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Hephaistos

Homme Dominateur. Vit à Paris, Picardie, France. 46 ans. est célibataire.
@Stahlgewitter :  Votre démonstration est presque intéressante mais elle me laisse une impression curieuse (poue ne pas dire autre chose...) 3 kilomètres de IIIe République, de rad-socs, de Mac-Mahon, des ligues de 34, de Stavisky et de Condorcet pour conclure essentiellement… qu’un mouvement politique n’est pas resté identique pendant cent cinquante ans. Faut reconnaitre l’ambition du voyage !  Ce qui dérange par contre c'est le "léger" saut périlleux méthodologique. Vous commencez par une tentative de démonstration historico-politique censée invalider l’existence d’une "cause féministe", puis vous terminez en demandant un témoignage personnel sur une supposée aliénation vécue, comme si l'intimité d'une personnedevait servir d’arbitre philosophique à votre thèse. Après tant d’histoire politique, finir sur une enquête existentielle donne un contraste assez inattendu. Et puis votre argument principal semble difficile à soutenir sans conséquences assez cocasses (tragiques ?) Si l’évolution interne d’un mouvement suffit à nier son existence comme continuité politique, alors il faut aussi conclure qu’il n’existe pas de cause républicaine entre Condorcet, les Jacobins, Gambetta et De Gaulle, pas plus que de socialisme entre Jaurès, Blum, Lénine et Mitterrand, ni même de conservatisme cohérent. Soit votre critère vaut pour tous les mouvements politiques et il faut raser une bonne partie de l’histoire intellectuelle, soit il devient ici une exception étonnamment pratique (bon, on a tous tendance à aller vers ce qui nous arrange, c'est assez logique malgré tout) Votre propos/pensée montre surtout qu’il existe plusieurs féminismes. Parfois contradictoires, parfois rivaux, et avec des priorités qui changent selon les époques. Félicitations !!! ...c’est le destin normal de pratiquement tous les courants politiques sérieux.   Quant à la question finale, considèrer une autobiographie comme une preuve philosophique, c'est quand même un gros raccourci (je n'irais pas jusqu'à dire que c'est une tentative d'intrusion...ah ben si en fait !) Une idée n’a pas besoin d’un certificat de souffrance personnelle pour être discutée. Sinon, avant de parler monarchie, il faudrait avoir connu Louis XVI, et avant de parler du chômage, avoir été personnellement licencié. J'espère me tromper mais ça fait un peu "gros sabots" votre stratagème... Mieux vaut rester sur le terrain des idées...il me semblait  que c’était d'ailleurs celui que vous aviez choisi au départ...
a répondu à la discussion "Association libertine" de Sanio.
Bon déjà, 40 Eur c'est vraiment pas cher pour un club (qui plus est quand on est un homme seul). Ca permet de faire vivre le lieux et accessoirement de filtrer (un peu) tous les daleux qui ne viennent que par opportunisme. Sérieusement, j’essaie de comprendre le concept. Fonder une association libertine “gratuite”, destinée à réunir des gens… dans un lieu “à définir”. Donc, pour résumer, le lieu n’existe pas, le financement n’existe pas, le fonctionnement n’existe pas, mais l’association existe déjà dans l’idée. C’est audacieux. Le détail qui m’intrigue surtout, c’est le mot “gratuit”. Parce qu’en général, un lieu se loue, une assurance associative coûte quelque chose, l’organisation demande du temps, et même les projets les plus altruistes finissent par rencontrer une facture très peu libertine appelée “réalité”. A la limite, on pourrait dire qu'elle est BDSM. Les factures, ça fait mal ! Et puis, sans vouloir être cruel, réunir des libertins gratuitement sur un espace d’échange, ça existe déjà. Ça s’appelle un forum, un groupe privé ou internet depuis à peu près deux décennies. Donc j’essaie de voir la valeur ajoutée...qu’est-ce qui différencie ce projet d’un simple post enthousiaste avec beaucoup de zones floues ? Comprenez le scepticisme. Annoncer une association dont le principal élément concret est “à définir”, c’est  comme annoncer l’ouverture d’un restaurant en précisant que la cuisine, le local et le menu arriveront plus tard. Je respecte l’intention, mais pour l’instant, ça ressemble davantage à un concept abstrait qu’à un projet. Après, je me trompe peut-être ...expliquez concrètement comment le modèle fonctionne, qui finance quoi, ce que ça apporte de plus que l’existant, et où ça se passe (autrement dit, les détails mineurs qu’on appelle généralement… le projet.)
