Thutale
#0
Toutes les émotions ont leur utilité, et leur exploration assidue présente, à mes yeux, un attrait (ça n'engage que moi). Leur expérience peut être, à des degrés variables, positive ou négative, épanouissante ou destructrice. J'aime pour ma part être adroitement poussée vers des ressentis de honte, d'humiliation, de défaite, et in fine de soumission contrainte.
Dominants qui aimez à créer ou entretenir un sentiment d'humiliation ou de honte chez votre sub : pourquoi ? Que cela vous apporte-t-il ?
Subs et bottoms qui recherchez l'humiliation, l'acceptez voire jouissez d'être humiliés : qu'y cherchez-vous ? Qu'y trouvez-vous ?
Cela peut-il avoir une visée - portée - éducative ? (a minima favoriser un comportement)
Etre humilié peut-il avoir des effets bénéfiques ?
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ange de Vesper
#1
Ça faisait longtemps ;)
Qu'est-ce que je trouve dans l'humiliation... l'essence de ma fascination. Je m'explique. Jouer dans le registre de l'humiliation au sein de notre couple "normal" (amour, bienveillance, égalité, tout ça tout ça) ne se conçoit que parce qu'elle a la capacité de ne me faire ressentir aucune sensation d'humiliation dans des actes dont je reconnais le caractère humiliant. C'est même le seul intérêt, qu'elle puisse me faire accepter et faire des choses que je juge inacceptables. Être subjugué au point de ressentir comme naturelles ses demandes, que je reconnais à froid comme dégradantes.
Ce sont ces "outrages" qui signent notre complicité (lien en langage ds), elle se met à nu en dévoilant ses infâmes désirs, elle me dépouille de tout ego parce qu'elle en a la capacité (et l'envie).
Sinon tu sais déjà que je ne verse pas dans le symbole, dans l'élévation, le guidage, la correction, l'expiation, la punition. Ce n'est que sensation et émotion, et nous n'éprouvons pas le besoin de justifier le fait qu'elle aime me piétiner pour me posséder, par une quête de "hauteur". Subjuguer ou soumettre indique le bas ;-)
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#2
Créer un sentiment d'humiliation est une revanche.
Une revanche quant au pouvoir d'excitation, de désir, qu'elle
exerce sur moi.
Juste parce qu'elle est une femme, et que je suis un homme.
Qu'elle est cet objet de convoitise universel, et que le monde
tourne autour de son sexe...
Je lui envie ce pouvoir. J'en suis jaloux. Et je le lui fais "payer",
en quelque sorte.
De ce fait, j'adore lui faire avouer qu'elle a pleine conscience de
cet ascendant. Qu'elle en joue, qu'elle aime ça ; et ce, quoi qu'elle
en laisse paraître...
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Vice Roi
#3
l'humiliation et sa portée éducative... Pour moi, il ne s'agit pas tant de rabaisser la soumise que de l'aider à se débarrasser de ses inhibitions, d'une partie de sa volonté qui, malgré elle, va contre ses désirs... Réduire la soumise à un statut d'objet sert à lui faire oublier ses limites en lui montrant qu'elles sont inexistantes. Elles ne sont que dans sa tête, là où une éducation puritaine imposée a enfermé ses véritables désirs. Accessoirement cela peut également servir de test d'obéissance, de moyen de renforcement du statut du dominant... Cependant ce sentiment de honte doit disparaître pour laisser place au plaisir du lâcher prise nécessaire à une soumission authentique.
Ainsi le but de toute humiliation sera de libérer la soumise de toute honte, elles ne seront donc pas infligées comme des sanctions (encore que...) mais pour montrer la vacuité de toute honte face à la puissance conjuguée des désirs et du plaisir pris à leur libération. Bien sûr une soumise peut apprécier les humiliations, mais sont-ce les humiliations qu'elle apprécie ou le lâcher prise qu'elles lui imposent ? je crois avoir répondu à cette question...
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Vences
#4
Je suis entièrement d'accord avec votre première phrase Thutale, les émotions négatives ont un rôle de construction pour chacun d'entre nous. Il n'y a que la douleur quelle qu'elle soit qui nous fasse évoluer. On ne change pas par soi même, on change parce que l'on y est obligé.
Sinon je suis assez proche de la position de Roger Smith. L'humiliation doit avoir un sens au delà du jeu. Ce sens c'est bien évidemment une élévation à travers le dépassement de ses limites. Et qu'elle en soit heureuse.
Mais il y a plus, chaque humiliation appréhendée comme telle est un pas vers l'avilissement, plus que porteuse d'un sens profond a elle toute seule. Et derrière cet avilissement assumé il y a la volonté de distanciation de son corps et de son affect (ou de son ego) au profit de son intellect. C'est vers cette personnalité au caractère maitrisé, contrôlé et canalisé, mais je l’espère plus affirmé, que j'essaye de guider ma soumise.
