratiques, mais pas forcément. Dans ces cas-là, comment ne pas être perplexe et comment ne pas jeter la demande aux orties.
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marina001
#13
J'apprécie d'avoir eu l'avis d'une dominatrice qui sort du politiquement correct sm pour dire franchement qu'au delà du prêt-a-penser top/bottom il y a avant tout des femmes et des hommes.
Quant à David, j'apprécie qu'il appelle un chat, un chat! On se cache derrière les lettres bdsm, un peu par snobisme, beaucoup par envie qu'elles changent qq chose à cette vieille difficulté qu'ont les êtres humains a se comprendre vraiment, et pas seulement a s'auto-féliciter de tenter de comprendre l'autre.
Personnellement j'estime que tous autant que nous sommes, tops ou bottoms, nous avons tout à gagner a ne pas rêver l'autre, mais a le voir comme il est vraiment, débarrassé de tous les falbalas derrière lesquels il cherche à cacher sa nature non pas bdsm mais humaine. La vérité est souvent plus belle que le fantasme
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Heartbeat
#14
Je plussoie totalement avec toi David ! Ce que je recherche chez un/e partenaire, qu'ielle soit soumis/e ou dominant/e ou switch, c'est sa sensualité... C'est sa capacité à être amant/e avant tout. Sa capacité à faire l'amour avec moi, à assumer ses envies et désirs sexuels. Sans tabous, hors des carcans et des codes établis par le BDSM ou les codes vanilles (injonction à la performance, à la jouissance obligatoire, etc). Et trop souvent, du côté soumis, on retrouve une passivité et un manque total d'initiatives qui sont parfaitement compatibles avec l'imagerie populaire qu'on se fait de la domina. Sauf que comme vous le dites déjà plus tôt, la domina est une femme avec des envies qui ne sont pas forcément de l'ordre du cuir et du fouet. Si je recherchais un soumis, ça serait un soumis capable de faire l'amour avec moi, de me toucher, de me caresser, de m'embrasser et de m'aimer comme une femme, pas comme une domina.

Ca serait un mec qui aurait envie de tester plein de trucs avec moi et envie de me donner du plaisir. Et du plaisir par tous les moyens possibles, pas uniquement par les moyens pré-établis et convenus du soumis, comme le cuni (forcé, puisque le soumis lambda n'assume pas son envie de lécher une chatte) ou le fait d'être pris au gode ceinture (parce que le soumis lambda pense que la domina est un être uniquement cérébral qui prend son pied exclusivement en enculant des mecs). Par exemple, ce que j'attendrais d'un soumis fétichiste des pieds (ou d'une autre partie de mon corps) c'est qu'il fasse de mon corps entier une grande fête, une immense zone érogène, qu'il me caresse et me cajole partout... C'est qu'il utilise son fétichisme pour m'aimer entièrement et me donner du plaisir via DES zones non conventionnelles (et pas qu'une seule). Et malheureusement, je ne retrouve nulle part cette espèce de "multi-sexualité" chez les soumis. Peut-être pour ça que je suis passée de switch à soumise...

Peut-on appeler "soumis" un mec qui place la femme dans un moule bien précis de femme déifiée et intouchable, et dans des envies bien précises, sans prendre en compte ses envies à elle ? L'étiquette "soumis" serait-elle pour certains soumis un moyen de sortir du rôle "conventionnel" d'amant, avec les injonctions et les "devoirs" de performance qui vont souvent avec ?
D'ailleurs autre question, peut-on réellement abandonner ses envies ?
Dernière modification le 09/01/2017 16:52:36 par Heartbeat.
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