Comme déjà souligné, sans contexte c'est un peu compliqué de répondre. Et même avec un contexte, le référentiel n'est pas le même pour chacune. Ce qui est vicieux pour l'un ne l'est pas pour l'autre et on peut extrapoler ça au bdsm également. Une fessée peut-être vue comme bdsm...ou pas. Selon moi, être « vicieux » dans le BDSM (si l’on choisit d’écarter d’emblée la charge péjorative que le mot véhicule),cela désitne autre chose que le simple goût pour l’excès ou la transgression. C'est une certaine manière d’habiter ses désirs. Avec curiosité, avec finesse, parfois avec obstination. On ne vient pas au BDSM pour une seule raison, ni même toujours pour les raisons que l’on croit. Certains y cherchent une intensité que les usages ordinaires de la relation ne leur offrent plus. D’autres y trouvent une langue pour dire le pouvoir, la confiance, la vulnérabilité ou l’abandon. Il y a ceux qui y explorent leurs limites, ceux qui cherchent paradoxalement un cadre, presque une discipline intérieure, et ceux qui y découvrent un espace de jeu où l’on peut enfin s'affranchier des rôles sociaux parfois trop rigides, trop stricts. Je crois qu'on a tort de réduire le BDSM à une fascination pour la douleur, la domination ou même une forme provocation. En première lecture pourquoi pas, mais si on lit entre les lignes, c'est aussi chercher à comprendre ce qui nous anime, ce qui nous relie, ce qui nous transforme dans le rapport à l’autre. Dans une relation consentie (cela va sans dire mais c'est toujours mieux de le préciser, le BDSM devient un terrain d’expérimentation, d'écoute, de la paroles tenues et une manière singulière, parfois exigeante, de mettre en scène des dynamiques humaines qui existent déjà ailleurs, mais de façons moins visibles. Vient alors le vice... une certaine façon de voir le monde à travers ce prisme. Non pas une obsession (parce que l'obession, d'un point de vue sémantique semble sans limite), mais probabalement par sensibilité. À force de fantasmer un imaginaire, celui-ci finit parfois par se déposer partout. Une baguette chinoise posée sur une table, une pince à linge dans un tiroir, et tout à coup les objets ordinaires cessent d’être tout à fait neutres. Ils deviennent évocation. Non parce qu’ils appellent nécessairement à l’acte, mais parce qu’ils rappellent une manière de ressentir. Il en va de même pour une geste, un mot, une posture,... Il ne s’agit pas de sexualiser le réel à outrance. Plutôt de reconnaître que nos désirs façonnent notre attention. Chacun, à sa manière, voit dans le monde des échos de ce qui le touche profondément. Un architecte remarque des lignes là où d’autres passent sans voir. Un musicien entend des rythmes dans le bruit quotidien...celui qui vit intensément son BDSM peut entrevoir dans les objets, les gestes ou les situations des fragments d’un langage personnel. Etre « vicieux » pourrait simplement vouloir dire "avoir l’audace de chercher des chemins détournés vers une vérité personnelle". Non pas parce qu’il manquerait quelque chose à la relation ordinaire mais parce qu’il existe chez certains le désir profond de ne pas vivre leurs élans à moitié. D’éprouver, de comprendre, parfois de ritualiser ce qui, autrement, resterait diffus, inexprimé, frustrant, etc Le vice (et encore une fois, en supposant qu'on déleste le sens de tout mépris) revient moins à céder à une obsession qu'à accepter que certains désirs soient un langage de référence.  
dominatrice fetish qui saura vous transcender et vous remettre à votre place de soumis par d'exquises cruautés et de délicieux supplices. relation suivie uniquement .:.
