Carpo
#0
Ma Maîtresse a organisé récemment une première rencontre avec un vrai couple BDSM au quotidien, pratiquant à la ville comme aux champs depuis plusieurs dizaines d’années (merci Maîtresse pour ce beau cadeau !).
J’attendais cette rencontre avec beaucoup d’impatience.
Avant le moment proprement dit, je sentais un désir confus de pouvoir partager quelque chose avec la soumise, une sorte d’empathie dans la soumission qui me donnait l’envie un peu naïve de lui prendre la main, mêlée à une grande curiosité de voir à l’oeuvre une pratiquante expérimentée marquée par ses années de travail sur elle-même.
La rencontre a effectivement été édifiante et très inspirante pour moi : la soumise était magnifique, non seulement physiquement mais plus encore dans sa soumission parfaite et sans faille. J’en ai tiré une grande force qui me porte depuis dans ma démarche de soumission.
Mon empathie a pu trouver également une forme d’expression. Je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de discuter avec la soumise, mais un jeu commandé par nos maîtresse et maître respectifs nous a particulièrement rapprochés : je devais laisser libre court à mon appétit oral aussi tendre qu’insatiable et implacable, la soumise quant à elle n’ayant pas été explicitement autorisée à jouir. Dans ce rapprochement, nous nous sommes pris les mains à mon initiative (décidemment, j’y tenais).
Cette situation a toutefois éveillé un point crucial en moi, qui fait l’objet de ce message : celui du consentement. J’y suis très sensible, et lors du jeu en question, en plus de ce que je percevais de son langage corporel, je lui demandais régulièrement à mots couverts si tout allait bien pour elle et de m’indiquer à n’importe quel moment si elle souhaitait que je m’arrête.
Malgré cela, la question me taraude : que devient le consentement entre deux personnes dans une relation où les deux parties agissent par soumission envers leurs dominants respectifs ?
A mon sens, le consentement existe de manière implicite dans la mesure où, dans une saine relation de domination et soumission, les demandes de la personne dominante rentrent normalement dans le cadre de ce qui est acceptable par la personne soumise. Mais cela est-il suffisant ?
Avez-vous eu vous-même, en tant que personne soumise ou dominante, ce type d’interrogations, ou vécu des expériences similaires ?
Ou pensez-vous que mon interrogation de néophyte n’est qu’une nouvelle émanation superflue du climat ambiant du politiquement correct sur laquelle il faut s’asseoir gaiement ?
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Tindalos
#1
La question du consentement est encore plus au centre de nos pratiques que dans une relation traditionnelle.
Je ne dis pas qu'il faut violer tout ce qui passe en mode vanille, mais que dans une relation où il y a forcément un déséquilibre entre celui qui fait, et celui qui subit, il faut forcément prendre d'avantage de précautions pour s'assurer de ne pas outrepasser les limites fixées ou non.
Et celui ou celle qui ne se pose pas ces questions est un individu pas fréquentable, qui ne mérite pas sa place dans le milieu.
Ce n'est en rien un effet de mode, mais un axe central de nos pratiques, pour autant que je sache, n'étant pas un vieux de la vieille.
Après, je vous rassure, si vos partenaires de jeux sont ensemble depuis des années, le risque que le dom outrepasse les limites devait être très mince, il connaît sûrement sa partenaire sur le bout des doigts...
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Carpo
#2
Merci pour votre retour, Tindalos, qui consacre la place centrale du consentement dans la pratique bdsm.
Dans le cas d'espèce le consentement ne fait effectivement pas de doute. Mais c'est de cette situation qu'est née mon interrogation.
J'en profite pour reposer un peu différemment la question et l'enrichir :
Y aurait-il des situations impliquant deux personnes soumises agissant ensemble sous les ordres de leurs personnes dominantes respectives où la notion de consentement aurait pu être discutable ?
Et dans un tel cas de figure, comment gérer en tant que soumis les injonctions contradictoires entre l'obéissance et le respect d'autrui ? Et est-ce à la personne soumise de le faire ou doit-elle se reposer sur la personne dominante ?
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Tindalos
#3
Vous pourrez toujours trouver des cas limites, d'autant plus qu'augmente le nombre des participants. Donc risques en plus de franchir les limites.
En règle générale, et je dis bien en général parce que chaque personne est unique, il y a le plus souvent une personne dominante "référente", qui va plus ou moins guider les différents intervenants. Tout dépend du degré de confiance et de complicité entre les participants. Pour exemple, les soirées BDSM auxquelles nous participons sont plutôt ouvertes d'un point de vue protocole, mais à tout moment, on sait qui est "responsable" de qui, et quelle directives suivre, ne serait-ce qu'un assentiment tacite quand on peut être amené à s'occuper d'une personne autre que sa partenaire.
C'est aussi une base de respecter le lien d'autrui, même si on peut échanger. Sinon, on n'est pas réinvité...
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MonLT
#4
J'ose espérer qu'on peut de reposer sur le consentement implicite, mais cela ne fonctionne que dans les relations saines.
Pour moi c'est au dom de diriger cet aspect et de ne jamais franchir les limites imposées avec son sub.
De ce fait l'échange doit se faire entre les doms dans votre exemple vécu, ce qui va impliquer un consentement implicite entre les subs, chacun se reposant sur la protection et le respect que lui donne son dom.
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Carpo
#5
Merci pour vos retours à tous les trois, Tindalos, MonLT et Montaigne.
Dans mon cas de figure, il n'y a effectivement pas de doute quant au bon déroulement de la séance et des jeux : Maîtresse et Maître s'étaient bien entendus au préalable et surveillaient leur soumise et soumis respectif, sans parler de la grande expérience de nos partenaires du jour.
Pour d'autres occasions, je resterai vigilant, car j'ai une réelle répugnance à imaginer faire quelque chose à quelqu'un qui n'en aurait pas envie. Je fais également une totale confiance à ma Maîtresse pour préparer le terrain comme il se doit, d'autant plus que cette expérience sans aucune conséquence fâcheuse aura permis de nous faire prendre conscience de cette difficulté potentielle.
Soyez la première personne à aimer.