De mon point de vue et au regard de ma toute petite expérience, si je devais résumer ce fameux contrat en deux mots : Folklore inutile
Pour moi c’est réducteur, figé à un instant T de la relation, souvent au début quand on ne connaît pas encore bien l’autre et donc quand ça n’a pas grand sens, ça donne l’illusion d’une sécurité toute illusoire et très relative.
Ça fige ce qui n’a pas utilité à l’être (posture, attitude, règles souvent inapplicables, etc.) et ça ne fige évidemment (et heureusement) pas ce que l’on croit vouloir voir perdurer en début de relation, le lien lui même.
Les mots posés sur le papier ont moins de valeur que ceux prononcés dans ces échanges préalables et impératifs. Ce qui me semble bien plus important que n’importe quel contrat, c’est de prendre le temps, en amont de la relation, de connaître l’autre, sa vie, ses habitudes. Il faut être curieux de l’autre dans son ensemble, ne surtout pas se limiter aux seuls aspects bdsm. Et il faut aussi savoir s’offrir à l’autre de la même façon, ne pas tricher, ne pas dissimuler, ne pas mentir et surtout ne pas se mentir à soi-même.
Le plus important c’est d’aller bien au-delà des seules pratiques bdsm. Et ça, aucun contrat ne peut l’offrir.
Je me souviens de l’insistance insupportable de mon ex soumis à vouloir impérativement un contrat. Conclusion : des mots piqués sur le net, des idées qui n’étaient pas les miennes, des règles édictées sans la base de la connaissance de l’autre et au final un bout de papier regroupant tout un tas de fatras sans fondements et qui était finalement, et surtout, devenu une source supplémentaire de conflit.
Je pense que c’est un peu du même ordre que la trop fameuse check-list des pratiques soit disant possibles… ça rassure les débutants, on a la sensation (trompeuse) de maîtriser un tant soit peu les choses mais on se fourvoie. L’humain par essence ne se maîtrise pas, il est imprévisible, parfois manipulateur inconscient, souvent manipulé involontaire. Il évolue, il fluctue, il vit tout simplement, et la vie ne peut pas se trouver décrite et limitée par un bout de papier.
Une relation bdsm c’est un ensemble de partages et de ressentis, de sensations et d’envies, d’émotions et de sentiments. Comment un contrat pourrait-il retranscrire cela ? Et tant bien même il y parviendrait comment alors ne figerait-il pas toute évolution postérieure ?