Je ne vois ce post que maintenat et après lecture il y a plein de choses intéressantes. On présente souvent la prise de parole comme un choix purement individuel (“oser parler”, “assumer ses opinions”, “se mettre en retrait”,...), alors qu’en réalité un espace de discussion produit aussi lui-même ses propres conditions d’expression. Autrement dit ce n’est pas seulement "qui parle" qui façonne l’ambiance mais  l’ambiance qui finit par déterminer qui continue à parler ou qui se tait progressivement. C'est très bien décrit au fil des interventions. Des échanges très tranchés peuvent suffire à faire disparaître les profils plus nuancés ou simplement moins combatifs. Pas forcément parce qu’ils sont en désaccord mais peut-êtreparce qu’ils n’ont ni l’envie ni l’énergie de transformer chaque échange en rapport de force permanent. Et à l’inverse, quand le ton reste ouvert, contradictoire sans être agressif, davantage de personnes osent participer ou rebondir pour élargir le débat Je crois qu'on est vite amené à confondre "visibilité" et "représentativité". Quelques personnes très présentes peuvent donner l’impression d’un consensus massif (voir même une appropriation de l'espace) alors qu’il existe peut-être une majorité silencieuse qui pense autrement et/ou qui ne se reconnaît simplement pas dans la manière dont les échanges se déroulent.Du coup, le silence devient difficile à interpréter. Il peut petre interprété comme une indifférence, une lassitude, un retrait vlontaire vis à vis de propos trop polarsié Ça pose une question intéressante sur la fameuse “liberté d’expression”. En théorie (ce pays magnifique où toutes les s sont d'une obéissance sans faille ^^) tout le monde peut parler. En pratique (coucou les brat^^), tous les climats de discussion ne donnent pas également envie de le faire. Il y a une différence entre "avoir le droit de prendre la parole" et "avoir réellement une place pour le faire sereinement." Et au-delà de àa, on voit à quel point les dynamiques collectives peuvent s’auto-amplifier. Plus un espace estconflictuel, plus certains profils s’effacent. Plus ils s’effacent, plus le ton général semble valider les positions les plus dures ce qui renforce l’impression que “tout le monde pense pareil”. Une sorte de boucle de rétroaction sociale en sommes. Si on recadre sur nos petits nombrils beaucoup d’entre nous préfèrent la certitude au doute, les positions nettes aux nuances etles appartenances claires aux flosu artistiques. La nuance demande un effort psychologique assez particulier. Accepter de ne pas être totalement “dans un camp”, supporter l’incertitude, reconnaître qu’on peut avoir tort sur certains points sans pour autant renoncer à penser et à défendre ses opinions Les réseaux sociaux (pour généraliser les médias de discussions) récompensent davantage les prises de position affirmées que les réflexions balbutiantes. Simplement parce que le cerveau humain aime les récits simples, les oppositions lisibles, les identités fortes et le prédigéré. Moins d'efforts à fournir. Quelqu’un qui dit “c’est plus compliqué que ça” aura rarement autant d’impact que celui qui affirme “la vérité”, même avec aplomb approximatif et des incohérences flagrante.  Les ertitudes briyantes aux doutes réfléchis....on en a malheureusement la démonstration au quotidien. Les figures les plus sûres d’elles même sont rarement les plus lucides… mais  souvent les plus visibles ! Participer à une discussion, ce n’est pas seulement transmettre une idée. C’est aussi prendre un risque symbolique. Celui d’être contredit, caricaturé, ignoré, réduit à un avis isolé de tout ce qui fait une personnalité riche et complexe. Il me semble que la plupart des silencess viennent moins d’un manque d’opinion que d’une forme d’économie psychique... tout le monde n’a pas envie de transformer chaque échange en exercice de justification de soi.  A laquestion finale “Faut-il participer ou se taire ?” il faudrait surtout répondre à “Quel type d’espace collectif produit-on, chacun à notre échelle, par notre manière de réagir aux autres ?” Un forum ne devient jamais agressif tout seul....et jamais nuancé tout seul non plus 🙂  