L’humiliation peut être intéressante dans la recherche d'humilité et de réduction de l'ego, mais générer le sentiment de honte me parait inapproprié dans ce contexte. De mon côté il s'agit donc d'un usage ciblé et intégré à une démarche globale, vous l'aurez compris.
Dernière modification le 27/10/2017 17:43:38 par Vences.
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Maître des Lys
#5
Les précédentes interventions sont très intéressantes car montrent qu'il peut exister une élévation dans l'humiliation. Ceci dit il semblerait idoine d'ajuster sémantiquement le mot humiliation ; décrire par l'expérience de chacun comment celle-ci est perçue.
Si cette pratique peut être régulière pour certains, elle reste exceptionnelle pour moi. Je développe :
L'humiliation renvoie au sentiment de honte, et la honte est selon nos amis psy le sentiment le plus destructeur qu'il soit. Ainsi convient-il de faire très attention pour l'exercice de la séquence et l'accompagnement qui suit. Voilà pourquoi, de ma pratique, c'est avant tout un vécu qui est offert en humiliation, à l'image d'un saut en chute libre : dangereux, non naturel, fort car on est dedans, mais sécurisé.. Juste l'offre de vivre cette chose qui secoue profondément..
La finalité (le second effet kiss-cool) que j'y mets est de permettre, par l'expérience, de relativiser ces sources d'humiliation de la vie courante..
Dernière modification le 28/10/2017 11:47:27 par Maître des Lys.
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#6
Beaucoup de choses bien dans ce fil de discussion
J'ajoute pour Ma part Je trouve un plaisir de partage et de connaissance de soi extremement salutaire dans les pratiques humiliante que J'impose à esclave lina. C'est venu au cours de l'évolution de N/notre relation comme un nouvel espace de pratique ouvert sur N/nous-même. Je Me suis découvert à savourer de nouveaux plaisir comme si cela M'avait permis d'ajouter une nouvelle perception de Mon esclave et de sa servitude. j'ai remarqué, aussi pour en parler avec elle (ce que N/nous faisons le plus) que cela renforce son estime d'elle même. elle se montre plus consciente d'elle même, de sa valeur et de sa place à Mes pieds. elle d'un naturel joyeux et dans les circonstances où par surprise Je l'humilie son corps se cabre et vibre comme J'adore : elle est immédiatement excitée, sa fente trempée et son regard suppliant. Ce sont de très beaux moments. Et comme Je ne manque pas di'magination, il est facile de concocter des scénarios adaptés.
Au risque de faire une généralité, l'humiliation oui mais pas avec des personnes qui ont des problèmes d'estime de soi (d'ailleurs ceci est valable quasiment pour toutes les activités bdsm, Mais cela n'engage que Moi - sourires)
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#7
Effectivement, c'est la raison pour laquelle Je n'ose pas en faire une généralité d'un coté et de l'autre Je conçois que ces enjeux d'estime de soi dépassent largement le cadre d'une pratique donnée.
Il est fréquent que ce soit des événements (quelques fois anodins aux yeux des autres) qui déclenchent ces sentiments d'insécurité, de troubles, d'abandon, cela dépend des "boutons" de chacun (pour celles et ceux qui se sentent fragile de ce coté là), souvent les pratiques humiliantes (douche dorée, insultes, gang bang etc) peuvent servir de déclencheurs (ce qui fait la joie de certains Dominants J'en conviens ;-) A chacun d'eux d'assumer le meilleur after care.
Du coup cela engage une question dans le sujet : est ce que ces pratiques ont une influence ou pas sur votre connaissance de vous-même ? (en fait au delà du lacher-prise que vous évoquez plus haut)
Dernière modification le 03/11/2017 13:57:08 par erospower.
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A titre personnel, les humiliations (ou pratiques dégradantes, avilissantes) font partie intégrante de ma relation avec mon Maitre, au même titre que la domination physique, les sévices, la cravache et le sexe.
Et c’est quelque chose que je recherche, dont j’ai besoin, comme d’un antidote à mon caractère plutôt fort, voire dominant en dehors de ma vie intime.
Cela se traduit par des actes, des postures, des pratiques qu’en temps normal je trouverai dégradantes, voire dégoûtantes : me prosterner, m’agenouiller devant Lui, embrasser, sentir, lécher ses pieds, ses aisselles, son entrejambe, lui servir d’urinoir, nettoyer ses toilettes, en sa présence, nue, à genoux, en n’utilisant que ma langue pour ce faire...
Pour moi, c’est une autre façon de montrer à mon Maitre que je reconnais et accepte sa « supériorité » de Mâle, et, ce qui n’est pas pour me déplaire, ça contribue à l’exciter davantage encore.
D’accord aussi avec Vences, [quote=25692]
derrière cet avilissement assumé il y a aussi la volonté de distanciation par rapport à mon corps, mon affect, mon ego, tout ce que je suis « normalement »
Et comme le souligne Roger Smith
Ce besoin d’être rabaissée est aussi un moyen de me libérer de mes inhibitions, en me réduisant à un statut d'objet sexuel
qui s’assume comme telle.
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