@sylvie35 (je précise en préambule que je me fais volontairement l'avocat du Diable par plaisir du contradictoire ;-)) On peut admettre l’idée selon laquelle certains courants militants contemporainsdits "extrêmes" (pour ne pas dire extrêmistes) semblent outranciers, dogmatiques ou contre-productifs. Aucun mouvement politique ou social n’échappe à ses excès, à ses caricatures, ni à ses représentants les plus bruyants. Le féminisme n’a évidemment pas reçu de dispense divine à ce sujet. Mais il faut distinguer deux choses : critiquer certaines dérives militantes (à juste titre) et conclure que le féminisme contemporain aurait trahi sa cause originelle, ce qui est beaucoup plus discutable. Le raisonnement qui consiste à  opposer un “féminisme originel”, noble et concret, à un féminisme actuel devenu idéologique repose sur une sorte de postulat un peu nostalgie. Ca reviendrait à applaudir le féminisme une fois qu’il ne dérange plus personne. Pourtant, les avancées aujourd’hui admises (droit de vote, autonomie bancaire, contraception, protection contre le harcèlement)  ont elles aussi été accusées, à leur époque, d’être excessives, idéologiques, destructrices de l’ordre social ou contre-nature. Autrement dit, on applaudit rétrospectivement le féminisme d’avoir déplacé la fenêtre d’Overton hier, tout en lui reprochant de continuer à la déplacer aujourd’hui. Paradoxal. Cela ne veut pas dire que toute revendication féministe contemporaine est automatiquement juste, ni que toute militante est irréprochable. Bien sûr qu’il existe des slogans maladroits, des postures moralisatrices, des excès de langage et des formes de militantisme qui desservent parfois leur propre cause. Mais ce genre de dérives ne suffitpas à invalider les problèmes que le féminisme continue de pointer (violences sexuelles, inégalités économiques, charge mentale, répartition du travail domestique, harcèlement, sous-représentation, sexisme ordinaire, biais médicaux, etc, etc...) La vraie question (me semble t'il) c'est de savoir s'il des excès militants. Et la réponse est évidemment oui, comme dans tous les mouvements. Et au-delà de ça, ces excès annulent-ils la légitimité des enjeux soulevés ? Et là, la réponse est non. L’argument selon lequel l’intersectionnalité diluerait la cause des femmes mériterait un peu de nuance. Si elle devient un jargon fermé, un réflexe d’accusation ou une grille de lecture automatique de tout, elle peut effectivement rendre le débat illisible et stérile. Mais dans son principe, elle ne dilue pas la cause des femmes. Elle rappelle simplement que toutes les femmes ne vivent pas les mêmes formes d’inégalité. Une cadre supérieure, une précaire, une handicapée ou une immigrée ne rencontrent pas exactement les mêmes obstacles. Le nier au nom d’un féminisme “pur” revient à défendre une femme abstraite, théorique. C'est pratique sur le papier mais moins dans la réalité des faits. Même chose pour la “déconstruction”. Le mot est parfois utilisé à toutes les sauces, au point de devenir un épouvantail. Mais questionner certaines normes sociales ne signifie pas vouloir tout détruire. Interroger la répartition des rôles domestiques, les stéréotypes, les biais médicaux ou les violences sexistes, ce n’est pas s’éloigner du féminisme, c’est "juste" poursuivre son travail. La critique des excès est donc recevable, à condition qu’elle ne serve pas de paravent pour s'affranchir du fond. Sinon, on prend la partie la plus bruyante du débat pour sa substance. Ce serait comme disqualifier l’écologie à cause de deux militants qui jettent de la soupe sur une vitre ou la liberté d’expression à cause de ceux qui l’utilisent pour dire n’importe quoi avec aplomb. Ca fait un effet de manche, mais intellectuellement c'est bien pauvre ! On peut tout à fait critiquer les formes militantes excessives du féminisme contemporain. je dirais même qu'on se doit de les combattre tant elles désservent la cause Mais on ne peut pas s’en servir pour prétendre que le féminisme actuel serait, par nature, une dérive idéologique. Le féminisme vivant a toujours été conflictuel, parce qu’il remet en cause des habitudes installées. Le féminisme ancien paraît raisonnable surtout parce qu’il a déjà gagné, qu'il est devenu propre et acceptable. La position la plus "rigoureuse" n’est donc ni l’adhésion aveugle à tous les discours militants, ni le rejet global du féminisme contemporain. Elle consiste à distinguer les excès de méthode des problèmes de fond. Non ?
a répondu à la discussion "Recherche hôtel BDSM" de Atlas.
Love Hotel à Chatelet ou Pigalle, il y a des chambres à thème et une privatisation de Jacuzzi qui est une option sympa assez peu répandue. Ca reste financièrement trèsaccessible et de ce que j'ai pu en tester, jamais eu de mauvaise surprise.  Attention, de mémoire ça ferme la nuit, pas de nuit complète donc.
Typique du délire de mec qui plie les voiles à 20h quand madame est rentrée.  
a répondu à la discussion "Nouvelle dans le BDSM" de Ailey.
Bonjour et bienvenue, C'est un peu toujours les mêmes conseils. Prendre votre temps et surtout, surtout, ne pas faire de choix "par défaut" car ce sont souvent les pires expériences. Discutez avec un maximum de personnes en public (Domina, Dom, soumis(e)s, sw, etc etc...), cela vous évitera de n'avoir en face de vous qu'une seule vérité ou de vous enfermer tout de suite en privé avec une "pensée" unique. Etre soumi(e) ne signifie pas tout accepter. Vous avez un droit de parole, de rétractation et plus généralement un libre arbitre que personne ne doit vous faire effacer. Une relation ne peut s'envisager que si elle a été construite à 2, c'est à dire que le cadre que vous poseree avec Celui ou Celle n'aura de sens que si les 2 parties ont le même "référentiel". Méfiez-vous des gens qui chercheront à vous faire culpabiliser. Il n'y a pas de bon(ne)s ou mauvai(e)s soumis(e). Ce sont ces gens là qui à défaut de vous guider chercheront à vous manipuler et à s'insinuer dans vos failles et vos faiblesses. Le lien D/s repose sur un déséquilibre du rapport de force mais la soumission n'est pas un dû. Elle se gagne et ça, cela pred du temps, bcp de temps, de la communication et des valeurs. Tant que tout cela ne s'aligne pas, c'est que le moment n'est pas venu.  
a mis a jour son propre profil.
Soyez la première personne à aimer.
  Merci de cette invitation à me renseigner. Elle illustre parfaitement cette manie contemporaine de croire que le désaccord vient toujours d’un déficit d’information chez l’autre, jamais d’un excès d’idéologie chez soi. J’ose espérer que tu appliques ce principe avec autant de rigueur à tes propres opinions.   Quant à l’histoire du BDSM (que j’ai parcourue sans besoin de ton aimable permission) elle montre précisément ce que je souligne. Ce sont les régimes qui ont brouillé la frontière entre vie publique et vie privée qui se sont autorisés à intervenir dans les pratiques intimes. Le conservatisme classique, lui, opère selon le principe fondamental de non-ingérence à savoir "ce qui ne se montre pas, ne se juge pas". Dire que le conservatisme est un retour en arrière relève davantage du slogan que de l’argument. C’est une pétition de principe car on suppose que l’histoire est une flèche vers un progrès continu et que tout ce qui n’y souscrit est rétrograde. Mais c’est précisément ce type de raisonnement linéaire et dogmatique qui fait le lit des intolérances masquées sous les habits du progrès.Ce n’est pas tant l’histoire du BDSM qui devrait inquiéter, mais l’oubli de cette évidence : c’est souvent au nom du bien, du progrès, et de la visibilité, que les libertés privées ont été les plus pernicieusement grignotées.   Le retour du conservatisme ne menace pas les marges discrètes. Il gêne seulement ceux qui confondent vie privée et spectacle. Ce qui n’est pas exactement la même chose. Je crois qu’il y a ici une confusion assez embarrassante(mais malheureusement courante). On confond conservatisme et autoritarisme liberticide. C’est un peu comme confondre un moine et un policier sous prétexte qu’ils n’aiment ni l’un ni l’autre voir des gens nus en public. Le conservatisme d'un point de vue philosophique valorise la retenue, la discrétion, la liberté de ne pas exhiber. Il ne cherche pas à régenter la chambre à coucher, mais simplement à éviter qu’elle devienne une estrade. C’est une philosophie du retrait, pas une pulsion de contrôle. Le liberticide, lui, n’a pas d’idéologie propre. il se loge aussi bien dans les dictatures de droite que dans les puritanismes progressistes. Mais j’admets qu’il est plus facile de dénoncer une menace fasciste imaginaire que d’interroger les dérives d’un progressisme devenu intrusif. Et ça, effectivement, ça peut faire peur… même à ceux qui aiment avoir les yeux bandés ^^ Maintenant, d'un point de vue politque, la confusion entre conservatisme et autoritarisme liberticide est non seulement erronée mais historiquement malhonnête. Le conservatisme c’est la préservation de l’ordre, des coutumes, d’une certaine stabilité mais pas l’instauration d’un régime de contrôle sur les corps et les consciences. Ce sont deux registres distincts. L’un tient de la philosophie politique, l’autre de la "pathologie" étatique. Si on regarde les régimes qui ont été les plus intrusifs dans la sphère intime ne sont pas toujours ceux étiquetés "conservateurs". Par exemple, les utopies totalitaires du XXe siècle (souvent issues de la gauche radicale) ont eu une fâcheuse tendance à vouloir reprogrammer jusqu’aux désirs. Là où le conservateur classique aurait dit "fais ce que tu veux chez toi', le progressiste social t’expliquera comment tu dois jouir, avec qui, et dans quel cadre linguistique. Donc si l’on parle de politique réelle, ce n’est pas le conservatisme qui représente une menace pour le BDSM ou toute autre pratique privée. C’est toute idéologie, de droite , du centre ou de gauche, qui prétend faire du citoyen un projet à normaliser. Et dans ce cas, oui, la vraie inquiétude devrait porter sur ceux qui veulent transformer l’intimité en programme universel, pas sur ceux qui veulent simplement qu’on garde le rideau fermé. Finalement, ce n’est pas une querelle entre progressistes et conservateurs mais entre ceux qui respectent la frontière entre sphère publique et sphère privée, et ceux qui veulent la faire sauter au nom de la morale, de la vertu ou de la visibilité. 
Il y a dans votre demande une chose qui devient rare dans cette époque de frénésie de tout. Une vraie recherche de profondeur où l’excitation ne vient pas du geste mais de ce qui se passe avant...dans l’œil, dans la tête, dans cette cérébralisation du  non-dit. Cette manière de voir le BDSM (comme un jeu mental et symbolique) c’est une forme d’art en soi. Cela penser à ce que disait Lacan. Le désir ce n’est pas juste ce qu’on veut, c’est ce qu’on imagine que l’autre veut qu’on veuille. Autrement dit, ce n’est pas le fouet qui compte, mais le regard avant qu’il tombe. Ce genre de tension-là, on ne le trouve pas partout. Si vous cherchez des œuvres qui parlent plus à la tête qu’au corps, il y en a quelques-unes qui me viennent tout de suite en tête. Eyes Wide Shut, de Kubrick. Tout y est lent, codé, feutré. Ce n’est pas un film sur le sexe, c’est un film sur le pouvoir du non-dit. Possession de Żuławski...plus dérangeant, plus intense, mais ça travaille sur la tension, la perte de contrôle mentale, pas sur l’acte lui-même. En photo, Francesca Woodman ou Erwin Olaf ont des mises en scène très fortes, pleines de silence et de symboles. On sent que chaque image pourrait être le début d’un rituel. Côté lecture des auteurs comme Ballard (Crash) ou Duras (Le Vice-Consul) ne parlent pas de BDSM au sens strict, mais ils posent des ambiances lourdes, ambiguës, dans lesquelles le rapport de force est psychologique avant tout. Et bien sûr, on ne peut pas éviter Vénus à la fourrure, pour le côté rituel et inversions symboliques. Bref, vous êtes dans une démarche précieuse et rare qui va à contre-courant de ce qu’on voit souvent. Vous avez mis des gardes fous, c'est très bien, veillez tout de même si je peux me permettre à rester attentifs à d'autres formes d'approches qui ne sont par nécessairement si éloignées de votre vision mais qui pourraient peut-être vous ouvrir d'autres perspectives. Je suis certain que vous trouverez ici de judicieux conseils si vous prenez le temps de les écouter.
C’est une question intéressante, mais elle repose sur une association assez curieuse entre le retour du conservatisme et les pratiques BDSM, comme si l’un allait nécessairement entraîner la disparition ou la persécution de l’autre. Il faut rappeler une chose élémentaire. Les sociétés conservatrices, si elles valorisent l’ordre social, la famille, les coutumes, ne sont pas nécessairement intrusives dans la sphère privée. Au contraire, elles tendent à considérer la vie intime comme un sanctuaire, un domaine soustrait au regard public, au débat idéologique, et surtout, à "l’administration politique". Ce sont souvent des régimes et des pensées politiques fondées sur une séparation nette entre le public et le privé. Autrement dit "ce que vous faites chez vous ne regarde que vous." Et cela vaut pour les jeux d’échecs comme pour les jeux de cordes. Le conservatisme n’a pas vocation à réglementer les pratiques sexuelles des adultes consentants, il se méfie simplement de leur mise en scène permanente dans l’espace public. Nuance essentielle. Ce qui est paradoxal c’est que les discours les plus progressistes ont tendance à surinvestir la sexualité, à la transformer en drapeau, en revendication identitaire, en terrain de lutte. Tout devient objet de discussion, de pédagogie, de validation collective. On passe du "faites ce que vous voulez" au "dites-nous ce que vous faites et pourquoi, et si c’est bien, on l’inclura dans le programme scolaire". Et là, paradoxalement, ce n’est plus la liberté qu’on célèbre, mais la normalisation de la marge. Je force le trait mais c'est un peu l'idée qui finalement devient un peu la caricature de ce qu'elle prétend dénoncer. Donc non, en soi, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un retour du conservatisme  sauf si l’on confond pudibonderie et pudeur. Tant que les pratiques restent à l’abri du regard public, elles ont toutes les chances de passer sous les radars. Ce n’est pas le conservateur qui viendra juger ce qui se passe dans votre chambre, mais c’est peut-être le militant ultra-moderne qui voudra en faire un objet d’étude, une étiquette ou une cause. Finalement, dans ce débat, on peut renverser la question . Ne serait pas tant le conservatisme qui menace le BDSM, que l’époque elle-même, qui ne sait plus où finit l’intime et où commence la performance sociale...? Le retour du conservatisme ne m’inquiète pas (au moins au titre de ma vie intime), mais il pourrait bien représenter, pour ceux qui veulent vivre librement et discrètement, un climat bien plus serein que celui d’une société hyper-progressiste, où tout doit être justifié, étiqueté et approuvé. Car si l’on pousse le raisonnement jusqu’à l’absurde, il se pourrait même que le BDSM ait plus à craindre d’un excès de lumière que d’un peu d’ombre.      
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